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TUNISIE. LES PURGES ASSUMÉES, KAIS SAIED RÉVOQUE 57 MAGISTRATS

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En prononçant, à la surprise générale la révocation de 57 magistrats, le président Kais Saied assume son entreprise de démembrement de tous les leviers du pouvoir judiciaire. C’est par un décret présidentiel publié au journal officiel le 1 er juin autour de minuit – horaire de prédilection des activités présidentielles – que Kais Saied s’octroie une prérogative supplémentaire, celle de révoquer « tout magistrat en raison d’un fait qui lui est imputé et qui est de nature à compromettre la réputation du pouvoir judiciaire, son indépendance ou son bon fonctionnement. (…) Le décret n’est susceptible de recours qu’après le prononcé d’un jugement pénal irrévocable concernant les faits qui lui sont imputés ».

Jusque-là, par le décret de février 2022 relatif à la création du Conseil supérieur provisoire de la magistrature (CSM) – que le décret du 1 er juin vient modifier- le pouvoir de révocation était détenu par ce Conseil. Visiblement le président ne fait même plus confiance au CSM provisoire dont il a pourtant lui-même nommé tous les membres il y a à peine 3 mois.

Quelques heures plus tôt, dans une véhémente diatribe contre les juges, prononcée en conseil des ministres, il avait appelé à une purge urgente et nécessaire de la magistrature infestée, selon lui, de magistrats qu’il accuse pêle-mêle de corruption, de protection de terroristes et de personnalités politiques, d’implication dans des affaires de contrebande, d’entrave au fonctionnement de la justice, de harcèlement, d’affaires de mœurs, etc. Dans cette même intervention diffusée à la télévision, il a, une fois de plus, juré ses grands dieux qu’il n’avait nullement l’intention de s’immiscer dans le fonctionnement de la justice. Avec ce décret nocturne, il lui sera difficile de continuer à confesser ce genre d’allégations !

D’autant que les observateurs soulignent que certains des juges limogés auraient refusé d’appliquer les instructions de Kais Saied, notamment celles de procéder à l’arrestation des députés ayant tenu la séance plénière du parlement le 30 mars dernier qui avait annulé les mesures exceptionnelles prises par Kais Saied depuis le 25 juillet 2021. Parmi ces magistrats figurent le procureur général près la cour d’appel de Tunis et le procureur de la République auprès du tribunal de première instance de Tunis.

Condamné quasi unanimement par la profession, la société civile et la classe politique cet acte spectaculaire sert de démonstration de force à un président dont la feuille de route pour le référendum constitutionnel du 25 juillet vient de subir plusieurs revers. En interne d’abord avec la fin de non-recevoir cinglante que la centrale syndicale UGTT lui a renvoyée en réponse à sa « convocation au dialogue national » et à l’international avec un avis de la Commission de Venise (Commission européenne pour la démocratie par le droit, organe consultatif du Conseil de l’Europe) sur demande de l’Union Européenne, qui relève la non-conformité de ce processus référendaire avec la constitution tunisienne et les standards internationaux. Dans un accès de colère dont il est coutumier, Kais Saied avait déclaré, il y a quelques jours, la Commission de Venise « personna non grata » en Tunisie.

Les Nations Unis ont exprimé, ce 2 juin, leur inquiétude par la voix de Stephan Dujarric, porte-parole du secrétaire général Antonio Guterres, qui a déclaré : « nous sommes préoccupés par l’évolution des évènements en Tunisie et nous suivons la situation avec la plus grande attention ».

Isolé chez les élites internes et chez les partenaires internationaux, Kais Saied sait pouvoir compter sur la « vox populi » qui applaudit la bravoure d’un « Zaim » qui veut assainir une justice corrompue et défendre la souveraineté du pays des ingérences extérieures.

Il demeure que ces incartades commencent à interroger le très complaisant voisin algérien, déjà en conflit ouvert avec le Maroc, qui ne souhaiterait pas voir se développer sur son flanc Est un autre foyer de tensions voire un possible chaos qu’annonce chaque jour un peu plus un chef d’Etat d’autant plus dangereux qu’il est dans un déni qui l’empêche de voir une dégradation socioéconomique qui pousse à l’extrême précarité un nombre de plus en plus important de catégories sociales. On sait que le Président algérien, en visite d’Etat en Italie le 26 mai avait proposé ses bons offices pour « aider la Tunisie à sortir de l’impasse » où elle se trouvait. Quand on se sait que Kaïs Saïed s’est fâché avec Rabat suite à l’abandon de la position de neutralité affichée par son pays sur le dossier du Sahara occidental, il est difficile de deviner chez lui une ligne stratégique cohérente, la seule qu’il offre étant son imprévisibilité.

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REGAIN DES TENSIONS DIPLOMATIQUES ENTRE ALGER ET RABAT

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En l’espace d’une semaine, Alger et Rabat se sont retrouvés impliqués directement ou indirectement dans des attaques et contre-attaques diplomatiques sur la question du Sahara occidental. 

La plus rocambolesque de ces joutes eut lieu au Kenya. Sitôt élu, le nouveau président William Ruto publia un Tweet annonçant le retrait de son pays de la reconnaissance accordée à la RASD. Le Maroc crie victoire. Le 15 septembre, coup de théâtre. Le ministère des Affaires étrangères kenyan désavoue son président dans un communiqué sévère où il est affirmé que la politique étrangère du Kenya ne se fait pas par Tweet. La position du Kenya est rappelée sans ambages : le pays est « totalement aligné » sur la résolution de l’OUA de 1982 qui a actée l’admission de la RASD. Et pour faire bonne mesure, Nairobi souligne son attachement à la résolution de l’ONU consacrant le « droit inaliénable des peuples à l’autodétermination ». Cette fois, c’est Alger qui jubile via son agence de presse officielle, l’APS. Le communiqué prend cependant soin de faire part de la volonté du Kenya de développer « ses relations commerciales » avec le Maroc, alors que Mohamed VI venait d’exiger de ses partenaires de clarifier « sans ambiguïté » leur position sur la question sahraouie.  

Quelques jours auparavant, des sources algériennes avaient cru voir une évolution de la position du Soudan du Sud favorable à sa thèse sur le dossier sahraoui.  Vendredi c’est le chef de l’État lui-même, Salva Miir Mayardit, qui assure le souverain marocain que son pays « reconnait uniquement les États membres des nations unies ».  Point pour le Maroc. 

Le même jour les royaumes d’Espagne et du Maroc signent à l’ONU une déclaration commune confirmant leur adhésion à « l’initiative marocaine présentée en 2007 comme la base la plus sérieuse, réaliste et crédible pour la résolution de ce différend » alors que ces dernières semaines Alger se plaisait à déceler de possibles rétractions de Madrid sur un sujet qui avait provoqué une sérieuse crise avec Madrid. Là encore, le Royaume alaouite a réussi à dissiper les éventuels doutes. 

En revanche, sur le plan régional, le succès algérien est total puisque Tunis est désormais gagné à sa cause au grand dam de Rabat qui ne décolère pas contre Kais Saied. 

Derrière cette fébrilité se cache une guerre d’influence entre Alger et Rabat, chacun tentant de peser sur le continent avant les grands choix que la précipitation de la guerre en Ukraine ne manquera pas d’imposer aux uns et aux autres. 

L’antagonisme algéro-marocain, aigu et permanent, pèse sur tous les secteurs de la vie africaine. Le projet de gazoduc Nigeria-Europe est l’un des domaines où s’affrontent âprement les deux pays, chacun essayant de gagner les investisseurs au tracé qui passerait sur son propre sol. (Voir adn-med du 17 septembre).

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ALGER-TUNIS : LA POMME DE DISCORDE ENNAHDHA

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Tout baigne entre Alger et Tunis. Enfin, presque. Car l’acharnement de Kaid Saïed contre le parti islamiste Ennahdha n’est pas du gout d’Alger qui a fait savoir sa désapprobation sur la gestion de ce dossier à plusieurs reprises. Celle-ci se traduit par des attaques politiques et procédures judiciaires si maladroites qu’elles ont fini par redonner sinon du crédit du moins de l’empathie à une formation islamiste en déroute, 

Dernière pantalonnade en date, les dirigeants d’Ennahdha comme Ali Larayedh, Redha Jaouadi, Mohamed Frikha ou Mohamed Affes que Kais Saïed voulait voir impliqués dans les réseaux de recrutements terroristes viennent d’être tous relâchés des gardes à vue de quelques heures pour certains à quelques jours pour d’autres. Les observateurs qui suivent le dossier se perdent en conjectures. Cette relaxe fait-elle suite à de nouvelles pressions d’Alger ou résulte-elle d’un fonctionnement judiciaire gravement perturbé par les intrusions itératives et incohérentes du chef de l’État. 

Jusque-là Kais Saïed avait pu préserver sa proximité avec son puissant voisin de l’ouest qui lui livre la quasi-totalité de son gaz et a ouvert ses frontières en pleine saison estivale – après avoir quand même hésité quelques semaines pour signifier son agacement – pour le plus grand bonheur d’un secteur touristique tunisien bien mal en point. 

A la fête de l’indépendance algérienne célébrée en juillet, le président tunisien accepta de s’exposer à côté d’Abdelmadjid Tebboune qui avait pris soin de placer à côté de lui Brahim Ghali, le responsable du Polisairio ; ce qui souleva l’ire de nombreux cercles politiques tunisiens qui voyaient leur pays aspiré par l’Algérie dans un conflit où Tunis avait toujours gardé la neutralité. 

Si la lune de miel connait des éclipses, ce sera à cause de Ghannouchi en qui le président tunisien voit, sans doute à tort, le seul adversaire potentiel. Or, dans la géopolitique islamiste, les militaires algériens ont fait le choix depuis longtemps de ménager les Frères musulmans contre les salafistes, d’où leur insistance à protéger Ghannouchi. Pour le reste ; Kais Saied qui apprécie au plus haut point le panarabisme dans lequel replonge l’Algérie est prêt à toutes les concessions. 

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ONU : LAMAMRA LE COUTEAU SUISSE ALGÉRIEN

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Il est partout à l’ONU. Et plutôt efficace. Malgré une politique intérieure dominée par une répression de tous les instants et une situation économique des plus préoccupantes, Lamamra, replace peu à peu l’Algérie dans les grandes enceintes internationales. Il est vrai que la crise énergétique qui fait du gaz un produit rare et recherché aide à faire de ce pays producteur un partenaire qu’il faut savoir ménager. Mais tout de même. On a vu des périodes où le renchérissement des hydrocarbures fut tout aussi haut sans qu’Alger n’en ait retiré des avantages diplomatiques conséquents.  

Pourtant, le pouvoir algérien partait de loin. Isolée et sérieusement secouée après l’insurrection de 2019, l’Algérie redevient visible – en attendant d’être audible ? – sur la scène internationale. L’auteur de ce redéploiement n’est autre que le ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra dont l’épais carnet d’adresse personnel est mis à profit pour activer des relations personnelles ou remettre au goût du jour des initiatives tombées en désuétude comme l’accord d’Alger sur la crise malienne. 

Le régime attend aussi beaucoup du délicat sommet de la Ligue arabe qu’il veut faire coïncider avec l’anniversaire du déclenchement de lutte armée du 1er novembre, évènement autour duquel le chef de la diplomatie algérienne s’est dépensé sans compter. 

La revanche

Ironie de l’histoire ces relations furent nouées par Lamamra au moment où, blacklisté par le général Betchine à l’époque de Liamine Zéroual, il se fit apprécier à l’ONU et l’UA (l’OUA à l’époque) où il exerça d’éminentes responsabilités. 

Á l’occasion de ses nombreux entretiens en marge de l’assemblée générale de l’ONU où il représentait son pays, Lamamra a appelé à ”la nécessité pour les pays africains de s’exprimer d’une seule voix pour plaider en faveur d’une action climatique effective et efficace qui prenne en compte les priorités de l’Afrique et ses préoccupations, notamment en lien avec les tentatives répétées tendant à remettre en cause la validité du principe des responsabilités communes mais différenciées”. Une manière de fédérer le continent sur des dossiers consensuels au moment où la crise ukrainienne risque de provoquer des fissures entre les pays membre de L’UA.

Cette activité saluée par les professionnels de la diplomatie suscite cependant réserves, suspicion et même inquiétude dans et en dehors du pays. Des gourous du sérail n’oublient pas que le ministre des Affaires étrangères s’était mis dans les starting-blocks pour la succession de Boutelika, période où il recommanda la mansuétude pour l’ancien chef de l’État, chose qui lui fut reprochée par une bonne partie de l’opinion publique comme la (seule) faute politique qui ait entaché un parcours, par ailleurs, exemplaire. « Cette ambition n’est pas oubliée par les clans qui ont toujours veillé à ce que le pouvoir soit transmis dans les réseaux occultes. Or, si Lamamra est apprécié pour ses compétences professionnelles, ce Kabyle réservé sur les questions internes ne figure pas sur les tablettes de ces parrains. », soutient un des anciens collaborateurs du chef de la diplomatie.

Le Maroc est l’autre acteur qui s’alarme de cette hyperactivité. N’a-t-on pas dit que c’est Lamamra qui serait à l’origine du fracassant désaveu du tout nouveau président kenyan par son ministre des Affaires étrangères quand le premier annonça dès son élection la reconnaissance de la marocanité du Sahara occidental. 

Un caillou dans la chaussure

Un écueil, accidentel ou intentionnel, risque cependant de perturber le travail du ministre algérien. Il vient en effet de se voir désigner comme secrétaire général un certain Amar Belani. « Un éléphant dans un magasin de porcelaine affecté aux bruyantes polémiques avec le Royaume chérifien. L’inverse des méthodes de travail de Lamamra qui privilégie l’argumentation et la préservation des qualités relationnelles. On peut voir dans cette promotion, non pas un désaveu mais le signe d’une mise sous-surveillance d’un ministre qui a déjà montré par le passé sa liberté de manœuvre », précise notre interlocuteur. 

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ALGÉRIE : INSTABILITÉ, FERMETURE OU SÉCURITÉ ?

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« Discipline et confidentialité » ce sont les maîtres mots qu’Abdelmadjid Tebboune exige désormais de ses collaborateurs. « La gestion d’El Mouradia n’est plus informelle et désordonnée comme c’était le cas durant plus de deux décennies », se réjouit ce dimanche l’APS qui avait inlassablement célébré les capacités organisationnelles de celui dont elle stigmatise aujourd’hui l’incurie.

Il est extrêmement difficile de dresser un bilan cohérent des décisions qui caractérisent les cascades de nominations ou de suspensions. Aucun secteur n’est épargné. Des ministres sont relevés de leur fonction sans qu’aucune explication ne soit donnée à l’opinion publique ; il est de même pour le corps des ambassadeurs, celui des magistrats ou, plus récemment, des walis. Ces derniers ont vu leurs prérogatives considérablement réduites pour, assure-t-on, limiter la prédation et la corruption dont s’étaient effectivement rendus coupables des fonctionnaires de l’administration territoriale qui avaient abusé de leur pouvoir pour brader les terrains domaniaux ou concéder des autorisations à de activités économiques pas toujours compatibles avec les besoins des populations ou les contraintes environnementales. Pour autant s’interroge cet ancien chef de daïra « le jacobinisme est-il la solution dans un pays qui a plus que jamais besoin de décentralisation voire de régionalisation ? »

Même des domaines aussi sensibles que le renseignement n’échappent pas à un turn-over qui surprend observateurs et partenaires de l’Algérie. On ne compte plus en effet le nombre d’officiers nommés et démis quelques semaines ou même quelques jours après leur installation.

La lutte contre la corruption affichée comme une entreprise de salubrité publique souffre des mêmes inconséquences. La chasse aux affidés de Bouteflika et de Gaïd Salah se veut sans répits ni concession mais les deux principaux responsables du marasme combattu ont eu droit à des funérailles nationales.

Donnée effectivement remarquable : les secrets entourant les mouvements de la haute administration que salue l’APS sont bien gardés. Reste à savoir si, avec la disparition des journaux privés, cela relève de la discipline que revendique le pouvoir ou si, au contraire, elle participe du refus de transparence que dénoncent les avocats et les dernières ONG qui osent encore s’exprimer.   

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TUNISIE : LA LOI ÉLECTORALE DÉCRIÉE

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La nouvelle loi électorale, modifiée par décret présidentiel, publiée au journal officiel de la République tunisienne, JORT ce 15 décembre, annonçant les procédures devant régir les élections législatives fixées pour le 17 décembre 2022 ne pas l’unanimité, loin s’en faut.  

Scrutin uninominal, il est fustigé par une dizaine d’association féminines qui dénoncent la non parité de la loi qui fera la part belle aux candidats disposant dans leur circonscription de relais sociaux et de moyens financiers importants dont seules les grandes bourses peuvent bénéficier. 

Dans un communiqué commun l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD), l’association Beity, l’association Aswat Nissa, l’association Tawhida Ben Cheikh, l’Association des Femmes Tunisiennes pour la recherche sur le développement (AFTURD), l’Association femme et citoyenneté du Kef, l’association Amal pour la famille et l’enfant, l’association Joussour de citoyenneté du Kef, l’association Calam et la Ligue des électrices tunisiennes relèvent également la contradiction qui fait de la parité une obligation pour les parrainages et non pour les candidatures, réduisant ainsi la femme à une fonction de décoration. 

Par ailleurs, cette loi qui stigmatise les binationaux fait également l’objet de violentes attaques puisqu’un Tunisien né de père ou de mère étranger ne peut se porter candidat à la députation dans une circonscription située en territoire tunisien, alors qu’il peut candidater pour tente d’enlever l’un des sièges réservés aux Tunisiens de l’étranger quand bien même ne serait-il jamais sorti du territoire national.  Pourquoi déchoir de ses droits civiques un citoyen uniquement au motif qu’il a un parent étranger alors qu’il vit en Tunisie, y travaille, y paie ses impôts et qu’il n’a jamais fait l’objet de condamnation ? s’étrangle un jeune juriste qui pose d’ailleurs la question de la constitutionnalité de cette disposition. 

Cette loi qui durcit les sanctions contre les fraudes et interdit tout financement étranger vise en réalité à réduire les influences des partis dans le futur parlement considérablement affaibli devant le pouvoir exécutif. 

Plusieurs voix dont celles de nombreux partis politiques avaient annoncé l’idée d’un boycott pour disqualifier par l’abstention les élections législatives. Sauf que la faiblesse du taux de participation (moins de 30%) du référendum constitutionnel ne semble pas gêner outre mesure un président décidé à imposer son agenda à une opposition fragmentée et qui peine à faire émerger une figure à même de rassembler une opinion publique qui voit la Tunisie sombrer dans la précarité et l’instabilité politique.

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ALGÉRIE-ESPAGNE : L’AFFAIRE BRAHIM GHALI REBONDIT

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L’entrée du leader du Polisairio, Bahim Ghali en Espagne en avril 2021 pour recevoir des soins contre le coronavirus et qui avait provoqué une sérieuse crise entre Rabat et Madrid ne semble pas connaitre d’épilogue.

Selon « Voz Populi » qui suit le dossier de près « le tribunal a mandaté une commission rogatoire en Algérie pour s’enquérir de faux document fourni par Brahim Ghali à l’hôpital de Logroño où il avait été admis en avril 2021 pour se soigner du coronavirus ».

Par ailleurs, le même média ajoute qu’en vertu du traité de coopération judiciaire signé entre Alger et Madrid en 2002, le Parquet a sollicité le juge d’instruction pour demander une aide judiciaire de l’Algérie en vue de revenir sur les conditions d’entrée de Brahim Ghali en Espagne.

Enfin, et toujours selon la même source, le magistrat instructeur souhaite interroger le fils de Brahim Ghali sur l’accès de son père à l’hôpital de Logroño mais aussi sur l’identité de ceux qui avaient fait le voyage avec lui.

Pour rappel, l’hospitalisation de Brahim Ghali avec un passeport algérien alors qu’il était sous le coup de poursuites judiciaires en Espagne avait entrainé la démission de la ministre des Affaires étrangères Arancha Gonzles Laya accusée par Camilla Vilalrino, son chef de cabinet d’avoir favorisé l’arrivée en Espagne de Brahim Ghali. Celle-ci blanchie depuis par la justice avait cependant déclaré que « si c’était à refaire, elle n’hésiterait pas à recommencer pour une raison humanitaire ».

Encore un dossier qui risque de compliquer les laborieuses tentatives du chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez au moment où il tente un rapprochement avec Alger.

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RÉUNION DE LA LIGUE ARABE À ALGER : LE YOYO PERMANENT

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La réunion de la Ligue arabe prévue à Alger les 1er et 2 novembre n’en finit pas de susciter des annonces aussitôt démenties ou des décisions d’apaisement rattrapées par d’autres qui les dissolvent…

Ainsi, la réintégration de la Syrie à laquelle travaillait l’Algérie a finalement été démentie après quelques semaines de rumeurs contradictoires. De son côté, l’Egypte qui n’a que très modérément apprécié les visites des dirigeants éthiopiens à Alger a fait planer l’hypothèse d’un nouveau report du sommet. Le Caire entendait signifier son irritation devant le rapprochement ostentatoire du pays hôte avec un adversaire éthiopien auquel l’oppose la construction du barrage de la Renaissance – qui doit capter les eaux en amont du Nil – et qui est à l’origine d’un conflit, pour l’instant contenu, mais qui peut dégénérer du jour au lendemain. La perturbation politico-diplomatique égyptienne à peine retombée qu’un autre sujet de tension, et pas des moindres, rejaillit : la participation du Maroc avec lequel l’Algérie a rompu ses relations diplomatiques. L’invitation finalement adressée à Mohamed VI pouvait laisser deviner une disponibilité à privilégier la détente avant une rencontre sur laquelle avaient pesé hypothèques et polémiques.

Moins de quarante-huit heures après avoir solutionné la présence du souverain alaouite,  la nomination d’Amar Belani – appelé « le porte flingue » du dossier marocain -, au poste de secrétaire général du ministère des Affaires étrangères algérien, si elle venait à se confirmer, relancerait de facto la stratégie de la tension.

Indépendamment du maintien ou d’un éventuel nouveau report du sommet, les observateurs se perdent en conjectures sur le contenu des discussions (et des résolutions auxquelles celles-ci aboutiraient) qui pourraient rassembler des pays frontalement opposés sur l’invasion de l’Ukraine, sur la question du Sahara Occidental ou la position à adopter envers le Hamas palestinien.  

Pour cet ancien diplomate algérien qui fut en fonction à deux reprises au Caire ce sommet « est le type même de casse-tête diplomatique : s’il ne se tient pas, il confirmerait un délitement d’une Ligue arabe qui vaut plus par les adversités qui s’y expriment que par des compromis qu’elle ne produit plus depuis des lustres ; s’il se tient, il risque de voir les animosités latentes qui déchirent les états membres s’exacerber ; ce qui pose objectivement la question du bénéfice-risque de ce genre de cénacles ».

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ALGÉRIE : L’ANP AVEC LA RUSSIE EN MER DU JAPON

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Pour la première fois, l’armée algérienne participe avec une centaine d’hommes aux côtés de la Russie, de la Chine et de l’Inde aux exercices militaires VOSTOK qui se déroulent dans l’extrême orient russe sur les rives de la mer du Japon et de la mer d’Okhotsk. Ces opérations qui mobilisent 50 000 hommes, dont 10 000 viendraient de Chine, concernent tous les corps d’armée. Elles impliquent également l’Arménie, le Kazakhstan, la Syrie, le Nicaragua, le Laos, la Mongolie, le Belarus, le Tadjikistan et le Kirghizistan, autant de solides alliés et clients de Moscou dans le marché de l’armement.  La presse algérienne qui répercute méticuleusement les actions et décisions de l’armée s’est montrée particulièrement discrète sur cet engagement.

Selon plusieurs observateurs, cette participation qui intervient seulement quelques semaines avant des manœuvres anti-terroristes prévues en novembre 2022 avec la Russie à une cinquantaine de kilomètres du Maroc relativise déjà la portée de la visite récemment effectuée par le président Macron en Algérie et de laquelle certains commentateurs avaient cru attendre une inflexion des positions pro-russes de l’Algérie ; le chef d’Etat français ayant expressément dénoncé à Alger la politique du Kremlin comme une source de menace sur la paix du monde.  

Le rapprochement entre Algériens et Russes s’est renforcé à la faveur de l’invasion de l’Ukraine qu’à l’instar de plusieurs pays du Sud l’Algérie s’est gardée de condamner.

Le site Atalayar, généralement bien informé sur les questions militaires des mers chaudes, rapporte que depuis 2019, l’Algérie dépend à plus de 80% de ses besoins militaires des importations russes, faisant de ce pays le troisième client de Moscou après la Chine et l’Inde.

Le Mali est l’autre terrain sur lequel El Mouradia et le Kremlin coopèrent étroitement. Après l’éviction de la France de son ancienne colonie sahélienne, ce sont les deux pays qui y exercent désormais les plus grandes influences politique et sécuritaire. 

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ALGÉRIE-UE : HYDROCARBURES ET SILENCES

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Les relations Algérie-UE se réchauffent après le coup de froid induit par les tensions consécutives aux menaces de suspension de livraison du gaz algérien à l’Espagne. Madrid avait alors fait valoir son statut de membre de l’Union Européenne pour rappeler via Bruxelles Alger à ses obligations contractuelles. 

Cette friction semble dépassée puisque ce lundi le chef de l’État algérien a reçu au siège de la présidence de la République Charles Michel, le président du conseil européen qui a tenu à rappeler que « l’Algérie est un partenaire fiable en matière énergétique », propos signifiant que l’incident espagnol est clos.

La délégation algérienne qui a assisté aux entretiens aux côtés d’Abdelmadjid Tebboune composée du ministre des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger, M. Ramtane Lamamra, du directeur de Cabinet à la Présidence de la République, M. Abdelaziz Khellaf, du ministre de l’Energie et des Mines, M. Mohamed Arkab, et du ministre du Commerce et de la Promotion des exportations, M. Kamel Rezig, donne une indication de l’objet de la visite dans un contexte européen dominé par l’urgente nécessité de se libérer de la dépendance au gaz russe. Objectif confirmé implicitement par M. Charles Michel qui s’en est tenu à déclarer que les échanges ont porté sur “un certain nombre de situations liées au voisinage et au contexte géopolitique”.

Important producteur de gaz situé aux portes de l’Europe, l’Algérie est courtisée et se sait présentement en position de force. En effet, secouée par une insurrection populaire qui a duré près de deux ans et longtemps mise au banc des accusés pour cause de violation des libertés fondamentales, Alger revient sur la scène internationale à la faveur d’une crise énergétique qui réinstalle les polarisations géopolitiques de la guerre froide ; ce qui remet au gout du jour un pragmatisme qui relativise les atteintes récurrentes aux droits de l’homme que dénoncent, sans grand écho, les ONG locales.

C’était dans ce contexte que s’est déroulée la visite du président Macron à la fin du mois d’aout, lequel s’est bien gardé d’aborder le sort des quelques trois cents détenus d’opinion qui croupissent dans les prisons algériennes. « Les prisons sont pénibles mais les hivers sont rigoureux en Europe », ironisa en privé un binational qui faisait partie de la délégation qui avait accompagné Macron en Algérie et dont un des parents est détenu depuis bientôt un an et demi.  

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U17 : FINALE ALGÉRIE-MAROC

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Les Marocains affronteront les Algériens en coupe arabe U17. La compétition organisée par l’UAFA se déroule en Algérie. Les Marocains ont battu les Yéménites avec un score de 2 buts à 0 inscrits en seconde période. Pour leur part, les Algériens sont laborieusement venus à bout des Saoudiens à la suite d’une séance tendue de tirs aux buts (5 à 4), le match s’étant terminé sur un score vierge entre les deux équipes. 

Au-delà du relatif enjeu sportif qui engage des équipes par définition évolutives, la situation qui prévaut dans la région a nourri sur la toile des commentaires qui oscillent entre dérision et agacement. Pour arriver en Algérie, les Marocains doivent faire plusieurs escales pour contourner la fermeture de l’espace aérien algérien décidé à la suite de la rupture des relations diplomatiques survenue à l’été 2021 entre Rabat et Alger. C’est ainsi que pour atteindre Oran, ville située à moins de 200km de la frontière en vue de participer aux jeux méditerranéens, la délégation marocaine a dû se rendre à Tunis avant de faire le trajet inverse pour regagner la capitale de l’ouest algérien. Aujourd’hui, c’est la Tunisie que boycotte le Maroc qui a décidé d’annuler la participation de ses athlètes à toutes les compétions internationales programmées à Tunis. 

Au final, les équipes marocaines qui n’ont pas le droit de survoler l’espace aérien algérien dans les avions de leur pays peuvent concourir en Algérie. Cependant, les Marocains qui peuvent se rendre en Tunisie par la Royal air Maroc ne vont pas participer aux différents championnats qui s’y déroule. La cause de ces imbroglios : la question du Sahara occidental.   

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