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TUNISIE. ÉMOI APRÈS LE DÉCÈS D’UN OFFICIER DE LA GARDE NATIONALE

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Un officier de la garde nationale, le capitaine Mohsen Adili a été retrouvé pendu chez lui ce 16 janvier. Les circonstances de cette mort et les dernières missions exécutées par le défunt ont aussitôt déclenché une avalanche de messages sur la toile où les internautes, dont des personnalités publiques, exigent de ne pas évacuer a priori la piste criminelle. L’officier Adili était en effet lié à la divulgation de dossiers sensibles comme celui impliquant le député islamiste et ancien ministre de la Justice, Noureddine Bhiri toujours assigné à résidence (voir adn-med : “l’ancien ministre de la justice “kidnappé” par la police” ).

Le parti Ennahdha qui a publié ce lundi un communiqué dans lequel il proclame que son député ne saurait en aucune manière être concerné par ce décès a par contre demandé à la justice d’accélérer les examens des situations de ses dirigeants privés de liberté. En outre, le parti de Rached Ghannouchi n’hésite pas à suggérer que la volonté d’impliquer son député dans cette disparition pourrait être une manœuvre destinée à faire diversion au cas où Noureddine Bhiri venait à décéder alors qu’il est toujours assigné à résidence surveillée avec une santé qui inquiète les médecins qui le suivent.   

Par ailleurs, le ministère de l’Intérieur a fait savoir aujourd’hui, 17 janvier qu’il a procédé à la levée de l’assignation à résidence de deux personnes, dont il n’a pas révélé les identités se contentant de préciser que les deux individus ont été entendus pour une affaire en lien avec l’atteinte à la sureté nationale.

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FRANCE-MAROC : L’AFFAIRE OMAR RADDAD RELANCÉE ?

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Selon la très médiatique avocate Sylvie Noachovitch qui s’occupe de Omar Raddad depuis 2008, le dossier de ce dernier – qui revient de façon récurrente sur la scène médiatique depuis 1991 quand Ghislaine Marchal qui employait le franco-marocain comme jardinier fut retrouvée morte dans sa résidence La Chamade située dans les Alpes maritimes, sud-est de la France – va connaitre un nouveau rebondissement. A l’époque, une phrase écrite en sang « Omar m’a tuer » est restée dans les annales judiciaires. 

S’exprimant dans l’émission « Crimes et faits divers » animée par Jean Marc Morandini, Sylvie Noachovitch, a déclaré qu’« un supplément d’information a été ordonné » et elle annonce que le renvoi de ce dossier à la Cour de révision et de réexamen des condamnations pénales est prévu pour le 15 septembre prochain.

D’après l’avocate, deux faits nouveaux sont à l’origine de cette nouvelle procédure. Une enquête menée discrètement en 2002 par des éléments de la gendarmerie contenant, selon ses dires, des pistes sérieuses pouvant mener aux auteurs réels du crime n’a jamais été portée à la connaissance des différentes parties. Par ailleurs, elle assure avoir présenté à la Justice un rapport d’expertise avec des traces ADN “exploitables” qui ne correspondent pas à l’identité génétique d’Omar Raddad. Quatre empreintes génétiques appartenant à quatre individus de sexe masculin ont été retrouvées sur deux portes et un morceau de bois de la scène du crime. 

Suite à un long procès marqué par de sérieuses hésitations voire des distorsions judiciaires, Omar Raddad est condamné le 2 février 1994 à dix-huit ans de réclusion criminelle. Au Maroc l’émoi est grand et la population prend fait et cause pour Raddad. Le palais royal est embarrassé. Hassan II mandate le prince Hichem pour prendre langue avec le président français auquel est proposé la grâce de deux français condamnés au Maroc pour viol en échange de la libération du franco-marocain. Le 4 septembre 1998, le président Jacques Chirac accorde une grâce partielle au détenu qui sort après avoir bénéficié d’une réduction de peine. Cependant, en dépit de cette décision, le condamné demeure coupable au regard de la loi française ; ce qui conduit le concerné à continuer le combat en vue d’obtenir un acquittement et une annulation du jugement.

Pour rappel, le célèbre avocat Jacques Vergès qui avait défendu Omar Raddad avait introduit en juin 2001, une requête en révision auprès de la Chambre criminelle de la Cour de cassation qui a été rejetée le 20 novembre 2002.

Ce renvoi promet d’être l’un des évènements qui tiendront en haleine les chroniqueurs judiciaires. 

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Bonne fête de l’Aïd – L3id amerbuh – صاحا عيدكم

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Politique

ALGÉRIE. LA POLICE SALUE LA PRESSE NATIONALE

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C’est à l’école supérieure de police Ali Tounsi (Alger) qu’a été célébrée par anticipation ce jeudi la journée mondiale de la liberté de la presse coïncidant avec la date du 3 mai. Une dépêche de l’APS rapporte que la lieutenant Salma Saoudi a lu un discours au nom du directeur général de la police nationale qui a salué les réalisations de la presse nationale en matière de sensibilisation et de lutte contre les informations erronées.

Associé à la manifestation, Abdeslam Benzaoui, directeur de l’Ecole nationale supérieure de journalisme et des sciences de l’information (ENSJSI), a insisté sur  « le rôle de la presse, vitrine du pays, aux plans interne et externe ainsi que dans la stabilité de la patrie ». Il a, par ailleurs, invité les journalistes à ” faire montre de déontologie, à se tenir aux règles journalistiques et à veiller à la crédibilité de l’information, notamment face à l’espace virtuel qui a changé le concept du journalisme. »

La cérémonie a été mise à profit pour mettre en valeur la revue de la police dont le premier numéro a été produit en février 1975.

Cet évènement survient au moment où la presse privée traverse des grandes difficultés financières et de sérieuses contraintes politiques et professionnelles. En effet, les autorités s’emploient à changer dans un sens plus restrictif les lois en matière d’information et le pouvoir politique exerce un contrôle drastique sur l’affectation de la publicité des annonceurs publics. Le quotidien francophone Liberté appartenant au premier groupe privé algérien CEVITAL a fermé il y a un mois et nul ne sait combien de temps tiendra El Watan, le second titre francophone qui fut longtemps considéré comme le journal de référence algérien.

Pendant plusieurs années, les éditeurs de la presse privée organisaient la commémoration de cette date dans des lieux plus neutres en invitant des figures nationales ou étrangères du monde de la communication ou des ONG chargées de veiller à l’indépendance de la liberté d’informer. La crédibilité de la presse privée algérienne fut longtemps citée en exemple. On apprend que le journaliste Khaled Drareni, qui a passé près d’un an de prison, vient d’être nommé représentant de Reporters sans frontières (RSF) pour l’Afrique du nord dont le siège est basé à Tunis.   

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Le contre-courant de l’islamisme, c’est de militer en faveur de la laïcité par Mahfoudh MESSAOUDENE*

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Dans un essai intitulé : Fenêtre sur l’islam, Ses musulmans, Ses islamistes, Ferid Racim Chikhi*, nous livre un travail de recherche et de réflexion large et audacieux. Des explications et des points de vue en réponse à des questionnements complexes concernant la religion musulmane. De l’Orient vers l’Occident en passant par l’Afrique du Nord, l’idéologie islamiste se propage, au fil des quarante dernières années, d’une façon aussi inquiétante que déroutante. 

Afin de mieux éclairer un phénomène déstabilisant, souvent ambigu et mal compris, l’auteur a mis la focale sur les sources et les symptômes du problème. Il a exposé des faits historiques et des éléments analytiques pour orienter le lecteur sur une problématique qui suscite inquiétudes et perturbations dans les vies individuelles et collectives. La laïcité et la citoyenneté sont parmi les sujets essentiels qu’il s’est engagé à défendre dans sa société d’accueil le Québec après s’y être impliqué en Algérie pour éclairer un débat qui peine à s’installer dans la lucidité et la liberté. 

Ferid Racim Chikhi a quitté l’Algérie depuis une vingtaine d’années pour s’installer au Québec avec sa famille. Il s’est mobilisé dans l’Association Québécoise des Nord-Africains pour la Laïcité (AQNAL) avec d’autres militants pour prévenir les Québécois sur le danger de l’islamisme, parcours qui a conduit à l’écriture de cet essai.

Dans le préambule, l’auteur précise que son livre est destiné particulièrement aux Québécois qu’il veut aider à faire une distinction entre les nombreuses confusions, informations erronées et autres fausses explications venant soit des médias occidentaux culpabilisés par la séquence coloniale soit des organisations internationales infiltrées par le lobbysme islamiste. 

Son passage à l’Assemblée nationale du Québec d’abord à titre individuel ensuite comme représentant du Rassemblement pour la Laïcité et enfin en tant que membre d’AQNAL, où ses études sur la question des accommodements religieux ont été assumé comme un engagement citoyen. Se battre contre l’islamisme et soulever en même temps la problématique de l’appréhension de la religion musulmane dans la société est, en effet, un grand défi sociétal à la base de la construction d’une collectivité qui doit respecter, intégrer et se protéger. Par ses interventions lucides et sans complaisance, l’auteur a interpellé les élus sur les risques d’un amalgame qui a toujours joué en faveur d’activistes qui instrumentalisent les accommodements raisonnables à savoir les islamistes et les candidats au parlement qui se cherchent des votes d’obédience communautaire. Position délicate car il faut faire avancer le débat en dénonçant les intentions de ceux qui cultivent les conduites victimaires, en cassant les tabous négateurs d’échanges adultes et loyaux et, dans le même élan, en luttant contre la stigmatisation et en faisant la distinction entre l’islam et l’islamisme. 

Cet essai est sans doute un cas d’école nécessitant une attention particulière. C’est un dictionnaire de bonne vulgarisation qui donne des définitions et explications de concepts galvaudés par les polémiques à travers une approche sociologique, philosophique, historique mais aussi religieuse pour chacune des thématiques et des points nodaux qui structurent et irriguent l’islam politique. En fait, cet ouvrage est un pare feu qui aide à soumettre au champ des débats libres les insinuations et autres pollutions par lesquels les courants religieux imposent des opinions en dehors de la bataille des idées sans laquelle aucun libre arbitre ne peut être construit en connaissance de cause.

La narration restitue quelques repères essentiels à la saine compréhension des processus constitutifs des diverses tendances qui s’emploient à répandre leur doxa dans le monde. Le wahhabisme, le salafisme et le khomeynisme sont trois doctrines apparues au milieu du XXième siècle et qui se disputent aujourd’hui les sociétés transformées en champ de bataille. 

L’auteur relate comment, avec les années, ces trois courants extrémistes ont radicalement bouleversé les sociétés dans les États du sud avant d’atteindre des pans entiers des pays du nord pour des considérations, à la fois, politiques, économiques et géostratégiques mais dont, au fond, la finalité est de prendre revanche sur une histoire du monde à laquelle le radicalisme islamiste estime devoir infliger sa suprématie. Ferid Racim Chikhi qui analyse les dégâts provoqués par l’islamisme dans les pays d’origine explique qu’en empêchant les sociétés de progresser vers la voie démocratique, on creuse des écarts entre les communautés migrantes et la société d’accueil comme on peut le voir au Québec. On comprend alors qu’en étouffant la démocratie dans les terres d’islam, le fondamentalisme investit objectivement dans une stratégie qui aliène les sujets chez eux et les conditionnent à porter le fer contre le monde des Infidèles le jour où les circonstances les y conduiront.  

Ne voulant pas s’extérioriser du champ d’études, Ferid Chikhi qui s’immerge dans l’humus théologique, rappelle : « Les prophètes ont été les premiers à s’indigner et les premiers à désobéir aux ordres établis ». Cette citation a une vocation évidente : désarmer les propagandes islamistes qui accusent d’’islamophobie tous ceux qui critiquent la religion. Au Québec, plus qu’ailleurs, cette ruse qui relève d’une forme de terrorisme intellectuel a mis les politiciens et une partie non négligeable de l’opinion dans une position de prudence, ce qui amène à éviter toute critique de l’islam et sa pratique alors que les autres cultes sont soumis au tamis de la raison. Cet interdit créé un climat dont l’impact est immédiat : l’islamisation, qui ne peut faire l’objet d’aucune remarque, est un sujet tabou, ce qui mécaniquement en facilite la propagation.

L’ouvrage remonte la stratégie islamiste en en situant les origines de façon pragmatique. Le rappel de la citation de Youssef El-Qardaoui, le prédicateur égyptien installé au Qatar, pose les enjeux : « Avec vos lois démocratiques (civiles), nous vous coloniserons. Avec nos lois islamiques (coraniques), nous vous dominerons ». L’islamisme n’est pas une tumeur bénigne alerte l’auteur. En se positionnant comme connaisseur de l’islam et victime de l’islamisme, il met en évidence une singularité tirée d’un vécu qui a laissé des stigmates toujours visibles sur la société algérienne dont il est originaire. 

Les méthodes utilisées par les islamistes en occident sont identifiées en tant que déclinaisons de préceptes édictés par les tuteurs comme Al Qrardaoui. : « Cependant, la stratégie des islamistes, l’instrumentalisation de leurs femmes y compris, sait utiliser les insuffisances des législations et les lacunes des institutions ainsi qu’une certaine naïveté des agents de l’État et des employés du secteur parapublic », écrit Chikhi. 

La femme voilée est devenue un objet de lutte, de polémique et de convoitise. Un atout majeur qu’on exhibe afin de mettre sur la défensive la société occidentale et ses dirigeants, tactique qui ouvre la voie à d’autres exigences communautaires. 

Autre fait relevé dans l’essai et qui est en train de faire son apparition également au Québec : la relation contre nature des islamistes avec la gauche qui en devient un précieux relais politique et médiatique. En perte de vitesse dans un monde dont elle n’a pas anticipé les évolutions, la gauche québécoise tente de reconstituer une base sociale et électorale autour du fondamentalisme. 

L’auteur qui a longtemps suivi les méandres institutionnels de son pays d’accueil dévoile une inclination autrement plus inquiétante puisque la dérive ne concerne plus un courant politique mais des institutions. Ferid Racim Chikhi signale une tentation qui gagne de plus en plus de terrain : des communautés étrangères auxquelles est proposée une intégration fondée sur la religion plutôt que la citoyenneté. 

L’avertissement à un Québec dont la tolérance vire quelques fois au laxisme est clair : l’islam politique aura de beaux jours devant lui si on continue à le nier en tant que menace majeure pour l’ordre démocratique ou si l’on perpétue le déni en réduisant les dérives de ses promoteurs à des incartades folkloriques. 

Ferid Chikhi parle au migrant comme au Québécois. Il rappelle les leçons d’autres acteurs tout en les liant pour leur donner le continuum nécessaire à la perception d’un péril qui se répand dans le temps et l’espace avec méthode et minutie. En citant deux érudits de réputation mondiale Soheib Bencheikh qui été la cible des islamistes et Mohamed Arkoun, l’Algérien qui a été chassé par l’Égyptien El-Kardaoui d’une conférence sur l’islam organisée à Alger en 1980, il en appelle à la mémoire pour nourrir l’espoir. Et d’autres esprits comme Ghaleb Bencheikh, Malek Chebel et Naïma Dib qui ont porté la parole de vérité sont également invoqués pour que leurs pensées soient additionnées comme des pierres qui construisent la maison de la raison. Un travail long qu’il faut entreprendre avec solidarité et patience car il s’agit de faire naitre la citoyenneté dans un espace musulman livré à la rancœur, au populisme et à la démagogie. 

Ferid Racim Chikhi qui assume son engagement nous délivre un message : évitons d’être naïfs ou polémistes ; soyons clairs car on n’a pas trouvé mieux que la laïcité pour protéger l’homme des dégâts de la confiscation du culte.

*Mahfoudh Messaoudene, journaliste.

*Ferid Racim Chikhi, analyste senior, Groupe d’études et de réflexions Méditerranée Amérique du Nord ( GERMAN).

Fenêtres Sur l’islam Ses musulmans Ses Islamistes

Édité à compte d’auteur chez Bouquinbec

https://boutique.bouquinbec.ca/fenetres-sur-l-islam-ses-musulmans-ses-islamistes.html

269 pages = 29$Can

Entrevue avec l’auteur.

1)             Cela fait vingt ans que vous êtes installé au Québec avec votre famille. Qu’est-ce qui vous amené à rejoindre AQNAL ?

Depuis que j’ai quitté l’Algérie, via l’Allemagne, j’avais pris la résolution de me tenir éloigné de la militance et du monde politique. Mais, comme on dit : Tu chasses le naturel il revient au Galop. En fait, l’association québécoise des Nord-africains pour la laïcité a été créée spontanément en 2012, en raison du vide face aux islamistes qui, dès 2008, se sont manifestés pour parler au nom de tous les musulmans du Québec. Ça m’a irrité au point que je suis revenu sur le terrain de la militance pour œuvrer en faveur de la laïcité.

En 2011, je suis intervenu, comme simple citoyen, à la commission des institutions de l’Assemblée nationale pour attirer l’attention des élus sur le phénomène islamiste qui germait dans la province et notamment à Montréal. Mais mis à part quelques-uns, les autres se sont montrés intéressés mais restés inactifs. En 2012, le gouvernement de Mme Marois a tenté de baliser les ‘’accommodements raisonnables’’ qui allaient vite devenir ‘’déraisonnables’’ le halal, le yajouz, le haram sont devenus des concepts utilisés ici et là, notamment dans les quartiers à forte concentration de musulmans. 

Des débats, des conférences, des manifestations ont été organisés et c’était avec satisfaction que j’ai constaté que ce n’étaient pas tous les Québécois qui étaient favorables aux quelques islamistes qui, aidés de certains médias, faisaient dans la provocation. Les Québécois, savent que lorsque la religion prend trop de place des pans entiers de la population y perdent leur raison. Pendant plus d’un demi-siècle ils ont déconfessionnalisé l’éducation nationale et la politique sans que la tradition judéo-chrétienne ne perde ses repères mais voici que les islamistes font parler d’eux à grands coups de publicité victimaire culpabilisant au passage les Québécois et toute la société d’accueil. 

En 2012, lors d’une conférence sur la laïcité, nous étions nombreux venus d’Algérie, du Maroc, d’Égypte, de Tunisie et de France (Franco-Algériens, Franco-Marocains, Franco-Tunisiens, etc…) à avoir exprimé nos inquiétudes contre les agissements des groupes islamistes. C’est là que l’idée d’une association regroupant au départ une centaine de personnes est mise en place et avec un petit groupe nous avons évoqué l’appellation de Nord-Africains pour nous démarquer de Maghrébins avec la connotation que nous lui connaissons. Très vite nous conquîmes des espaces d’échanges pour nous exprimer et faire part de nos expériences passées à lutter contre l’intégrisme. Nous sommes vite devenus, je dirais incontournables pour tout ce qui concerne la laïcité. 

2)             Avez-vous constaté des différences dans la façon d’intégration selon l’origine des citoyens issus des 3 pays d’Afrique du Nord.

Il faut juste préciser qu’au Québec, nous comptons quatre pays de l’Afrique du Nord : L’Algérie, l’Égypte, et le Maroc et la Tunisie. Les différences dans la façon de s’intégrer dépendent des individus et de leurs approches de la société d’accueil. Cela dépend aussi de leur propre communauté. Qu’ils soient Algériens, Marocains, Égyptiens ou Tunisiens ; il y a ceux qui se démarquent par leur éducation, leur instruction, leur sociabilité. Il est vrai que presque tous les Nord-Africains arrivés au Québec sont très instruits, ils ont une bonne culture, je dirais, ‘’internationale’’, d’autres diront, universelle. Ils ont étudié en français et maitrisent parfaitement l’arabe et un grand nombre maitrise aussi l’anglais. Il y a ceux qui sont venus au Canada et s’intègrent comme Canadiens ; il y a ceux qui sont venus au Québec, tout en étant citoyens Canadiens et préfèrent vivre en français. Cependant, ceux qui se sont regroupés dans ce qui est qualifié de Petit Maghreb, il est évident que le poids de leurs pays d’origine est prégnant. Ils vivent ‘’l’incertitude dans la certitude communautariste’’. Il faut juste savoir que presque tous les Nord-Africains ont l’esprit entrepreneurial; s’ils ne sont pas employés dans les entreprises québécoises et canadiennes, s’ils ne sont pas dans l’enseignement ou la santé, ils ont créé leurs commerces et leurs entreprises et ils en vivent bien. Toutefois, ils ne partagent pas toutes les valeurs québécoises. À mon humble avis cela relève de la crainte de perdre les leurs.  

3)             Depuis quand avez-vous pensé ce livre ?

Au départ, vers la fin des années 2000, je ne pensais qu’à rédiger quelques articles que je publiais, ici et là, sur des journaux électroniques comme le Huffington post Québec. Par la suite en 2016, quelques-unes de mes réflexions ont été reproduites partiellement par, à titre indicatif, ‘’Le Courrier International‘’, notamment celui intitulé : Pourquoi les musulmans ne parlent pas ? 

https://www.courrierinternational.com/article/vu-du-canada-les-musulmans-sont-emmures-dans-le-silence

Cet article a par la suite, été repris intégralement dans un livre collectif

https://boutique.courrierinternational.com/la-boutique/livre-l-islam-en-debat.html

C’est en 2017, que l’idée de me lancer dans l’écriture de cet essai a émergé et s’est très vite concrétisée.

4)             En avez-vous des échos si oui quels en est la nature.

Absolument, au Québec, plusieurs de ceux qui l’ont lu m’ont fait part, par écrit, de leur satisfaction et presque tous m’ont dit ce qu’ils avaient appris comme différence entre Islam et Islamisme ou sur les pratiques des différents rites qui font la diversité au sein de l’Islam, les pratiques sociales de l’Islam de l’Asie et celui de l’Afrique du Nord. 

5)             Avez-vous noté une volonté de transmettre une mémoire des pays d’origine des parents vers les enfants ? Y a-t-il d’autres référents que le religieux dans cette mémoire ? 

Lorsqu’il s’agit d’un écrit qui devient public, il y a forcément une histoire, une mémoire, un pan du patrimoine qui sont transférés à ceux qui lisent. Mais, il faut reconnaitre que contrairement aux Québécois, aux Canadiens, aux Nord-Américains et même aux Européens pour qui le livre fait partie des instruments de transfert du savoir et de la connaissance, les lecteurs Nord-Africains restent dans l’oralité. Quelques lecteurs algériens qui l’ont lu m’ont fait part de leurs impressions très positives mêmes s’ils en connaissent des pans entiers. Ils ont eu plaisir à lire quelques-unes de mes réflexions, surtout le chapitre sur Karn Arba’tache. 

Et pour la seconde partie de votre question, il y a bien entendu d’autres référents que le religieux dans cette mémoire. Prenez note que pour la transmission de l’histoire et du patrimoine algérien, des parents vers les enfants, nous avons avec un groupe de compatriotes qui créé un Écomusée de l’Algérie. Il prend petit à petit forme. Nous le destinons d’abord à la communauté algérienne du Québec et bien entendu aux Québécois. Mais, il n’est pas exclu qu’une extension soit envisagée avec nos frères Tunisiens et Marocains, notamment en raison du partage civilisationnel de Tamazgha.

Merci pour cet échange.

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MAROC. LANCEMENT D’UNE RADIO JUDAÏQUE

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Selon des sources concordantes, le Maroc va lancer incessamment une radio concernant les Juifs et le judaïsme. Ce media émettra, 24h/24, en arabe classique, en français, en darija et en hébreu.

La Haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA) présidée par Akharbach a déjà donné son accord. Ce media aura vocation à mieux découvrir la dimension hébraïque comme composante du patrimoine marocain.

L’initiative vient de la part d’un homme d’affaire israélien d’origine marocaine particulièrement actif dans l’enseignement privé.

Depuis la normalisation des relations avec Israël annoncée par l’ancien président américain Donald Trump fin 2020, plusieurs médias israéliens investissant la scène marocaine cherchent à y installer des bureaux de liaison ou à y recruter des correspondants permanents. 

Pour rappel, la constitution marocaine, approuvée par référendum populaire en juillet 2011, stipule dans son préambule que l’apport hébraïque est un des affluents ayant enrichi l’identité nationale.

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REPORTAGE. AVEC LES SANS-PAPIERS ALGÉRIENS À MONTRÉAL par Younes LAMRI

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L’homme se camoufle dans ses vêtements chauds et enveloppants comme pour se fondre dans la grisaille urbaine et conjurer les risques des contrôles policiers : Djamel, la trentaine bedonnante et l’œil morne, a gardé ce réflexe de bête traquée qui doit éviter de se faire remarquer par des patrouilleurs quand il était un des nombreux sans-papiers à Paris ; précaution qui ne lui a pas pour autant évité l’expulsion vers l’Algérie.

Ne voulant pas renoncer à son projet de vivre sous des cieux occidentaux plus cléments, le jeune homme a abandonné ses études en deuxième année de comptabilité car, dit-il, il ne se voyait pas « passer sa vie à servir dans un entrepôt des grossistes qui raflent toutes les marchandises pour dominer le marché de la distribution ». La rancœur est grosse chez cet aîné d’une famille de quatre enfants dont le père, agent d’état civil à la commune, a tenu à assurer une formation solide à ses enfants. Comme nombre de ses camarades, Djamel se consumait dans son village niché sur l’un des pitons de la chaîne de montagnes bordant la plaine de la Medjana qui s’étend au nord la ville de Bordj Bou Arreridj jusqu’au jour où il a finalement pu se faire délivrer le visa qui lui a ouvert les portes du Canada. Mal vie qui cherche à se dissoudre sous d’autres cieux. Les grossistes, c’est, en fait, un alibi. 

Pour lui, l’Europe ou l’Amérique du Nord, c’est kif-kif. « L’essentiel était de fuir l’enfer », confie le clandestin professionnel. « Dès que j’ai mis les pieds à l’aéroport de Montréal, ma décision fut prise : je ne retournerai plus au bled », assure l’ancien parisien, bien décidé à « griller » son visa de six mois et voir venir.

Son ami Karim dont le front dégarni donne un petit air de sérieux à sa voix suave est arrivé bien avant lui au pays de l’Érable. Lui fait figure d’ancien. Il tente de rassurer le nouvel arrivant en lui expliquant qu’au Québec, la police n’arrête pas systématiquement des citoyens pour vérifier leur statut ou leur identité. « Oui, tu peux toujours philosopher toi ; moi, mon avis est tranché », rétorque, sceptique, Djamel au privilégié qui bénéficie du statut de réfugié, puisqu’il a pu obtenir en 2012 le fameux document marron du ministère canadien de l’Immigration et des Réfugiés.

Depuis 2001, l’Algérie est considérée comme un pays sûr par Ottawa. Cela veut dire que les demandeurs d’asile algériens ont moins de chance de voir aboutir leur requête. Il n’en demeure pas moins que quelques rares chanceux parviennent à passer à travers les mailles du filet de sélection. La majorité des candidats à l’immigration arrive en fait avec un visa touristique et décide ne pas retourner au pays. 

Pour se faire accepter comme réfugié, il faut se préparer au parcours du combattant en acceptant les interminables attentes des appels qui, d’ailleurs n’arrivent pas toujours, ou végéter dans les dédales d’une administration rigoureuse après des convocations surprises ; sans compter l’éventualité d’une réponse négative au bout du parcours, car ce statut n’est pas octroyé au premier venu.

En dépit de ces difficultés et incertitudes, on sait que les immigrés sans statut administratif augmentent chaque année même si les chiffres officiels n’offrent pas de précisions sur le nombre de demandeurs algériens.

Sur la rue Jean-Talon, les cafés Sables d’or et Barbes sont devenus des sites quasi officiels où les sans-papiers, en quête de conseils, viennent découvrir la meilleure méthode à suivre afin de se donner le plus de chances possibles de parvenir à la régularisation de leurs situations. C’est là qu’ils procèdent à des échanges d’informations et décortiquent ensemble les failles qui peuvent se nicher dans des lois concernant les réfugiés. L’exercice est souvent vain, la loi canadienne laissant peu de place aux interprétations.

En attendant de trouver une hypothétique issue positive à leur sort, les sans-papiers aspirant à un statut légal tentent quand même de survivre en travaillant au noir. L’emploi non déclaré est si répandu à Montréal que le gouvernement du Québec a mis en branle sa machine de contrôle. Récemment, une société de placement de travailleurs a été soumise à l’amende pour n’avoir pas déclaré des salariés qu’elle a pourtant engagés.

Affable et compatissant, Karim est devenu une sorte d’institution parallèle, une bouée de sauvetage pour de nombreux sans-papiers qu’il se fait un devoir de rassurer et d’orienter du mieux qu’il le peut dans leurs démarches. C’est ce qu’il souhaite faire admettre à son ami Djamel. Mais, l’éphémère Parisien qui a connu douze métiers et treize misères dans l’Hexagone ne veut pas se faire repérer par l’administration avant d’avoir pris ses marques. « Pour le moment, je bosse et je suis en bonne santé, c’est l’essentiel. La paperasse viendra après », soutient-il.

20.000 $ pour un mariage arrangé.

Rachid, un autre trentenaire, vigoureux et obstiné est technicien en bâtiment. Lui aussi a connu un parcours sinueux. Arrivé en 2017, il a tenté d’intégrer le milieu de la construction qu’il croyait connaître le mieux. Mais il a vite déchanté. « On voulait m’exploiter car je n’avais pas le droit de travailler », raconte Rachid.

Sans perdre de temps, il se trouve un autre job, toujours sous la table, dans la distribution de publi-sacs. Travailleur acharné, il a pu mettre de côté un petit pactole durant son séjour de six mois. 

Rachid, une boule de « chemma » (tabac à chiquer) sous la lèvre supérieure, nous dit qu’il a passé beaucoup de temps au café pour glaner les informations qui lui permettraient de sortir de la clandestinité. Ne voulant pas déposer son dossier pour un statut de réfugié, en raison des chances qu’il sait minimes de se faire accepter, il se résolut à explorer autre chose, tout en continuant son travail au noir. Il a quand même trouvé le temps et le moyen de repartir au pays pour sept mois et d’en ressortir pour revenir à Montréal. Une affaire compliquée « d’héritage mal soldée », lâche-t-il sans s’attarder sur ses déboires familiaux. 

C’est dans une fabrique de manufacture de produits cosmétiques, à l’occasion d’une rencontre fortuite que la chance lui sourit. Une collègue de travail, au courant de son projet, lui met la puce à l’oreille. Elle lui propose un mariage arrangé avec une femme divorcée. L’opération devait couter 25.000 $ avec une clause de divorce. Pugnace, Rachid avait réussi à négocier un rabais de 5.000 $.

Ce genre de trafic n’est pas répandu au Québec, contrairement à la France où le commerce du mariage blanc a fait florès dans l’Hexagone particulièrement dans les années 1990-2000…avec son lot d’arnaques.

Le secret de Rachid n’a pas été gardé bien longtemps. À l’époque des « préliminaires » déjà le « vieux » Karim, devenu aussi par la force des choses le chroniqueur du café, avait tenté de l’avertir. Une connaissance commune, Samir pour ne pas le nommer, glissa-t-il malicieusement, avait dû débourser, lui aussi, la bagatelle de 25.000 euros pour « arranger » un mariage qui a failli virer au chantage glauque, puisque qu’une femme qui s’était mise de la partie avait voulu faire monter les enchères à trois reprises. C’était sa manière de dissuader les jeunes de ne pas céder à ce genre de tentations. 

Rachid, lui, a pu échapper à ces marchandages. Après l’entame des formalités administratives du mariage, il avait attendu 18 mois pour faire reconnaitre sa liaison factice. La pandémie de COVID-19 avait perturbé beaucoup de services publics, allongeant d’autant les délais des traitements définitifs des dossiers. « Au moins, avec cette inscription, j’avais pu travailler légalement », se convainc le futur ex marié qui avait recouru à l’aide juridique pour son divorce, issue tacite convenue d’un commun accord dès le départ dans ce genre d’alliances. Et c’est désormais chose faite.

Officiellement divorcé à 36 ans, il pense enfin à refaire sa vie comme résident permanent. « Pas sûr d’avoir les papiers si j’avais demandé le statut de réfugié », se persuade Rachid, avant de prendre congé de ses amis attablés au café, la carte de résident dans la main droite et la boîte de « chemma » dans la paume de l’autre.

Ces trois cas sont loin d’être isolés. Nous avons rencontré d’autres sans-papiers qui n’ont pas voulu témoigner. Les individus vivent des situations sociales et matérielles plus ou moins tendues, mais tous présentent un point commun : aucun ne veut repartir en Algérie. La majorité des jeunes Algériens quitte le pays dans des conditions de grande précarité et une fois à l’étranger, ils redoublent d’ingéniosité pour régulariser leur situation et s’établir légalement dans le pays d’accueil. « Notre pays n’a rien à nous offrir », déplore laconiquement Djamel, toujours réfugié dans sa doudoune, alors que la saison hivernale est déjà loin derrière. Son passage à Paris au cours duquel il s’est accoutumé à esquiver les contrôles policiers a laissé des traces au point de tressaillir à la vue de la moindre patrouille. 

Une tension qui s’accumulant au désespoir qui a rongé les vies dans les pays d’origine a constitué la trame de l’ouvrage remarquable de l’avocat Stéphan Handfield, spécialiste de l’immigration : un roman dense et tragique inspiré de faits réels, « Fatima, parcours d’une réfugiée » dont on trouvera la note de lecture ci-après.

Elle s’appelle Fatima et a fui son pays pour se réfugier au Canada. La vie de misère avec son ex-mari Omar l’a poussée à divorcer, mais en raison du poids des traditions et du conditionnement familial, elle finit par renouer avec son conjoint par le truchement d’un mariage religieux. Victime de violences conjugales, la mère de quatre filles n’entrevoit pas le bout du tunnel. « Il a même menacé de me verser de l’essence sur le corps et d’y mettre le feu », raconte la narratrice. 

Un jour, Omar est appelé en mission professionnelle à l’étranger. Avant de partir, il veut arranger le mariage de sa fille de 13 ans avec un richissime homme d’affaires, proche de la famille. « Moi j’étais prête à mourir, mais je devais sauver mes filles de ce sacrifice », avoue Fatima qui envisage alors de quitter son enfer à tout prix. Un visa au Canada pour rejoindre sa sœur permet à la mère de famille de sortir du pays…mais avec un sentiment quelque peu mitigé. « Vendredi 1er février 2019, je quittais l’Algérie, avec les quatre enfants et enceinte d’un cinquième, sachant pertinemment que je n’y remettrai probablement plus jamais les pieds », rapporte Fatima. 

Très vite, une demande de réfugiée est déposée, ce qui lui permet de rester légalement au Canada, le temps que sa demande soit étudiée par un tribunal de l’immigration. Après des péripéties et une multitude de procédures bureaucratiques, elle finit par avoir le fameux sésame ; un document marron à huit chiffres : réfugiée. 

Mais le malheur la poursuit toujours. Son époux arrive au Canada et propose à Fatima de le parrainer, alors qu’elle a déposé en bonne et due forme une plainte pour violences conjugales contre lui. Elle hésite mais finit par se résigner à le parrainer. Or, elle a plaidé devant le commissaire en immigration être victime de ses abus, ce qui l’a aidée dans sa cause. Avec cette nouvelle requête, c’est le début d’une descente aux enfers à rebondissements. Son statut de réfugiée est révoqué et elle doit quitter le sol canadien où se trouve toujours son époux en situation irrégulière.

Un matin, il sort de l’appartement menotté encadré par une escouade de policiers. L’irréparable va se produire. 

Écrit dans un style dépouillé avec des références juridiques précises mais qui n’égarent pas l’attention du lecteur, « Fatima, le parcours d’une réfugiée » de Stéphane Handfield est un roman d’une densité émouvante et captivante. 

Me Handfield restitue dans ce récit romancé le calvaire, la fuite et les péripéties du parcours tragique d’une femme de 40 ans. Le récit est centré sur le sort des réfugiés ballottés entre l’attente du sésame marron et la menace de se faire expulser à tout moment, une angoisse qui donne une saveur et un poids étranges au quotidien de personnes qui, après avoir renié leur pays, doivent sortir de leur vie pour tenter d’en habiter une autre. Est-ce possible et à quel prix ? 

« Fatima, le parcours d’une réfugiée », Stéphane Handfield, éditions Wilson & Lafleur,

Montréal, janvier 2022, Prix 17,95 $.

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ALGÉRIE. ALLOCATION CHÔMAGE : ATTRACTIVITÉ ET INTERROGATIONS 

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L’allocation chômage qui sera versée à partir du 28 mars prochain bénéficiera déjà à 580 000 personnes dont plus de la moitié sont des femmes. Selon le directeur de l’agence nationale de l’emploi (ANEM), Abdelkader Djaber qui faisait ce mercredi une évaluation d’étape de cette décision, les postulants se répartissent ainsi : 63% sont des femmes, 38% sont titulaires de diplômes universitaires, un peu plus de 19% de ces primo-demandeurs sont diplômés de la formation professionnelle et 43% proviennent de diverses catégories.

La demande d’emploi est forte dans un marché du travail atone. Monsieur Djaber annonce que « 1.080.000 personnes ont déposé leur dossier parmi lesquelles 92% ont déjà pu avoir « un rendez-vous avec les structures locales de l’emploi ». 

 Par ailleurs, le même responsable indique que la signature récente d’une convention entre l’ANEM et Algérie Poste, a « permis l’ouverture de 166.000 comptes courants postaux (CCP) au profit des demandeurs d’emploi inscrits au niveau de l’ANEM et qui ne possédaient pas de compte CCP ». 

Autant de connexions qui permettent d’avoir des éléments statistiques fiables et actualisés et, surtout, de socialiser des jeunes qui auraient pu connaitre des parcours de vies aléatoires voire chaotiques sans ces relations qui les insèrent dans des circuits administratifs qui peuvent les informer et les guider vers des opportunités professionnelles qu’ils auraient eu probablement plus de peine à repérer et identifier par eux-mêmes.

« C’est probablement l’une des décisions les plus pertinentes qui ait été prise par les pouvoirs publics ces 10 dernières années en Algérie », concède ce syndicaliste du CNAPEST pourtant peu connu pour être tendre avec les instances éducatives du pays.

Si les effets immédiats de cette mesure sont indiscutables, leur portée à moyen et long terme reste posée. Que deviennent ces jeunes une fois accueillis par les structures locales de l’emploi elles-mêmes confrontées à la diminution drastique du volume de production des entreprises dont beaucoup réduisent leurs effectifs quand elles ne cessent pas leurs activités ?

Combien de temps le trésor public pourra-t-il supporter ces financements sachant que l’embellie financière consécutive à l’envolée des prix du baril est d’ores et déjà grevée par la flambée des céréales et des autres produits manufacturés dont l’Algérie est une grande importatrice ?

Par ailleurs, les réformes structurelles de l’économie préconisées par les instances financières internationales tardent à voir le jour. La polémique qui a opposé le pouvoir algérien à la Banque mondiale atteste d’un conservatisme idéologique qui prédomine toujours dans les sphères décisionnelles du pouvoir algérien.  Voir adn-med du 6 janvier. Rapport de suivi : la banque mondiale réagit).

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TUNISIE. LEÏLA BENALI S’EXPRIME SUR UNE RADIO TUNISIENNE

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Pour la première fois depuis la chute du pouvoir de son mari, l’épouse de l’ancien dictateur tunisien a donné ce dimanche 20 mars une interview au journaliste Oussama Chaouali qui a été diffusée sur les ondes de la radio Mosaïque FM. L’objet de l’entretien concerne une polémique opposant l’ancienne « régente de Carthage » à l’épouse du cuisiner de la présidence sous le règne des Benali.

Des enregistrements qui ont fuité ont en effet fait état d’argent qu’aurait fait parvenir Leïla Ben Ali en Tunisie à partir de l’Arabie saoudite en vue d’acquérir des propriétés immobilières en vue de préparer son retour au pays natal.  Cette dernière a déclaré que ces allégations étaient infondées et qu’elle avait déjà saisi les justices tunisienne et saoudienne qui auront à se prononcer sur ce sujet.

Ne tenant visiblement pas à faire perdurer son exposition médiatique, l’épouse de Ben Ali a tenu à faire savoir qu’elle n’avait jamais voulu s’exprimer tant que son époux était vivant mais que depuis sa disparition, elle se voyait contrainte d’intervenir pour mettre des limites à des propos émanant notamment d’un avocat, Mounir Ben Salha, qui, contrairement à ce qu’il avance, n’avait jamais été investi par le couple pour intercéder en leur faveur en Tunisie. « Quand Ben Ali était là, je n’ai jamais voulu intervenir. Maintenant qu’il ne l’est plus, je ne peux le laisser poursuivre son arnaque et j’ai dû intervenir pour poser les limites », a-t-elle insisté.

Au-delà des faits qui sont, somme toute, secondaires au regard des incertitudes institutionnelles, économiques et sociales que traverse la Tunisie, c’est le fait même qu’une femme, incarnant aux yeux d’une grande majorité de citoyens le drame et la forfaiture ait pu s’exprimer sur un média national qui est relevé par des observateurs avec des avis nuancés voire opposés. 

Certains estimant inacceptable qu’une personne qui a participé en première ligne à la prédation nationale ose encore se montrer ou demander réparation pendant que d’autres arguent qu’il est de l’honneur du pays de ne pas interdire le recours à la justice à une citoyenne quelles que soient, par ailleurs, ses culpabilités dans d’autres dossiers. Selon ces derniers, cette distinction est d’autant plus impérieuse que l’institution judiciaire tunisienne est aujourd’hui à la croisée des chemins. 

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MAROC. VIOLENCES SOCIALES : PLUS DE 160 BLESSÉS ET AUTANT D’INTERPELLATIONS DANS UN STADE

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Des affrontements particulièrement graves ont dégénéré ce dimanche au complexe Moulay Abdellah lors du match ayant opposé l’équipe des FAR (Forces armées royales) et celle du MAS, équipe de Fès, entrant dans le cadre des 16èmes de finale de la coupe du Trône. 

Dans un bilan non exhaustif, la direction générale de sécurité nationale (DGSN) a fait état de 85 policiers blessés dont 63 ont dû être évacués vers divers hôpitaux de Rabat et 18 parmi les forces auxiliaires. La même source indique que 57 supporters ont été blessés et que 38 ont nécessité des soins de première urgence alors que vingt autres ont été hospitalisés. 

Il a été procédé à environ 160 interpellations parmi lesquels on dénombre, toujours selon les services de la DGSN, 90 mineurs.

La violence n’a pas épargné les équipements et les dépendances du stade, l’un des fleurons des structures sportives marocaines. Dehors, 33 véhicules, dont certains appartiennent à la police ont été vandalisés ; une moto a même été incendiée. 

Des témoins oculaires qui décrivent des déchainements d’une rare violence estiment que les chiffres officiels sont en deçà de la réalité et certains assurent avoir vu des blessés grièvement atteints.  

Visiblement surpris, les services de police informent que des caméras de surveillance sont en cours d’exploitation pour rechercher d’autres coupables. 

Bien que n’ayant pas été officiellement cernées, les origines de ces troubles faisaient déjà dans la soirée de dimanche l’objet de spéculations. Cet évènement survient en effet dans un contexte socio-économique difficile. À la suite de l’augmentation des prix des carburants, les transporteurs routiers ont déclenché une grève les 7, 8 et 9 mars qui a considérablement affecté le fonctionnement du secteur (voir adn-med du 9 mars. Maroc. Grève renouvelable des transporteurs routiers). Avec les risques de tension sur le marché du blé, suite à la guerre engagée par la Russie en Ukraine, les autorités redoutent une extension des conflits sociaux dans une conjoncture marquée par l’une des sécheresses les plus sévères que le royaume ait vécue ces dix dernières années. 

Bien que loyaliste, la ville de Fès dont l’équipe jouait contre les FAR, est réputée conservatrice. Sans avoir massivement manifesté de position hostile, des écriteaux, quelques regroupements et même des prises de paroles publiques y ont contesté l’opportunité des accords d’Abraham qui ont vu le Maroc normaliser ses relations diplomatiques avec Israël. À ce stade rien ne permet d’établir des relations entre tous ces sujets même si des internautes n’hésitent pas à voir un lien politique dans un affrontement qui a opposé des supporters d’une équipe fassie à ceux du club des Forces armées royales.  

Jusque-là, c’était la galerie du Stade Mohamed V de Casablanca qui était connue pour servir de caisse de résonance à l’humeur politique du royaume.  Des tribunes se sont même spécialisées dans la fabrique de slogans brocardant un dirigeant, un groupe ou une décision politiques. Pendant la révolution citoyenne de février 2019 qui avait ébranlé les système politique du FLN, les spectateurs casablancais avaient régulièrement exprimé un soutien enthousiaste aux manifestants algériens alors que les officiels marocains s’étaient imposé un silence absolu.       

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8 MARS EN AFRIQUE DU NORD : SYMBOLIQUES ET RÉALITÉS

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Dans les trois pays, la journée internationale de la femme est célébrée sous divers angles. La raison de ces différences d’approches est simple : le statut juridique de la femme est propre à chaque pays. La nature de ces commémorations dit quelque chose de la situation politique des État. C’est d’ailleurs à travers ce sujet que peut s’apprécier l’état des libertés démocratiques dans une nation.

Dès l’indépendance du pays, Bourguiba avait fait de la question de l’émancipation féminine l’un de ses principaux chantiers. Après les dispositions législatives de 1956, qui marquent l’identité tunisienne, des amendements toujours plus favorables aux femmes sont venus compléter l’arsenal juridique le plus égalitaire du monde musulman. En 2017, Béji Caïd Essebsi avait chargé la juriste et féministe Bochra Belhaj Hmida d’engager la discussion sur la question, sensible parmi toutes, de l’égalité successorale. Une révolution à laquelle seule la disparition soudaine du chef de l’État tunisien mit un point d’arrêt. Une fois élu, Kaïs Saïed déclare s’en tenir à la lecture des prescriptions coraniques. La fermeture opposée par le président à cette revendication n’a pas pour autant éteint le combat.
Cette année encore, 52 associations parmi lesquelles la Ligue tunisienne des droits de l’homme ont signé un communiqué revenant sur la problématique de l’égalité successorale car, estiment les signataires « empêcher la femme d’accéder à sa succession s’apparente à de la violence financière ».  

Signe d’une évolution dépassant les rituels quelque peu folkloriques de certaines commémorations, les femmes tunisiennes marquent aussi ce 8 mars avec les pays membres de l’Union européenne par la thématique « Femmes tunisiennes, leaders de la transition écologique ».

On observe que malgré le recul sur la succession, la Tunisienne demeure plus active dans les débats intellectuels et les luttes sociales et politiques que ses voisines algériennes ou marocaines.

En Algérie, l’histoire de la condition féminine est assez paradoxale. L’engagement des femmes pendant la guerre de libération n’a pas laissé aux conservateurs de marge de manœuvre pour attenter à leurs droits en 1962. Néanmoins, Boumediène soucieux de ne pas ouvrir de front avec ce courant, veilla à ce qu’aucune décision officielle inscrivant dans le marbre des lois protégeant les droits des femmes ne soit prise. Certes, dans les diverses constitutions l’égalité des sexes est proclamée mais la référence à l’islam religion d’État autorise les interprétations les plus archaïques. C’est cette confusion juridique qui sera mise à profit par les fondamentalistes, encouragés par Chadli, pour faire adopter en juin 1984 un code de la famille qui réduit l’Algérienne à une mineure à vie. Une concession qui annonçait un rapprochement de la présidence avec le courant islamiste dont les conséquences allaient dégénérer au début des années 90.

Ce 8 mars, les officiels algériens diffusent des images des femmes en uniforme en train de défiler pour attester de la volonté du pouvoir d’intégrer les citoyennes dans l’armée, institution axiale du système politique algérien. Cette situation de fait qui ne repose sur aucune garantie juridique peut être remise en cause en fonction de l’évolution des rapports de force claniques ou d’une conjoncture politique tendue. La précarité de ce statut est illustrée de façon caricaturale par certains corps de métier. Ainsi, la magistrate peut présider en foulard un tribunal mais la policière qui est sous ses ordres est tenue de vêtir l’uniforme, casquette comprise. Idem pour l’hôtesse de l’air, astreinte à porter la tenue réglementaire de la compagnie qui l’emploie…

Au Maroc, la version de la Moudawana adoptée en 2004 représente une incontestable avancée. Elle place notamment la famille sous la coresponsabilité des époux et l’obligation d’obéissance de la femme au mari est abandonnée. Pour autant, des reculs périodiques sont enregistrés selon les accès de fièvre politique que traverse le royaume. Au Maroc comme ailleurs, les atteintes aux droits des femmes sont les symptômes d’une régression politique plus générale. Les dix années de gouvernement islamique n’échappent pas à la règle. Ces dernières années plusieurs femmes ont été déférées devant les tribunaux pour des questions relevant d’atteinte à la morale publique ou de comportements jugés provocateurs. Il est arrivé qu’un homme invectivant une jeune fille pour tenue inconvenante voit la police lui donner raison et la justice s’aligner sur ces bigoteries.

Une multitude d’associations de femmes s’emploie à veiller aux respects des droits que prescrit la loi. L’association démocratique des femmes du Maroc, l’association marocaine pour l’accompagnement de la femme et la famille, l’association marocaine contre la violence à l’égard des femmes, interviennent régulièrement dans la scène nationale. C’est, entre autres, le travail de ces associations qui ont permis de faire en sorte que les harcèlements sexuels subis par des étudiantes dans plusieurs universités soient enfin traités par la justice. (voir adn-med : harcèlement sexuel, des parlementaires se saisissent du dossier).

Cette année, le Maroc célèbre le 8 mars devant la sous-secrétaire d’État américaine, Wendy Sherman, invitée à prononcer un discours pour l’occasion.

Avantage commun aux trois pays, l’accès à l’école a changé la vie économique de nombreuses femmes. Des professions comme la magistrature, l’enseignement ou les professions paramédicales connaissent une féminisation remarquable.

Cependant, des contenus rétrogrades de certains programmes pèsent sur les acquis concrets des femmes et constituent fréquemment des sources d’aliénation. C’est aussi dans les universités que les islamistes recrutent leurs militantes les plus engagées.

Là encore, la Tunisie est la plus épargnée : la réforme de l’éducation mise en œuvre par le défunt Mohamed Charfi porte toujours ses fruits et demeure le meilleur bouclier de la région contre la marginalisation de la moitié de la société. Du moins pour l’instant. 

Dis-moi comment vit la femme chez toi, je te dirai quel peuple tu es.

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