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ALGÉRIE : LANCEMENT DE LA PLATE-FORME NUMÉRIQUE DU LEXIQUE JOURNALISTIQUE AMAZIGH

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Lors d’une réunion à laquelle ont été associés le directeur général de la Radio nationale, Mohamed Baghali, le directeur du Centre international de presse (CIP), Raouf Maamri, et le secrétaire général du Haut-commissariat à l’amazighité (HCA), Hachemi Assad, Mohamed Bouslimani, ministre de la Communication, a annoncé la mise à disposition des journalistes amazighophones d’une plate-forme numérique d’un lexique journalistique amazigh.

Cette plate-forme a déclaré le ministre “vise à contribuer à la promotion et à la diffusion du Tamazight en tant que langue nationale et officielle que l’État s’emploie à promouvoir et à développer dans toute sa diversité”, ajoutant que cet outil “incarne la politique de numérisation de l’administration et des institutions prônée par l’État”.

De son côté, le secrétaire général du HCA a expliqué que la plate-forme Taghamsa (presse) est la traduction « de la Convention-cadre signée entre le HCA et la Radio nationale en mai 2021, laquelle a mis en application la recommandation issue de la session de formation organisée en partenariat entre ces deux organes lors de la manifestation “L’Algérie dans le cœur” tenue à Boumerdes du 5 au 8 juillet 2021 ».

Hachemi Assad a également détaillé les objectifs de cette plate-forme qui vise à surmonter les difficultés conceptuelles auxquelles font face les journalistes dans leur travail sur le terrain et au niveau des salles de rédaction » en leur fournissant une matière médiatique précise et crédible qu’ils répercuteront auprès des auditeurs dans les différentes diversités linguistiques de l’amazigh.

Cette approche qui tend à privilégier l’investissement des particularismes des différents parlers amazighs est vivement contestée par les militants de la cause amazighe qui, eux, travaillent à l’homogénéisation de la langue en tablant sur le socle grammatical et syntaxique communs à l’ensemble des parlers.

Notons que, le ministre, actuellement en délicatesse avec le monde la presse, dont il condamne le peu d’empressement à s’impliquer dans la bataille de protection de la nation, a déclaré : “Tout un chacun doit assurer le meilleur usage de la langue et de la numérisation pour promouvoir l’image de l’Algérie et faire face à la guerre électronique dont elle est la cible, eu égard à ses triomphes aux plans intérieur et extérieur”.

Pour rappel le HCA, institution créée dans la suite de la grève du cartable qui s’était soldée par une année blanche en Kabylie en 1994 est à ce jour sans statut officiel dans la mesure ou son mandat périmé depuis plusieurs années n’a pas été renouvelé.

Signalons enfin que le gouvernement algérien adopte des positions équivoques sur ce dossier. En effet, le statut de langue nationale et officielle de l’amazigh n’empêche pas l’emprisonnement de citoyens arborant l’emblème amazigh par ailleurs exhibé sans risques à Tripoli, Tunis ou Rabat. Au mois d’août 2021, une note du ministère de l’éducation nationale avait annoncé « l’exclusion de la langue amazigh de l’emploi du temps alternatif de l’élève » pour la transformer en matière facultative. Après une semaine de mobilisation des enseignants et des militants de la cause amazighe, le ministère avait retiré ladite note.  

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MAGHREB ORIENT DES LIVRES À PARIS

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La 25ème session du Maghreb des livres (5éme pour Orient des livres) se tient à l’Hôtel de ville de Paris du vendredi 13 au dimanche 15 mai. En 2021, il avait fallu organiser une séance restreinte au mois de juillet pour cause de Covis 19. 

Cette année, la conférence inaugurale était animée par Alice Zeniter, auteure et dramaturge dont l’étoile ne cesse de monter depuis que son roman autobiographique « L’art de perdre » l’avait révélée au grand public en 2017.

Les journées alternent conférences-débats, tables rondes, rencontres avec des collégiens ou des lycées et des séances dédicaces avec les auteurs.

Les éditeurs tunisiens et marocains bien que distribués en France ne semblent pas bénéficier d’un lectorat plus conséquent que les Algériens. Pourtant ces derniers sont largement pénalisés cette saison par la suppression de la valise diplomatique par laquelle était acheminées leurs productions à Paris. Sur les étals beaucoup de maisons algériennes dont Casbah et Barzach sont absentes. En revanche les éditions Frantz fanon ont exposé une partie non négligeable de leur répertoire.

L’affluence de ce vendredi était modeste. Michel, le responsable de la librairie explique cette relative désaffection par le fait que l’ouverture du salon se déroule un jour de semaine.

Pour sa part, une chargée de communication avance une raison plus politique : « Quand le Maghreb des livres était organisé de façon autonome, les lecteurs francophones étaient massivement présents dès le premier jour. Depuis que l’on a confondu cette manifestation avec L’Orient des livres, il y a comme une confusion des productions dont les centres d’intérêt ne sont pas faciles à concilier. Et cela se traduit par une certaine dispersion du public qui ne retrouve pas la matrice culturelle et intellectuelle familière de sa région ».

Notre interlocutrice estime néanmoins que la présence d’auteurs à succès annoncés pour le week-end devrait provoquer une affluence plus consistante.

« En tout état de cause, se désole Hamid, journaliste, l’évènement annuel dédié à la production culturelle écrite francophone nord-africaine se déroule à Paris, et non dans l’une des capitales des trois pays concernés ».       

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Hend SADI à Montréal : « La permanence du combat identitaire est un motif d’espoir ». Par Yahia ARKAT 

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Devant une salle archicomble, le militant de la cause amazigh Hend Sadi a dézingué les ennemis de l’identité berbère, notamment les partisans de l’arabo-islamisme, soulignant que le combat pour tamazight qui persiste malgré la répression requiert beaucoup de détermination. S’exprimant samedi à Montréal dans une conférence sous le thème générique « la Légitimité politique et l’instrumentalisation de l’histoire », organisée dans le cadre des festivités du Printemps berbère de la Fédération des Amazighs de l’Amérique du Nord (FAAN), le professeur Sadi est revenu longuement sur les falsifications et manipulations de l’histoire qui ont amputé le récit national du fait amazigh.

Le débat identitaire soulevé dans « Idir El Watani » par de jeunes militants nationalistes durant les années 1940 avait fait ruer dans les brancards les islamo-conservateurs et les illusionnistes d’une Oumma chimérique, après l’émergence de la Nahda. « Les Oulémas s’acharnaient à éradiquer toute trace du fait amazigh », a martelé d’emblée le conférencier.

La sortie du roman « La Colline oubliée » de Mouloud Mammeri qui a fait l’objet de tirs groupés des centres conservateurs et des Oulémas dans la revue « Le Jeune Musulman » a remis au centre des débats la problématique de l’identité nationale. Les anathèmes dont a fait l’objet le roman fondateur de la littérature algérienne contrastent avec la critique positive de Taha Hussein. « Les militants berbéristes avaient inscrit tamazight dans une démarche révolutionnaire de libération nationale », a expliqué l’intervenant. Cette séquence de l’histoire a fait réagir le public lors des débats qui ont suivi l’intervention de Hend Sadi. Un militant des événements de 1981 à Bejaïa s’est interrogé sur ce retournement de l’histoire qui fait que des courants politiques et idéologiques qui n’étaient pas à l’avant-garde du combat libérateur se sont emparé du pouvoir une fois l’indépendance acquise.

Un autre intervenant a interrogé le conférencier sur le moyen de sortir de cette impasse d’un combat identitaire dans le creux de la vague. M. Sadi a averti contre la ghettoïsation de ce combat, citant la croisade de Ahmed Gaïd Salah contre le drapeau amazigh pour le circonscrire à la seule Kabylie. Or, prolongement naturel du combat berbériste des années 1940, le Printemps berbère né à Tizi Ouzou a donné à tamazight une résonnance nord-africaine. Salah, un militant démocrate installé au Québec depuis deux décennies, a mis en exergue la négation du fait amazigh par le Makhzen marocain, en dépit des avancées institutionnelles engrangées par la langue amazighe. Sur cet aspect, comme pour répondre à un parent dont les enfants suivent des cours de langue amazighe, le professeur Sadi s’est inquiété du recul de la langue berbère, soulignant l’importance d’une prise en charge institutionnelle.

Cependant, le degré de prise en charge institutionnelle et le reflux de la revendication amazighe ne doivent pas cacher la permanence du combat porté par des générations de militants dans un cadre fraternel. « La persistance de ce combat qui se maintient malgré la répression est un signe de vitalité et un motif d’espérer », a conclu sur une note d’espoir Hend Sadi qui a animé deux autres conférences à Ottawa et à Sherbrooke. Pr Sadi a également dédicacé ses publications, dont l’essai « Mouloud Mammeri ou la Colline emblématique » a été épuisé rapidement. 

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QUELS ENJEUX LINGUISTIQUES ET CULTURELS EN ALGÉRIE ET EN AFRIQUE DU NORD ? Tamazight comme ciment nord-africain Par Kamel AMARI*

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La commémoration du printemps amazigh d’avril 80 intervient dans un contexte de lourde répression politique et de sévère étouffement médiatique. Malgré ces handicaps et d’autres plus anciens, la problématique culturelle et identitaire s’avère désormais le point nodal autour duquel se joue le devenir géopolitique nord-africain. 

La politique linguistique adoptée par les pays nord-africains (Algérie, Maroc et Tunisie), au lendemain de leur indépendance, est basée sur la suprématie de la langue arabe classique à laquelle fut octroyée le statut de langue nationale et officielle au détriment des langues populaires, en l’occurrence tamazight et l’arabe algérien et du français. 

Nous privilégierons le cas algérien car par un phénomène de rejet, la colonisation de peuplement a produit la politique linguistique la plus caricaturale une fois l’occupant vaincu. Cependant, la logique arabo-islamiste a pesé, certes de façons différentes et à divers degrés, sur les conceptions populistes éducatives post-coloniales des trois pays.   

En 1962 le régime algérien avait sollicité des sociolinguistes de Berkeley (Californie, USA) afin d’élaborer une représentation sociolinguistique du pays (Alexandra Filhon, Langues d’ici et d’ailleurs, 2009 ). Ces derniers ont émis un certain nombre de recommandations qui traduisent les pratiques langagières dans la société algérienne et proposé la nécessité de promouvoir de tamazight et l’arabe algérien. Le gouvernement a interdit la publication des préconisations des chercheurs américains et s’est employé à mener une arabisation tous azimuts. Rappelons qu’à l’indépendance, il n’y avait que quelques milliers d’Algériens lettrés en langue arabe sur une population d’environ 10 millions d’habitants.

  Quatre langues étaient alors potentiellement candidate à la reconnaissance étatique : l’arabe classique, le français, tamazight et l’arabe algérien. Le régime a décidé de faire de l’arabe classique la langue du pouvoir alors que dans les faits elle n’était la langue naturelle d’aucun citoyen.

 Le français considéré officiellement comme langue étrangère demeurait l’outil des institutions de l’État dans la mesure où l’arabisation ne pouvait pas répondre aux besoins du fonctionnement de l’administration ou des cercles économiques.  Langue de la modernité, d’ouverture sur le monde et d’acquisition de savoirs technologiques, le français sera adopté par les classes dirigeantes qui le destinent à leurs enfants tout en le stigmatisant comme le reliquat du colonialisme. 

  L’arabe algérien bien que langue écrite ne dût sa survivance qu’au fait qu’elle était pratiquée par une majorité d’Algériens. Son statut fut toléré comme une séquelle qu’il fallait endurer en attendant d’en être lavés par l’arabe classique. Cette vision de langue invalidante avait provoqué de sérieux préjudices socio-linguistiques entre enfants et parents, les premiers ne voyant pas leurs géniteurs comme des modèles dont il faut valoriser les valeurs mais des poids dont ils devaient se détacher.

Concernant tamazight, elle fut longtemps dénoncée comme un stigmate, une tare sur laquelle pouvait jouer les ennemis de la nation arabo-islamique pour attenter à son unité. Son statut a fini par évoluer grâce aux militants qui ont sacrifié leur temps, leur énergie, leurs moyens et, pour certains, leur vie. Aujourd’hui, tamazight est certes enseignée, essentiellement en Kabylie, mais cela demeure un acquis fragile qui est régulièrement remise en cause par les forces islamo-conservatrices. En 2016, la constitution algérienne consacre le caractère ‘’ officiel ‘’ de tamazight. Mais si l’on abstrait la dimension symbolique de l’annonce, importante dans ce genre d’annonce, cette concession voit son effectivité considérablement limitée car les rédacteurs ont opté pour un changement de définition de langue officielle. Pour les sociolinguistes, une langue officielle est de fait une langue des institutions de l’État. Néanmoins, dans la constitution algérienne il est stipulé : ‘’ L’arabe demeure la langue officielle de l’État’’, ce qui exclut implicitement tamazight de cette fonction. Pour cette langue, il est concédé que : ‘’ tamazight est également langue nationale et officielle ‘’. Cette formulation fait que dans les institutions, l’usage de la langue arabe est exclusif. Cette intégration au rabais autorise toutes les interprétations et même tous les abus puisque des manifestants sont emprisonnés pour avoir arboré l’étendard amazigh. 

Avril 80 représente un moment de rupture qui a dessiné un contour crucial pour les revendications identitaires, culturelles et, plus généralement, démocratiques en Algérie avant de déteindre sur l’Afrique du Nord. En effet, il convient de rappeler que d’emblée les animateurs du printemps amazigh lièrent les question linguistique et culturelle au projet de société démocratique. 

Que l’on prenne ce dossier du point de vue d’un pouvoir qui a arabisé pour soumettre la société algérienne à des dogmes aliénants ou que l’on s’y intéresse du côté des militants amazighes, on tombe invariablement sur le même constat : La problématique linguistique est éminemment politique. A travers ce combat, les acteurs du mouvement de 80 ont clairement affiché l’exigence d’ouvrir le pays au pluralisme linguistique et politique, l’un ne pouvant pas aller sans l’autre.  

 La politique d’arabisation culturelle et éducative traduit d’une part une lutte entre l’élite francophone et l’élite arabophone et d’autre part un affrontement entre le dirigeant et le citoyen puisque l’on a déjà vu que les responsables du régime protègent leur progéniture de l’arabisation. Ce stratagème a pour finalité d’empêcher la formation d’une élite politique capable de représenter une alternative à un système qui construit sa pérennité par la soumission psychologique et culturelle.  Le régime a déclaré la guerre à tamazight car outre les valeurs sociétales qu’elle porte, la prise en charge effective de cette langue implique une redéfinition de l’entité nationale et de ses repères. La violence du sectarisme panarabiste a objectivement accéléré la genèse du patriotisme amazighe. A travers l’opposition linguistique se joue en fait la question du projet de société car l’arabisation est aussi porteuse d’islamisme.

En prônant l’islam comme religion de l’État, le FLN a voulu déposséder tactiquement les islamistes de leur arme d’attaque privilégié mais ce faisant, ce parti a piégé la nation puisqu’il a lié la légitimité du pouvoir politique à la sacralité religieuse. Fondamentalement, le régime et les islamistes ont le même projet de société. 

En matière linguistique, les gouvernants d’Afrique du Nord ont fait des choix similaires. Bourguiba qui a dissout les écoles coraniques dès 1958 et tenté de valoriser l’arabe populaire fut contrarié par la tendance panarabiste dont les options finirent par culminer avec le gouvernement Mzali, ce qui provoqua une rupture définitive entre les deux hommes. Au Maroc, Hassan II ne marqua un recul devant une arabisation massive dont il attendait un sujet soumis que lorsque des experts l’alertèrent sur un risque vital pour son régime : l’arabisation totale avait comme implication mécanique l’avènement de l’islamisme (voir sur adn-med article du 11 février 2022 par Hassan Aourid). Avertissement qui ne fit pas écho en Algérie où Boumediène et Chadli livrèrent aux conservateurs l’éducation, les médias, les mosquées et la justice.

L’arabisation a pour finalité de compenser le déficit de légitimité populaire en investissant dans l’idéologie arabo-islamiste. Au Maroc, la monarchie guidée par le commandeur des croyants devenait, grâce à la préemption de la religion, un pouvoir d’essence divine. En Algérie, c’est à travers l’unicité de la religion, de la langue et du parti que le système FLN se pose comme la source et l’arbitre de la nation. Le printemps berbère d’avril 80 a provoqué une profonde transformation des mentalités qui a fini par diffuser dans les populations amazighophones nord-africaines avant de voir la problématique de l’histoire de la culture et des langues gagner les communautés arabophones. Ces dernières années, le débat s’est installé en Tunisie dans la jeunesse estudiantine où, pourtant, seule l’ile de Djerba et quelques localités du sud pratiquent l’amazighe.

Le choix de l’approche diglossique (hiérarchisation des statuts des langues) adoptée par l’Algérie et le Maroc traduit les conflits linguistiques dont les soubassements sont en fait politiques. Ces inégalités de statuts des langues ne favorisent pas la coexistence pacifique entre les communautés. Le sociolinguiste français Jean Louis Calvet évoque la notion de guerre des langues ‘’. 

  Un chemin de possible pacification de l’espace nord-africain pourrait venir de l’adaptation des résolutions du congrès de la Soummam qui voient dans ce sous-continent un ensemble devant être gouverné par le politique et non l’arbitraire militaire ou religieux. Ces orientations ont été reconduites, avec les limites inhérentes à la guerre froide et la décolonisation, par la conférence de Tanger d’avril 1958 qui préconisait une gouvernance fédérale. Cette convergence ne peut avoir de sens que si elle est adossée au substrat amazigh qui demeure le fondement auquel doit d’adosser toute mise en perspective démocratique de la région.

  En définitive, les questions linguistiques et culturelles sont les condiments politiques qui ont servi à l’instauration de régimes hybrides ou autoritaires en Afrique du nord. La mise en débat de ce dossier peut conduire à l’avènement de la cité démocratique dans chaque pays et favoriser la construction de Tamazgha. La gestion démocratique des espaces plurilingues redonne assurance et confiance aux communautés et évite l’apparition des conflits nés de sentiments d’exclusion et de marginalisation. Le renouveau linguistique conditionne le futur politique et la stabilité géopolitique de l’Afrique du nord.

Kamel AMARI, journaliste.

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ALGÉRIE. SILA, UNE OASIS DANS UN DÉSERT

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Après deux ans d’absence due à la crise sanitaire, la 25ème édition du Salon international du livre d’Alger a pu se tenir du 24mars au 1 avril. Malgré les conditions difficiles dans lesquelles elle a été préparé, l’ambiance anxiogène qui règne en Algérie à cause de l’affaissement du pouvoir d’achat et de la répression politique qui s’est banalisée ces derniers temps, la manifestation a été un franc succès sur tous les plans. En effet, en plus des 1250 exposants venus de 36 pays qui ont répondu à l’appel, les plus de 300.000 titres exposés, le public aussi a été de la partie et a dépassé le 1.3  million de visiteurs durant les 8 jours. 

L’Italie, qui a été l’invité d’honneur cette année, a marqué sa présence par un vaste programme de promotion de la littérature italienne, notamment en proposant des projets de traduction, mais aussi en revisitant les liens historiques qu’elle a avec l’Algérie à travers la figure emblématique de l’édition italienne, Giangiacomo Feltrenili, qui a soutenu la révolution algérienne en publiant la plupart des écrits qui était censurés en France durant la période coloniale. 

Si la littérature a eu la part belle durant cette manifestation comme à l’accoutumée, le livre inhérent à l’histoire et à la mémoire a également était présent. Le Tome 2 des mémoires de Lakhdar Bentobal et le Tome 2 des Mémoires de Sadek Hadjeres portant sur la crise de1949 qui a secoué le PPA-MTLD, ont été les deux livres d’histoire les plus demandés. Il y a également le beau-livre fait par Kamel Daoud et Raymond Depardon, Son œil dans ma main, qui a fait parler de lui.

Dans le livre politique, c’est incontestablement Révolution du 22 février. Du miracle au mirage de Saïd Sadi ainsi que Mon islam, ma liberté de Kahina Bahloul, première femme imame en France, qui ont fait l’évènement. 

Dans le domaine de la littérature, la réédition de quelques livres de Yasmina Khadra par Casbah, la sortie des derniers romans de Anouar Benmalek, Hakim Laâlam, Akli Tadjer, Lamine Benallou, Amin Zaoui, Bachir Mefti, etc., ont reçu un accueil chaleureux de la part du public et confirment, une fois de plus, l’intérêt toujours grandissant des Algériens pour les belles lettres.

Il y a matière à engager une réflexion de fond sur la pérennité, l’adhésion populaire et le succès commercial d’un événement organisé dans un pays où la vie culturelle s’est éteinte progressivement depuis la fin des années 80. Les scènes théatrales, les salles de cinéma ou même les galas artistiques qui composaient une partie importante de la vie citadine algérienne disparaissent dans une société qui ignore la vie collective après le crépuscule. Exception qui confirme la règle dans ce marasme, le SILA survit. Des études sociologiques méritent d’être consacrées à ce phénomène.  

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ALGÉRIE. SILA : LE LIVRE FACE AU CORONA ET L’INFLATION

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Après l’interruption imposée par le COVID, la 25ème édition du salon international du livre d’Alger (SILA) ouvert ce vendredi revient en force avec les étals pourvus par les éditeurs algériens, les partenaires étrangers, traditionnellement participant à cette manifestation, n’ayant pas pu assurer de présence significative pour cette reprise. Cette défaillance n’a pas dissuadé les amateurs de lecture de se rendre massivement dès le premier jour à un événement qui mobilise les foules malgré les crises sociale et économique qui rendent les prix difficilement abordables pour une grande majorité des bourses. 

Cette année encore, le succès populaire est donc assuré, les transports urbains ont même dû renforcer leurs navettes pour répondre à l’affluence enregistrée dès le premier jour.

La pause imposée par l’épidémie, un mal pour un bien diront certains, a permis aux éditeurs d’opérer une sélection qualitative aisément remarquable aussi bien dans la fiction que les ouvrages politiques ou historiques. 

Les éditions Barzach publient le Sénégalais « La plus secrète mémoires des hommes », prix Goncourt 2022, Casbah produit le deuxième tome 2 des mémoires de Lakhdar Bentobbal rédigé par l’historien Daho Djerbal, malgré le conflit qui oppose l’auteur aux enfants du défunt ainsi que l’ouvrage de Idir Hachi « 1871, une levée en armes pour l’honneur de la terre ».  La maison Frantz Fanon met à la disposition du public le deuxième tome consacré par Saïd Sadi au Hirak « Révolution du 22 février du miracle au mirage, une impasse algérienne » après le premier tome « Révolution du 22 février, un miracle algérien » publié en 2019. Les éditions Koukou éditent l’universitaire Farida Aït Ferroukh qui signe « Kateb Yacine et Debza, au cœur du printemps berbère ». 

Notons que les pouvoirs publics qui ont exonéré les éditeurs de taxes ont également sensiblement réduit les frais de location des stands. En retour, beaucoup d’entre eux ont fait un effort significatif pour réduire leurs marges et permettre au plus grand nombre de pouvoir accéder aux ouvrages de leur choix.

Un paradoxe se confirme dans cette vingt cinquième édition : le livre francophone se porte bien en Algérie en dépit du recul de l’enseignement du français et même, on l’a vu plus récemment, une volonté affichée des autorités à stigmatiser la langue de Molière.   

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MAROC. HOMMAGE AUX PIONNIERS DISPARUS DE LA CAUSE AMAZIGHE

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Les vendredi 25 et samedi 26 mars aura lieu à Meknès une manifestation qui veut éclairer la lecture du renouveau nord-africain.

La puissante association culturelle ASIDD soutenue par d’autres institutions organise une commémoration célébrant les vies et parcours des pionniers de la cause Amazighe au Maroc parmi lesquels sera évoqué le défunt Moha Ajaajaa, symbole d’humilité, de constance et de détermination d’un combat qui aura largement inspiré les mutations politiques et sociétales du Maroc moderne. 

Adossés aux travaux de collectes d’information du tissu associatif du royaume, une vingtaine de narrateurs dont les universitaires Lahcen Oulhaj, Hassan Aourid et Ahmed Assid rappelleront les luttes qui ont conduit à une réappropriation identitaire qui structure le Maroc en devenir avec l’espoir que ces témoignages susciteront de larges débats culturels, économiques, institutionnels et géopolitiques sur l’ensemble de Tamazgha. Cette action se veut à la hauteur des enjeux qu’appelle la libération, la vraie, des peuples de la région qui doivent parler à leur conscience pour apprendre enfin à parler entre eux. 

Souvent seuls, pourchassés pendant de longues et douloureuses années, avec des moyens dérisoires, ces acteurs, parce que sûrs d’être dans le sens de la marche de l’Histoire, ont fait redécouvrir à leur peuple les dimensions qui le réconcilient avec son passé et l’installe dans une universalité où parce que l’on agit comme partenaire singulier, on devient membre à part entière de la communauté des hommes. 

Cette cérémonie est plus qu’une remontée dans le passé. C’est une pratique dynamique qui ancre le présent et l’avenir dans une histoire revisitée par une lucidité qui assume les mémoires sans céder aux sectarismes. 

Hier objet de toutes les suspicions, la dimension amazighe devient source d’une reconstruction transnationale qui dessine le socle sur lequel peut enfin s’ériger l’Afrique du nord libre, solidaire et démocratique.

Révélée au grand jour en avril 1980 en Kabylie, la problématique amazighe bourgeonne au Maroc, infuse en Libye et maintenant, de plus en plus, en Tunisie, induisant l’éclosion de la pensée moderne qui fait de l’altérité et de la tolérance les fondements de la construction de la cité du futur.  

Il reste à espérer que les actes de cette cérémonie soient rapidement publiés pour être mis à la disposition des chercheurs mais aussi du public afin de faire connaitre ces vies de volonté et de fidélité auxquelles nous devons tant et inspirer d’autres initiatives dans d’autres pays. 

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ALGÉRIE : LANCEMENT DE LA PLATE-FORME NUMÉRIQUE DU LEXIQUE JOURNALISTIQUE AMAZIGH

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Lors d’une réunion à laquelle ont été associés le directeur général de la Radio nationale, Mohamed Baghali, le directeur du Centre international de presse (CIP), Raouf Maamri, et le secrétaire général du Haut-commissariat à l’amazighité (HCA), Hachemi Assad, Mohamed Bouslimani, ministre de la Communication, a annoncé la mise à disposition des journalistes amazighophones d’une plate-forme numérique d’un lexique journalistique amazigh.

Cette plate-forme a déclaré le ministre “vise à contribuer à la promotion et à la diffusion du Tamazight en tant que langue nationale et officielle que l’État s’emploie à promouvoir et à développer dans toute sa diversité”, ajoutant que cet outil “incarne la politique de numérisation de l’administration et des institutions prônée par l’État”.

De son côté, le secrétaire général du HCA a expliqué que la plate-forme Taghamsa (presse) est la traduction « de la Convention-cadre signée entre le HCA et la Radio nationale en mai 2021, laquelle a mis en application la recommandation issue de la session de formation organisée en partenariat entre ces deux organes lors de la manifestation “L’Algérie dans le cœur” tenue à Boumerdes du 5 au 8 juillet 2021 ».

Hachemi Assad a également détaillé les objectifs de cette plate-forme qui vise à surmonter les difficultés conceptuelles auxquelles font face les journalistes dans leur travail sur le terrain et au niveau des salles de rédaction » en leur fournissant une matière médiatique précise et crédible qu’ils répercuteront auprès des auditeurs dans les différentes diversités linguistiques de l’amazigh.

Cette approche qui tend à privilégier l’investissement des particularismes des différents parlers amazighs est vivement contestée par les militants de la cause amazighe qui, eux, travaillent à l’homogénéisation de la langue en tablant sur le socle grammatical et syntaxique communs à l’ensemble des parlers.

Notons que, le ministre, actuellement en délicatesse avec le monde la presse, dont il condamne le peu d’empressement à s’impliquer dans la bataille de protection de la nation, a déclaré : “Tout un chacun doit assurer le meilleur usage de la langue et de la numérisation pour promouvoir l’image de l’Algérie et faire face à la guerre électronique dont elle est la cible, eu égard à ses triomphes aux plans intérieur et extérieur”.

Pour rappel le HCA, institution créée dans la suite de la grève du cartable qui s’était soldée par une année blanche en Kabylie en 1994 est à ce jour sans statut officiel dans la mesure ou son mandat périmé depuis plusieurs années n’a pas été renouvelé.

Signalons enfin que le gouvernement algérien adopte des positions équivoques sur ce dossier. En effet, le statut de langue nationale et officielle de l’amazigh n’empêche pas l’emprisonnement de citoyens arborant l’emblème amazigh par ailleurs exhibé sans risques à Tripoli, Tunis ou Rabat. Au mois d’août 2021, une note du ministère de l’éducation nationale avait annoncé « l’exclusion de la langue amazigh de l’emploi du temps alternatif de l’élève » pour la transformer en matière facultative. Après une semaine de mobilisation des enseignants et des militants de la cause amazighe, le ministère avait retiré ladite note.  

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KABYLIE : INTERDICTION D’UN SALON DU LIVRE

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Le salon du livre Tafaska n tɣuri (le festival de la lecture) organisé par l’association Soummam Eco-culture prévu pour les 28 et 29 décembre au lycée Toas Amrouche dans la ville de Sidi Aïch (Vallée de la Soummam, Kabylie) n’aura pas lieu. ll a été, de fait, interdit la veille de son inauguration. La direction de la culture de Béjaia dont dépend la bourgade de Sidi Aïch n’a fourni aucune raison officielle pour justifier le blocage de cette manifestation. Le salon était pourtant annoncé depuis un mois. La demande d’autorisation était déposée dans les délais et les autorités locales avaient donné leur accord. Pour sa part, l’administration régionale l’avait reçue depuis au moins 10 jours. La décision d’interdire l’activité n’est donc ni locale, ni régionale. 

Ce n’est pas la première fois que ce genre d’oukase frappe une manifestation culturelle en Kabylie où prospèrent les « cafés littéraires » depuis une dizaine d’années. Ces structures, en symbiose avec la proximité citoyenne existent aussi bien dans les villes que dans les petites communes. Elles sont adossées aux comités de villages ou de quartiers qui ont de tout temps échappé au contrôle officiel, y compris à l’époque du parti unique. Les cafés littéraires connaissent un franc succès populaire et des auteurs comme Amin Zaoui, Kamal Daoud, Yasmina Khadra ou Said Sadi y ont souvent animé des conférences avec des séances dédicaces. En 2015, ce dernier, invité par le café littéraire de Béjaia, a vu sa conférence également interdite quarante huit heures avant le jour de sa programmation. Il publie un communiqué dans lequel il invite les citoyens à ne pas céder devant l’abus, quitte à tenir la rencontre sur la place publique. Une fois sur place, la foule accompagnant l’auteur a obligé les camions des CNS qui obstruaient la place menant à l’entrée du théâtre régional de Béjaia à regagner leur caserne. 

Les autorités ont vu d’un mauvais œil le foisonnement de ces lieux de culture et de libre débat. Pour le journaliste Kader Sadji, lui-même très actif dans le café littéraire de Bejaia, qui a publié un message ce 28 décembre « Il y a quelque chose de machiavélique dans cette attitude…Le directeur (de la culture)…a laissé les organisateurs aller jusqu’au bout de leurs préparatifs…Cette façon d’agir a un but : briser le moral des organisateurs ». Selon lui, « le motif réel de l’interdiction n’est pas à rechercher dans les attitudes et déclarations officielles des responsables. Il y a volonté de couper le livre, la culture, la science de la société. Pire que cela, il faut proscrire le livre…de l’école, de tous les établissements scolaires. N’a-t-on pas déjà vidé les écoles de bibliothèques scolaires ? Ne les a-t-on pas déjà livrées au fanatisme religieux moyenâgeux ? »

Cette annulation a provoqué une vive indignation à Sidi Aïch. Le salon a été en effet dédié à Djoudi Attoumi, un écrivain originaire de cette zone qui a été emporté par la Covid le 2 septembre 2021 à l’âge de 83 ans. Ce maquisard, officier de la wilaya III historique (région de Kabylie), était lui-même un auteur prolifique de la période de la guerre de libération. Il était connu et apprécié pour sa rigueur morale et intellectuelle. L’interdiction a fait réagir Naima Attoumi, l’aînée des filles du défunt maquisard : « Je tiens d’abord au nom de ma famille, ma mère et mes sœurs, à remercier l’association pour cette initiative… Cette manifestation n’aurait pas déplu à notre père, auteur lui-même…Cette annulation est pour nous une interdiction qui ne dit pas son nom. »

L’association Soummam Eco-culture compte reprogrammmer son activité dans un autre site mais cette interdiction vient rappeler que la Kabylie est de nouveau dans l’œil du cyclone. Sous Bouteflika, les réseaux de la police politique, un instant perturbés par la révolution de février 2019, qui fut déclenchée dans cette région, avaient mobilisé des moyens considérables pour parasiter ou noyauter un tissu associatif kabyle particulièrement dense et vigoureux. Avec les vagues d’arrestations qui n’épargnent ni les militants ni les simples citoyens, les services spéciaux reprennent leur mission d’infiltration-répression dans une région que le pouvoir central veut domestiquer car considérée comme la source des mouvements de contestation qui secouent régulièrement le pays.     

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Culture

MYASSA MESSAOUDI, ÉCRIVAINE ET MILITANTE FÉMINISTE

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L’écrivaine et militante féministe a publié “C’est mon choix !” disent les femmes soumises… Elle revient ici sur la relation littérature-politique, les idées qui portent son roman et ses projets.

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ÉDITION EN AFRIQUE DU NORD : BLOCAGES ET MUTATIONS

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La situation du livre en Afrique du Nord est paradoxale. Malgré une arabisation menée au pas de charge, le livre francophone reste dominant dans les étals. Et c’est en Algérie où la politique d’arabisation est menée avec une grande pression idéologique que le gap entre livre francophone et arabophone est le plus important. Pourtant le marché de l’édition connaît dans les trois pays une crise aigue qui s’accompagne de mutations qui en disent long sur les enjeux politiques qui se jouent dans la région. 

En Tunisie, le prix du livre reste élevé, les subventions sont généralement dérisoires et beaucoup de celles qui sont annoncées sont rarement honorées. Le prix moyen d’un livre approche les 120 dinars, ce qui le rend inaccessible à la majorité des jeunes issus des classes populaires. La promotion du livre qui était une réalité pendant le règne de Bourguiba et même les premières années de Ben Ali a progressivement périclité pour devenir plus symbolique qu’effective. Le rôle de l’institut français de Tunisie est important mais il est loin de suppléer à la défaillance des pouvoirs publics en la matière. Sur les 270 maisons d’éditions recensées seules une petite quarantaine sont actives. 

La faiblesse de l’édition est cependant compensée par le livre en ligne et le recours à l’autoédition qui se substitue de plus en plus à l’édition à compte d’auteur. Dans des villes comme Tunis, Sfax, Sousse ou Kairouan, un auteur pugnace peut trouver des réseaux d’amateurs qui dirigent et conseillent de jeunes talents. 

Dans ce pays, les évolutions politiques récentes peuvent être des contraintes supplémentaires pour la circulation de l’écrit en français. Le salon du livre de Tunis est un événement populaire. Il a été reporté en 2020 pour cause de pandémie. Cependant, cette année, les milieux culturels tunisois n’hésitent pas à mettre les tergiversations qui ont précédé sa tenue sur le compte de l’allergie qu’éprouve le président tunisien pour la langue française. En effet, Kaïs Saïed qui parle couramment français signifie cette répulsion en recourant à un arabe quasiment ésotérique.

En Algérie, le salon international du livre est une manifestation dont l’intérêt culturel et économique ne se dément jamais. Des maisons d’éditions comme Casbah, Chihab, Frantz Fanon ou Barzach parviennent à maintenir un rythme de publications régulier et souvent de bonne facture. Leurs réseaux de distribution sont généralement fiables et la presse écrite donne des pages critiques qui attestent d’un lectorat fidèle et averti. Il demeure que le livre est également hors des bourses des classes populaire. Un livre de 300 pages coute environ 1200 dinars algériens. Ces dernières années les autorités qui voient mal la permanence d’une production littéraire libre et critique jouent sur le verrou logistique. L’importation de papier est sujette à quotas et les imprimeurs doivent jongler pour satisfaire les quantités demandées par les maisons d’édition. De plus et contrairement à ce qui fut longtemps le cas, le prix du papier a considérablement augmenté ; sans compter les ruptures de stock qui peuvent perturber les programmations des éditeurs, provoquant des retards de publication et des découragements dans les rangs des jeunes auteurs.  En Algérie plus qu’en Tunisie, la littérature francophone est largement plus demandée que l’écrit arabophone. L’écrivain Amin Zaoui a, entre autres, réussi sa reconversion en français parce que le marché est bien plus porteur. L’homme dont la plume audacieuse fait grincer les dents conservatrices n’aurait probablement pas rencontré le succès qu’il connait s’il avait limité sa production à la seule écriture en arabe.  

La situation au Maroc est différente. Les maisons d’éditions sont généralement des branches annexes d’entreprises d’impression, de distribution ou de transport. La durée de scolarisation étant moins poussée que chez ses deux voisins de l’est fait que la lecture y est moins massive. En 1998 seule la moitié des livres étaient édités par des maisons d’édition. Le reste était le fait de particuliers. Néanmoins, les dix années de gouvernement islamiste ont considérablement affecté l’édition française. 

Des observateurs estiment cependant que dans les prochaines décennies, la réintroduction massive de l’enseignement du français dans le système éducatif fera du Maroc le premier pays francophone de l’Afrique du Nord. Là encore on enregistre une nette progression de l’autoédition ces dernière années. 

En Afrique du Nord, les prix littéraires ne connaissent pas de grande notoriété. Quand elles existent, ces distinctions sont souvent des initiatives d’autorités locales ou d’associations de la société civile. 

Comme pour ce qui est déploré pour la question des organisations des droits humains (voir article Droits humain en Afrique du Nord) on relève qu’aucun salon du livre nord- africain n’a été organisé. C’est toujours à Paris qu’a lieu le salon annuel du livre de la région MENA.          

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