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DOSSIER COVID. PREMIÈRE PARTIE. TUNISIE. HAKIM BENHAMOUDA* : « LA SITUATION ÉPIDÉMIOLOGIQUE EN TUNISIE MONTRE L’ÉCHEC ET LA FAILLITE DES POLITIQUES PUBLIQUES »

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Pour l’ancien ministre tunisien de l’Économie et des Finances, la crise politique est à l’origine de l’ensemble des problèmes qui secouent le pays. La pandémie en est la manifestation la plus patente.

La Tunisie semble maîtriser la pandémie du Covid-19 après des mois de crise. En effet, les derniers chiffres montrent une accélération rapide du rythme de vaccination avec près de 9 560 149 vaccinés au début du mois de novembre 2021 dont 5 705 705 ayant reçu la première dose, 3 663 372 la seconde et 179 218 qui ont déjà eu la troisième. 

Mais, cette accalmie et la maîtrise de la pandémie viennent après des mois de crise sans précédent dans l’histoire moderne de notre pays. Au cours de cette période, le nombre de décès a atteint 25 272 personnes et nous avions enregistré 713 254 cas positifs. Il s’agit là d’une crise qui a mis à mal l’ensemble du système sanitaire et les structures de l’Etat. Cette crise a également été à l’origine d’une défiance sans précédent envers l’Etat et sa capacité à définir les politiques publiques capables de faire face à ces enjeux et à protéger la société et les citoyens. 

L’analyse de la situation épidémiologique en Tunisie montre largement l’échec et la faillite des décisions destinées à faire face à une crise sanitaire d’une ampleur inédite au cours de la période allant du mois d’octobre 2020 au mois de juillet 2021.      

Dans cette contribution nous voulons mettre l’accent sur les questions structurelles pour comprendre ces difficultés et ces échecs. Cette lecture critique a pour objectif de déterminer les points de blocage dans les stratégies publiques et les moyens de les transformer afin de défendre la société face aux pandémies qui seront les grandes problématiques de l’avenir. 

Aux origines des échecs des politiques publiques dans la lutte contre la pandémie.* 

La lecture des raisons profondes de ces échecs est nécessaire pour déterminer les ajustements à apporter afin d’accroître l’efficacité de l’action publique. 

Nous avons identifié quatre niveaux de défaillance dans nos politiques publiques. 

  • L’absence d’une gestion politique de la crise : 

La pandémie que nous avons traversée et l’ampleur du défi qu’elle a posé pour nos sociétés ainsi que la menace qu’elle a représenté pour l’humain a dépassé la crise sanitaire classique pour devenir un danger pour la paix globale; ce qui en fait une question éminemment politique. Les pays du monde les mieux gérés ont appréhendé cette crise de manière politique, ce qui en a fait rapidement le centre des préoccupations des tout premiers responsables. 

Les plus hautes autorités et les institutions de l’Etat ont pris en charge la gestion de cette crise en définissant des stratégies et des politiques publiques pour lui faire face. Les premiers dirigeants sont apparus au premier rang de cette bataille. 

Les pouvoirs politiques ont joué des rôles importants dans la mobilisation des citoyens et leur sensibilisation pour limiter la transmission du virus avec un grand souci pédagogique pour en expliquer tous les dangers. Ils se sont donc donné pour rôle la sensibilisation continue des citoyens afin de les inciter à respecter les mesures de protection et de distanciation. La dimension politique de ces approches s’est illustrée à travers la définition de conceptions claires et précises de la lutte contre la pandémie et la quête de l’adhésion la plus large possible à leur exécution, ce qui a considérablement renforcé la mission des institutions de l’État dans la gestion de cette crise. Il faut également souligner l’intervention de l’Etat en faveur des couches sociales les plus fragiles et les plus défavorisées en vue de les encourager et les aider à résister, à s’armer de patience face à la pandémie et pour mieux supporter les mesures les plus rudes, notamment en matière de confinement. 

Les apparitions régulières des plus hauts dirigeants de l’Etat dans les différents pays ont contribué largement à donner plus d’efficacité à l’effort national de la lutte contre la covid-19. 

Cependant, la situation dans notre pays était totalement différente dans la mesure où les autorités politiques étaient absentes dans la lutte directe contre la pandémie. Nous n’avons pas assisté à ce que nous avons vu ailleurs avec des prises de paroles régulières de la part des premiers responsables de l’Etat pour informer les citoyens des décisions prises, les expliquer  et les inviter à les respecter. Ce rôle a été dévolu aux responsables scientifiques et ceux de la santé, qui en dépit de l’importance du travail qu’ils ont effectué, ne pouvaient remplacer le politique avec la symbolique de son autorité que la situation exigeait. 

Cette absence a réduit la mobilisation des citoyens et limité leur engagement pour une adhésion forte aux mesures de protection préconisées.        

  • L’échec de la vision prospective des institutions de l’Etat : 

Les échecs des politiques publiques ne se limitent pas à l’absence d’un leadership politique ; ils concernent également l’incapacité des institutions de l’Etat à construire une vision prospective pour affronter ce genre de défis et, particulièrement, les risques de développements futurs de la pandémie. La mise en perspective de l’avenir n’est pas seulement une question technique. Elle est aussi et avant tout politique. Dans cette projection, le pouvoir joue évidemment un rôle capital à travers l’appui qu’il accorde à la recherche et à la réflexion stratégique, mais il a aussi une fonction déterminante quant au suivi et la mise en œuvre de ses recommandations. 

En Tunisie, le suivi de l’évolution de la pandémie et les différentes décisions prises par les politiques montrent qu’à, de nombreuses reprises, elles n’ont pas renforcé les décisions techniques et scientifiques mais qu’elles les ont souvent contrariées.

Deux exemples illustrent cet échec. Le premier eu lieu au mois de juin 2020 avec la fin de la première vague et le recul de la pandémie. Au moment où tous les pays du monde se préparaient à la seconde vague, en lançant notamment des commandes de vaccins, nos dirigeants étaient enivrés par « la victoire définitive sur le virus » et n’avaient de cesse de répéter à longueur de journée que notre expérience est devenue « une leçon pour le monde entier ». Au lieu de nous préparer à faire face à la seconde vague, nous fêtions nos victoires « illusoires ». 

Au moment où tous les pays du monde se préparaient à la seconde vague, en lançant notamment des commandes de vaccins, nos dirigeants étaient enivrés par « la victoire définitive sur le virus »…

Le second exemple date du 3 mars 2021. Au début de ce mois, les pays les mieux gouvernés commençaient à renforcer les mesures de protection pour faire face à une troisième vague qui s’annonçait encore plus difficile, compte-tenu de l’apparition de nouveaux variants plus contagieux. Or, en dépit de l’apparition de ces souches en Tunisie, nos responsables décidèrent d’alléger les mesures de protection ce qui fut à l’origine d’un retour rapide de l’épidémie.    

  • L’affaiblissement et l’échec des institutions de l’Etat : 

Le troisième aspect qui est au cœur des échecs des politiques publiques dans la lutte contre la pandémie concerne la faiblesse des institutions de l’Etat et leur incapacité à imposer le respect des mesures mises en place. 

Dès le début, les démembrements de l’État n’ont pas été en mesure d’imposer le respect des mesures de prévention et de distanciation pour arrêter la propagation du virus. Cette faiblesse avait constitué alors une grande préoccupation pour la Tunisie. Le respect des gestes barrière est resté très limité, ce qui a ouvert la porte à des abus et à des dépassements importants. Ainsi, les mesures de distanciation et le port des bavettes n’ont, généralement, pas été respectés. Les interdictions de déplacement entre les régions ont été peu suivies. Plus grave, certains partis politiques décidèrent d’organiser de grandes manifestations et de grands rassemblements publics dans une défiance sans précédent aux décisions de l’État. Les pouvoirs publics furent incapables d’arrêter ces violations. 

Ces dépassements politiques ont alors amené les autres secteurs sociaux qui avaient fait l’effort de respecter les instructions de l’État, à exiger leur levée face à l’absence de l’égalité dans leur suivi et leur mise ne œuvre.

  • La gestion bureaucratique des politiques publiques :           

Parallèlement aux tergiversations et improvisations qui ont réduit l’efficacité de l’action publique, le poids de la bureaucratie a pesé sur la prise de décision engendrant de grands retards en matière d’exécution de nos choix. Les retards ont concerné tous les domaines. L’achat des bavettes, l’acquisition des vaccins comme les autorisations pour l’utilisation de ces derniers ont souffert des lourdeurs bureaucratiques.

L’analyse du traitement administratif de la pandémie montre que les institutions de l’Etat n’ont pas montré une grande rapidité et une bonne réactivité dans le traitement de la pandémie. Ainsi, avons-nous continué à traiter une situation exceptionnelle créée par cette pandémie avec nos outils et nos procédures habituelles, ce qui occasionna un retard  préjudiciable pour les performances de notre système de santé et les qualités des soins délivrés.  

La Tunisie a ainsi connu une forte détérioration de la situation épidémiologique qui a provoqué une crise sanitaire particulièrement meurtrière. Nos politiques publiques n’ont pas été à la hauteur des défis sanitaires, économiques et sociaux de la pandémie. Ces échecs sont à l’origine d’une intervention venue du plus haut niveau de l’Etat pour opérer les ajustements et les changements nécessaires et prendre des décisions exceptionnelles afin de faire face à la pandémie et renforcer les mesures préventives tout en veillant à leur respect. 

Ces mesures ont visé de manière prioritaire l’accélération de l’acquisition des vaccins et la mise en place d’une campagne de vaccination massive afin d’aider à une meilleure contention de la pandémie.    

Si la situation semble aujourd’hui maitrisée, les insuffisances récurrentes posent néanmoins la nécessité d’une révision de la stratégie sanitaire pour définir une nouvelle politique capable de répondre aux nouveaux défis sanitaires et épidémiologiques.  

                                                                                        

* NDLR : L’impuissance des autorités à répondre efficacement à la crise sanitaire fut l’une des raisons qui ont conduit le président tunisien à opérer son coup de force du 26 juillet 2021 dont les effets n’ont pas fini de révéler toutes leurs implications politiques et constitutionnelles.

* Hakim Benhamouda. Universitaire, ancien ministre de l’Économie et des Finances.

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GAZODUC NIGÉRIA-MAROC : LA CEDEAO S’IMPLIQUE

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3 ou 4 ans pour débloquer les financements, 5 ans de travaux et une inauguration prévue pour 2032. Ce sont les délais nécessaires à la réalisation du Gazoduc Nigéria-Maroc dont les études de pré-faisabilité et de faisabilité sont bouclées, si l’on en croit Sediko Douka, le commissaire chargé des Infrastructure, de l’énergie et de la digitalisation au sein de la CEDEAO (communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest)  qui s’exprimait ce 15 septembre à Rabat après la signature d’un mémorandum entre le Maroc et la CEDEAO portant sur cet autre méga-projet qui ambitionne de desservir les pays de l’Afrique de l’ouest et l’Europe. (Voir adn-med du 4 septembre).

Pour Sediko Douka, le TSGP (Trans saharian gas pipeline) l’autre gazoduc qui doit traverser le Niger et se terminer en Algérie n’est pas concurrent mais complémentaire du second tracé qui doit desservir 13 pays ouest-africains. « Avec les énormes potentialités gazières du Nigéria, les 2 gazoducs trouveront leur place et seront même complémentaires (…) Sachant que le Gazoduc Nigéria-Maroc va se raccorder à d’autres pays producteurs comme le Ghana ou la Côte d’Ivoire. Il y a de la place pour les 2 infrastructures » a plaidé le commissaire de la CEDEAO.

Longtemps perçus comme exclusifs l’un de l’autre, en raison notamment de la rupture des relations algéro-marocaines qui a considérablement perturbé le marché gazier en Afrique du Nord, le tracé traversant le Niger et l’Algérie et celui qui passe par la côte atlantique sont présentés désormais comme des équipements d’égale importance. 

Il reste à mobiliser des financements qui s’élèvent à plusieurs milliards de dollars pour chaque projet. Trouvera-t-on des investisseurs pour les 2 réalisations ? Oui, répondent d’une même voix les partisans du gazoduc Nigéria-Maroc. Il y va de l’accès à l’énergie, c’est-à-dire du droit au développement de 400 millions de personnes ; ce qui n’est pas sans incidence sur la stabilité et la sécurité de la région ouest-africaine qui menace de s’embraser par un effet domino à partir des foyers sahéliens qui ont déjà contaminé le Nigeria à travers des organisations comme Boko Haram. La réduction de la pauvreté, source des flux migratoires incessants est aussi, pour partie, tributaire de l’aboutissement de ce méga-projet qui pourra également pourvoir aux besoins de l’Europe de l’Ouest, ajoutent les mêmes promoteurs qui se projettent déjà dans la phase marketing du chantier.   

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MAROC : ÉQUILIBRISME DÉLICAT AVEC LES USA ET LA RUSSIE

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Nombreux furent les observateurs à être surpris de voir le Maroc s’abstenir lorsqu’il fallut mettre au vote à l’ONU la condamnation de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Une grande partie des commentateurs avaient lié cette décision au fait que, comme beaucoup de pays du sud, le Royaume dépendait de la Russie, premier exportateur mondial de blé, pour son approvisionnement en céréales. Il y a du vrai dans cette explication mais elle est incomplète. L’agence russe Rosselkhoznadzor, instance qui étudie les apports, besoins et qualités nutritionnelles des produits alimentaires vient de rendre publique la consommation russe en fruits et légumes. On apprend que celle-ci a augmenté depuis le début de la guerre déclenchée contre Kiev en février 2022 pour atteindre 5,1 millions de tonnes et que le Maroc rafle 45% de ce marché devant les républiques d’Asie centrale disposant pourtant de climats méridionaux comme le Turkménistan (30 %), le Kazakhstan (21 %), le Tadjikistan (16 %), l’Ouzbékistan 14 %. Assez curieusement le rapprochement affiché avec Pékin n’a pas eu d’effets significatifs sur les échanges commerciaux entre les deux pays. Sur le segment des fruits et légumes, la Chine ne pourvoie qu’à hauteur de 11 % des besoins de la fédération de Russie. 

Outre cette coopération alimentaire, le Maroc et la Russie entretiennent également de bonnes relations en matière sanitaire. C’est, entre autres, grâce au vaccin Sputnik que le Royaume a pu gérer sans grands dommages la crise du Covid 19. 

La densité du commerce et, plus généralement, la coopération entre Rabat et Moscou mettent en porte à faux la diplomatie du Royaume dont les alliés traditionnels occidentaux, notamment les USA, attendent une position ferme et solidaire sur la question ukrainienne au moment où le continent africain est l’objet d’une lutte acharnée entre la Chine et la Russie d’une part et l’UE et les USA d’autre part. Les Américains qui avaient désinvesti sous Trump le projet d’accompagnement démocratique lancé par Barack Obama se préparent à réinvestir la scène africaine avec le sommet USA-Afrique prévu du 13 au 15 décembre (Voir la chronique de Said Chekri)

Si Washington a fermé les yeux sur des relations économiques dans des secteurs où il n’y avait pas concurrence américaine directe, il sera de plus en plus difficile pour Rabat, désormais lié stratégiquement par les accords d’Abraham avec Israël et les USA, de continuer à faire le grand écart, car à partir de l’année 2023, il faudra se déterminer pour un camp ou un autre. Et les relations historiques qui lient le Maroc et les USA ne laissent pas vraiment de choix.  

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MAROC : BAISSE DRASTIQUE DES RÉCOLTES CÉRÉALIÈRES

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La campagne des récoltes céréalières actuelle a connu une baisse de 67% annonce un communiqué du ministère de l’agriculture, de la pêche maritime, des régions rurales et des eaux et forêts. Cette année, le Maroc engrange 34 millions de tonnes contre 103,2 millions de tonnes l’année précédente, laquelle fut une saison exceptionnelle.

Les variétés céréalières se répartissent comme suit : 18,9 millions de tonnes pour le blé tendre, 8,1 millions de tonnes pour le blé dur et 7 millions de tonnes pour l’orge. 

Cette réduction est due au double effet de la réduction de la pluviométrie et de sa mauvaise répartition sur l’année. Essentiellement tombée en novembre et décembre, les précipitations quasiment absentes en janvier et février ont considérablement altéré la croissance des pousses. L’essentiel de la production a été assurée par les zones favorables de Fès-Meknès et de Rabat-Salé-Kénitra. Pour rappel, la campagne agricole 2021/2022 a enregistré une pluviométrie de 199 mm soit, une baisse de 34% par rapport à la même période de l’année précédente. 

Les restrictions des irrigations ont également pesé sur le volume global de la production.

La dépendance alimentaire du royaume pèse sur sa diplomatie. Les observateurs ont relevé que le Maroc s’est abstenu à l’ONU quand il a fallu condamner l’invasion de l’Ukraine par la Russie dont le Maroc est l’un des grands clients. La reprise d’activité du port d’Odessa d’où doivent partir les livraisons de blé est attendu avec impatience et fébrilité par Rabat et d’autres capitales africaines ou moyen orientales. 

On se souvient que le Maroc avait connu en juin 1981 des émeutes de la faim qui s’étaient soldées, selon un bilan officiel, par 114 morts à Casablanca. Le spectre de ces soulèvements, par essence imprévisibles et incontrôlables, hante tous les pays dont la fabrication de pain, de pâtes ou de couscous, consommation de base des populations, dépend d’une géopolitique de plus en plus instable. 

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ÉNERGIE : ALGER VOLE AU SECOURS DE TUNIS

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Rien ne semble perturber la lune de miel qui règne entre Alger et Tunis. Ayant déjà volé au secours du régime de Kaïs Saïed par l’octroi d’un prêt de 300 millions dans une période financière particulièrement critique l’année dernière, Alger se dit prête à augmenter ses exportations d’électricité vers la Tunisie – pays touristique grand consommateur d’énergie en été – en cas de demande. 

C’est Mourad Adjal, PDG de Sonelgaz qui a déclaré ce lundi en marge d’une réunion tenue à El Bayadh (centre-ouest) du pays, avec les cadres de son entreprise que « l’Algérie qui exporte quotidiennement plus de 500 mégawatts d’énergie électrique vers la Tunisie, pays frère, était prête à augmenter les quantités d’électricité exportées en cas de hausse de la demande”.

Autre pays qui figure parmi les grands privilégiés de la diplomatie algérienne actuelle : l’Italie. Lors de cette rencontre, le même dirigeant a annoncé qu’un projet est actuellement en cours d’études pour envisager « l’exportation d’électricité vers l’Italie ». 

Il est difficile d’établir ce qui relève des capacités algériennes à honorer ces proclamations de ce qui participe de campagnes de communication qui ne cachent plus la volonté d’attirer le voisin de l’est dans le sillage politique des nations s’alignant sur Moscou pour s’opposer à un monde occidental dont Tunis fut toujours un fidèle allié. 

Ces annonces peuvent en effet être sujettes à caution quand on sait que les coupures d’électricité en Algérie sont des désagréments que doivent affronter les foyers algériens, hiver comme été.

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GAZODUC NIGÉRIA-EUROPE : L’ALGÉRIE DEVANT LE MAROC.

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Sauf imprévu peu probable, le méga projet du Tans Saharian Gaz Pipeline, TSGP destiné à assurer le transport du gaz nigérian vers l’Europe traversera les déserts algériens et nigériens. Le Nigéria, le Niger et l’Algérie ont en effet signé un mémorandum ce jeudi pour lancer la construction d’une réalisation qui peut bouleverser le marché du gaz sur le Vieux continent. La Task force regroupant les experts des trois pays constituée à Abuja est, selon le ministre algérien, en phase opérationnelle. 

Pendant plusieurs années le Maroc avait mobilisé ses puissants réseaux tissés en Afrique de l’ouest pour convaincre ses partenaires de la viabilité de sa proposition qui ambitionnait de faire passer le gazoduc par la côte atlantique. Une puissante activité diplomatique avait été déployée par Rabat pour expliquer que les pays de l’Afrique de l’ouest allaient également bénéficier de cette source d’énergie pour booster leur développement. Pour valoriser cette option, une campagne de sensibilisation alertant contre les risques des attaques des terroristes djihadistes infestant le Sahel avait même été soutenue par Rabat. Au mois d’avril passé, rien n’était encore joué puisque les autorités marocaines et nigérianes annonçaient avoir chargé la société d’ingénierie australienne Worley de la réalisation de l’étude d’ingénierie et de conception préliminaire du gazoduc (FEED, Front-end engineering design). 

Dans cette bataille le Maroc comptait faire d’une pierre deux coups : s’émanciper définitivement de l’approvisionnement gazier algérien et renforcer son influence déjà conséquente dans la plupart des pays de l’Afrique occidentale 

Finalement, les rentrées financières enregistrées par l’Algérie avec la flambée des prix des hydrocarbures engendrée par l’invasion de l’Ukraine ont pesé lourd dans le choix des deux pays subsahariens qui ont longtemps laissé planer le doute quant à leur choix définitif du trajet à retenir. 

Curieusement, c’est par une dépêche lapidaire que l’agence officielle Algérienne, l’APS a fait état ce jeudi de la réception par le chef de l’État Abdelmadjid Tebboune des ministres de l’énergie et des mines des trois pays concernés par le tracé du gazoduc alors qu’Alger comme Rabat ont longtemps mené une guerre de communication sans merci pour vanter leurs dossiers respectifs.

Pour cet expert qui a gardé l’anonymat, « La conjoncture internationale favorise l’Algérie, pays producteur qui peut facilement lever les financements nécessaires à la construction de ce gigantesque équipement. Pour autant, le Nigéria et le Niger ne souhaitent pas perturber les relations culturelles et économiques privilégiées qu’ils ont établies de longue date avec le royaume chérifien. Et pour une fois Amar Belani, le préposé aux polémiques avec le Maroc a été sommé de garder le silence sur ce sujet ». Pour combien de temps ?   

Pour rappel, ce chantier soumis à discussion au début des années 2000 dans le cadre du NEPAD avait failli être définitivement abandonné pour cause de non-rentabilité avant que la crise mondiale de l’énergie ne vienne relancer l’intérêt des producteurs, des consommateurs et donc des investisseurs.  

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MAROC. LE DÉFI DE LA SÉCHERESSE

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Les observateurs et experts de la scène marocaine ont généralement et à juste titre donné un bilan controversé du long et spasmodique règne de Hassan II. Monarque autocrate et jouisseur, dont le cynisme culmina avec l‘affaire Ben Barka ; souverain deux fois miraculé qui a malgré tout prémuni son pays de l’intégrisme et sauvegardé l’intégrité d’un royaume dans un continent miné par les turbulences du tiers-mondisme révolutionnaire ; on aura dit une chose et son contraire de l’homme qui dirigea le Maroc d’une main de fer pendant près de quarante ans. 

Il y a pourtant un domaine, essentiel au développement des nations, qu’il est difficile de ne pas mettre au crédit de Hassan II : l’anticipation des problèmes liés à la raréfaction de l’eau. Si le Maroc n’échappe pas aux récurrentes coupures d’eau, on ne peut s’empêcher de penser à ce que seraient les besoins des populations citadines ou paysannes si une autre politique avait été suivie au lendemain de l’indépendance acquise en 1956.  Dès les premières années qui ont suivi la fin du protectorat, un programme soutenu de construction de barrages a vu le jour, ce qui a servi à répondre à la consommation des ménages, à l’agriculture, au début de l’industrialisation et, surtout, à l’hydrophage tourisme. 

Le royaume capte environ 80% de sa pluviométrie, ce qui demeure insuffisant si l’on sait que l’anticyclone des Açores constitue un voile qui bloque l’avancée des nuages chargés d’humidité, réduisant d’autant la masse d’eau qui atteint les côtes marocaines. Aujourd’hui les nappes phréatiques de la région de Marrakech s’amenuisent et font redouter une dangereuse montée des eaux salées. Les régions rurales forent autant qu’elles le peuvent pour subvenir à leurs besoins vitaux. On se souvient de l’émotion suscitée par la chute du petit Rayan tombé dans un puits clandestin creusé à côté de la demeure familiale.

Le Plan National de l’Eau (PNE 2020-2050) qui devrait être financé à hauteur d’environ 380 milliards de dirhams vise à une approche globale de l’approvisionnement et de la consommation en eau du royaume pour la période couvrant les trente prochaines années.

Simultanément, un vaste plan de réalisation de retenues collinaires, (127 devraient être réceptionnés d’ici 2024)   placés en amont des grands barrages est en phase d’exécution. Il a pour but de soulager les groupes sociaux éloignés des grands réseaux mais aussi de servir de bassin de rétention des charges boueuses qui envasent les anciens équipements.

Par ailleurs une politique de récupération des eaux non conventionnelles, désalinisation, traitement des eaux usées vient compléter les sources d’approvisionnement.  Il demeure que l’offre est largement en deçà de la demande qui ne cesse de croitre.

Le gouvernement traite ce dossier avec une attention qui dissimule mal l‘ampleur d’un chantier critique. On parle de gestion intégrée de l’eau pour préparer les habitants à changer leur mode de consommation voire leur rapport à des disponibilités hydriques de plus en plus réduites. Éduquer le Marocain à vivre avec un quotidien déterminé par la rareté de l’eau fait désormais partie des mesures que compte dévoiler l’exécutif. « On évoque souvent des risques de perturbation ou de déstabilisation du pays pour des considérations militaires, énergétiques ou territoriales ; dorénavant les gouvernants savent que le stress hydrique fait partie des grands périls qui peuvent ébranler la sécurité et la stabilité du royaume » confie un agriculteur du Souss. 

De douloureux et délicats arbitrages attendent Rabat qui entend se poser comme pays pivot de la région, ce qui suppose des investissements stratégiques dans les domaines militaires et technologiques.  

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MAROC : LA DIFFICILE RECONVERSION DU COMMERCE DU CANNABIS

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Les trafiquants ont toujours une longueur d’avance se désole un jeune magistrats contacté ce samedi après la saisie effectuée la veille au niveau de la station de péage de l’autoroute de Casablanca. Alors qu’un vaste programme de reconversion de la culture et du commerce du cannabis impliquant plusieurs ministères dont ceux de la santé, du commerce, de l’industrie et des affaires étrangères, rien ne semble dissuader et encore moins arrêter les activités criminelles d’un marché en perpétuelle extension.  

Ce vendredi les services de la DGSN (Direction générale de la sureté nationale) ont annoncé la saisie de deux tonnes de cannabis manifestement destinée au trafic international. En effet, le camion à bord duquel était transporté la marchandise saisie était, conduit par un homme de 34 ans assisté d’un autre âgé de 44 ans, venait de la région de Jorf El Malha et se dirigeait vers les provinces du sud. Les services de sécurité ont également trouvé à bord du véhicule un bateau pneumatique, deux moteurs marins et une somme importante d’argent. Les trafiquants ont vraisemblablement décidé de quitter temporairement les côtes rifaines, traditionnellement privilégiées pour exporter vers les rivages espagnols le haschich majoritairement produit dans cette région du nord du Maroc. Le renforcement des contrôles induits notamment pour le regain d’afflux de migrants vers les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla ont conduit vers l’exploration d’autres pistes comme les Iles Canaries ou encore le passage par certains pays d’Afrique de l’Ouest. Par ailleurs l’aggravation des tensions nées opposant l’Algérie et le Maroc depuis l’été 2021 a engendré une multiplication des mouvements de troupes des deux côtés de la frontière rendant d’autant plus difficiles les livraisons de cette drogue vers le marché algérien.  

L’ambitieuse politique de régularisation va prendre du temps à donner ses fruits estime notre interlocuteur : « Pour une longue période encore, les cultivateurs préfèreront commercer avec les trafiquants qui encouragent une activité échappant aux obligations fiscales et qui sont peu regardantes sur la qualité des produits mis à la disposition du consommateur. » Le jeune magistrat conclut que le succès de l’encadrement de la production, de la transformation et du commerce du kif dépend autant de la sécurité, de l’éducation des mentalités que de développement économique général ».        

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MAROC. ASSUMER LE CANNABIS

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Cela fait bientôt une année que le Maroc a décidé la légalisation de la culture du cannabis à usage thérapeutique et médical. Ce 2 juin, l’Agence nationale de réglementation des activités relatives au cannabis (ANRARC), a tenu la première réunion de son conseil d’administration. Cet organisme a vocation à devenir un instrument stratégique pour l’économie du Royaume.

Désormais, le Maroc assume son statut de pays producteur mondial de cannabis et vise à travers ses nouvelles législations à préserver et consolider ce qui est considéré comme « un patrimoine national » par, assurent les autorités marocaines, la mise en place de mécanismes rigoureux de suivi et de contrôle pour éradiquer du marché le cannabis illégal et ses dérivés.

Le Maroc change donc radicalement de paradigme pour sortir de la culture clandestine d’une substance qui génère une économie parallèle échappant au fisc qui dégrade l’environnement, provoque des troubles comportementaux criminogènes et attente à l’image du pays. 

Selon les déclarations gouvernementales, ce programme vise à l’installation de circuits surveillant l’usage médical et industriel du cannabis en respect des engagements internationaux du Royaume. L’objectif officiellement visé est d’attirer des opérateurs internationaux dans l’investissement de la transformation et l’industrialisation des produits extraits du cannabis, afin de créer une industrie productrice de valeur et d’emplois. La problématique de la commercialisation pour usage récréatif sera également appréhendée dans la mesure où ce secteur représente la totalité du marché informel. 

Notons que jusque-là, plusieurs tentatives de canalisation et de reconversion des activités de production illicite du cannabis via des programmes de coopération internationale, notamment avec l’union européenne, se sont soldées par des échecs, les paysans préférant reprendre leurs productions traditionnelles pour des raisons de rentabilité. La capacité de capter, d’intégrer et de stabiliser dans cette nouvelle stratégie des paysans installés depuis des générations dans une culture échappant à tout contrôle est le premier vrai défi auquel sera confronté le Maroc qui doit entreprendre un chantier où sont concentrés des problèmes, écologiques, sanitaires, économiques, sécuritaires et diplomatiques.   

Les ambition des autorités marocaines apparaissent dans le panel des membres de l’exécutif présents à la réunion du 2 juin. Y ont participé le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, de la ministre de l’Économie et des Finances, du ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts, du ministre de l’Industrie et du Commerce, du ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche Scientifique et de l’Innovation, des représentants des autorités gouvernementales en charge de la santé, de l’eau et de l’environnement, ainsi que des Directeurs généraux de l’Agence Marocaine de Développement des Investissements et des Exportations et de l’Office National de Sécurité Sanitaire des produits Alimentaires. 

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ALGÉRIE. UN GROUPE ÉMIRATI SECOND FOURNISSEUR DE BLÉ

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Selon le site Africa-influence, le second importateur de blé en Algérie est le puissant groupe émirati Al Ghourair Ressources international qui arrive derrière les pays de l’Union européenne où l’Allemagne occupe la première place ; la France ayant perdu ces dernières années la place privilégiée qui était la sienne. 

L’approvisionnement à partir de l’Inde, grand producteur de blé, étant impossible – New Delhi a interdit l’exportation de son grain depuis l’invasion de l’Ukraine où le consortium émirati avait installé une filiale – ses recherches s’orientent désormais vers l’Amérique du Nord et du Sud pour compenser les quantités impossibles à convoyer après le blocage de la Mer noire.

Al Ghourair Ressources capte notamment les appels d’offre des consommateurs de pays du sud où les pouvoirs sont peu ou prou contrôlés par l’institution militaire. Il est ainsi très présent sur le marché des céréales en Égypte et de son voisin et proche allié le Soudan. Dans ce dernier pays, il a même racheté une minoterie. 

Le marché algérien est une des cibles des Émiratis qui se sont souvent posé en intermédiaires dans plusieurs autres domaines, y compris celui, très sensible, des équipements militaires. Cette coopération a connu un développement soutenu lorsque l’armée algérienne était commandée par le défunt Gaid Salah qui était chef d’état-major et vice-ministre de la défense.    

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Économie

FRANCE-ALGÉRIE : RÉCHAUFFEMENT POUSSIF

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L’Algérie et la France qui alternent des cycles de tensions et de fugaces rapprochements ne parviennent toujours pas à pérenniser des relations régulièrement chahutées par des considérations politiciennes généralement dictées par l’instrumentalisation du passé colonial. 

Il reste que la réalité économique et technique rattrape souvent ces brouilles ; des domaines de coopération technique ou scientifique ne pouvant être colmatés par le recours à la coopération italienne, allemande ou chinoise. Il en est ainsi du secteur des transport lourdement handicapé par les crises qui ont sévèrement secoué en octobre dernier les rapports entre Alger et Paris.

Ce jeudi, c’est le ministre des transports qui a reçu l’ambassadeur de France à Alger, François  Gouyette pour examiner «  les voies et moyens de renforcer la coopération des deux pays dans le domaine des transports », indique un communiqué du ministère des Transports qui précise que  « Les deux parties ont également examiné les moyens de renforcer la coopération entre les deux pays et l’échange d’expertises en matière de réalisation et d’exploitation notamment le développement de l’infrastructure ferroviaire et du réseau Tramway ».

Pour rappel, ce sont des sociétés françaises qui ont réalisé le métro d’Alger et d’autres vecteurs de transport urbain, notamment dans la capitale. La gestion de l’exploitation du métro avait été confié à la RATP avant que le pouvoir algérien décide de l’en dessaisir. Les problèmes de gestion et d’entretien de ces moyens de transport  handicapent souvent la rentabilité, affectant les usagers qui les empruntent. Pour cet élu de l’assemblée de wilaya d’Alger, « les ruptures contractuelles sont plus souvent dues à des tensions politiques qu’à des considérations économiques et commerciales ».  

On relèvera que de reports en reports, les réunions du comité intergouvernemental de haut niveau (CIHN), perturbées par les secousses politiques, les départements ministériels algériens, en bute à des retards de livraison de matériel, de pièces de rechanges ou à des déficits d’expertise sont réduits à solliciter l’ambassade pour parer aux contraintes les plus urgentes. 

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