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ALGÉRIE. UN GROUPE ÉMIRATI SECOND FOURNISSEUR DE BLÉ

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Selon le site Africa-influence, le second importateur de blé en Algérie est le puissant groupe émirati Al Ghourair Ressources international qui arrive derrière les pays de l’Union européenne où l’Allemagne occupe la première place ; la France ayant perdu ces dernières années la place privilégiée qui était la sienne. 

L’approvisionnement à partir de l’Inde, grand producteur de blé, étant impossible – New Delhi a interdit l’exportation de son grain depuis l’invasion de l’Ukraine où le consortium émirati avait installé une filiale – ses recherches s’orientent désormais vers l’Amérique du Nord et du Sud pour compenser les quantités impossibles à convoyer après le blocage de la Mer noire.

Al Ghourair Ressources capte notamment les appels d’offre des consommateurs de pays du sud où les pouvoirs sont peu ou prou contrôlés par l’institution militaire. Il est ainsi très présent sur le marché des céréales en Égypte et de son voisin et proche allié le Soudan. Dans ce dernier pays, il a même racheté une minoterie. 

Le marché algérien est une des cibles des Émiratis qui se sont souvent posé en intermédiaires dans plusieurs autres domaines, y compris celui, très sensible, des équipements militaires. Cette coopération a connu un développement soutenu lorsque l’armée algérienne était commandée par le défunt Gaid Salah qui était chef d’état-major et vice-ministre de la défense.    

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MAROC. ASSUMER LE CANNABIS

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Cela fait bientôt une année que le Maroc a décidé la légalisation de la culture du cannabis à usage thérapeutique et médical. Ce 2 juin, l’Agence nationale de réglementation des activités relatives au cannabis (ANRARC), a tenu la première réunion de son conseil d’administration. Cet organisme a vocation à devenir un instrument stratégique pour l’économie du Royaume.

Désormais, le Maroc assume son statut de pays producteur mondial de cannabis et vise à travers ses nouvelles législations à préserver et consolider ce qui est considéré comme « un patrimoine national » par, assurent les autorités marocaines, la mise en place de mécanismes rigoureux de suivi et de contrôle pour éradiquer du marché le cannabis illégal et ses dérivés.

Le Maroc change donc radicalement de paradigme pour sortir de la culture clandestine d’une substance qui génère une économie parallèle échappant au fisc qui dégrade l’environnement, provoque des troubles comportementaux criminogènes et attente à l’image du pays. 

Selon les déclarations gouvernementales, ce programme vise à l’installation de circuits surveillant l’usage médical et industriel du cannabis en respect des engagements internationaux du Royaume. L’objectif officiellement visé est d’attirer des opérateurs internationaux dans l’investissement de la transformation et l’industrialisation des produits extraits du cannabis, afin de créer une industrie productrice de valeur et d’emplois. La problématique de la commercialisation pour usage récréatif sera également appréhendée dans la mesure où ce secteur représente la totalité du marché informel. 

Notons que jusque-là, plusieurs tentatives de canalisation et de reconversion des activités de production illicite du cannabis via des programmes de coopération internationale, notamment avec l’union européenne, se sont soldées par des échecs, les paysans préférant reprendre leurs productions traditionnelles pour des raisons de rentabilité. La capacité de capter, d’intégrer et de stabiliser dans cette nouvelle stratégie des paysans installés depuis des générations dans une culture échappant à tout contrôle est le premier vrai défi auquel sera confronté le Maroc qui doit entreprendre un chantier où sont concentrés des problèmes, écologiques, sanitaires, économiques, sécuritaires et diplomatiques.   

Les ambition des autorités marocaines apparaissent dans le panel des membres de l’exécutif présents à la réunion du 2 juin. Y ont participé le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, de la ministre de l’Économie et des Finances, du ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts, du ministre de l’Industrie et du Commerce, du ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche Scientifique et de l’Innovation, des représentants des autorités gouvernementales en charge de la santé, de l’eau et de l’environnement, ainsi que des Directeurs généraux de l’Agence Marocaine de Développement des Investissements et des Exportations et de l’Office National de Sécurité Sanitaire des produits Alimentaires. 

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ALGÉRIE. UN GROUPE ÉMIRATI SECOND FOURNISSEUR DE BLÉ

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Selon le site Africa-influence, le second importateur de blé en Algérie est le puissant groupe émirati Al Ghourair Ressources international qui arrive derrière les pays de l’Union européenne où l’Allemagne occupe la première place ; la France ayant perdu ces dernières années la place privilégiée qui était la sienne. 

L’approvisionnement à partir de l’Inde, grand producteur de blé, étant impossible – New Delhi a interdit l’exportation de son grain depuis l’invasion de l’Ukraine où le consortium émirati avait installé une filiale – ses recherches s’orientent désormais vers l’Amérique du Nord et du Sud pour compenser les quantités impossibles à convoyer après le blocage de la Mer noire.

Al Ghourair Ressources capte notamment les appels d’offre des consommateurs de pays du sud où les pouvoirs sont peu ou prou contrôlés par l’institution militaire. Il est ainsi très présent sur le marché des céréales en Égypte et de son voisin et proche allié le Soudan. Dans ce dernier pays, il a même racheté une minoterie. 

Le marché algérien est une des cibles des Émiratis qui se sont souvent posé en intermédiaires dans plusieurs autres domaines, y compris celui, très sensible, des équipements militaires. Cette coopération a connu un développement soutenu lorsque l’armée algérienne était commandée par le défunt Gaid Salah qui était chef d’état-major et vice-ministre de la défense.    

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FRANCE-ALGÉRIE : RÉCHAUFFEMENT POUSSIF

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L’Algérie et la France qui alternent des cycles de tensions et de fugaces rapprochements ne parviennent toujours pas à pérenniser des relations régulièrement chahutées par des considérations politiciennes généralement dictées par l’instrumentalisation du passé colonial. 

Il reste que la réalité économique et technique rattrape souvent ces brouilles ; des domaines de coopération technique ou scientifique ne pouvant être colmatés par le recours à la coopération italienne, allemande ou chinoise. Il en est ainsi du secteur des transport lourdement handicapé par les crises qui ont sévèrement secoué en octobre dernier les rapports entre Alger et Paris.

Ce jeudi, c’est le ministre des transports qui a reçu l’ambassadeur de France à Alger, François  Gouyette pour examiner «  les voies et moyens de renforcer la coopération des deux pays dans le domaine des transports », indique un communiqué du ministère des Transports qui précise que  « Les deux parties ont également examiné les moyens de renforcer la coopération entre les deux pays et l’échange d’expertises en matière de réalisation et d’exploitation notamment le développement de l’infrastructure ferroviaire et du réseau Tramway ».

Pour rappel, ce sont des sociétés françaises qui ont réalisé le métro d’Alger et d’autres vecteurs de transport urbain, notamment dans la capitale. La gestion de l’exploitation du métro avait été confié à la RATP avant que le pouvoir algérien décide de l’en dessaisir. Les problèmes de gestion et d’entretien de ces moyens de transport  handicapent souvent la rentabilité, affectant les usagers qui les empruntent. Pour cet élu de l’assemblée de wilaya d’Alger, « les ruptures contractuelles sont plus souvent dues à des tensions politiques qu’à des considérations économiques et commerciales ».  

On relèvera que de reports en reports, les réunions du comité intergouvernemental de haut niveau (CIHN), perturbées par les secousses politiques, les départements ministériels algériens, en bute à des retards de livraison de matériel, de pièces de rechanges ou à des déficits d’expertise sont réduits à solliciter l’ambassade pour parer aux contraintes les plus urgentes. 

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ALGÉRIE. ZONES FRANCHES, LE SERPENT DES MERS

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Véritable miroir aux alouettes, le projet de création de zones franches vient d’être relancé ce mardi par le ministre du commerce Kamel Rezig. Lors d’une séanceprésidée par M. Smaïl Kouadria, responsable de la Commission des affaires économiques, du développement, de l’industrie et de la planification à l’Assemblée populaire nationale (APN),et à laquelle a participé la ministre des Relations avec le Parlement, Basma Azouar, M. Rezig a présenté le projet de loi encadrant la mise en place des zones franches commerciales. Détaillant sa proposition, il a annoncé la création d’une entreprise dédiée à la gestion de ces zones, dénommée “Société algérienne des zones franches” et l‘installation d’une Commission nationale des zones franches commerciales, qui dépendra du ministère du Commerce. 

Selon le ministre, le projet de loi, incitatif en matière fiscale et douanière, ambitionne de favoriser l’investissement, de stimuler et de diversifier la production de l’économie nationale avec pour objectif essentiel l’augmentation des exportations afin de réduire la facture des importations.

Mais les autorités espèrent également que la création de zones franches avec les pays africains voisins permettra de résoudre ou au moins de limiter les effets de la contrebande, véritable fléau qui gangrène l’économie du pays. Des villes comme Tadjenant (est du pays) se sont spécialisées dans l’écoulement de marchandises importées frauduleusement causant de graves préjudices à la production nationale et au fisc. 

Il est difficile de savoir si cette nouvelle annonce va aboutir, sachant que d’autres initiatives portant sur le même sujet ont jusque-là toutes avorté. Une opinion largement répandue n’hésite pas à mettre sur le compte de puissants lobbies du commerce parallèle ces entraves. Embrassant des milliards de dinars, des secteurs comme l’informatique, la téléphonie mobile ou le textile que se répartissent des groupes d’influence islamistes – frères musulmans ou salafistes – sont des activités où se recyclent l’argent octroyé par l’islamisme international ou celui récupéré pendant les années 90. 

Cette nouvelle proposition laisse dubitatifs les agents des milieux financiers privés et publics. Pour ce cadre du ministère des finances qui a requis l’anonymat « Ce n’est pas maintenant que les islamistes et assimilés sont majoritaires au parlement que les zones franches vont voir le jour ».  Désabusé, notre interlocuteur ne manque pas d’ajouter que « Lorsque des bureaux de change parallèle qui spéculent sur la monnaie nationale ouvrent à quelques pas des commissariats de police, on peut douter de la volonté de mettre de l’ordre dans l’activité commerciale ».  

Pour rappel ; la ratification de l’Accord sur la zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) doit entrer en vigueur le 1er juillet 2022. Cet accord qui implique 54 pays porte sur un marché de 1,2 milliard d’habitants avec un produit intérieur brut (PIB) de 2.500 milliards de dollars US. 

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DÉCOUVERTES D’HYDROCARBURES AU MAROC : MIROIR AUX ALOUETTES ?

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Les annonces de découvertes de gaz ou de champs pétroliers se multiplient au Maroc. Pour autant, les quantités annoncées prêtent toujours à supputation. Les gisements gaziers de Guercif, de Larache ou ceux en off-shore au large de Tanger donnés comme rentables ne suscitent plus l’intérêt médiatique relevé au début de l’année 2022 (voir and-med des 16 et 19 janvier 2022). En pleine crise avec Alger qui a décidé de fermer le Gazoduc Maghreb Europe (GME) en octobre 2021, les pouvoirs publics marocains avaient directement ou implicitement relayé la communication vantant le potentiel de ces sites.

Récemment, la société britannique Europa Gas and Oil a annoncé la découverte d’un champ pétrolier off-shore au large d’Agadir dont la capacité est estimée à un milliard de barils récupérables sans risques. 

Cette fois, les institutions officielles se montrent plus discrètes. À raison. En août 2021, la même Europa Oil and Gas avait estimé les réserves potentielles de ce site à plus de 2 milliards de barils avant de revoir à la baisse ses prévisions. Plus grave, le 24 avril, l’association des géologues et géophysiciens pétroliers espagnols (AGGEP) fait état d’une « découverte fantôme » ajoutant que l’annonce était un coup de communication destiné à survendre le potentiel du sous-sol marocain pour y attirer des investisseurs à même de mobiliser les moyens de prospection importants des majors, la société Europa and Gas ne disposant que de modestes capacités.

Le gouvernement marocain a déjà été confronté à une déconvenue de taille en relayant imprudemment des informations euphoriques d’une société de recherche. Au début des années 2000, il avait suscité d’immenses espoirs en donnant comme acquis le potentiel de plusieurs milliards de barils du gisement de Talsint (Maroc Oriental) confié à la société Lone Star Energy corporation. Quelques semaines plus tard, les autorités marocaines découvrent une supercherie.

Depuis l’été 2021, quand l’Algérie a décidé de rompre ses relations diplomatiques avec le Maroc, Rabat multiplie les annonces sur les forages prometteurs. Ces informations sont généralement suivies par un silence qui cache mal une volonté de dédramatiser la coupure du GME qui alimentait 97% des besoins du royaume.

Pour l’heure, c’est l’Espagne qui, au grand dam d’Alger, a décidé de pourvoir à la consommation du Maroc en utilisant le GME dont on a inversé les flux.

Plus fondamentalement, le royaume chérifien compte beaucoup plus sur le gazoduc Nigeria-Maroc qui, en plus d’irriguer l’Afrique de l’ouest, doit permettre au Maroc d’échapper à la dépendance algérienne et même de renvoyer l’ascenseur à l’Espagne qui pourrait bénéficier de ce gazoduc.

Les Marocains assurent que la seconde phase de l’étude du projet est bien avancée. Il reste à suivre la réalisation de ce chantier, sachant  que les Algériens s’y sont aussi intéressés et même positionnés.  

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MAROC. LES CARBURANTS, POUDRIÈRE SOCIALE

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La flambée des prix des hydrocarbures nourrit les chaînes inflammables de contestations sans fin au Maroc. Après divers secteurs des transports qui ont déjà dû recourir à des grèves pour faire entendre leurs voix, (Voir adn-med du 9 mars. Maroc : grève renouvelable des transporteurs routiers), c’est au tour de la fédération des propriétaires et gérants des pompes à essence de tirer la sonnette d’alarme.

Dans un communiqué réquisitoire, la Fédération a interpellé le ministère de la Transition énergétique et du Développement durable, pour lui demander de sortir de son mutisme.

Ce département est en effet resté de marbre après une demande de réunion qui lui a été adressée pour faire le point sur la situation des pompistes. Les membres de la fédération exigent des mesures de soutien urgentes en matière d’allègement fiscal comme l’exemption de la cotisation minimale applicable au chiffre d’affaires. Les protestataires rappellent que leur marge bénéficiaire est fixe et cela indépendamment du prix de vente du litre de carburant, alors que les autres paramètres de gestion de leur activité sont lourdement impactés par les surcouts induits par les perturbations du marché mondial.

Le silence du ministère de tutelle résulte en partie du fait que le gouvernement qui a déjà libéré des sommes conséquentes afin de réduire et de stabiliser les coûts des transports voit ses marges de manœuvre financières considérablement limitées par une situation budgétaire déjà contrainte. D’autres secteurs comme les chauffeurs de taxis, les pêcheurs ou les agriculteurs qui ont déjà alerté sur leur précarité risquent d’ajouter leurs voix pour demander des mesures atténuant les coûts d’exploitation de leur matériels motorisés, révélant un mécontentement qui s’étale comme un feu de brousse.

Ces tensions qui affectent les secteurs professionnels grand consommateurs de carburant s’ajoutent à une fausse constante des prix des produits de consommation courante qui durent depuis plusieurs mois.

Source d’apaisement relatif pour le Royaume : les dernières pluies ont permis d’assurer un taux de remplissage d’environ 40% des barrages qui étaient encore au début mars quasiment à sec. 

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TUNISIE. VERS UN DÉFAUT DE PAIEMENT ?

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Le rapport de la banque américaine d’investissement Morgan Stanley publié ce 21 mars dresse une sombre projection de la situation tunisienne. Même l’hypothèse, pour l’instant incertaine, d’une négociation rapide et aboutie avec le FMI ne semble pas annoncer des situations économiques et financières rassurantes. Quand bien même y aurait-il accord pour « un éventuel programme du Fonds Monétaire International (FMI) en 2023, il est probable que les fondamentaux se détérioreront nettement dans l’intervalle avec un possible défaut de paiement en vue » prévient la banque américaine.

La gestion en solo du chef de l’État a eu le don d’irriter la direction de la pourtant très conciliante UGTT qui ne cesse de déplorer l’opacité qui entoure les relations entre la présidence de la république et les institutions financières internationales. Le ton entre l’organisation syndicale, accusée par une partie de ses adhérents de cultiver un rapport ambigu sinon de complaisance avec Kaïs Saïed, est d’ailleurs récemment monté d’un cran. 

La tension porte essentiellement sur le refus de Kaïs Saïed de répondre favorablement aux multiples appels à un “dialogue inclusif” afin de trouver un accord sur l’agenda et la nature des réformes de structures à entreprendre pour, éventuellement, ralentir la détérioration actuelle des finances publiques. Une opposition qui annonce des difficultés à dégager un compromis entre le gouvernement et les structures socio-professionnelles comme la centrale syndicale et l’organisation patronale UTICA. 

À lire les estimations de Morgan Stanley, il est presque déjà trop tard. 

« Dans un scénario où le rythme actuel de détérioration des finances publiques se poursuit, il est probable que la Tunisie se retrouve en défaut de paiement sur sa dette. (…) Notre hypothèse de base est l’absence de programme avec le FMI en 2022 avec une forte probabilité de défaut en 2023, si des réformes importantes ne sont pas entreprises à court terme ».

Or, sur le court terme Kaïs Saïed, obnubilé par un agenda vampirisé par une consultation populaire qui n’a mobilisé que 6% du corps électoral, oppose la sourde oreille aux appels des partenaires sociaux qui le pressent de dévoiler ses intentions.

Le président cherche à gagner du temps et le temps c’est ce qui est le plus compté à la Tunisie actuellement. La dette par rapport au PIB du pays est, à terme, insoutenable. Face à des échéances qui exigent consensus, pertinence et réactivité, Kaïs Saïed s’en tient à sa double marotte : accuser ses adversaires d’être des agents de l’étranger et promettre d’enlever aux voleurs et donner aux pauvres.

Même la dégradation continue de la note souveraine de la Tunisie laisse de marbre le locataire de Carthage. 

Cela désespère même ses plus fervents soutiens, comme le secrétaire général du Mouvement du peuple (Harakat Echaab) qui reconnait que “quel que soit son génie, il ne pourra pas résoudre tout seul la crise“.

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AIR ALGERIE CANADA : APRÈS LE CRASH FINANCIER, LE CASH !

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La communauté algérienne du Canada a longtemps attendu la réouverture de la ligne Air Algérie Alger-Montréal. Une fois l’information vérifiée, le voyageur se rend compte qu’il doit encore se soumettre à une procédure de paiement particulière puisqu’il lui est demandé de s’acquitter du prix de son billet par…cash, pour, lit-on sur une affiche de l’agence “problème technique”. Ce n’est pourtant pas le temps qui a manqué pour organiser la reprise des vols.

Ferhat, chauffeur de taxi habitué des courses vers les aéroports n’a pas de mots assez durs : « Imaginez une famille de 5 personnes par exemple. Elle doit faire un retrait avoisinant les 10.000 dollars et les ramener dans un sac pour payer les billets » s’étrangle-t-il, prenant à témoins son ami Boussad, infirmier qui renchérit : « C’est très délicat. Ce n’est pas bien pour l’image de la compagnie et du pays. Le système bancaire canadien à l’instar de ceux de beaucoup d’autres pays n’encourage pas cette pratique pour des raisons liées au contrôle du flux financier et toute sorte de fraudes comme la dissimulation des fonds pour échapper à l’impôt, le blanchiment d’argent ou l’évasion fiscale ; sans compter le risque de trimballer de grandes sommes d’argent sur soi ». 

Ferhat qui ne décolère pas repart de plus belle : « Moi, j’entends les clients. Ils fuiront la compagnie nationale à la première offre d’un concurrent. On dirait que les dirigeants cherchent à achever une entreprise qui est déjà au bord du crash financier. Je suis jaloux d’entendre les Tunisiens et les Marocains parler de la façon dont ils voyagent. Et les différences de prix avec nos voisins. Un scandale ». À titre comparatif, nous avons vérifié les prix des billets aller-retour à partir de Paris concernant la période fin mars- début avril sur les trois compagnies nationales. Paris – Tunis : 270 euros, Paris-Alger : 644 euros et Paris – Casablanca : 186 euros. Malgré les prix prohibitifs du pavillon algérien, la trésorerie d’Air Algérie est au rouge depuis plusieurs années. 

Pour faire une réservation en ligne ou vérifier la disponibilité des billets Alger-Montréal, une messagerie répond : « Veuillez nous excuser pour la gêne occasionnée, une erreur est survenue pendant le traitement de votre demande ». 

Comment se fait-il qu’après tant d’années, Air Algérie ne se soit pas adaptée aux normes commerciales canadiennes pour perpétuer une gestion financière qui ouvre la voie à toute sorte d’abus comptables ?

Dans tous les pays où l’influence anglo-saxonne est forte, la tradition protestante a établi une relation très rigoureuse dans la gestion de l’argent. Et au Canada comme ailleurs, le paiement par cash est l’exception. 

Ce procédé de paiement archaïque n’est pas propre à Air Algérie. Le Consulat Général d’Algérie à Montréal n’est toujours pas équipé pour gérer les frais liés aux prestations administratives par le paiement par carte bancaire. Ceux qui n’ont pas l’habitude d’avoir à faire avec la représentation algérienne au Canada sont souvent obligés de repartir pour revenir avec de l’argent en espèce afin de s’acquitter du coût des services consulaires. 

L’une des raisons officieuses avancées pour expliquer le limogeage du ministre des transports Kamal Naceri « pour faute grave dans l’exercice de ses fonctions » serait en relation avec la gestion du dossier Air Algérie. 

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MAROC. LAHCEN OULHAJ* : LA CONSTRUCTION RÉGIONALE NÉCESSITE…UNE VOLONTÉ POLITIQUE

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Les accords d’Abraham, outre le repositionnement géopolitique qu’ils ils impliquent, semblent définir un nouveau format du projet économique marocain. Si l’économiste que vous êtes partage cette perception, pourriez-vous nous dire de quoi est constituée cette nouvelle approche et, surtout, vers quoi tendrait-elle ?

Lahcen OULHAJ : Les accords d’Abraham, compris comme stratégie US de réconciliation et de rapprochement d’Israël avec ses voisins arabes, concernent davantage l’Arabie Saoudite, les Émirats Arabes Unis et Bahreïn. 

La coopération politique et économique entre Israël et le Maroc remonte aux années 1960-70. Les relations entre les deux pays ont été officielles entre 1994 et 2000. Aujourd’hui, il s’agit d’une reprise officielle de cette coopération qui ne s’était pas arrêtée. 

C’était Feu Hassan II qui évoquait assez souvent l’idée des fils d’Abraham (au sens religieux s’entend) et la nécessité de l’entente de ces fils et de l’alliance de l’argent (pétrolier) arabe avec l’intelligence et la technologie israéliennes ou juives de manière générale. 

Ces Accords d’Abraham n’impliquent donc pas de repositionnement géopolitique pour le Maroc. Notre pays s’est toujours défini et voulu comme faisant partie du bloc Ouest dirigé alors par les USA, et ce, depuis le débarquement des Américains à Casablanca, en 1942. Il y a eu des bases américaines sur le sol marocain, jusqu’aux années 1970. Il est vrai qu’après l’Indépendance (acquise en novembre 1955 et officialisée en mars 1956), il y a eu la tentation du mouvement des Non-Alignés et le progressisme ambiant de l’époque, surtout sous le gouvernement socialiste Abdallah Ibrahim (1959-1960). Les relations ont ainsi été établies avec la Chine Populaire, l’URSS, la Yougoslavie… Le renvoi de ce gouvernement ne s’était pas traduit par la remise en cause de ces relations, considérées comme purement économiques. Le Maroc est le seul pays africain à avoir signé un accord de libre-échange avec les USA, entré en vigueur en 2006. Cet accord a permis de multiplier par 5 le volume des échanges commerciaux entre les deux pays, entre cette date et 2019. L’économie marocaine demeure libérale et ouverte sur le monde avec des accords de libre-échange avec 56 pays étrangers. Une coopération économique active existe entre le Maroc et le reste du monde : la Russie, l’Inde, la Chine, l’Europe, l’Afrique Subsaharienne, l’Amérique du Sud (Brésil surtout). Il n’y a pas de changement du positionnement géopolitique du Maroc. 

Toutefois, l’accord tripartite de décembre 2020, entre les USA, Israël et le Maroc, s’est traduit par la reconnaissance américaine de la souveraineté marocaine sur l’ensemble du Sahara (occidental), en contrepartie de la reprise des relations officielles entre Israël et le Maroc. Cela change radicalement la donne du conflit entre le Maroc et l’Algérie autour du Sahara. Cela a permis une coopération sans précédent en matière de défense entre Israël et le Maroc. Cela renforce considérablement les capacités militaires du Maroc. De même, l’accord se traduit par davantage d’investissements israéliens dans des domaines technologiques, au Maroc. Il y a également des promesses d’investissements américains et israéliens importants, surtout dans la région de Dakhla et en direction de l’Afrique subsaharienne. En somme, lorsque le quantitatif dépasse un seuil, il est perçu comme un changement qualitatif. Donc, si l’accord tripartite tient toutes ses promesses, on pourra parler de repositionnement géopolitique du Maroc. Mais, cela sera un résultat et non un choix nouveau. 

Il est vrai qu’avec la perte de poids économique et politique de l’Europe et des USA dans le monde pour la première et dans la région pour les seconds, le Maroc ne se sentait pas bien à l’aise dans ses relations traditionnelles avec ce bloc de l’Ouest, depuis surtout l’avènement du nouveau règne, en 1999. C’est ainsi qu’il a beaucoup renforcé ses relations économiques avec l’Afrique Subsaharienne, l’Amérique du Sud et l’Asie (Chine, Inde, Corée du Sud…) Le repositionnement géo- économique du Maroc date donc du début de ce siècle, bien que notre pays accordât, à cette époque, énormément d’importance à l’accord de libre-échange avec l’UE ; importance à tempérer, cependant, par le lancement des négociations de l’accord de libre-échange avec les USA, dès 2002, et du dialogue stratégique entre les deux pays.

La crise avec l’Algérie et la fermeture du Gazoduc Maghreb Europe (GME) donne à penser que le Maroc change les paradigmes de son marché énergétique : accélération des explorations des gisements de Guercif et Larache, sollicitation du géant israélien New med Energy pour les recherches, projet d’un port gazier à Mohammedia…C’est la fin du marché nord-africain ?

Lahcen OULHAJ : Il est vrai qu’il y a une certaine accélération dans ce domaine d’exploration et de traitement du gaz. Le Maroc a été forcé. Il doit trouver des solutions dans l’immédiat. A terme, il faudra bien un jour que tous les pays se passent du pétrole et du gaz comme sources d’énergie. Est-ce la fin du marché nord-africain ? Ce marché n’a jamais été autre chose qu’un souhait. Il n’a jamais été une réalité, sauf pour le gaz. Aujourd’hui, l’Algérie a choisi de fermer ce marché et de rompre toutes relations avec le Maroc. La géographie n’a pas été modifiée pour autant. Elle est toujours là. A long terme, même si nous serons tous morts, comme disait J.M. Keynes, les problèmes politiques disparaitront, les échanges et la coopération renaîtront et se développeront. 

Quand bien même le Maroc aurait-il amorcé un décollage économique viable, il reste que le développement n’est pas seulement une affaire comptable, même si cet aspect est important. L’environnement, la confiance, la stabilité conditionnent, en dernière instance l’émancipation durable d’un pays. 

Lahcen OULHAJ : Le Maroc a certainement réalisé des avancées socio-économiques ayant leur importance, au vu de la pauvreté de ses ressources naturelles. Mais, de là à parler de décollage économique réussi, il ne faut rien exagérer. Le pays a encore beaucoup de problèmes de sous-développement. Quant à la réussite dans un milieu hostile, elle est possible. Il n’y a qu’à considérer les exemples d’Israël, de la Corée du Sud… Au contraire. L’hostilité du milieu peut être un aiguillon. Évidemment, la confiance à l’intérieur du pays, la stabilité politique et sociale sont déterminantes pour la croissance et le développement. Je pense que la réforme constitutionnelle de 2011 et les politiques sociales adoptées ces dernières années ont beaucoup renforcé la stabilité politique et sociale du Maroc. Quant à la confiance des citoyens dans les gouvernants, elle passe par la bonne gouvernance dans tous les domaines – dont, surtout, la justice – impliquant la reddition des comptes. Les élections générales de septembre dernier ont été une sanction éclatante de l’incompétence pitoyable des islamistes à gérer la chose publique. Cela a dû renforcer la confiance des citoyens en eux-mêmes et en leur pouvoir de récompenser et de punir les politiques.

Le Maroc fait le choix de l’investissement massif de l’Afrique de l’ouest. On comprend la volonté de compenser la chimère nord-africaine par la projection vers d’autres espaces. Mais cette zone est aussi sujette à l’instabilité : Mali, Guinée, Burkina Faso viennent d’être des théâtres de coups d’état ? Renoncer au rêve nord-africain, malgré les échecs, n’est-ce pas lâcher la proie pour l’ombre ?

Lahcen OULHAJ : Il est vrai que beaucoup de pays de l’Afrique subsaharienne souffrent d’instabilité politique et sociale. Il est vrai qu’il y a des risques pour l’investissement. Seulement, les investissements marocains en Afrique Subsaharienne sont des investissements privés. Il n’y a pratiquement pas d’investissements publics, sauf pour des aides dans le domaine d’équipements culturels, religieux ou de santé. L’essentiel des investissements sont dans les secteurs financiers (banque et assurance), des télécommunications et de services (dont des activités liées au commerce des marchandises). Le capital privé est, de par sa nature, opportuniste. Il y va parce qu’il y a un profit à tirer, plus élevé qu’ailleurs. On peut donc imaginer que s’il y a des investissements privés marocains en Afrique Subsaharienne, c’est parce qu’il y a des marges bénéficiaires importantes et couvrant les risques encourus. Évidemment, l’État du Maroc a signé avec les pays récipiendaires un très grand nombre d’accords économiques et commerciaux visant, entre autres, la protection de ces investissements. Mais, le risque zéro n’est pas de ce monde. 

Concernant le rêve nord-africain, investir en Afrique Subsaharienne n’est pas incompatible avec le développement de relations économiques avec les pays de l’Afrique du Nord. Le Maroc avait signé l’accord d’Agadir avec la Tunisie, l’Égypte et d’autres pays du Moyen-Orient. Il y a donc des échanges avec ces pays, mais nos pays sont souvent concurrents, sur le plan commercial. Avec l’Algérie, il y a une complémentarité indéniable, mais ce n’est pas le Maroc qui a choisi de rompre. Les opportunités économiques sont réelles en Afrique Subsaharienne et loin d’être une ombre qui serait saisie au lieu de la proie. Malheureusement, la proie est pour le moment un mirage, dont il faut pour le Maroc se détourner. 

L’Afrique Subsaharienne est convoitée par toutes les puissances économiques mondiales. Ses atouts et ses potentiels contrebalancent, et de loin, ses servitudes. Même les USA qui avaient détourné leur regard vers l’Asie, semblent maintenant vouloir s’y faire une grande place. La Grande-Bretagne se retire progressivement de l’Europe et regarde vers de plus en plus vers l’Afrique…

Depuis la conférence du Caire de 1947, en passant par la conférence de Tanger, l’Union du Maghreb arabe ( UMA), l’Afrique du nord court derrière son destin. Ces échecs sont-ils le fait d’égoïsmes économiques latents ou explicites des États ou, au contraire, les échecs économiques sont-ils la conséquence logique d’une conception géopolitique erronée de la construction régionale ?

Lahcen OULHAJ : La construction régionale nécessite avant tout une volonté politique commune à tous les États de la région à construire. Les conférences du Caire et de Tanger n’ont pas été le fait d’États souverains, mais de mouvements politiques, plus ou moins isolés. La seule tentative des États a été la création de l’UMA à Marrakech, le 17/2/1989. Kadhafi a imposé l’épithète « arabe » à l’UM, que la constitution marocaine a d’ailleurs rejeté depuis 2011. Les conditions politiques (conflit du Sahara) et économiques d’une union n’étaient d’ailleurs pas réunies. En plus, 3 ans après cette création, Benjedid a été démis de ses fonctions et Taya de Maurétanie a été assez vite renversé. Aujourd’hui, tous les acteurs signataires de l’accord (sauf ce dernier) ne sont plus de ce monde. 

L’intégration régionale nécessite d’abord et avant tout une volonté politique de construire un ensemble économique intégré et fort. Ensuite, il faut libérer les forces économiques privées pour assurer cette intégration en l’encadrant sur les plans institutionnels et juridiques. L’exemple de l’UE est là. On peut s’en inspirer. Des adversaires sur le plan politique ne peuvent en aucun cas construire un projet économique commun. Au contraire, les égoïsmes économiques sont le moteur de la croissance et du développement. Il faut libérer les égoïsmes individuels. Les États ne doivent pas poursuivre des objectifs politiques dans le cadre d’un jeu à somme nulle : ce que je gagne tu le perds et ce que tu gagnes je le perds. Lorsque les États s’inscriront dans un jeu coopératif à somme positive (gain mutuel), la construction nord-africaine avancera. Elle pourra avancer rapidement étant donné la proximité non seulement géographique, mais aussi linguistique et culturelle.

Adn-med travaille à un sursaut des élites qui doivent assumer leur devoir de lucidité et de courage en transcendant les tensions conjoncturelles. Au bout de quelques mois des femmes et des hommes des trois pays commencent à échanger dans le respect des opinions de chacun malgré un climat officiel délétère.  Cet élan peut-il, à terme, dépasser les échanges intellectuels pour atteindre des acteurs économiques ?

Lahcen OULHAJ : L’économie ne se fait pas en l’air. Elle se fait nécessairement dans un cadre étatique. Il ne peut pas y avoir d’échanges et de coopération économique lorsque les États s’y opposent. La question politique est déterminante pour l’économique. Maintenant, les échanges intellectuels sont nécessaires, car ils peuvent à terme influencer les politiques. Il faudrait viser l’objectif de renversement de l’hégémonie mentale et culturelle chez les décideurs politiques en travaillant la jeunesse qui accédera tôt ou tard aux leviers de commande. Si les jeunes nord-africains sont convaincus que tous les peuples de la région devraient travailler ensemble pour se développer ensemble, lorsque ces jeunes arriveront aux centres de décisions, les choses changeront inéluctablement positivement. 

* Lahcen OULHAJ est Professeur de sciences économiques et Président de la commission permanente chargée de l’analyse de la conjoncture économique et sociale au CESE 

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Économie

INVASION DE L’UKRAINE : LA BANQUE MONDIALE ALERTE L’AFRIQUE DU NORD

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C’est le Tunisien Ferid Belhaj, responsable de la région MENA de la Banque mondiale qui sonne le tocsin pour déplorer la distance que veulent mettre les pays nord-africains entre eux et la guerre qui s’abat sur l’Ukraine. Considérant le conflit comme lointain et délicat, les pouvoirs en place donnent en effet l’impression de jouer la montre et d’attendre de voir de quel côté, Russie ou Occident, va pencher la balance pour se positionner (voir chronique de Saïd Chekri . La guerre en Ukraine vue du sud : quand l’adoration-abhorration tue le débat).

Grave erreur, avertit le fonctionnaire international dans une publication mise en ligne par la Banque mondiale ce 7 mars. « L’actuelle zone de conflit semble éloignée, mais ce n’est qu’une apparence. À peine 1 000 km séparent les deux régions si l’on trace une ligne droite imaginaire entre l’Ukraine et les pays du Moyen-Orient ».

Rappelant ce que tout un chacun sait, l’importance des productions céréalières des deux pays qui pèsent plus de trente pour cent des exportations mondiales et le marché des graines oléagineuses qui dépend à plus de 70% des mêmes pays, Ferid Belhaj répète une évidence peu ou mal anticipée par les États de la région : la situation de guerre va « faire monter en flèche les coûts de la production agricole nationale ». Seuls les pays producteurs de gaz et pétrole peuvent tirer profit de la situation.

L’expert souligne que la région MENA qui représente 6% de la population mondiale compte 20% des catégories affectées par l’insécurité alimentaire.

Pour lui, des pays comme l’Égypte, la Tunisie ou le Maroc devront être aidés par « des opérations de soutiens budgétaires » allant même jusqu’à suggérer une forme d’adaptation du « travail réalisé depuis 2020 dans le contexte de la réponse à la pandémie de Covid-19 ».

Le responsable de la région MENA décline les effets de cette crise internationale en cinq aspects« 1) Les chocs des prix des produits alimentaires (particulièrement le blé), 2) La hausse du prix du pétrole et du gaz, 3) l’aversion mondiale face au risque/le repli sécuritaire (ce qui pourrait affecter les flux de capitaux privés vers l’ensemble des marchés émergents), 4) Les transferts de fonds, et 5) le tourisme » ; ce dernier secteur ayant massivement profité ces dernières années des charters russes et ukrainiens.

Les conséquences de ce conflit apparaitront sur le court terme et impacteront la qualité de vie en général avec une précarisation plus sévère des couches les plus vulnérables, ce qui rend d’autant plus incompréhensibles les retraits et les postures attentistes des pouvoirs publics en Afrique du nord au moment où d’autres  pays à l’instar de la France mettent en place un plan de résilience pour amortir au mieux les effets inévitables des perturbations économiques et commerciales de la guerre.  

Comment vont réagir les dirigeants à cette interpellation ?

Il y a deux mois, Ferid Belhaj avait été sévèrement pris à partie par l’Algérie suite à la publication du rapport de suivi de l’économie algérienne (voir adn-med. Algérie. Rapport de suivi. La Banque mondiale réagit).  

La charge fut si violente que la Banque mondiale avait dû faire une mise au point officielle, ce qui est une pratique rarissime dans les usages de cette institution.

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