Suivez-nous !

Politique

TUNISIE. MAGISTRATS EN GRÈVE, FRONDE DE L’UGTT : LE BRAS FER SE DURCIT POUR KAÏS SAÏED 

Publié il y a

le

Les magistrats tunisiens sont en grève pour une semaine reconductible depuis lundi. L’origine immédiate de cette protestation est la suspension, sans possibilité de recours, de 53 magistrats décidée par le président Kaïs Saïed le 1er juin (voir https://www.adn-med.com/2022/06/02/tunisie-les-purges-assumees-kais-saied-revoque-57-magistrats). Mais la dissolution du Conseil supérieur de la magistrature CSM avait déjà provoqué une rupture de confiance entre les magistrats et les auxiliaires de justice et le président. Cette grève, massivement suivie, ne semble pas avoir perturbé outre mesure l’irascible chef de l’Etat qui en, guise de réponse à un mouvement de grève inédit dans le pays, a ordonné à sa ministre de la justice de procéder à la ponction des journées non travaillées.

La justice tunisienne est donc paralysée pour une semaine reconductible sans que l’on sache à quelle date pourrait s’arrêter un mouvement qui pourrait impacter l’ensemble des secteurs de la vie publique.  

L’intransigeance de Kaïs Saïed risque de faire dégénérer un climat politique et social déjà largement dégradé. 

La Centrale syndicale UGTT qui a, jusque-là, fait montre d’une grande retenue devant les nombreux abus présidentiels – au point d’avoir été quelques fois accusée de laxisme voire de complicité avec Carthage par les acteurs les plus contestataires – affiche depuis quelques semaines des signes de raidissement de plus en plus manifestes.  

Après avoir décliné l’invitation au « dialogue national » lancé par le président pour valider son projet de révision de la constitution prévue pour le 25 juillet, le secrétaire général Noureddine Taboubi s’est lancé dans une série de consultations qui ressemble fort à l’ébauche d’une contre-proposition à la feuille de route de Kais Saied. Après avoir rencontré des organisations de la société civile (féministes, journalistes, magistrats), il a reçu des personnalités nationales reconnues et respectées comme Kamel Jendoubi, premier président de l’Instance électorale indépendante (ISIE) et Mokhtar Trifi ancien président de la Ligue tunisienne des droits de l’homme. Il s’est également entretenu très longuement avec les dirigeants de 5 partis de gauche et de centre gauche réunis dans une « Coalition contre le référendum ». 

Parallèlement à ces contacts auxquels il a voulu donner une forte visibilité, le premier responsable de l’UGTT a reçu ce mercredi 08 juin l’ambassadeur d’Allemagne en Tunisie, Peter Prügel et le représentant au ministère allemand des Affaires étrangères chargé de l’Afrique du nord et de la région Mena après s’être entretenu la veille avec la cheffe de mission adjointe et chargée d’affaires à l’ambassade des États-Unis en Tunisie, Natacha Franceschi. 

Point d’orgue du retour du syndicat au premier plan de la scène socio-politique, l’UGTT appelle à une grève générale du secteur public le 16 juin. 

Les observateurs suivront attentivement l’impact que pourrait avoir cette action de protestation car, dans la conjoncture actuelle, si elle était massivement suivie, elle prendrait l’allure d’un véritable coup de semonce pour un chef d’Etat plus que jamais inflexible devant tous les appels au retour à l’ordre constitutionnel.  Noureddine Taboubi pense-t-il pouvoir le faire céder ? En tous cas, il a affiché une forte détermination dans une déclaration publique ce jeudi 09 juin à Tunis : « Nous avons refusé de participer à un simulacre de dialogue, c’est pourquoi nous sommes ciblés par le pouvoir (…) Nous allons remporter cette bataille et nous sommes capables de défendre les libertés publiques et privées ».

Partager avec
Continuer la lecture
Cliquer pour commenter

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Politique

TUNISIE. KAÏS SAÏED DÉROUTE UN PEU PLUS SON MONDE

Publié il y a

le

Par

Alors que le juriste Sadok Belaïd chargé de la rédaction du projet de la nouvelle constitution a rendu sa copie le 20 juin, Kaïs Saïed s’est livré ce mardi 21 juin à des conjectures qui donneraient le tournis à tout être attendant d’un chef d’Etat sinon de la clarté et de la rigueur du moins de la cohérence. Belaïd avait annoncé proscrire toute référence à l’islam dans sa mouture. Deux semaines plus tard, le président, parti saluer les pèlerins se rendant à la Mecque sidère le pays en déclarant que la Tunisie ne serait pas une nation mais une province de la Oumma. Maître de l’ambiguïté, il proclame que l’Etat ne peut pas avoir une religion en raison de sa nature. « Seules les personnes physiques ont une religion… Sera-t-elle concernée par le jour du jugement ? (sic). L’État doit œuvrer pour l’accomplissement des objectifs de l’Islam et de la “Chariâa”… Ce qui importe le plus est de ne pas associer d’autres entités à Allah. Malheureusement, ceci a lieu au sein des régimes dictatoriaux. Ils créent les idoles et les vénèrent. Il s’agit d’une forme de blasphème ! Ils créent des idoles. Ils créent Al-Lat et Al-Uzza (divinités anté-islamiques) du 21ème siècle puis les vénèrent ! Il s’agit de blasphème… La prochaine constitution parlera d’une nation musulmane ! »

Dans ce borborygme, il serait vain de rechercher une lisibilité globale. Pourtant un message perdure : Kais ne laissera pas le champ religieux aux islamistes. L’homme qui a confisqué tous les pouvoirs déplore l’idolâtrie qui accompagne les potentats dictatoriaux et celui qui estime que l’Etat ne saurait avoir de religion – ce qui est en soi logique – s’empresse de confesser que ledit Etat doit « œuvrer pour l’accomplissement des objectifs de l’islam et de la Charia. » 

Les Tunisiens y perdent leur Coran. Et dans le bazar kaïsien tout un chacun peut faire son marché. D’autant que le maître de Carthage en remet une couche en ajoutant que désormais il n’y aura pas de pouvoir mais uniquement des fonctions expliquant que le concept de la séparation des pouvoirs n’avait pas vocation à perdurer puisque Montesquieu qui en est l’inspirateur n’est pas un émissaire de Dieu. Lui-même le serait-il dès lors qu’il s’autorise à redéfinir les normes et les instruments qui doivent régenter la cité des hommes ? 

Des âmes généreuses avaient refusé de voir une évidence : Kaïs ne s’opposait pas à Ennahdha pour des questions de doctrine mais de pouvoir. Il avait pourtant annoncé la couleur en bloquant dès son intronisation le projet de loi garantissant l’égalité successorale au motif que l’islam avait tranché cette question. Il reste à espérer que ces ultimes aveux ouvrent les yeux à tous car la Tunisie de Bourguiba est en péril. 

Partager avec
Continuer la lecture

Politique

ALGER-RABAT : RÉPONSE DU BERGER…

Publié il y a

le

Par

Ce n’est que ce 7 juin que l’Algérie a décidé de réagir aux provocations du Maroc dont l’ambassadeur auprès de l’ONU, Omar Hilale, créa la surprise en juillet 2021 lorsqu’il déclara son appui au « peuple kabyle en Algérie qui méritait plus que tout autre de jouir pleinement de son droit à l’autodétermination » en réaction au soutien apporté par les Algériens à l’autodétermination du Sahara Occidental revendiquée par le Polisario. 

Assez curieusement, Alger, pourtant très enclin à réagir voire à devancer les polémiques avec Rabat, a attendu plusieurs mois avant de répliquer sur la même longueur d’onde en invoquant la délicate question du Rif dont des manifestants avaient brandi le poster du célèbre dirigeant républicain Abdelkrim Al Khattabi lors des manifestations qui avaient secoué cette région du nord du royaume en février 2016.

C’est désormais chose faite. Le très sonore Amar Belani, chargé des relations avec les pays du Maghreb et du Sahara Occidental, rend hommage aux indépendantistes du Rif et à leur chef Abdelkrim al Khettabi qui avait présidé aux destinées de l’éphémère république du Rif qu’il créa en 1921. Et fidèle à sa rugosité verbale, Amar Belani salue « ces vaillants fils du peuple du Rif qui vivent sous la botte d’un État voyou, rêvent d’une vie digne et décente et nourrissent l’espoir ardent de pouvoir, un jour, s’autodéterminer dans le prolongement de la légendaire république du Rif ». 

Le Maroc n’a pas tardé à actionner les sites dédiés à la polémique avec l’Algérie. Hespress, Yabiladi, Maroc 24 ou le 360.Ma ont aussitôt ironisé sur « un régime militaire aux abois (…)  en manque d’imagination ». Ce dernier organe a même choisi la sortie du diplomate algérien pour présenter une constitution kabyle publiée par le MAK, mouvement indépendantiste kabyle déclaré organisation terroriste par le régime algérien. 

Le système du Makhzen comme celui du FLN, marqués par le jacobinisme français, sont l’un et l’autre fondamentalement réfractaires à la décentralisation voire à la déconcentration de leurs administrations territoriales.  

Cependant, dans leur long et préjudiciable affrontement pour la région, Alger et Rabat instrumentalisent la question amazighe pour se mettre mutuellement en difficulté. Juba II, activiste de la revendication amazighe algérien qui commente sur la toile cette dernière passe d’armes résume assez bien l’interprétation générale que la mouvance amazighe donne de ces manipulations : en faisant du substrat culturel et identitaire sur lequel peut se construire l’Afrique du nord démocratique un sujet de provocations réciproques, les régimes algérien et marocain signent leur nature autoritaire. 

Partager avec
Continuer la lecture

Politique

VIOLENTE DIATRIBE D’ALGER CONTRE L’ESPAGNE

Publié il y a

le

Par

Difficile de savoir qui va arrêter l’ire d’Alger contre l’Espagne. Ce mardi, l’agence de presse officielle algérienne, APS – naguère connue pour son style allégorique et langue de bois – signe une dépêche contre le ministre espagnol des Affaires étrangères Albares qui fera partie des reliques des annales des polémiques journalistiques.

« Diplomate indigne de ce grand pays méditerranéen et de son grand peuple qui a toujours inspiré le respect ». Ministre « entré en diplomatie par effraction et jamais à cours de maladresses (…) sentiment de tristesse face au caractère grotesque du spectacle diplomatique de ce personnage aux allures contrastant avec les illustres diplomates et ministres des Affaires étrangères de l’Espagne a inscrits ( sic) dans le panthéon de la diplomatie internationale (…) burlesque de ce quidam qui s’est vu confier la lourde tâche de conduire la politique étrangère du Royaume d’Espagne », l’APS ne trouve pas de mots assez durs pour vilipender un ministre dont « l’histoire ne retiendra pas grand-chose d’Albares, car rien de grand ne naît de la petitesse ».

L’origine immédiate de cette diatribe est l’annonce de possibles rétorsions de l’Union européenne contre l’Algérie si cette dernière contrevenait à ses obligations contractuelles à la suite de la suspension du traité d’amitié et de coopération décidée par Alger le 8 juin. 

Certes, cette charge particulièrement fleurie émane de l’agence de presse officielle et non du ministère des Affaires étrangères qui a réagi contre les déclarations du représentant de l’UE par un communiqué ferme mais dont les termes restent convenables ( voir adn-med du 12 juin ), mais il est de notoriété publique que l’APS est la voix officieuse du pouvoir algérien sinon de ses clans les plus puissants. 

On note depuis quelques mois une nette dissonance entre les propos des départements ministériels et ceux de l’agence de presse, réputée être proche des services de renseignements algériens. Cette différence de ton voire de fond était déjà apparue à l’occasion de la polémique née au mois de janvier entre l’Algérie et la banque mondiale à la suite de la publication du rapport de cette dernière institution sur l’économie algérienne. Le premier ministre Aïmène ben Abderrahmane qui avait tenté de modérer l’outrance de la dépêche de l’APS fut alors sèchement rabroué par le président du sénat qui avait repris à son compte les très peu diplomatiques accusations de l’APS.

Un diplomate d’Europe centrale qui avoue son étonnement devant tant de saillies verbales, rapporte que ce double langage intrigue les chancelleries qui se perdent en conjectures quant à la question de savoir si l’on est face à de vraies divergences dans les centres de décision ou en présence d’un jeu de rôle où l’Algérie exprime par l’APS son exaspération dans des termes excessifs voire outranciers pour signifier sa détermination à ne pas évoluer sur le dossier en cause. 

Il est difficile de mesurer l’impact de cette stratégie de l’excès verbal. Toujours est-il que l’Espagne qui devait participer aux exercices de l’African Lion 2022, qui se déroulera au Maroc du 6 au 30 juin, vient d’annoncer son retrait de cette opération militaire qui regroupe 13 pays partenaires dont les États-Unis, la France, l’Italie, la Grande Bretagne, Les Pays-Bas… 

Partager avec
Continuer la lecture

Politique

LA CRISE ALGÉRO-ESPAGNOLE REBONDIT À BRUXELLES

Publié il y a

le

Par

C’est le ministère des Affaires étrangères algérien qui est monté au créneau ce samedi pour réagir aux interpellations et menaces de l’Union européenne suite à la décision de suspension du traité d’amitié avec l’Espagne. Dans un premier temps, Alger s’était contenté de faire intervenir son ambassadeur à Bruxelles après la déclaration d’une porte-parole de l’Union européenne qui avait jugé la situation préoccupante et invité l’Algérie à revenir sur sa décision. 

Vendredi, ce sont deux hauts responsables de l’UE qui ont formellement adressé des avertissements au gouvernement algérien n’hésitant pas à envisager l’éventualité de représailles.

C’est alors que le département de Ramtane Lamamra a tenu à exprimer son incompréhension et son désaccord avec Bruxelles : « L’Algérie déplore et rejette les déclarations hâtives et infondées faites hier au nom de l’Union européenne à la suite de la décision souveraine prise par l’Algérie de suspendre le Traité d’amitié, de bon voisinage et de coopération la liant à l’Espagne », lit-on dans le long communiqué qui dénonce par ailleurs « Cette intrusion malencontreuse (qui) est le fait d’une personnalité manifestement commise à l’amplification des thèses de sa diplomatie nationale au détriment de la préservation des intérêts bien compris de l’Union européenne au sein de laquelle l’Algérie s’honore de compter de nombreux amis et partenaires fiables et responsables ». Alger qui ne désigne pas la nationalité de la personne accusée d’abuser de sa fonction européenne pour amplifier les thèses de son pays fait valoir que sa décision de suspendre le traité qui la liait à l’Espagne est inspirée par des « considérations légitimes, qui tiennent pour l’essentiel à ce que le partenaire se soit délié d’obligations et de valeurs essentielles inscrites dans ce Traité, prenant ainsi la responsabilité de vider cet instrument juridique de sa substance et de mettre en cause sa pertinence dans les relations entre les deux parties audit traité ».

Déterminé à relever ce qui risque de prendre l’allure d’un bras de fer diplomatique avec Bruxelles, l’Algérie n’hésite pas à pointer une ambivalence de l’UE qui se serait rendue coupable de traitement « douteux et paradoxal » sur d’autres dossiers. Et de relever « la posture circonspecte de la Commission européenne dans le cas récent d’un contentieux commercial majeur concernant un État-clé de l’Union qui a été amené à rappeler ses ambassadeurs auprès de deux États développés non-européens avec lesquels il était en conflit d’intérêts ». 

L’Espagne n’étant pas prête de revenir sur son nouveau positionnement à propos du Sahara occidental, on peut supposer que la polémique va durer voire s’aggraver. Alger joue le rapport de force ; fournisseur de gaz dans une conjoncture de contraction de l’offre, les turbulences du marché la mettent à l’abri de réactions brutales et immédiates de l’UE. « Prenons garde à ne pas abuser de notre avantage. Les diatribes lancées contre la Banque mondiale et l’Unesco, toujours à cause des tensions qui nous opposent au Maroc, ont laissé des traces. Il faudrait éviter que ce différend n’aliène l’ensemble de notre diplomatie », avertit un constitutionnaliste pourtant proche du cercle présidentiel puisque qu’il fit partie des personnalités sollicitées pour la révision de la constitution.  

Partager avec
Continuer la lecture

Politique

TUNISIE. MAGISTRATS EN GRÈVE, FRONDE DE L’UGTT : LE BRAS FER SE DURCIT POUR KAÏS SAÏED 

Publié il y a

le

Par

Les magistrats tunisiens sont en grève pour une semaine reconductible depuis lundi. L’origine immédiate de cette protestation est la suspension, sans possibilité de recours, de 53 magistrats décidée par le président Kaïs Saïed le 1er juin (voir https://www.adn-med.com/2022/06/02/tunisie-les-purges-assumees-kais-saied-revoque-57-magistrats). Mais la dissolution du Conseil supérieur de la magistrature CSM avait déjà provoqué une rupture de confiance entre les magistrats et les auxiliaires de justice et le président. Cette grève, massivement suivie, ne semble pas avoir perturbé outre mesure l’irascible chef de l’Etat qui en, guise de réponse à un mouvement de grève inédit dans le pays, a ordonné à sa ministre de la justice de procéder à la ponction des journées non travaillées.

La justice tunisienne est donc paralysée pour une semaine reconductible sans que l’on sache à quelle date pourrait s’arrêter un mouvement qui pourrait impacter l’ensemble des secteurs de la vie publique.  

L’intransigeance de Kaïs Saïed risque de faire dégénérer un climat politique et social déjà largement dégradé. 

La Centrale syndicale UGTT qui a, jusque-là, fait montre d’une grande retenue devant les nombreux abus présidentiels – au point d’avoir été quelques fois accusée de laxisme voire de complicité avec Carthage par les acteurs les plus contestataires – affiche depuis quelques semaines des signes de raidissement de plus en plus manifestes.  

Après avoir décliné l’invitation au « dialogue national » lancé par le président pour valider son projet de révision de la constitution prévue pour le 25 juillet, le secrétaire général Noureddine Taboubi s’est lancé dans une série de consultations qui ressemble fort à l’ébauche d’une contre-proposition à la feuille de route de Kais Saied. Après avoir rencontré des organisations de la société civile (féministes, journalistes, magistrats), il a reçu des personnalités nationales reconnues et respectées comme Kamel Jendoubi, premier président de l’Instance électorale indépendante (ISIE) et Mokhtar Trifi ancien président de la Ligue tunisienne des droits de l’homme. Il s’est également entretenu très longuement avec les dirigeants de 5 partis de gauche et de centre gauche réunis dans une « Coalition contre le référendum ». 

Parallèlement à ces contacts auxquels il a voulu donner une forte visibilité, le premier responsable de l’UGTT a reçu ce mercredi 08 juin l’ambassadeur d’Allemagne en Tunisie, Peter Prügel et le représentant au ministère allemand des Affaires étrangères chargé de l’Afrique du nord et de la région Mena après s’être entretenu la veille avec la cheffe de mission adjointe et chargée d’affaires à l’ambassade des États-Unis en Tunisie, Natacha Franceschi. 

Point d’orgue du retour du syndicat au premier plan de la scène socio-politique, l’UGTT appelle à une grève générale du secteur public le 16 juin. 

Les observateurs suivront attentivement l’impact que pourrait avoir cette action de protestation car, dans la conjoncture actuelle, si elle était massivement suivie, elle prendrait l’allure d’un véritable coup de semonce pour un chef d’Etat plus que jamais inflexible devant tous les appels au retour à l’ordre constitutionnel.  Noureddine Taboubi pense-t-il pouvoir le faire céder ? En tous cas, il a affiché une forte détermination dans une déclaration publique ce jeudi 09 juin à Tunis : « Nous avons refusé de participer à un simulacre de dialogue, c’est pourquoi nous sommes ciblés par le pouvoir (…) Nous allons remporter cette bataille et nous sommes capables de défendre les libertés publiques et privées ».

Partager avec
Continuer la lecture

Politique

L’ALGÉRIE SUSPEND SON TRAITÉ D’AMITIÉ ET DE COOPÉRATION AVEC L’ESPAGNE

Publié il y a

le

Par

Rien ne semble devoir arrêter l’escalade entre Alger et Madrid. Un communiqué de la présidence de la République daté de ce mercredi fait état de la suspension immédiate du traité d’amitié, de bon voisinage et de coopération que l’Algérie a conclu avec l’Espagne le 8 octobre 2002. 

 Alger explique sa décision par le fait que “Les autorités espagnoles se sont engagées dans une campagne tendant à justifier la position qu’elles ont adoptées sur le Sahara Occidental en violation de leurs obligations juridique, morale et politique de puissance administrante du territoire qui pèsent sur le Royaume d’Espagne jusqu’à ce que la décolonisation du Sahara Occidental soit déclarée accomplie par les Nations Unies”.

Le même jour, l’Agence de presse officielle APS publiait deux dépêches ciblant le Maroc. L’une reprend les propos d’Amar Belani, envoyé spécial du Sahara occidental et du Maghreb au ministère des Affaires étrangères qui dresse une longue liste des « moyens amoraux » utilisés par les autorités d’un pays ( le Maroc NDLR) « sans état d’âme et avec cynisme (…) dans la sale guerre qu’elles mènent aux pays du voisinage” ; l’autre reprend une enquête de l’agence d’information Step News basée aux Etats-Unis à propos du « Maroc oublié » où peut-on lire que « la vie est primitive et l’homme aussi ».

Depuis la dégradation de ses relations avec le Maroc et l’Espagne, l’Algérie déploie une intense activité pour privilégier ses rapports avec l’Italie. 

Partager avec
Continuer la lecture

Politique

ALGÉRIE. LE JOURNALISTE EL KADI IHSANE CONDAMNÉ À SIX MOIS DE PRISON FERME

Publié il y a

le

Par

La condamnation du directeur de Maghreb Émergent et de radio M, à six mois de prison ferme et une amende de 50.000 dinars a suscité une large indignation dans les milieux politique et associatif en Algérie. Bien que non assortie de mandat de dépôt, cette sanction est légitimement interprétée par les activistes de l’opposition comme un avertissement adressé aux journalistes qui osent encore exercer leur métier avec un minimum de conscience professionnelle. 

Cette condamnation intervient suite à une plainte déposée par l’ancien ministre de l’information Ammar Belhimer, lui-même ancien journaliste, pour « diffusion de fausses informations, perturbation des élections et réouverture de la tragédie nationale ».

Prévue initialement pour le 31 mai le verdict de ce procès à rebondissement a été rendu ce mardi, témoignant de l’embarras d’un pouvoir qui assure par ailleurs vouloir rechercher l’apaisement en appelant au dialogue. 

Dans une vidéo postée sur la page facebook de radio M, El Kadi IHSANE a déploré une décision qui « n’arrange ni la presse algérienne, ni la justice ni l’image du pays ». 

Partager avec
Continuer la lecture

Politique

TUNISIE. LES PURGES ASSUMÉES, KAIS SAIED RÉVOQUE 57 MAGISTRATS

Publié il y a

le

Par

En prononçant, à la surprise générale la révocation de 57 magistrats, le président Kais Saied assume son entreprise de démembrement de tous les leviers du pouvoir judiciaire. C’est par un décret présidentiel publié au journal officiel le 1 er juin autour de minuit – horaire de prédilection des activités présidentielles – que Kais Saied s’octroie une prérogative supplémentaire, celle de révoquer « tout magistrat en raison d’un fait qui lui est imputé et qui est de nature à compromettre la réputation du pouvoir judiciaire, son indépendance ou son bon fonctionnement. (…) Le décret n’est susceptible de recours qu’après le prononcé d’un jugement pénal irrévocable concernant les faits qui lui sont imputés ».

Jusque-là, par le décret de février 2022 relatif à la création du Conseil supérieur provisoire de la magistrature (CSM) – que le décret du 1 er juin vient modifier- le pouvoir de révocation était détenu par ce Conseil. Visiblement le président ne fait même plus confiance au CSM provisoire dont il a pourtant lui-même nommé tous les membres il y a à peine 3 mois.

Quelques heures plus tôt, dans une véhémente diatribe contre les juges, prononcée en conseil des ministres, il avait appelé à une purge urgente et nécessaire de la magistrature infestée, selon lui, de magistrats qu’il accuse pêle-mêle de corruption, de protection de terroristes et de personnalités politiques, d’implication dans des affaires de contrebande, d’entrave au fonctionnement de la justice, de harcèlement, d’affaires de mœurs, etc. Dans cette même intervention diffusée à la télévision, il a, une fois de plus, juré ses grands dieux qu’il n’avait nullement l’intention de s’immiscer dans le fonctionnement de la justice. Avec ce décret nocturne, il lui sera difficile de continuer à confesser ce genre d’allégations !

D’autant que les observateurs soulignent que certains des juges limogés auraient refusé d’appliquer les instructions de Kais Saied, notamment celles de procéder à l’arrestation des députés ayant tenu la séance plénière du parlement le 30 mars dernier qui avait annulé les mesures exceptionnelles prises par Kais Saied depuis le 25 juillet 2021. Parmi ces magistrats figurent le procureur général près la cour d’appel de Tunis et le procureur de la République auprès du tribunal de première instance de Tunis.

Condamné quasi unanimement par la profession, la société civile et la classe politique cet acte spectaculaire sert de démonstration de force à un président dont la feuille de route pour le référendum constitutionnel du 25 juillet vient de subir plusieurs revers. En interne d’abord avec la fin de non-recevoir cinglante que la centrale syndicale UGTT lui a renvoyée en réponse à sa « convocation au dialogue national » et à l’international avec un avis de la Commission de Venise (Commission européenne pour la démocratie par le droit, organe consultatif du Conseil de l’Europe) sur demande de l’Union Européenne, qui relève la non-conformité de ce processus référendaire avec la constitution tunisienne et les standards internationaux. Dans un accès de colère dont il est coutumier, Kais Saied avait déclaré, il y a quelques jours, la Commission de Venise « personna non grata » en Tunisie.

Les Nations Unis ont exprimé, ce 2 juin, leur inquiétude par la voix de Stephan Dujarric, porte-parole du secrétaire général Antonio Guterres, qui a déclaré : « nous sommes préoccupés par l’évolution des évènements en Tunisie et nous suivons la situation avec la plus grande attention ».

Isolé chez les élites internes et chez les partenaires internationaux, Kais Saied sait pouvoir compter sur la « vox populi » qui applaudit la bravoure d’un « Zaim » qui veut assainir une justice corrompue et défendre la souveraineté du pays des ingérences extérieures.

Il demeure que ces incartades commencent à interroger le très complaisant voisin algérien, déjà en conflit ouvert avec le Maroc, qui ne souhaiterait pas voir se développer sur son flanc Est un autre foyer de tensions voire un possible chaos qu’annonce chaque jour un peu plus un chef d’Etat d’autant plus dangereux qu’il est dans un déni qui l’empêche de voir une dégradation socioéconomique qui pousse à l’extrême précarité un nombre de plus en plus important de catégories sociales. On sait que le Président algérien, en visite d’Etat en Italie le 26 mai avait proposé ses bons offices pour « aider la Tunisie à sortir de l’impasse » où elle se trouvait. Quand on se sait que Kaïs Saïed s’est fâché avec Rabat suite à l’abandon de la position de neutralité affichée par son pays sur le dossier du Sahara occidental, il est difficile de deviner chez lui une ligne stratégique cohérente, la seule qu’il offre étant son imprévisibilité.

Partager avec
Continuer la lecture

Politique

TUNISIE. GHANNOUCHI INTERDIT DE SORTIE DU TERRITOIRE EN LIEN AVEC LES ASSASSINATS DE BELAID ET BRAHMI

Publié il y a

le

Par

Les assassinats de Chokri Belaid et de Mohamed Brahmi survenus respectivement en février et juillet 2013 et qui avaient traumatisé la Tunisie viennent de connaitre un rebondissement de plus. Le comité de défense constitué pour suivre cette affaire a tenu une conférence de presse ce 1er juin pour informer l’opinion publique sur l’évolution d’un dossier dont les zones d’ombre continuent de soulever inquiétude et colère chez de nombreux Tunisiens.  Lors cette prise de parole, l’avocat Koutheir Bouallègue a déclaré que tous les éléments, anciens ou nouveaux, apportés par le comité de défense étaient étayés par des preuves attestant de leur réalité. « Nous essayons petit à petit de dévoiler la vérité. La route est longue, car il s’agit d’assassinats politiques. Il s’agit de crime auquel l’Etat a participé… Nous allons présenter de nouvelles informations grâce à votre soutien et aux efforts des avocats tunisiens », a-t-il soutenu.

Pour de larges pans de l’opinion, ce drame est relié à l’existence supposée d’une structure secrète proche du mouvement Ennahdha dont le dirigeant serait un certain Mustapha Khedher qui grâce à ses agents infiltrés aurait dévoyé des organes de la sécurité de l’Etat pour les mettre au service du mouvement et pour organiser les éliminations de Belaïd et de Brahmi. Aujourd’hui, le même Mustapha Khedher a disparu et reste introuvable depuis le mois de février.

Les personnes suivant les différentes étapes de l’instruction pointent des manquements graves. Maitre Koutheir Bouallègue a révélé que depuis plus d’une année le ministère de l’Intérieur refusait de donner le rapport relatif aux instructions préliminaires. Pourtant, estime-t-il, ce document peut contribuer à découvrir les insuffisances qui ont émaillé cette procédure voire d’identifier d’éventuels complices ayant travaillé dans l’administration ministérielle. Selon lui, le ministère de l’Intérieur assure que son Inspection générale avait transmis ledit rapport au directeur général de la sûreté nationale sans avoir pris l’élémentaire précaution d’en garder copie.

Pour rappel, l’assassinat de Chokri Belaid avait entrainé une crise du gouvernement dominé par le parti islamiste Ennahdha. Après la démission du chef du gouvernement Hamadi Jebali, Ennahdha avait désigné Ali Larayedh, ministre de l’intérieur, pour lui succéder au grand dam de l’opposition. L’assassinat de Mohamed Brahmi au mois de juillet suivant avait porté la tension politique à son comble et provoqué le « sit-in du départ », ces mobilisations populaires massives de l’opposition démocratique en août 2013 qui ont conduit au Dialogue National et contraint Ennahdha à quitter le pouvoir.  

Signalons également que le leader d’Ennahdha, Rached Ghannouchi, vient de se voir interdire la sortie du territoire tunisien aux côtés d’une trentaine d’autres personnes dans le cadre de l’affaire dite de « l’appareil secret d’Ennahdha ». Dans cette affaire comme dans celle des assassinats politiques, l’instruction a été considérablement ralentie depuis une décennie. Sa réactivation soudaine aujourd’hui ne serait pas étrangère à la volonté du Président Kais Saied d’affaiblir un de ses principaux opposants au moment où sa proposition de dialogue national devant conduire au référendum constitutionnel du 25 juillet a du plomb dans l’aile après le refus de l’UGTT et d’autres organisations ou personnalités de poids d’y participer.

Partager avec
Continuer la lecture

Politique

ALGÉRIE-MAROC : EXERCICE MARITIME CONJOINT AVEC LES USA

Publié il y a

le

Par

L’Algérie et le Maroc qui ont rompu leurs relations diplomatiques en août 2021 participent à des manœuvres maritimes conjointes dans le cadre de l’exercice Phoenix international 2022 qui se déroule du 21 au 4 juin pour la deuxième année consécutive en Tunisie. 

Organisé par la sixième flotte des USA et la Tunisie, pays coorganisateur, cette 17ème édition verra la participation de 13 pays d’Afrique du Nord dont La Mauritanie, le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, la Libye et l’Égypte, des pays d’Europe avec l’Espagne, l’Italie, Malte, la Grèce, le Royaume Unis et les Etats-Unis.   

Le but de cette opération est de former les équipes d’avant-garde marine et les forces spéciales des nations participantes à monter une opération navale conjointe pour lutter contre les activités illégales en mer et à améliorer le savoir- faire de chacun par la mutualisation des expériences.

Dans l’édition précédente, le capitaine Harry Knight, directeur de l’exercice, avait expliqué que ces manœuvres améliorent l’interopérabilité, augmentent la sécurité maritime ce qui favorise le commerce mondial. 

On ne sait pas à ce stade si les marins algériens et marocains ont été simultanément associés dans les mêmes opérations.    

Partager avec
Continuer la lecture

Les plus vus de la semaine

WP2Social Auto Publish Powered By : XYZScripts.com