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LA TUNISIE MÉRITE MIEUX Par Saïd SADI

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« À travers l’arrestation de Noureddine Bhiri, Kaïs Saïed s’attaque à l’hydre islamiste ». C’est cette paradoxale prophétie, publiée ce 31 décembre, qu’un site d’information tunisien offre en cadeau de réveillon à ses lecteurs. Les précautions subsidiaires prises pour déplorer les conditions cavalières de l’interpellation et la mise en résidence surveillée* – sans aucune information des instances judiciaires du pays, mais confirmée par un communiqué laconique du ministère de l’intérieur – de l’ancien ministre de la justice et néanmoins figure historique de l’islamisme tunisien ne changent rien à ce qui est bel et bien une manifestation de plus d’une dérive despotique dont, nationaux et voisins, ont le devoir de prendre la juste mesure.

Le coup de force commis le 25 juillet dernier par le président Kaïs Saïed, avait été spontanément salué par une partie non négligeable de l’opinion publique. Si pour les couches populaires, notamment la jeunesse, revenues du populisme et de la démagogie islamistes, la réaction pouvait se comprendre ; la complaisance voire l’enthousiasme des personnalités du camp démocratique avait surpris celles et ceux qui ont toujours considéré que le pays de Bourguiba, en plus de l’accomplissement de son devenir propre, avait aussi vocation à servir de repère pour la construction de la cité démocratique dans notre région, maintenant que le prurit tiers-mondiste et l’absolutisme monarchique qui avaient respectivement aliéné l’Algérie et le Maroc depuis leurs indépendances sont enfin passés de mode.  

Les élites tunisiennes qui se sont fait violence pour banaliser sinon légitimer la décision de leur président justifiaient leur posture par la nécessité de débarrasser la Tunisie de l’islamisme et, subséquemment, estimaient-elles, lui éviter les affres algériennes des années 90 par une intervention en amont. 

Quelle pertinence peut être accordée à cette approche ? 

Dans sa formulation et par des déclinaisons qui se vérifient quasiment chaque jour, la vision de Kaïs Saïed n’est pas fondamentalement moins islamiste que celle d’Ennahdha. Pour preuve, le sort réservé aux conclusions de la commission COLIBE confiée par le défunt président Beji Caïd Essebci à la féministe Bouchra Belhadj Hmida qui avait, fait unique dans l’aire musulmane, enfin consacré l’égalité successorale. Dès le début de son mandat, Kaïs affirme le 13 aout 2020, journée de la femme en Tunisie, qu’en matière successorale, le texte coranique était clair et impératif et que le débat sur l’égalité dans l’héritage n’avait plus lieu d’être. Si l’on ajoute la mystique qui inspire un pouvoir ne reconnaissant que Dieu pour arbitre et la sollicitation du peuple anonyme comme partenaire dans une concertation directe qui n’est pas sans rappeler le kadhafisme qui a infantilisé le voisin libyen quarante ans durant, on ne peut qu’être désappointé par celles et ceux, de moins en moins nombreux il est vrai, qui cultivent encore la méthode Coué sur une démarche autocratique dont le seul mérite est d’avancer à visage découvert. 

L’histoire contemporaine enseigne qu’au début au moins, la dictature a toujours bénéficié de la distraction, la démission, la complaisance ou, pire, la compromission de franges plus ou moins importantes de démocrates pour anesthésier la vigilance de leurs concitoyens et duper les partenaires étrangers, amis des peuples qui en seront victimes. Quand survient le sursaut, il est généralement trop tard.   

Que vaut la comparaison avec la situation algérienne des années 90 ? 

Le FIS avait publiquement déclaré vouloir « instaurer la charia, abolir la constitution, interdire les partis socialistes… » et exigé des citoyens leur soumission aux habitudes vestimentaires et culinaires des nouveaux maîtres avant d’adouber un mouvement insurrectionnel armé. Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’assimilation des tentations autoritaires d’Ennahdha aux oukases du parti intégriste algérien est excessive. Par ailleurs, il se dit que le mouvement de Ghannouchi ne serait pas innocent des assassinats de Chokri Belaïd et de Mohamed Brahmi. Il y a encore en Tunisie la possibilité d’une justice suffisamment crédible et indépendante – que d’ailleurs Kaïs Saïed s’emploie à asservir – pour, si toutefois on lui en laisse la latitude, traiter en toute équité les dossiers des deux martyrs. 

Abuser de façon aussi outrancière du pouvoir d’Etat pour réduire au silence un dirigeant d’un mouvement islamiste à la dérive est la meilleure façon de ressusciter des idées et des conduites condamnées par la gestion aussi indigente que prédatrice de son parti. Le FIS ou les niches qui ne désespèrent pas de le remettre dans le jeu politique ne revendiquent maintenant ni « la mort des impies » ni l’instauration de la théocratie et ne déclarent plus que « la démocratie est kofr ». Aujourd’hui, thuriféraires et affidés du parti dissout ne jouent que la partition de la victimisation au point de mener une campagne négationniste effrénée sur les charniers qu’il a commis.

Quitte à étudier le cas algérien, autant ne pas prendre l’affaire par le mauvais bout. 

L’Algérien qui signe ce texte s’est rendu il y a bien longtemps à Tunis pour consulter des hommes comme Saddedine Zmirli, Khamaïes Chemari et Mohamed Charfi pour créer la Ligue algérienne des droits de l’homme. Il se donne le droit de s’immiscer dans les affaires tunisiennes et invite ses frères de l’est et de l’ouest à en faire autant sur son pays. 

Au prix de leur liberté et, pour certains, de leurs vies, des militants ont inlassablement travaillé à ce que le tropisme algérien soit aspiré par la pédagogie tunisienne, particulièrement en ce qui concerne la condition de la femme et le maintien de l’armée dans les casernes. Pour la Tunisie comme pour l’Afrique du Nord et même toute la Méditerranée occidentale, nous devons tout faire pour empêcher le mouvement inverse de contrarier notre destin.  

* Voir adn-med :  L’ancien ministre de la justice « kidnappé » par la police 

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REGAIN DES TENSIONS DIPLOMATIQUES ENTRE ALGER ET RABAT

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En l’espace d’une semaine, Alger et Rabat se sont retrouvés impliqués directement ou indirectement dans des attaques et contre-attaques diplomatiques sur la question du Sahara occidental. 

La plus rocambolesque de ces joutes eut lieu au Kenya. Sitôt élu, le nouveau président William Ruto publia un Tweet annonçant le retrait de son pays de la reconnaissance accordée à la RASD. Le Maroc crie victoire. Le 15 septembre, coup de théâtre. Le ministère des Affaires étrangères kenyan désavoue son président dans un communiqué sévère où il est affirmé que la politique étrangère du Kenya ne se fait pas par Tweet. La position du Kenya est rappelée sans ambages : le pays est « totalement aligné » sur la résolution de l’OUA de 1982 qui a actée l’admission de la RASD. Et pour faire bonne mesure, Nairobi souligne son attachement à la résolution de l’ONU consacrant le « droit inaliénable des peuples à l’autodétermination ». Cette fois, c’est Alger qui jubile via son agence de presse officielle, l’APS. Le communiqué prend cependant soin de faire part de la volonté du Kenya de développer « ses relations commerciales » avec le Maroc, alors que Mohamed VI venait d’exiger de ses partenaires de clarifier « sans ambiguïté » leur position sur la question sahraouie.  

Quelques jours auparavant, des sources algériennes avaient cru voir une évolution de la position du Soudan du Sud favorable à sa thèse sur le dossier sahraoui.  Vendredi c’est le chef de l’État lui-même, Salva Miir Mayardit, qui assure le souverain marocain que son pays « reconnait uniquement les États membres des nations unies ».  Point pour le Maroc. 

Le même jour les royaumes d’Espagne et du Maroc signent à l’ONU une déclaration commune confirmant leur adhésion à « l’initiative marocaine présentée en 2007 comme la base la plus sérieuse, réaliste et crédible pour la résolution de ce différend » alors que ces dernières semaines Alger se plaisait à déceler de possibles rétractions de Madrid sur un sujet qui avait provoqué une sérieuse crise avec Madrid. Là encore, le Royaume alaouite a réussi à dissiper les éventuels doutes. 

En revanche, sur le plan régional, le succès algérien est total puisque Tunis est désormais gagné à sa cause au grand dam de Rabat qui ne décolère pas contre Kais Saied. 

Derrière cette fébrilité se cache une guerre d’influence entre Alger et Rabat, chacun tentant de peser sur le continent avant les grands choix que la précipitation de la guerre en Ukraine ne manquera pas d’imposer aux uns et aux autres. 

L’antagonisme algéro-marocain, aigu et permanent, pèse sur tous les secteurs de la vie africaine. Le projet de gazoduc Nigeria-Europe est l’un des domaines où s’affrontent âprement les deux pays, chacun essayant de gagner les investisseurs au tracé qui passerait sur son propre sol. (Voir adn-med du 17 septembre).

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ALGER-TUNIS : LA POMME DE DISCORDE ENNAHDHA

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Tout baigne entre Alger et Tunis. Enfin, presque. Car l’acharnement de Kaid Saïed contre le parti islamiste Ennahdha n’est pas du gout d’Alger qui a fait savoir sa désapprobation sur la gestion de ce dossier à plusieurs reprises. Celle-ci se traduit par des attaques politiques et procédures judiciaires si maladroites qu’elles ont fini par redonner sinon du crédit du moins de l’empathie à une formation islamiste en déroute, 

Dernière pantalonnade en date, les dirigeants d’Ennahdha comme Ali Larayedh, Redha Jaouadi, Mohamed Frikha ou Mohamed Affes que Kais Saïed voulait voir impliqués dans les réseaux de recrutements terroristes viennent d’être tous relâchés des gardes à vue de quelques heures pour certains à quelques jours pour d’autres. Les observateurs qui suivent le dossier se perdent en conjectures. Cette relaxe fait-elle suite à de nouvelles pressions d’Alger ou résulte-elle d’un fonctionnement judiciaire gravement perturbé par les intrusions itératives et incohérentes du chef de l’État. 

Jusque-là Kais Saïed avait pu préserver sa proximité avec son puissant voisin de l’ouest qui lui livre la quasi-totalité de son gaz et a ouvert ses frontières en pleine saison estivale – après avoir quand même hésité quelques semaines pour signifier son agacement – pour le plus grand bonheur d’un secteur touristique tunisien bien mal en point. 

A la fête de l’indépendance algérienne célébrée en juillet, le président tunisien accepta de s’exposer à côté d’Abdelmadjid Tebboune qui avait pris soin de placer à côté de lui Brahim Ghali, le responsable du Polisairio ; ce qui souleva l’ire de nombreux cercles politiques tunisiens qui voyaient leur pays aspiré par l’Algérie dans un conflit où Tunis avait toujours gardé la neutralité. 

Si la lune de miel connait des éclipses, ce sera à cause de Ghannouchi en qui le président tunisien voit, sans doute à tort, le seul adversaire potentiel. Or, dans la géopolitique islamiste, les militaires algériens ont fait le choix depuis longtemps de ménager les Frères musulmans contre les salafistes, d’où leur insistance à protéger Ghannouchi. Pour le reste ; Kais Saied qui apprécie au plus haut point le panarabisme dans lequel replonge l’Algérie est prêt à toutes les concessions. 

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ONU : LAMAMRA LE COUTEAU SUISSE ALGÉRIEN

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Il est partout à l’ONU. Et plutôt efficace. Malgré une politique intérieure dominée par une répression de tous les instants et une situation économique des plus préoccupantes, Lamamra, replace peu à peu l’Algérie dans les grandes enceintes internationales. Il est vrai que la crise énergétique qui fait du gaz un produit rare et recherché aide à faire de ce pays producteur un partenaire qu’il faut savoir ménager. Mais tout de même. On a vu des périodes où le renchérissement des hydrocarbures fut tout aussi haut sans qu’Alger n’en ait retiré des avantages diplomatiques conséquents.  

Pourtant, le pouvoir algérien partait de loin. Isolée et sérieusement secouée après l’insurrection de 2019, l’Algérie redevient visible – en attendant d’être audible ? – sur la scène internationale. L’auteur de ce redéploiement n’est autre que le ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra dont l’épais carnet d’adresse personnel est mis à profit pour activer des relations personnelles ou remettre au goût du jour des initiatives tombées en désuétude comme l’accord d’Alger sur la crise malienne. 

Le régime attend aussi beaucoup du délicat sommet de la Ligue arabe qu’il veut faire coïncider avec l’anniversaire du déclenchement de lutte armée du 1er novembre, évènement autour duquel le chef de la diplomatie algérienne s’est dépensé sans compter. 

La revanche

Ironie de l’histoire ces relations furent nouées par Lamamra au moment où, blacklisté par le général Betchine à l’époque de Liamine Zéroual, il se fit apprécier à l’ONU et l’UA (l’OUA à l’époque) où il exerça d’éminentes responsabilités. 

Á l’occasion de ses nombreux entretiens en marge de l’assemblée générale de l’ONU où il représentait son pays, Lamamra a appelé à ”la nécessité pour les pays africains de s’exprimer d’une seule voix pour plaider en faveur d’une action climatique effective et efficace qui prenne en compte les priorités de l’Afrique et ses préoccupations, notamment en lien avec les tentatives répétées tendant à remettre en cause la validité du principe des responsabilités communes mais différenciées”. Une manière de fédérer le continent sur des dossiers consensuels au moment où la crise ukrainienne risque de provoquer des fissures entre les pays membre de L’UA.

Cette activité saluée par les professionnels de la diplomatie suscite cependant réserves, suspicion et même inquiétude dans et en dehors du pays. Des gourous du sérail n’oublient pas que le ministre des Affaires étrangères s’était mis dans les starting-blocks pour la succession de Boutelika, période où il recommanda la mansuétude pour l’ancien chef de l’État, chose qui lui fut reprochée par une bonne partie de l’opinion publique comme la (seule) faute politique qui ait entaché un parcours, par ailleurs, exemplaire. « Cette ambition n’est pas oubliée par les clans qui ont toujours veillé à ce que le pouvoir soit transmis dans les réseaux occultes. Or, si Lamamra est apprécié pour ses compétences professionnelles, ce Kabyle réservé sur les questions internes ne figure pas sur les tablettes de ces parrains. », soutient un des anciens collaborateurs du chef de la diplomatie.

Le Maroc est l’autre acteur qui s’alarme de cette hyperactivité. N’a-t-on pas dit que c’est Lamamra qui serait à l’origine du fracassant désaveu du tout nouveau président kenyan par son ministre des Affaires étrangères quand le premier annonça dès son élection la reconnaissance de la marocanité du Sahara occidental. 

Un caillou dans la chaussure

Un écueil, accidentel ou intentionnel, risque cependant de perturber le travail du ministre algérien. Il vient en effet de se voir désigner comme secrétaire général un certain Amar Belani. « Un éléphant dans un magasin de porcelaine affecté aux bruyantes polémiques avec le Royaume chérifien. L’inverse des méthodes de travail de Lamamra qui privilégie l’argumentation et la préservation des qualités relationnelles. On peut voir dans cette promotion, non pas un désaveu mais le signe d’une mise sous-surveillance d’un ministre qui a déjà montré par le passé sa liberté de manœuvre », précise notre interlocuteur. 

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ALGÉRIE : INSTABILITÉ, FERMETURE OU SÉCURITÉ ?

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« Discipline et confidentialité » ce sont les maîtres mots qu’Abdelmadjid Tebboune exige désormais de ses collaborateurs. « La gestion d’El Mouradia n’est plus informelle et désordonnée comme c’était le cas durant plus de deux décennies », se réjouit ce dimanche l’APS qui avait inlassablement célébré les capacités organisationnelles de celui dont elle stigmatise aujourd’hui l’incurie.

Il est extrêmement difficile de dresser un bilan cohérent des décisions qui caractérisent les cascades de nominations ou de suspensions. Aucun secteur n’est épargné. Des ministres sont relevés de leur fonction sans qu’aucune explication ne soit donnée à l’opinion publique ; il est de même pour le corps des ambassadeurs, celui des magistrats ou, plus récemment, des walis. Ces derniers ont vu leurs prérogatives considérablement réduites pour, assure-t-on, limiter la prédation et la corruption dont s’étaient effectivement rendus coupables des fonctionnaires de l’administration territoriale qui avaient abusé de leur pouvoir pour brader les terrains domaniaux ou concéder des autorisations à de activités économiques pas toujours compatibles avec les besoins des populations ou les contraintes environnementales. Pour autant s’interroge cet ancien chef de daïra « le jacobinisme est-il la solution dans un pays qui a plus que jamais besoin de décentralisation voire de régionalisation ? »

Même des domaines aussi sensibles que le renseignement n’échappent pas à un turn-over qui surprend observateurs et partenaires de l’Algérie. On ne compte plus en effet le nombre d’officiers nommés et démis quelques semaines ou même quelques jours après leur installation.

La lutte contre la corruption affichée comme une entreprise de salubrité publique souffre des mêmes inconséquences. La chasse aux affidés de Bouteflika et de Gaïd Salah se veut sans répits ni concession mais les deux principaux responsables du marasme combattu ont eu droit à des funérailles nationales.

Donnée effectivement remarquable : les secrets entourant les mouvements de la haute administration que salue l’APS sont bien gardés. Reste à savoir si, avec la disparition des journaux privés, cela relève de la discipline que revendique le pouvoir ou si, au contraire, elle participe du refus de transparence que dénoncent les avocats et les dernières ONG qui osent encore s’exprimer.   

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TUNISIE : LA LOI ÉLECTORALE DÉCRIÉE

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La nouvelle loi électorale, modifiée par décret présidentiel, publiée au journal officiel de la République tunisienne, JORT ce 15 décembre, annonçant les procédures devant régir les élections législatives fixées pour le 17 décembre 2022 ne pas l’unanimité, loin s’en faut.  

Scrutin uninominal, il est fustigé par une dizaine d’association féminines qui dénoncent la non parité de la loi qui fera la part belle aux candidats disposant dans leur circonscription de relais sociaux et de moyens financiers importants dont seules les grandes bourses peuvent bénéficier. 

Dans un communiqué commun l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD), l’association Beity, l’association Aswat Nissa, l’association Tawhida Ben Cheikh, l’Association des Femmes Tunisiennes pour la recherche sur le développement (AFTURD), l’Association femme et citoyenneté du Kef, l’association Amal pour la famille et l’enfant, l’association Joussour de citoyenneté du Kef, l’association Calam et la Ligue des électrices tunisiennes relèvent également la contradiction qui fait de la parité une obligation pour les parrainages et non pour les candidatures, réduisant ainsi la femme à une fonction de décoration. 

Par ailleurs, cette loi qui stigmatise les binationaux fait également l’objet de violentes attaques puisqu’un Tunisien né de père ou de mère étranger ne peut se porter candidat à la députation dans une circonscription située en territoire tunisien, alors qu’il peut candidater pour tente d’enlever l’un des sièges réservés aux Tunisiens de l’étranger quand bien même ne serait-il jamais sorti du territoire national.  Pourquoi déchoir de ses droits civiques un citoyen uniquement au motif qu’il a un parent étranger alors qu’il vit en Tunisie, y travaille, y paie ses impôts et qu’il n’a jamais fait l’objet de condamnation ? s’étrangle un jeune juriste qui pose d’ailleurs la question de la constitutionnalité de cette disposition. 

Cette loi qui durcit les sanctions contre les fraudes et interdit tout financement étranger vise en réalité à réduire les influences des partis dans le futur parlement considérablement affaibli devant le pouvoir exécutif. 

Plusieurs voix dont celles de nombreux partis politiques avaient annoncé l’idée d’un boycott pour disqualifier par l’abstention les élections législatives. Sauf que la faiblesse du taux de participation (moins de 30%) du référendum constitutionnel ne semble pas gêner outre mesure un président décidé à imposer son agenda à une opposition fragmentée et qui peine à faire émerger une figure à même de rassembler une opinion publique qui voit la Tunisie sombrer dans la précarité et l’instabilité politique.

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ALGÉRIE-ESPAGNE : L’AFFAIRE BRAHIM GHALI REBONDIT

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L’entrée du leader du Polisairio, Bahim Ghali en Espagne en avril 2021 pour recevoir des soins contre le coronavirus et qui avait provoqué une sérieuse crise entre Rabat et Madrid ne semble pas connaitre d’épilogue.

Selon « Voz Populi » qui suit le dossier de près « le tribunal a mandaté une commission rogatoire en Algérie pour s’enquérir de faux document fourni par Brahim Ghali à l’hôpital de Logroño où il avait été admis en avril 2021 pour se soigner du coronavirus ».

Par ailleurs, le même média ajoute qu’en vertu du traité de coopération judiciaire signé entre Alger et Madrid en 2002, le Parquet a sollicité le juge d’instruction pour demander une aide judiciaire de l’Algérie en vue de revenir sur les conditions d’entrée de Brahim Ghali en Espagne.

Enfin, et toujours selon la même source, le magistrat instructeur souhaite interroger le fils de Brahim Ghali sur l’accès de son père à l’hôpital de Logroño mais aussi sur l’identité de ceux qui avaient fait le voyage avec lui.

Pour rappel, l’hospitalisation de Brahim Ghali avec un passeport algérien alors qu’il était sous le coup de poursuites judiciaires en Espagne avait entrainé la démission de la ministre des Affaires étrangères Arancha Gonzles Laya accusée par Camilla Vilalrino, son chef de cabinet d’avoir favorisé l’arrivée en Espagne de Brahim Ghali. Celle-ci blanchie depuis par la justice avait cependant déclaré que « si c’était à refaire, elle n’hésiterait pas à recommencer pour une raison humanitaire ».

Encore un dossier qui risque de compliquer les laborieuses tentatives du chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez au moment où il tente un rapprochement avec Alger.

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RÉUNION DE LA LIGUE ARABE À ALGER : LE YOYO PERMANENT

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La réunion de la Ligue arabe prévue à Alger les 1er et 2 novembre n’en finit pas de susciter des annonces aussitôt démenties ou des décisions d’apaisement rattrapées par d’autres qui les dissolvent…

Ainsi, la réintégration de la Syrie à laquelle travaillait l’Algérie a finalement été démentie après quelques semaines de rumeurs contradictoires. De son côté, l’Egypte qui n’a que très modérément apprécié les visites des dirigeants éthiopiens à Alger a fait planer l’hypothèse d’un nouveau report du sommet. Le Caire entendait signifier son irritation devant le rapprochement ostentatoire du pays hôte avec un adversaire éthiopien auquel l’oppose la construction du barrage de la Renaissance – qui doit capter les eaux en amont du Nil – et qui est à l’origine d’un conflit, pour l’instant contenu, mais qui peut dégénérer du jour au lendemain. La perturbation politico-diplomatique égyptienne à peine retombée qu’un autre sujet de tension, et pas des moindres, rejaillit : la participation du Maroc avec lequel l’Algérie a rompu ses relations diplomatiques. L’invitation finalement adressée à Mohamed VI pouvait laisser deviner une disponibilité à privilégier la détente avant une rencontre sur laquelle avaient pesé hypothèques et polémiques.

Moins de quarante-huit heures après avoir solutionné la présence du souverain alaouite,  la nomination d’Amar Belani – appelé « le porte flingue » du dossier marocain -, au poste de secrétaire général du ministère des Affaires étrangères algérien, si elle venait à se confirmer, relancerait de facto la stratégie de la tension.

Indépendamment du maintien ou d’un éventuel nouveau report du sommet, les observateurs se perdent en conjectures sur le contenu des discussions (et des résolutions auxquelles celles-ci aboutiraient) qui pourraient rassembler des pays frontalement opposés sur l’invasion de l’Ukraine, sur la question du Sahara Occidental ou la position à adopter envers le Hamas palestinien.  

Pour cet ancien diplomate algérien qui fut en fonction à deux reprises au Caire ce sommet « est le type même de casse-tête diplomatique : s’il ne se tient pas, il confirmerait un délitement d’une Ligue arabe qui vaut plus par les adversités qui s’y expriment que par des compromis qu’elle ne produit plus depuis des lustres ; s’il se tient, il risque de voir les animosités latentes qui déchirent les états membres s’exacerber ; ce qui pose objectivement la question du bénéfice-risque de ce genre de cénacles ».

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ALGÉRIE : L’ANP AVEC LA RUSSIE EN MER DU JAPON

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Pour la première fois, l’armée algérienne participe avec une centaine d’hommes aux côtés de la Russie, de la Chine et de l’Inde aux exercices militaires VOSTOK qui se déroulent dans l’extrême orient russe sur les rives de la mer du Japon et de la mer d’Okhotsk. Ces opérations qui mobilisent 50 000 hommes, dont 10 000 viendraient de Chine, concernent tous les corps d’armée. Elles impliquent également l’Arménie, le Kazakhstan, la Syrie, le Nicaragua, le Laos, la Mongolie, le Belarus, le Tadjikistan et le Kirghizistan, autant de solides alliés et clients de Moscou dans le marché de l’armement.  La presse algérienne qui répercute méticuleusement les actions et décisions de l’armée s’est montrée particulièrement discrète sur cet engagement.

Selon plusieurs observateurs, cette participation qui intervient seulement quelques semaines avant des manœuvres anti-terroristes prévues en novembre 2022 avec la Russie à une cinquantaine de kilomètres du Maroc relativise déjà la portée de la visite récemment effectuée par le président Macron en Algérie et de laquelle certains commentateurs avaient cru attendre une inflexion des positions pro-russes de l’Algérie ; le chef d’Etat français ayant expressément dénoncé à Alger la politique du Kremlin comme une source de menace sur la paix du monde.  

Le rapprochement entre Algériens et Russes s’est renforcé à la faveur de l’invasion de l’Ukraine qu’à l’instar de plusieurs pays du Sud l’Algérie s’est gardée de condamner.

Le site Atalayar, généralement bien informé sur les questions militaires des mers chaudes, rapporte que depuis 2019, l’Algérie dépend à plus de 80% de ses besoins militaires des importations russes, faisant de ce pays le troisième client de Moscou après la Chine et l’Inde.

Le Mali est l’autre terrain sur lequel El Mouradia et le Kremlin coopèrent étroitement. Après l’éviction de la France de son ancienne colonie sahélienne, ce sont les deux pays qui y exercent désormais les plus grandes influences politique et sécuritaire. 

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ALGÉRIE-UE : HYDROCARBURES ET SILENCES

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Les relations Algérie-UE se réchauffent après le coup de froid induit par les tensions consécutives aux menaces de suspension de livraison du gaz algérien à l’Espagne. Madrid avait alors fait valoir son statut de membre de l’Union Européenne pour rappeler via Bruxelles Alger à ses obligations contractuelles. 

Cette friction semble dépassée puisque ce lundi le chef de l’État algérien a reçu au siège de la présidence de la République Charles Michel, le président du conseil européen qui a tenu à rappeler que « l’Algérie est un partenaire fiable en matière énergétique », propos signifiant que l’incident espagnol est clos.

La délégation algérienne qui a assisté aux entretiens aux côtés d’Abdelmadjid Tebboune composée du ministre des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger, M. Ramtane Lamamra, du directeur de Cabinet à la Présidence de la République, M. Abdelaziz Khellaf, du ministre de l’Energie et des Mines, M. Mohamed Arkab, et du ministre du Commerce et de la Promotion des exportations, M. Kamel Rezig, donne une indication de l’objet de la visite dans un contexte européen dominé par l’urgente nécessité de se libérer de la dépendance au gaz russe. Objectif confirmé implicitement par M. Charles Michel qui s’en est tenu à déclarer que les échanges ont porté sur “un certain nombre de situations liées au voisinage et au contexte géopolitique”.

Important producteur de gaz situé aux portes de l’Europe, l’Algérie est courtisée et se sait présentement en position de force. En effet, secouée par une insurrection populaire qui a duré près de deux ans et longtemps mise au banc des accusés pour cause de violation des libertés fondamentales, Alger revient sur la scène internationale à la faveur d’une crise énergétique qui réinstalle les polarisations géopolitiques de la guerre froide ; ce qui remet au gout du jour un pragmatisme qui relativise les atteintes récurrentes aux droits de l’homme que dénoncent, sans grand écho, les ONG locales.

C’était dans ce contexte que s’est déroulée la visite du président Macron à la fin du mois d’aout, lequel s’est bien gardé d’aborder le sort des quelques trois cents détenus d’opinion qui croupissent dans les prisons algériennes. « Les prisons sont pénibles mais les hivers sont rigoureux en Europe », ironisa en privé un binational qui faisait partie de la délégation qui avait accompagné Macron en Algérie et dont un des parents est détenu depuis bientôt un an et demi.  

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U17 : FINALE ALGÉRIE-MAROC

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Les Marocains affronteront les Algériens en coupe arabe U17. La compétition organisée par l’UAFA se déroule en Algérie. Les Marocains ont battu les Yéménites avec un score de 2 buts à 0 inscrits en seconde période. Pour leur part, les Algériens sont laborieusement venus à bout des Saoudiens à la suite d’une séance tendue de tirs aux buts (5 à 4), le match s’étant terminé sur un score vierge entre les deux équipes. 

Au-delà du relatif enjeu sportif qui engage des équipes par définition évolutives, la situation qui prévaut dans la région a nourri sur la toile des commentaires qui oscillent entre dérision et agacement. Pour arriver en Algérie, les Marocains doivent faire plusieurs escales pour contourner la fermeture de l’espace aérien algérien décidé à la suite de la rupture des relations diplomatiques survenue à l’été 2021 entre Rabat et Alger. C’est ainsi que pour atteindre Oran, ville située à moins de 200km de la frontière en vue de participer aux jeux méditerranéens, la délégation marocaine a dû se rendre à Tunis avant de faire le trajet inverse pour regagner la capitale de l’ouest algérien. Aujourd’hui, c’est la Tunisie que boycotte le Maroc qui a décidé d’annuler la participation de ses athlètes à toutes les compétions internationales programmées à Tunis. 

Au final, les équipes marocaines qui n’ont pas le droit de survoler l’espace aérien algérien dans les avions de leur pays peuvent concourir en Algérie. Cependant, les Marocains qui peuvent se rendre en Tunisie par la Royal air Maroc ne vont pas participer aux différents championnats qui s’y déroule. La cause de ces imbroglios : la question du Sahara occidental.   

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