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MISSILES RUSSES SUR KIEV RECEVANT GUTERRES

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Dans la soirée de ce jeudi, Kiev qui n’avait pas été bombardée depuis la mi-avril était touchée par un missile (le second a été détruit par la défense anti-aérienne ukrainienne) qui a démoli un bâtiment résidentiel faisant selon un premier bilan six blessés. Le jour même le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, en visite à Moscou la veille, était reçu par le président ukrainien Zelinski. 

Auparavant, le responsable onusien avait visité le charnier de Boutcha sur lequel enquêtent, parmi d’autres abus, des ONG et la cour pénale internationale.

Outre le défi adressé à l’ONU, l’attaque du Kremlin de ce soir qui évoque de plus en plus le risque d’un recours aux armes non conventionnelles (chimiques voire atomiques) fait écho au discours du président Biden qui avait annoncé dans la journée une rallonge de 30 milliards de dollars d’aide à l’Ukraine, dont 20 milliards de fournitures militaires.

Le missile de ce jeudi risque de plonger dans l’embarras les soutiens de Moscou qui refusaient de condamner l’invasion russe mais en appelaient à une solution pacifique dans le cadre du droit international. Or, c’est le temple de la communauté internationale qui vient d’être symboliquement visée ce jeudi.

Depuis une semaine, les plateaux des télévisions russes s’emploient à conditionner leur opinion à une troisième guerre mondiale devenue inévitable à cause, disent-ils, de la déchéance du monde occidental. Rhétorique d’un pouvoir mis en difficulté sur le terrain militaire et contraint de requinquer son image en interne, allèguent certains analystes occidentaux ; préparation à l’irréparable par un homme condamné à la fuite en avant qui mène irrémédiablement à l’irréparable, assurent d’autres. 

Parallèlement à cette propagande, une opération de sabotage ciblant des pylônes radios en Transnistrie, petite enclave russophone de la Moldavie, a été exécutée avant hier. Des observateurs ont cru y voir une possible manœuvre de Moscou destinée à justifier une intervention russe dans ce pays ; une espèce de remake de ce qui a conduit l’intervention de Moscou au Dombass.   

Sur un autre plan, le Conseil de sécurité est bloqué par le véto russe, la Chine hésitant à suivre un allié dont elle redoute à terme autant la concurrence que l’esprit d’aventure.  

À l’heure où nous mettons en ligne Antonio Guterres est mis en sécurité mais son entourage le dit « choqué ». Homme de communication, le président Zelinski a aussitôt dénoncé la frappe russe comme une humiliation de l’ONU.     

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L’ISLAMISME DÉCHIRE DE NOUVEAU OTTAWA ET LE QUEBEC

« L’islamophobie », arme privilégiée contre la laïcité

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L’ISLAMISME DÉCHIRE DE NOUVEAU OTTAWA ET LE QUEBEC

Tout est parti de la nomination de Madame Amira Elghawaby à une fonction politique au
sein de gouvernement de Trudeau. Cette femme, militante communautariste assumée,
vient d’être désignée comme représentante spéciale du Canada dans la lutte contre
l’islamophobie pour un mandat de quatre ans. Une nomination qui a suscité des remous
dans la majorité de la classe politique québécoise et particulièrement les défenseurs de la
laïcité.

Une figure controversée

C’est que la dame n’est pas une inconnue. Ses propos tenus en 2019 soulevèrent une vague
d’indignation quand elle affirma qu’ « une majorité des Québécois » étaient influencée « par
un sentiment antimusulman
».
La réaction à cette promotion fut quasi-immédiate. Une pétition (1) de 200 personnes, rassemblant diverses confessions et opinions, est envoyée au premier ministre Justin Trudeau pour exiger le départ de Madame Amira Elghawabi et l’abolition de ce poste. Initiée par Madame Nadia El-Mabrouk, la cheffe de file du Rassemblement pour la laïcité et d’autres personnalités connues pour leur engagement à défendre les valeurs de la société québécoise, les signataires affirment : « Après avoir manifesté autant de préjugés à l’égard des Québécois, Mme Elghawaby n’a tout simplement pas l’autorité morale pour occuper un tel poste. S’il s’agit de bâtir des ponts et de poursuivre un dialogue constructif, encore faut-il pouvoir inspirer confiance. Or, ses excuses tardives et sous haute pression politique semblent plus contraintes que spontanées. »
En effet, les postures, sinon radicales du moins caricaturales, de madame El Ghawabi quant à la prégnance du culte dans la définition de la citoyenneté irritent les Québécois de toutes
origines, dans la mesure où, en plus de leur impertinence sociétale, elles sont récupérées par
le parti libéral, qui détient le pouvoir fédéral, et dont les discours contribuent à alimenter la
haine entre citoyens. Justin Trudeau s’est personnellement impliqué dans la vigoureuse campagne menée contre la Loi sur la laïcité de l’État (loi 21) que le gouvernement
provincial a adopté le 16 avril 2019 suite au vote du parlement du Québec. Lors de son passage à Montréal en décembre 2021, le premier ministre est encore revenu contre cette loi en invitant les Québécois à la rejeter tout en se disant disponible à fournir une assistance fédérale pour sa contestation judiciaire devant les tribunaux.
Une divergence qui vient raviver les traditionnels antagonismes opposant les anglophones et les francophones au Canada.
Du reste, les propos tenus par Amira Elghawaby furent essentiellement rapportés par le
journal The Gazette connu pour son hostilité déclarée au nationalisme québécois et qui a
donné une interprétation ambiguë du sondage concernant de cette loi. Ecrit par le
journaliste Jason Magder et publié le 18 mai 2019, le média anglophone titrait : « A new poll shows support for Bill 21 is built on anti-Islam sentiment » (un nouveau sondage montre que l’appui au projet de loi 21 repose sur un sentiment antimusulman).

L’islamophobie : un concept piégeur

Au Québec, la désignation de Madame El Ghawaby est vécue comme une provocation
portant atteinte à la séparation de l’Eglise et de l‘Etat chère aux populations francophones et
une prime donnée au communautarisme britannique. Pour les signataires, le mise en avant
de l’islamophobie est une opportunité offerte aux adeptes du fondamentalisme dont
l’objectif avoué est de promouvoir une idéologie politique en Occident. Ils avertissent :
« C’est le concept que tentent de faire accepter les régimes et les activistes islamistes les
plus fondamentalistes à travers le monde pour faire passer toute « offense » à la religion
musulmane pour un crime.
» Ils ajoutent que : « C’est ce qui a valu à l’écrivain Salman Rushdie la fatwa émise par le régime iranien qui ordonne à tout musulman, où qu’il soit, de le tuer, et qui a, hélas, fini par être mise à exécution. C’est ce qui a valu également aux dessinateurs de Charlie Hebdo d’avoir été assassinés. Mme Elghawaby a elle-même signé en 2020 une chronique où elle assimilait au racisme les caricatures publiées par Charlie Hebdo. Est-ce que le Canada veut promouvoir une femme et un poste qui confondent de cette façon liberté d’expression légitime et propos racistes ? ».

Pour ses auteurs, la pétition vise un double objectif : d’une part sensibiliser les citoyens et
les dirigeants sur le danger que représente la stratégie des activistes islamistes qui surfent
adroitement sur une victimisation culpabilisant « l’homme blanc » et, de l’autre, dénoncer
l’irresponsabilité de formations politiques qui jouent d’un dossier aussi inflammable pour
espérer glaner quelques voix dans des élections. C’est le cas de Québec solidaire, un parti de
gauche qui peine à s’extraire d’un populisme qui ne lui a pourtant pas beaucoup réussi
électoralement et qui refuse de se prononcer en faveur d’une motion adoptée par les élus
québécois exigeant de mettre fin au mandat d’Amira Elghawaby. Une nomination qui, plus
que les différences linguistiques qui ont opposé les communautés francophones et
anglophones, risque de relancer de façon décisive la dynamique souverainiste. « Cette
nomination pose la question vitale de notre vivre ensemble
» tranche un enseignant
universitaire membre d’un collectif qui envisage de lancer une journée de réflexion sur la
nomination de madame El Ghawaby et la pertinence de créer un poste chargé de lutter contre
l’islamophobie, un terme qu’il dit « malsain et piégeur. »

Messaoudene Mahfoudh, Signataire de la pétition

Montréal, Québec


https://laicitequebec.org/Documents/Liste_signataires-
Lettre_ouverte_%c3%a0_Justin_Trudeau.pdf

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Manifestation contre la réforme des retraites aujourd’hui à Paris. La CGT veut radicaliser le conflit.

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L’IMAM HASSAN IQUOUISSEN EXPULSÉ DE BELGIQUE.

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Âgé de 58 ans et né dans le Valenciennois ( Nord de la France) qu’il n’a jamais quitté, l’imam Hassen Iquouissen, de nationalité marocaine est fiché S .Il vient d’être expulsé de Belgique ou il s’était réfugié après avoir fait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF). Iquouissen qui avait été condamné par la justice française pour incitation à la haine a pris la fuite en direction de la Belgique toute proche où il avait entamé une série de recours pour empêcher l’exécution de son extradition vers le Maroc qui avait, dans un premier temps, refusé de l’accueillir. Ce samedi, les autorités belges ont décidé de mettre un terme à un feuilleton politico-juridique qui dure depuis 6 mois. “Nous ne pouvons pas laisser courir sur notre territoire un imam radicalisé” déclare la justice belge qui annonce que le Maroc a délivré le laissez-passer consulaire nécessaire à l’expulsion du condamné marocain vers son pays d’origine. De son côté, le ministère de l’Intérieur Français s’est félicité “d’une victoire contre le séparatisme”.

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IRAN : LES AUTORITÉS ANNONCENT LA SUPPRESSION DE LA POLICE DES MŒURS

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Les manifestations qui secouent l’Iran depuis trois mois suite au décès de la jeune Mahsa Amini, 22 ans, à la mi-septembre interpellée pour le port de vêtements inappropriés semblent faire vaciller le pouvoir en place rapporte RFI.

En effet, le procureur général du pays, Mohammad Jafar Montazari déclare ce dimanche que “Ceux-là mêmes qui ont créé la police des mœurs l’ont démantelée”.

Alors que des appels à de nouvelles manifestations, parfois à caractère violent, sont lancés sur les réseaux sociaux, les autorités privilégient un retour au calme par ces annonces.

Même si dans ce cadre le parlement iranien déclare, par la voix de son président Ebrahim Raïssi, plancher sur des mesures d’assouplissement des lois en vigueur, il est difficile de prédire des avancées majeures pour les droits des femmes dans le pays des Mollahs.

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L’EUROPE BASCULE À DROITE : QUEL IMPACT SUR L’ADN ?

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Giorgia Meloni est une femme de 45 ans aujourd’hui aux portes du pouvoir. Elle se définit comme une mère de famille, une chrétienne et une nationaliste italienne. Elle fut dans sa jeunesse une adepte de Mussolini avant de s’en démarquer plus tard. L’accusation de femme nostalgique du fascisme qu’agitent ses adversaires ne semble pas avoir atteint cette militante déterminée mais qui sait se pondérer sans pour autant renoncer à ses convictions conservatrices. Sur la question ukrainienne, par exemple, Meloni qui se tient aux côtés de Kiev se distingue des ambiguïtés pro-poutiniennes qui caractérisent les autres courants de la droite radicale européenne.

La jeune dirigeante a fait le choix de rester résolument dans l’opposition depuis 2018 pour construire son parti, Fratelli d’Italia, qui est passé en quatre ans de 4,3% des intentions de vote à un score oscillant entre 22 et 26 % selon les premiers sondages sortis des urnes, pour devenir, après les élections de ce dimanche 25 septembre, la première formation italienne. 

Le centre gauche, rassemblé derrière le parti démocrate obtiendrait 25,5 à 29,5 % des voix, alors que le mouvement populiste 5 étoiles doit se contenter d’un score allant de 13,5 à 17,5%. 

Bascule historique

La forte abstention annoncée n’a pas eu lieu et, sauf rebondissement peu probable de dernière minute, Meloni dirigera le prochain gouvernement italien. Pugnace et travailleuse, la jeune femme a réussi à sensibiliser les couches populaires sans s’aliéner les classes moyennes. Ces derniers mois, elle s’est employée à lisser son euroscepticisme qui hérissa les milieux d’affaires qu’elle n’a eu de cesse de rassurer. Vis-à-vis de l’UE, les observateurs attendent avec une certaine gourmandise le match qui se jouera entre Ursula Vander Leyen et Giorgia Meloni, deux femmes aux caractères bien trempés.

Après la Suède, désormais dirigée par un gouvernement d’extrême droite, c’est l’Italie qui prend un virage à droite avec le trio Meloni, Salvini et l’inoxydable Silvio Berlusconi.

Pologne, Hongrie, Suède et maintenant Italie, l’Europe assume son tropisme droitier, la gauche essoufflée n’ayant pas pu ou voulu voir les conséquences d’une problématique migratoire qui hante des franges importantes des populations, lesquelles voient leur mode de vie perturbé par l’insécurité et même, pensent certains, menacé dans ses fondements civilisationnels. 

En Espagne, les prochaines législatives prévues en décembre 2023 peuvent être remportées par une coalition droite-extrême droite.

Reste la France. Le Rassemblement national, déjà requinqué par son succès aux législatives, peut surfer sur la victoire du voisin transalpin. Combien de temps tiendra le tout sauf Le Pen ?

L’Afrique du nord amorphe

La vie des populations émigrées, les flux migratoires, les relations commerciales et diplomatiques, et, plus généralement, les positionnements géostratégiques connaitront des bouleversements auxquels les partenaires de l’Europe doivent se préparer.   

Assez curieusement, le mouvement tectonique en cours ne suscite pas de débat particulier en Afrique du nord, zone de proximité européenne qui ne manquera pas d’enregistrer les impacts des décisions qu’auraient à prendre des gouvernements ultra-nationalistes.   

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GAZA : MARTYRE D’UN PEUPLE ET MATCH DES EXTRÊMES

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Pourquoi la récurrence des attaques contre la bande de Gaza ? Quels en sont les véritables enjeux et quelles évolutions ou issues peut-on raisonnablement leur prévoir ?

Une fois de plus, des bombardements contre la bande de Gaza viennent de faire au moins 44 morts dont 15 enfants et 253 blessés, selon un bilan provisoire du HAMAS. 

Le phénomène est un classique. Quelques roquettes plus ou moins artisanales tirées de Gaza vers Israël où elles provoquent un nombre de victimes israéliennes souvent minime sont suivies d’un tapis de bombes de Tsahal qui se solde systématiquement par une hécatombe du côté palestinien avec des destructions d’infrastructures importantes dans un territoire déjà sous-équipé. Une question légitime peut se poser : pourquoi ce conflit commence-t-il toujours à partir de Gaza tenue par les Frères musulmans et non de Cisjordanie, gérée par l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas ?

Raisons anciennes

Cette guerre disproportionnée était jusque-là, en partie au moins, indirectement déterminée par la volonté du conglomérat des faucons israéliens qui entendent ne rien céder sur tout ce qui peut permettre l’accomplissement du Grand Israël. Pour cette frange mystico-politique, aucune concession ne doit être envisagée sur les colonies, les réfugiés, la question de l’eau… Même non majoritaire, ce courant mobilise assez de monde pour constituer une minorité de blocage à la Knesset qui pèse sur la constitution du gouvernement dont elle parvient souvent à entrainer la chute. Il est loisible de relever que cette secte, très organisée et réactive, se manifeste dès qu’est évoquée une hypothèse de relance d’un processus de paix. 

Face à cette doctrine de fer, le HAMAS n’hésite pas, de son côté, à se livrer à la provocation sachant que les réactions de l’armée israélienne seront systématiquement meurtrières. Après avoir renoncé aux attentats kamikazes, son leader Ismaël Haniyeh lance des attaques aux roquettes. La stratégie a moins pour objectif de peser militairement sur le cours des choses que de maintenir une pression sécuritaire sur les populations israéliennes ; peurs dont se saisissent aussitôt les orthodoxes pour crier au laxisme voire à l’abandon du peuple élu. Pour Hamas, les objectifs sont multiples mais complémentaires. Il s’agit en effet d’entretenir un statut victimaire devant l’opinion internationale, d’enraciner la culture de la radicalité dans la population, notamment les jeunes auxquels aucune perspective n’est ouverte, de faire diversion sur une gestion calamiteuse et, surtout, de mettre sur la défensive une Autorité palestinienne, déjà affaiblie par sa sénescence politique, et qui n’a d’autres choix que de s’aligner sur les positions de HAMAS. 

Depuis maintenant deux ans, ces deux antagonistes qui se nourrissent mutuellement voient leurs surenchères menacées par des évolutions géopolitiques sur lesquelles ils n’ont que peu d’emprise.  

Nouvelles donnes  

La normalisation des relations de certains pays du Golfe avec Israël qui vient s’ajouter à celle, déjà ancienne, nouée par l’Égypte est appréhendée par les extrémismes israéliens et palestiniens comme un péril pouvant mettre fin à des situations de rente politique qui les plaçaient vis-à-vis de leur collectivité, en tant que gardiens de l’orthodoxie judaïque pour l’un et dépositaire de la pureté islamique pour l’autre. Le Qatar, l’un des financiers privilégiés de HAMAS, pousse son protégé à la réconciliation avec Mahmoud Abbas. Des pays comme l’Algérie qui jouent de la cause palestinienne pour des raisons de politique intérieure s’associent à cette démarche, espérant faire avorter la dynamique des accords d’Abraham qui semble attirer de plus en plus l’attention de l’Arabie Saoudite où le controversé prince fait prendre à son pays un virage marqué par un libéralisme sociétal sur fond de répression primaire dont personne n’arrive à anticiper les finalités locales et régionales.

Or, si la reconfiguration qui s’esquisse au Moyen Orient venait à se confirmer, s’élargir et se stabiliser, HAMAS et les faucons israéliens savent que la politique de provocation-répression ne sera plus de mise. 

De stratégie qui conditionnait la survie de deux sectes et dont elles maitrisaient les scénarii avec leurs débuts et fins de clap, les épreuves meurtrières qui accablent les populations gazaouies seront désormais plus tributaires de considérations diplomatiques et géostratégiques sur lesquelles les orthodoxes israéliens et les frères musulmans palestiniens n’auront que peu d’influence. 

Naturellement, le déséquilibre des forces, l’historique des deux branches et leurs espaces institutionnels différents n’autorisent pas les symétries faciles renvoyant dos à dos les deux entités. Mais il est indéniable que les radicalismes de ces deux extrémismes religieux piègent les sources de la modération chez les deux peuples ; prenant en otage la paix.  

Force est de constater cependant que si l’on observe des avis critiques du côté juif quant à la nature archaïque et manifestement coloniale des visions de certains de leurs coreligionnaires, les analyses des intellectuels arabes ou musulmans sont souvent des postures sans nuances qui dupliquent les déclarations du défunt front du refus des années 70.       

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LÉGISLATIVES EN FRANCE : MACRON EN DIFFICULTÉ

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La coalition présidentielle composée de la REM de Macron, de Horizons d’Edouard Philippe et du Modem de François Bayrou a perdu sa majorité. Le front national a effectué une percée remarquable avec un groupe parlementaire avoisinant les 90 députés malgré un mode de scrutin ignorant la proportionnelle. Deux enseignements se dégagent de cette surprise : le sacro-saint front républicain a vécu et Marine Le Pen a brisé le plafond de verre qui interdisait au parti nationaliste de prétendre à une représentation parlementaire significative. 

De son côté la NUPE rassemblant les partis de gauche menée par Jean Luc Mélanchon enregistre un score honorable mais n’atteint pas l’objectif qu’il s’était fixé : atteindre la majorité qui lui aurait permis d’être nommé premier ministre. 

L’abstention qui approche les 54% a probablement sanctionné la NUPE dans la mesure où les jeunes et les quartiers défavorisés ont boudé les urnes malgré le radicalisme et même les inclinations communautaires auxquelles a sacrifié la France Insoumise. L’autre problème que devra affronter la NUPE est de garder sa cohésion après le vote. Les fissures difficilement colmatées pendant la campagne risquent de réapparaître dès demain. 

Un autre parti qui a des soucis à se faire, est le parti gaulliste Les Républicains. Des responsables comme François Coppé appellent dès ce soir à constituer une coalition avec le groupe ensemble d’Emmanuel Macron alors que le premier responsable de ce parti, Christian Jacob assure que LR restera dans l’opposition.  

La magie macronienne n’opère plus. Des compagnons de la première heure du chef de l’État comme Richard Ferrand, président de l’assemblée nationale ou Christophe Castaner, ancien ministre de l’Intérieur ont été battus.

Le président Macron devra revoir son projet de réformes faute de pouvoir constituer une majorité. Des observateurs évoquent déjà une possible dissolution. Reste à savoir si le rejet dont il est l’objet lui donnera de meilleurs résultats que ceux qu’il a obtenu ce soir. 

La France risque-t-elle un blocage ? La situation le suggère. 

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LE MALI QUITTE LE G5 SAHEL 

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Bamako n’a manifestement pas peur de jouer l’isolement. Dimanche soir, la junte militaire vient de faire connaitre sa décision de quitter tous les organes et instances du G5 Sahel, « y compris la force conjointe », cette dernière structure étant essentiellement dédiée à la lutte anti-djihadiste. Le G5 regroupe la Mauritanie, le Mali, le Niger, le Tchad et le Burkina Faso. Les autorités maliennes justifient leur sortie par le refus de leur accorder la présidence de cette organisation eu égard à la situation interne que connait ce pays.  

En effet, une conférence des chefs d’Etat prévue pour février 2022 au cours de laquelle devait s’opérer le transfert de la présidence du G5 Sahel au Mali ne s’est toujours pas tenue «  près d’un trimestre après le terme indiqué », déplore Bamako qui « rejette fermement l’argument d’un Etat membre du G5 Sahel qui avance la situation politique interne nationale pour s’opposer à l’exercice par le Mali de la présidence du G5 Sahel », sans toutefois citer le pays qui serait à l’origine de ce blocage. La déclaration de la junte laisse entendre que l’auteur de cette entrave serait en fait un pouvoir sous influence d’un « Etat extra-régional » qui lui aussi n’est pas explicitement cité mais dont on peut supposer qu’il s’agit de la France.  

Depuis l’arrivée des militaires au pouvoir en mai 2021, Bamako pense sa stratégie et sa diplomatie autour deux axes dont le colonel Chguel Kollala Maïga, formé en Russie, s’est fait le chantre : le rejet de la présence française sur le sol malien et le rapprochement avec Moscou. 

Cette allergie commence d’ailleurs à gagner des pays limitrophes. On a vu des drapeaux russes exhibés par des manifestants à Ouagadougou lors du putsch commis le 24 janvier 2022. 

Depuis quelques semaines, des réactions analogues se font jour au Tchad. Signe d’une extension à diffusion connectée, ce dimanche, une dizaine d’émigrés tchadiens ont organisé une prise de parole Place de la République à Paris pour exiger le départ des troupes françaises stationnées à Ndjamena.  

Pour l’instant, trois pays africains assument leur satellisation par la Russie : le Mali, la Centrafrique et l’Érythrée.   

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LE 8 MAI ET NOUS : CONFLITS D’HIER ET DÉFIS D’AUJOURD’HUI

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Source de toutes les légitimités pour le Kremlin et journée de l’Europe pour Bruxelles, le 8 mai rouvre les plaies du passé et annonce des débats vifs et complexes sur le devenir du Vieux continent. 

Mise à part la rhétorique sur le nazisme confondu avec tout ce qui conteste ou refuse l’autocratie russe, Poutine a été moins martial que l’avaient prévu nombre d’observateurs. « Je vous félicite à l’occasion de la grande victoire » a-t-il déclaré à l’adresse de ses troupes, ajoutant, toujours en référence à la deuxième guerre mondiale, « Aujourd’hui vous combattez dans le Dombas pour la sécurité de notre patrie ». La déclaration de guerre impliquant la mobilisation des réservistes n’a pas eu lieu et l’annulation du défilé aérien dont le clou devait être le vol de l’Iliouchine 80 surnommé l’avion de l’apocalypse, justifiée par le porte-parole du Kremlin D. Restov par les conditions météorologiques, peut être interprétée comme un message d’accalmie voire de retrait que d’aucuns se sont empressés de lier à d’hypothétiques dissensions qui secoueraient le pouvoir russe.

De son côté, le président ukrainien Zelinsky a réagi par une dénonciation du hold-up mémoriel russe en contestant à Poutine le droit de « s’approprier l’Histoire », les Ukrainiens, rappelle-t-on à Kiev, ayant participé massivement à la défaite du nazisme. 

Pour sa part, l’Europe occidentale avance en gérant le double problème de ses différences d’approche sur l’Ukraine et l’avenir du continent ainsi que celui du leadership américain, Washington assurant vouloir en finir avec la puissance russe pour dissuader Moscou de lancer d’autres agressions. 

Quelques heures après le discours de Poutine sur la Place rouge, Charles Michel, président du Conseil européen, en visite à Odessa avait dû être mis à l’abri à la suite d’une frappe russe ciblant la ville.  Dans la foulée, Emmanuel Macron, président en exercice de l’UE, intervenant devant le parlement européen de Strasbourg, enjambe la guerre en Ukraine pour remettre au centre des enjeux la proposition de Confédération européenne formulée par Mitterrand ou le concept de Maison commune de Gorbatchev. Projet qui reporte implicitement les demandes d’adhésion à l’UE de l’Ukraine, de la Géorgie et de la Moldavie.  

La mise en perspective macronienne de l’Europe est aussi une réponse implicite aux USA qui veulent assigner d’autres objectifs à la fin du conflit que la libération de l’Ukraine. Washington veut en effet se saisir de l’invasion de l’Ukraine pour délivrer un message à Pékin sur l’épineux dossier de Taïwan. Tout en revendiquant la nécessité de sanctionner les crimes commis en Ukraine, le président français avertit contre les tentations d’humiliation et le sentiment de revanche.

On le constate chaque jour, le conflit déclenché par la Russie, pour l’instant circonscrit à un pays, voit déjà ses répliques doctrinales, géopolitiques et économiques dessiner un nouveau monde. Pour leur part, les dirigeants nord-africains ne semblent pas particulièrement concernés par ce mouvement planétaire.  Exemple illustrant cet isolement, l’Algérie qui commémore le massacre de mai 1945, s’en est tenue, cette année encore à une célébration domestique qui décontextualise l’évènement d’un climat post-guerre mondiale qui promettait la liberté de tous les peuples. Pour l’instant, la reconfiguration qui se profile n’a pas fait l’objet d’une quelconque prise de parole officielle nationale ou régionale.   

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DIVORCE BAMAKO – PARIS : LA BOITE DE PANDORE

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La junte malienne a dénoncé lundi les accords de défense liant le Mali à la France. Un pas de plus vient d’être franchi par des autorités militaires dont le changement de cap stratégique se confirmait semaines après semaines.

Le communiqué lu à la télévision nationale donne trois causes de cette décision.  “L’attitude unilatérale du partenaire français qui a décidé les 3 et 7 juin 2021, sans consulter le Mali, de suspendre les opérations conjointes avec les forces armées maliennes et de mettre fin à l’opération Barkhane, les multiples violations de l’espace aérien malien par des compagnies militaires françaises ». Enfin, Bamako dénonce une « manœuvre dilatoire » de la France qui a demandé « une réunion d’experts pour la relecture du traité de défense au lieu d’envoyer ses amendements, tout cela plus de deux mois après que le Mali ait envoyé ses amendements en décembre 2021 ».

Ces arguments ont certainement leur poids mais la volonté de rompre avec la coopération française doit être recherché auprès de l’homme fort du régime malien, le colonel Abdoulaye Maïga, formé en Russie, qui déclare que “Depuis quelque temps, le gouvernement de la République du Mali constate avec regret une profonde détérioration de la coopération militaire avec la France”.

Cette dégradation est simultanée d’un rapprochement désormais assumé avec Moscou. Longtemps niée puis déclarée comme instance de soutien technique, le groupe Wagner, déjà déployé en Centre Afrique est désormais en phase opérationnelle. 

Paris qui estime que cette décision est « injustifiée », assure que son désengagement du Mali se fera selon le programme convenu, c’est-à-dire qu’il s’échelonnera sur six mois. Six mois pendant lesquels beaucoup de choses peuvent se passer dans les cercles militaires maliens et…en Russie.

La France qui se replie sur le Niger et la Mauritanie pour sécuriser le bouclier destiné à amortir les incursions djihadistes vers l’Afrique de l’ouest considère le Mali comme un espace à sacrifier autant pour des raisons militaires que géopolitiques. Le Mali est l’un des pays africains où les institutions étatiques ne parviennent pas à se mettre en place et le tropisme russe de Bamako a précipité la décision française d’en finir avec une opération militaire déclenchée depuis 2013. Depuis quatre ans ; des parlementaires pressaient l’exécutif de quitter ce pays avant qu’il ne se transforme en Afghanistan pour Paris.

La crise franco-malienne est bien plus qu’un différend opposant deux pays. C’est le foyer paroxystique autour duquel va se cristalliser la frontière qui séparera les États après le bouleversement révélé par l’invasion de l’Ukraine. Quelle autre nation pourrait et voudrait s’agréger à l’attelage Mali-Centrafrique ?

À court terme Bamako, isolé par la CEDEAO, peut compter sur le voisin algérien et l’appui russe. Autant dire que les marges de manœuvre de la junte sont conditionnées par des considérations qui la dépassent. 

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