dimanche, décembre 3, 2023
Politique

ALGÉRIE. TEBBOUNE PRÊT À AIDER À LA DÉMOCRATISATION DE LA TUNISIE

En visite d’État en Italie, le chef de l’État algérien s’est exprimé ce jeudi lors d’un point de presse après le tête-à-tête qu’il a eu avec son homologue italien Sergio Matarella. Dans sa déclaration concernant les relations bilatérales, Abdelmadjid Tebboune s’est dit convaincu que cette visite « revêt une importance particulière dans le raffermissement des liens d’amitié et le renforcement des relations bilatérales dans de nombreux domaines, notamment au volet économique dans le cadre d’une vision nouvelle des deux présidents visant à insuffler une nouvelle dynamique au dialogue et à la coopération stratégique entre les deux pays voisins et amis ». Depuis qu’a éclatée la crise avec l’Espagne suite à l’alignement de Madrid sur la position marocaine à propos du Sahara occidental, Alger travaille à privilégier sa relation avec l’Italie, qui demeure, pour l’essentiel, dominée par le commerce du gaz.

Ce qui a retenu l’attention des observateurs dans cette l’intervention, notamment les tunisiens, c’est la disponibilité affichée par Tebboune à aider la Tunisie à retrouver le chemin de la démocratie. Le site business-news ouvre son portail par les propos du dirigeant algérien : « Nous sommes prêts à aider la Tunisie pour sortir de la situation difficile dans laquelle elle a sombré et à retourner à la voie démocratique, tout autant que la Libye voisine ». Son ami Kaïs Saïed à qui il a jusque-là tressé des lauriers appréciera. Notons que l’agence de presse officielle algérienne a édulcoré ce passage, l’APS se contentant d’écrire : « nous partageons les problèmes de la Tunisie et nous sommes prêts à l’aider à trouver une solution », relève un tantinet ironique le média tunisien qui souligne le tacle de l’Algérien. 

Dans la journée, les internautes ont glosé sur l’assistance démocratique « d’un homme élu avec 7% de taux de participation ». Mahieddine s’étonne que « Tebboune n’ait pas conseillé son ami Kaïs Saïed lors de la visite en grande pompe qu’il a effectuée à Tunis en décembre 2021 » alors que Abder Juba rappelle que « Plus de trois cents détenus d’opinion croupissent dans les prisons algériennes ». 

À ce propos et selon des indiscrétions concordantes, ces internements ne font plus l’unanimité dans le sérail algérien où des voix s’élèvent pour préconiser un peu d’aération sur une scène politique nationale muselée. D’où les appels au dialogue auxquels n’ont répondu, pour l’instant, que les partenaires traditionnels du régime à l’instar de l’ancien ambassadeur Abdelaziz Rahabi, du président de Jil Jadid, Soufiane Djilali ou du président du parti islamiste Bina, Abdelkader Bengrina. Les mêmes sources annoncent les libérations d’un nombre conséquent de détenus politiques pour la journée du 5 juillet, date anniversaire de l’indépendance. Il se dit également que des membres du gouvernement de l’ère Bouteflika comme madame Khalida Toumi, ancienne ministre de la culture, condamnée à six ans de prison, feraient partie des personnes devant bénéficier de la grâce présidentielle.  

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