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ALGÉRIE : LE MALI BÉNÉFICIAIRE DES VACCINO-SCÉPTIQUES ALGÉRIENS

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Quatre cargaisons de denrées alimentaires, de vaccins et d’oxygène ont été envoyées à partir de l’aéroport militaire de Boufarik par avions cargos pour venir en aide « au peuple malien frère », selon les termes du ministère de la défense algérienne. Au total ce sont 108 tonnes d’aide alimentaire et 400.000 doses de vaccins qui ont été ainsi acheminées en moins d’une semaine. Les dons de produits alimentaires ont évidemment vocation à soulager Bamako des sanctions infligées par la CEDEAO au régime militaire malien auquel le pouvoir algérien entend témoigner sympathie et disponibilité pour coller à la reconfiguration géopolitique du Sahel, notamment depuis le putsch survenu lundi dernier à Ouagadougou. En revanche, la livraison de vaccins cache une réalité plus prosaïque : les autorités algériennes ne parviennent pas à convaincre les populations d’adhérer à leur politique de vaccination. Et les stocks de vaccins périmés s’amoncèlent dans les dépôts.   

« Le rejet de la vaccination est massif et il nous arrive souvent de jeter des doses périmées » se désole ce responsable d’un centre de vaccination de la banlieue est d’Alger. 

La situation sanitaire est si chaotique que depuis quelques jours, le pouvoir politique, qui a longtemps nié une réalité sanitaire dégradée, menace maintenant de sévir autant contre les administrations – accusées de ne pas montrer assez de dynamisme dans les campagnes de tests et de vaccinations – que face à l’indiscipline des citoyens. Les médecins qui s’indignent du sort fait aux personnels soignants n’hésitent plus à contester ouvertement les données des sources officielles. « Il faut multiplier au minimum par dix pour se rapprocher de la réalité du terrain en termes de contaminations », alerte le docteur Lyes Merabet, président du syndicat des praticiens de la santé publique SNPSP qui s’est confié ce mercredi au site TSA.  

Les avis de sociologues, quand ils sont exprimés publiquement, divergent. Pour certains la dépression post-hirak a créé une sorte de désillusion qui s’est traduite par un laisser-aller dans la vie quotidienne, une espèce de renoncement à tout, y compris à la vie. Pour d’autres, la méfiance opposée au vaccin est au contraire une défiance envers tout ce qui vient du pouvoir auquel est désormais assimilée toute l’administration publique. 

« Les confrères et leurs collaborateurs ont tout essayé : passer le message par les enseignants pour atteindre les familles, faire des sorties dans les quartiers ou les villages, sensibiliser le monde du travail…force est de constater qu’il y a une résistance passive mais massive à nos appels. Et pourtant les établissements de santé sont sous pression et les gens meurent parce qu’il y a sans doute encore une proportion importante de variant « delta » chez nous », conclut Karim, jeune médecin de l’hôpital Mustapha qui savoure sa journée de récupération. « Du coup, on envoie les vaccins à nos voisins avant péremption. En espérant qu’eux en feront bon usage…et qu’ils nous en seront un jour reconnaissants », ajoute mi dépité mi capricieux, le praticien.   

En réalité, le système de santé, vanté il y a un mois par le chef de l’État comme étant « l’un des meilleurs sinon le meilleur d’Afrique » est débordé. Les hôpitaux sont saturés, les pharmaciens servent des malades sans ordonnances et testent de façon tout aussi anarchique. Le marché des faux certificats de vaccination est un secret de Polichinelle et il n’est pas rare que des malades testés positifs repartent chez eux et disparaissent dans la nature. 

Avant même que les langues ne se délient, nombreux étaient les observateurs qui savaient que les statistiques officielles étaient biaisées. Un responsable du ministère de la santé qui a requis l’anonymat convient lui-même de la légèreté de la communication de l’administration centrale « Comment déclarer que l’on a enregistré 10, 100, 300 ou 1.000 nouveaux cas si l’on ne teste pas massivement et sur des échantillons représentatifs de la population ? Du coup, nous avons perdu la confiance de nos patients et, plus généralement, de la population ». 

À cette désorganisation s’ajoute l’incohérence des mesures prises par les pouvoirs publics. Les écoles ont été fermées mais dans les marchés, les rues, les usines ou les administrations, les gens se côtoient sans masques sans pour autant être inquiétés par les services de sécurité ou rappelés à l’ordre par leurs responsables.

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Maroc. Généralisation de l’enseignement de la langue amazigh pour 2030

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C’est le ministre de l’Éducation nationale, du préscolaire et des sports, Chakib Benmoussa qui l’a annoncé ce jeudi à Rabat lors d’un point de presse tenu à l’issue du conseil du gouvernement : la généralisation de l’enseignement de la langue amazighe dans le primaire est un objectif atteignable pour l’horizon 2030 et concernera alors 4 millions d’élèves.

Une volonté politique assumée

Aujourd’hui, la langue amazighe est enseignée dans 1.660 écoles, ce qui bénéficie à un total de 330.000 élèves. 

L’une des contraintes sur laquelle travaille le ministère de l’éducation est l’augmentation des enseignants qualifiés dès la prochaine rentrée scolaire pour pourvoir de façon satisfaisante à l’extension du réseau des établissements où est enseigné l’amazighe. Le ministre a fait savoir qu’en plus du nombre d’enseignants bilingues qui passe de 1500 à 2000 chaque année, celui des enseignants spécialisés suivra aussi une courbe annuelle allant de 200 à 400.

Ces objectifs chiffrés et mesurables, souligne M. Benmoussa, permettront l’élargissement progressif de l’enseignement de la langue amazighe en vue de parvenir à sa généralisation à tous les établissements du primaire lors de la rentrée 2029-2030. 

L’Algérie amorce, le Maroc concrétise

Pour ce militant de l’association culturelle berbère de Nantes, cet engagement des pouvoirs publics marocains illustre « une volonté politique de construire la nation autour des référents symboliques, culturels et même sociétaux qui ont longtemps été refoulés et même souvent combattus par les courants nationalistes nord-africains, largement dominés par le panarabisme au cours de la deuxième moitié du vingtième siècle. » Il ajoute que, pour l’instant, « c’est le pouvoir algérien qui semble le plus réfractaire à cet élan. »

On observe qu’en Algérie, les militants de la cause amazighe ne manquent pas de comparer sur la toile l’évolution de l’essor de l’enseignement de la langue amazighe chez leurs voisins de l’ouest avec le recul constaté chez eux depuis maintenant plusieurs années. Un recul qui s’accompagne d’une forme de surveillance administrative et policière qui impacte l’ensemble du champ amazighe dans un pays qui était naguère aux avant-postes de la production culturelle dans ce domaine. Pour rappel, la langue amazighe est constitutionnellement consacrée langue nationale et officielle depuis 2016 en Algérie et depuis 2019 au Maroc. Yennayer, le nouvel an amazighe est chômé et payé depuis 2018 en Algérie et depuis 2023 au Maroc.     

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Festival de Cannes. Palme d’or pour « Anatomie d’une chute »

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Festival de Cannes. Palme d’or pour « Anatomie d’une chute. »

Sur les 21 films en lice, la palme d’or de la 76éme édition du festival de Cannes qui s’est clôturée ce samedi dans une ambiance plutôt morne est revenue à la française Justine Trieste pour Anatomie d’une chute qui devient ainsi la troisième femme à obtenir cette reconnaissance. La lauréate militante a saisi l’occasion de sa consécration pour s’attaquer vigoureusement au gouvernement pour sa gestion des retraites et « la marchandisation de la culture » qui menace l’exception culturelle «  sans laquelle je ne serai pas ici », a-t-elle dénoncé. Cette année a vu la présence de sept réalisatrices en compétition officielle. Un record.

C’est le japonais Kōji Yakusho qui a reçu le prix d’interprétation masculine pour son rôle dans Perfect Days , où l’acteur incarne un employé rigoureux et introverti.

Le prix de l’interprétation féminine a été remis à la turque Merve Dizdar pour son rôle dans Les Herbes sèches , de Nuri Bilge Ceylan. L’actrice a dédié sa distinction aux «aux femmes qui luttent», soulignant «savoir très bien ce qu’est d’être une femme de cette région du monde».

Cette édition a enregistré une timide apparition de l’Afrique du nord. Le prix du meilleur documentaire a été décerné par la Société civile des auteurs multimédia (Scam) qui a récompensé ex aequo les Filles d’Olfa, de Kaouther Ben Hania (Tunisie) et La mère de tous les mensonges, de Asmae El Moudir (Maroc). Deux films familiaux où la condition de la femme, appréhendée sous des regards différents, reste la toile de fond.

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Maroc. Généralisation de l’anglais dans les collèges à la rentrée prochaine

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La généralisation progressive de l’anglais dans les collèges sera lancée dès la rentrée prochaine. C’est ce que l’on peut lire dans la circulaire adressée par Chafik Benmoussa, ministre de l’Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports et aux directeurs des établissements de l’enseignement collégial ainsi qu’aux enseignants d’anglais. 

Approche progressive

Ce programme qui a vocation à être appliqué de façon progressive doit permettre d’atteindre pour la rentrée 2023-2024 un taux de couverture de 10 % pour parvenir à un taux de 50 % pendant l’année scolaire 2024-2025.

À la rentrée, 2025-2026, l’anglais, en tant que langue étrangère, sera généralisé à tous les paliers du collège qui bénéficieront, selon la circulaire ministérielle, de deux heures d’enseignement de cette langue par semaine et pour chaque niveau, ce qui représente une charge de 24 heures par semaine pour l’enseignant, lequel aura à s’occuper de 12 classes. Cette projection est accompagnée d’autres décisions concernant aussi bien les matériaux pédagogiques et techniques que le suivi et l’évaluation des procédés mis en œuvre. 

Eneffet, un kit pédagogique et une méthodologue de formation et de suivi des enseignants, notamment dans le domaine de la pédagogique de l’enseignement des langues, est prévu dès le début de ce chantier.

Par ailleurs, des bibliothèques seront ouvertes dans les collèges où des outils numériques seront fournis aux élèves.

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Intempéries en Algérie. Deux morts et plusieurs dégâts matériels enregistrés

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Intempéries en Algérie. Deux morts et plusieurs dégâts matériels enregistrés

Les pluies torrentielles qui se sont abattues sur le nord de l’Algérie dans la nuit de mercredi à jeudi ont viré au drame à Guelma ( extrême est du pays) et Tipaza ( 40 kilomètres à l’ouest de la capitale). En effet, à Guelma, une fillette âgée de 12 ans, a été emportée par les eaux. Son corps, a été repêché ce jeudi après-midi par les agents de la Protection civile locale. À Tipaza, plus précisément dans la commune de Khemisti, un enfant de 10 ans, a succombé à ses blessures après qu’un mur de soutènement s’est effondré sur lui.  Un bilan qui vient contredire la communication du ministre l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, Brahim Merad, dont les propos répercutés par l’agence officielle aps, annonçaient ce jeudi, « qu’aucune perte humaine n’est à déplorer suite à la montée des eaux de pluie après les dernières intempéries enregistrées dans certaines wilayas du pays », indiquant simplement que certains dégâts causés par ces intempéries ont été limités.

Les populations précaires affectées

Les services de la Protection civile de la wilaya de Guelma, fortement touchée par les intempéries de la nuit dernière, ont annoncé le sauvetage de 27 migrants subsahariens qui étaient encerclés par les eaux. Il s’agit de neuf femmes, treize enfants, dont des nourrissons et cinq hommes.

Dans d’autres région du pays, notamment Constantine, Alger, et M’sila, les pluies diluviennes de la nuit dernière, ont causé d’énormes dégâts matériels. En effet, à Bousmaïl, une commune située à la sortie est de la wilaya de Tipaza ( 40 kilomètres à l’Ouest d’Alger), une dizaine de familles ayant construit illicitement leurs baraques sur lit d’un oued, ont protesté jeudi devant siège de la wilaya pour demander une prise en charge. Ces familles sinistrées, affirment que leurs maisons de fortune ont été emportées par les eaux. Selon eux, seule la Protection civile a répondu à leur appel. « C’est vers 2h du matin que nous avons été surpris par la montée des eaux. Toutes les habitations ont été inondées. Nous avons fait appel aux autorités. Nous nous sommes déplacés à la wilaya, mais personne ne s’est soucié de notre sort », affirme un septuagénaire dont le dossier de demande de logement remonte, selon lui, à 1987.

Colère latente

Toujours dans le registre des manifestations, les citoyens de la commune d’Ali Mendjli, banlieue de la ville de Constantine ( 300 kilomètres à l’est de la capitale) ont fermé durant la même journée la route reliant Constantine à Mila, à l’aide de pneus enflammés et autres blocs de pierres dans le but d’interpeller les pouvoirs publics quant à leur situation liée aux inondations. « Nos maisons ont été submergées par les eaux, on est à la rue et personne ne se soucie de nous ! C’est inadmissible », déclare un père de famille qui s’est dit à la rue depuis jeudi matin. « Nous sommes des sans domiciles fixes (SDF) à compter de ce jour ! » fulimera-t-il. 

A 200 kilomètres plus au nord, certaines communes de Bejaïa, notamment Sidi Aïch, Aokas, Melbou et même quelques quartiers du chef-lieu de la wilaya ont été durement affectés par les récentes chutes de pluie qu’a connues la région. A Melbou, plusieurs endroits de la ville ont été inondés, donnant à cette municipalité des allures de piscine à ciel ouvert.

Pour ce qui est des éboulements, les services de la Protection civile, ont enregistré cet après-midi, trois affaissements de terrain au niveau de la wilaya de Bouira ( 100 km à l’est d’Alger ). Ainsi, à Saharidj, Selloum et Djebhaia, plusieurs blocs de pierres se sont effondrés sur la chaussée, sans provoquer de dégâts. L’alimentation en courant électrique a également été fortement perturbée, notamment dans les wilayas d’Alger, Tipaza et Blida, où des centaines de foyers se sont retrouvés dans le noir.  Selon les services de Sonelgaz ( entreprise publique de gaz et électricité), le poste source de Boufarik ( Blida), appartenant à la filiale GRTE (Société Algérienne de Gestion du Réseau de Transport de l’électricité) desservant toute la région, a été inondé par les fortes pluies.

Ces intempéries qui mettent un terme à une longue et préoccupante période de sécheresse sont bienvenues pour l’agriculture. Elles sont cependant révélatrices de la dégradation générale des réseaux d’évacuation. Les autorités locales privées d’une part importante des ressources fiscales drainées par l’administration centrale peinent à entretenir les voieries de façon efficace ; une situation qui provoque chaque saison des inondations, y compris dans la capitale. 

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Passeurs de migrants : deux Algériens arrêtés en Espagne

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La Guardia civile a annoncé ce dimanche avoir arrêté dans la région de Murcie ( sud-est de l’Espagne )  deux Algériens âgés de 27 et 33 ans. Les deux présumés trafiquants sont soupçonnés de meurtre, de traite d’êtres humains et d’appartenance à une organisation criminelle. Codée sous le vocable «  protection », l’enquête a commencé en décembre dernier à la suite du signalement de deux cadavres flottant sur l’eau par un couple naviguant sur voilier dans la région de Carthagène.

Selon le communiqué de la Guardia civile, les investigations ont conduit aux deux hommes accusés par ailleurs d’être responsables de la mort de plusieurs autres migrants qui  quittaient l’Algérie essentiellement à partir des côtes oranaises après avoir déboursé entre 6 et 7000 euros.

Selon les autorités régionales espagnoles, 73% des migrants irréguliers qui arrivent sur les rivages ibériques sont des Algériens. Une tendance à l’exil qui touche essentiellement des jeunes et qui vient d’être vérifiée en Algérie même par une vidéo qui a fait le tour de la toile. On y voit des foules massées devant le site dédié à l’étude des dossiers de l’immigration de l’ambassade du Canada dans l’espoir d’obtenir un visa.

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Attentat de Djerba : la Tunisie parle de tourisme, la France de terrorisme

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Tunisie. Fusillade à la synagogue de Djerba

Depuis la fusillade mardi soir à proximité de la synagogue de la Ghriba, à Djerba (Est de la Tunisie), dont le bilan provisoire est de cinq morts et huit blessés, les autorités tunisiennes se veulent rassurantes. Premier et seul ministre dépêché sur place dès le lendemain matin, le ministre du Tourisme Moez Belhassine y a présidé une cellule de crise avant d’évoquer une situation touristique sous contrôle. 

Plus tard dans la journée, le président tunisien Kaïs Saïed a qualifié cette attaque d' »opération criminelle », et l’affaire a été déférée devant le tribunal de première instance de Médenine où une enquête criminelle préliminaire a été ouverte. « Ils ont cherché à perturber la saison touristique, à fragiliser l’État », a-t-il affirmé lors d’une réunion du conseil de sécurité en présence des ministres de son gouvernement et de responsables des forces armées. Mais le chef de l’État ne s’est pas déplacé sur le lieu de l’attaque et a préféré ne pas modifier son agenda. Il s’est ainsi entretenu avec la ministre des Affaires étrangères belge, Hadja Lahbib, et son homologue portugais, João Gomes Cravinho, en mission d’évaluation en Tunisie pour l’Union européenne, principalement au sujet de la situation économique et du prêt du Fonds monétaire international (FMI) qui n’a toujours pas été validé. 

Le ministère de l’Intérieur qui s’est limité à un communiqué le soir de l’attaque, donnant quelques informations sur le déroulé des faits, ainsi qu’un bilan provisoire, avait annulé la conférence de presse prévue mercredi soir, alors que plusieurs zones d’ombre entourent les circonstances de la fusillade. Le ministre Kamel Fekih s’est finalement exprimé jeudi après-midi sans apporter plus d’informations sur les antécédents de l’assaillant – qui est membre de la garde nationale – ni expliqué ses motivations. Il a globalement salué le travail des forces de sécurité près de la synagogue qui auraient, selon lui, évité un carnage et agi très rapidement. S’il a affirmé que l’assaillant abattu à quelques centaines de mètres de la Ghriba, avait pour intention d’accéder à ce lieu de pèlerinage et de tuer le plus grand nombre de personnes, il a cependant évoqué une opération criminelle plutôt que terroriste. 

L’agent en question a d’abord abattu son collègue de la garde maritime au port d’Aghir, une localité de l’île de Djerba à une vingtaine de kilomètres de la Ghriba, qu’il a délesté de son arme automatique et de ses munitions. Il s’est ensuite dirigé vers le lieu de culte à bord d’un quad appartenant également à la garde nationale. Arrivé à proximité de la synagogue où se trouvaient plusieurs unités des forces de l’ordre chargées de la sécurité des lieux en plus de quelques pèlerins et passants, il a ouvert le feu et abattu trois agents, un citoyen juif tuniso-israélien de Djerba Aviel Haddad et son cousin franco-tunisien Benjamin Haddad. Du fait de la nationalité française de l’une des victimes, le Parquet antiterroriste français a ouvert une enquête pour « assassinat en relation avec une entreprise terroriste ». Plus tôt, le président français Emmanuel Macron a assuré vouloir lutter « sans relâche », « contre la haine antisémite », alors que les autorités tunisiennes refusent toujours de qualifier l’attaque. 

Plusieurs organisateurs du pèlerinage de la Ghriba ont en outre critiqué la présence policière jugée insuffisante et réduite par rapport aux années précédentes, indiquant qu’il n’y avait que très peu d’agents postés près de la synagogue. Selon eux, quelques minutes avant l’attaque, des dizaines de bus étaient sortis du parking où la fusillade s’est produite, échappant, à quelques instants près, à un bilan qui aurait pu être bien plus lourd. Sans informations sur les motivations de l’assaillant, rien n’indique pour le moment s’il a agi seul ou s’il a été soutenu par une organisation. Aucun élément sur une éventuelle radicalisation religieuse n’a été présenté. 

Pour rappel, le 11 avril 2002, un camion-citerne de gaz naturel bourré d’explosifs sautait à 9h35 devant la même synagogue tuant 19 personnes et faisant 30 blessés. Présenté dans un premier temps comme un accident, l’enquête révéla rapidement qu’il s’agissait d’un attentat kamikaze. La fusillade du 9 mai 2023 est cependant le premier attentat à proximité de la Ghriba perpétré pendant le pèlerinage annuel, à l’occasion de la fête de Lag Ba’omer, après Pessah, depuis 1985.

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Tunisie. Fusillade à la synagogue de Djerba

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Tunisie. Fusillade à la synagogue de Djerba

Au moins quatre personnes ont été tuées après une fusillade ce mardi soir à proximité de la synagogue de la Ghriba de l’île de Djerba ( Est de la Tunisie) où avait afflué des centaines de pèlerins.

Selon le ministère de l’intérieur  tunisien, deux agents de sécurité et deux fidèles ont été tués et quatre autres personnes ont été blessées par un gendarme. Ce dernier a d’abord tué un de ses collègues qu’il a délesté de ses munitions pour ensuite ouvrir le feu sur les agents chargé de la sécurité des lieux et la foule avant d’être abattu.

De son côté, le ministère des affaires étrangères a précisé que « les victimes parmi les visiteurs sont de nationalité tunisienne ( 30 ans ) et française 42 ans ».

La synagogue de Djerba qui est la plus ancienne d’Afrique est un haut lieu du culte judaique en Afrique du nord.

Pour rappel le 11 avril 2020, un camion-citerne de gaz naturel bourré d’explosifs sautait à 9 h 35 devant la même synagogue tuant 19 personnes et faisant 30 blessés. Présenté dans un premier temps comme un accident, l’enquête révéla rapidement qu’il s’agissait d’un attentat kamikaze.

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Algérie. Cas de tuberculose au sein des camps de réfugiés subsahariens

Cacophonie institutionnelle

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Algérie. La tuberculose flambe dans les camps de migrants subsahariens

Décidément, la communication transparente n’a jamais été le fort des autorités algériennes.

Soit, elles se murent dans un silence assourdissant, soit elles se produisent une information spontanée qui a vite fait devirer à la cacophonie après des remontrances de la tutelle quand un sujet sensible est porté sur la place publique.

L’affaire de l’apparition de cas de tuberculose au niveau de certains camps de réfugiés subsahariens, ne déroge pas à la règle. C’est une énième preuve de cette gestion consternante. En effet et comme indiqué par adn-med.com le 06/05/2023, les services de la wilaya d’Alger, avaient officiellement fait état, vendredi dernier, de foyers de tuberculose dans les camps de Blida et Alger. Des structures de la santé nous apprenaient même que des cas contaminants refusaient les soins et les traitements proposés. 72h plus tard, soit ce lundi, ce sont les services du ministère de la Santé et de la population, qui viennent apporter un démenti catégorique aux services sanitaires de la wilaya d’Alger. « Nos services ( ministère de la santé, NDLR), affirment et assurent qu’aucun cas de tuberculose n’a été répertorié », est-il précisé. « La wilaya Alger n’a détecté aucun cas de tuberculose parmi les migrants ».

Le ministère de la santé, rappelle dans ce sens, que les derniers cas enregistrés remontent à 2022, où selon la même source, cinq cas avérés ont été diagnostiqués à Meftah et Bouinan, deux localités relevant de la wilaya de Blida ( 50 kilomètres à l’ouest d’Alger). Cette cacophonie en matière de communication institutionnelle n’est pas la première du genre, loin s’en faut. Durant la pandémie du Covid-19, les services du ministère de la Santé, se sont tristement illustrés par des communiqués hasardeux, à la limite de l’amateurisme d’Etat, tentant vainement de minimiser l’ampleur des infections. En 2018, les mêmes services, lors de l’épidémie de choléra qui avait touché la régions de Bouira et Tipaza, avaient également tenté de démentir les autorités sanitaires locales. Il aura fallu l’intervention des services de l’Institut Pasteur d’Alger ( IPA), pour confirmer les faits et amener le ministère de la Santé à opter pour le mutisme. 

R.B

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Un jeune homme mortellement touché par un tir de carabine à Biskra ( vidéo)

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Un jeune homme mortellement touché par un tir de carabine à Biskra ( vidéo)

Un drame effroyable s’est produit ce samedi matin dans la wilaya de Biskra ( 460 kilomètres au sud-est d’Alger). Un jeune homme âgé de 28 ans, répondant aux initiales A.S, a été mortellement touché par une balle de fusil de chasse, au cours de d’une fête de mariage.

Ainsi, et comme le montre la vidéo amateur tournée au moment des faits, une personne était en train de charger les cartouches de sa carabine pour tirer en l’air. Le premier coup, a été tiré sans conséquences mais le second a mortellement touché au visage la victime.

Suite à ce drame, les services de sécurité ont immédiatement ouvert une information judiciaire et placé le porteur de fusil en détention provisoire, indiquent des sources locales. 

Aux cours de cérémonies festives, ces genres de manipulations, aux cours desquels il n’est pas rare d’enregistrer des accidents dramatiques, participent d’une pratique sociale qui valorise celui qui exhibe l’arme la plus puissante et qui tirer le plus de coups de feu, y compris comme c’est le cas ici à balles réelles. 

R.B

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Maroc : le drame des abandons scolaires

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Maroc : le drame des abandons scolaires

Le bilan rendu public jeudi 4 mai, par le ministère de l’Éducation nationale, du préscolaire et des sports donne un aperçu global satisfaisant pour ce qui est du préscolaire qui connait une progression appréciable. Les indicateurs de performance de l’école qui permettent d’évaluer l’aspect qualitatif du secteur évoluent positivement mais l’abandon scolaire stagne.

Un fléau social

L’abandon scolaire est l’un des problèmes que redoutent tous les gouvernements. C’est aussi le plus délicat qu’ait à gérer le ministre marocain Chakib Benmoussa qui a élaboré une ambitieuse feuille de route pour la période 2022-2026 en vue d’atteindre une école performante et de qualité.
En effet, ce phénomène, quand il perdure et/ou se massifie, est un handicap à plusieurs impacts. Il prive le jeune de compétences pouvant assurer son insertion sociale, provoquant ainsi un déficit économique à la collectivité. Il peut générer des déviances sociales préjudiciables au concerné et à la communauté ; le jeune perdu de vue par le système éducatif sortant des radars des instances d’évaluation et de programmation des politiques publiques devient une inconnue sociale difficilement intégrable dans un mise en perspective du pays.

Sur un total de 8.863.234 élèves inscrits dans le Royaume, les abandons, toutes catégories confondues, sont de 334.664 pour l’année scolaire 2021/2022, un chiffre quasiment identique que ceux de 2019/2020 (331.558 ). Le ministère assure vouloir réduire d’un tiers ces échecs en 2026. Un vrai défi si l’on observe la stagnation du nombre de ces cas depuis plusieurs années.

La généralisation de l’enseignement progresse

Domaine positif : la généralisation de l’enseignement qui avance dans les cycles primaire et secondaire (collége.).

Une évolution identique a été relevée dans le cycle secondaire qualifiant qui a vu le taux de scolarisation atteindre 76.9 % en 2022/2023 contre 75.7 % l’année précédente. Cette courbe ascendante est également constatée pour l’enseignement préscolaire. La préscolarisation des 4-5 ans est de 76.2 % en 2022/2023 contre 72 % en 2021/2022, soit une progression de près de 4%, ce qui est considérable.
Selon le ministre, cette amélioration est essentiellement due à l’augmentation de l’offre scolaire en milieu rural qui a bénéficié du soutien de l’Initiative Nationale de Développement Humain (INDH) et de la gestion déléguée qui permet de décentraliser les centres de décisions sur un certain nombre de dossiers.
Il demeure que le spectre de l’abandon scolaire pèse toujours sur la jeunesse marocaine et, du même coup, sur les politiques de développement national qui souffrent du manque de statistiques précises quant à la situation effective de ces sujets. Or l’identification des statuts des différentes catégories d’âge est la seule manière d’ajuster les mobilisations des moyens de l’Etat à la réalité de la composante sociologique de la nation.

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