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Politique

ISLAMISME EN TUNISIE : LES INTELLECTUELS ALERTENT

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Le jeu du chef de l’Etat tunisien alarme les intellectuels. En laissant courir l’idée que la référence à l’slam sera supprimée dans le prochain projet de constitution, Kaïs Saïed dévoie un combat fondamental pour les pays où l’islam est confisqué pour asseoir une légitimité religieuse qui défie la citoyenneté. Le président tunisien imprègne ses discours, ses comportements et, plus grave, ses décisions par un islamisme grégaire qui menace une vision de la nation et de l’homme tunisien tels que les a conçus et portés Bourguiba. Face à cette dérive, la militante Sana BEN ACHOUR, Professeur de droit public et membre d’une famille de juristes tunisiens émérites, vient de publier une contribution* que tout démocrate nord-africain gagnerait à méditer.
*  publiée sur le site de l’association Nachaz (Dissonnance).


L’ ARBRE QUI CACHE LA FORET
DE L’ISLAM RELIGION D’ETAT A L’ISLAM COMMUNAUTAIRE

Le projet de supprimer la référence à « l’Islam religion d’Etat » de la « Constitution de la Nouvelle République » est, dans les conditions actuelles d’extravagance institutionnelle et de dérive autoritaire, un leurre, un rempart factice contre l’islam politico-juridique, un simple appât pour rallier une opinion publique sécularisée, lassée des promesses manquées. Les critiques laïques comme les surenchères identitaires n’ont pas manqué de fuser depuis l’annonce du doyen Sadok BELAID, maître d’œuvre de la nouvelle constitution et président coordinateur de « l’Instance nationale consultative pour une nouvelle République » [Décret Présidentiel n° 2022-499 du 20 mai 2022, JORT, n° 56]. Mais ce n’est pas tout. Le plus inquiétant est ce tour de passe-passe qui prétend expurger l’Islam de l’Etat et aboutir par là à la séparation du politique et du religieux mais qui entend en contrepartie le loger ou le domicilier dans la Nation-Umma, collectivité définie par son identité arabo-musulmane. Loin d’émanciper le champ juridique de l’impératif religieux, ce projet vise en vérité à réinstaurer le religieux comme le laisse entendre déjà le maintien de la condition d’islamité du candidat à la Présidence de la République, l’intention de passer outre la liberté de conscience de l’article 6 de la constitution du 27 janvier 2014, la vision familialiste du président sur la citoyenneté des femmes qui s’arrête selon lui au seuil des foyers, le primat de l’interdit coranique à l’égalité des femmes devant l’héritage, la survalorisation de l’équité (al âdl ) au détriment de l’égalité en droits, le dessein général du«tandhimalqaîdy»,l’organisation de base communautaire du Chaâb Yourid (le peuple veut). 

Quelles sont donc, au vu des annonces dont nous disposons pour l’instant, les implications de la conversion de l’Islam religion d’Etat (I) vers l’islam religion de la nation (II). Vaut-elle donc rupture comme l’on peut s’y attendre? À quoi réfère exactement le concept ? Est-t-il porteur d’une nouvelle raison civique et du respect de l’espace commun de la Polis où la citoyenneté peut s’exercer sans discrimination aucune dans le respect de tous les droits et libertés qui lui sont afférents ? Ou n’est-il, que simple renversement vers l’apparence du moins d’État, le tout majoritaire et le retour à « l’orthodoxie de masse » ? 

I) L’islam Religion d’Etat 

Le rapport conflictuel « Islam et Etat », que l’on a tenté de contenir dans la constitution de 2014 par le jeu combiné du caractère civil de l’Etat (article 2), les droits et libertés du chapitre II y compris la liberté de conscience (article.6) et surtout par celui de la clause générale de limitation des libertés et des droits fondamentaux de l’article 49, a été abondamment discuté par les différents protagonistes du débat avant qu’ils s’y résolvent. La formule remonte à la Constitution du 1er juin 1959 selon laquelle « La Tunisie est un État libre, indépendant et souverain ; l’Islam est sa religion, l’arabe sa langue et la république son régime ». L’énoncé ne manquait pas d’ambivalence ni non plus, paradoxalement, d’ingéniosité, laissant libre cours aux interprétations doctrinales et jurisprudentielles les plus radicalement opposées comme à l’arbitrage du temps et de l’histoire. Les uns y ont vu une prescription, un impératif constitutionnel de conformisme législatif à l’Islam tandis que les autres ne lui ont prêté aucune impérativité, aucune normativité, aucun devoir-être. Ni chariâ, ni fiqh, ni madhhab (Ecole juridique), ni opinion dominante de l’islam n’y ont été proclamés source de législation, qu’elle soit à titre exclusif, principal, subsidiaire ou complémentaire. Rien de similaire à la majorité des pays arabes ou musulmans, qui, selon les cas se sont proclamés « Républiques ou Monarchies islamiques », ont inscrit « l’Islam religion de l’Etat et du peuple », ont intégré à diverses strates de leur ordre juridique la chariâ, ses principes, sa doctrine dominante ou son fiqh (droit musulman). 

En fait, la formule n’est pas univoque. Elle a agi à double tranchant, déjà dans la Tunisie laïque du Président Bourguiba comme elle a continué de planer au présent sur les droits, les comportements et les représentations. 

On l’aura compris, « Islam religion d’Etat » telle qu’énoncé sans autres références constitutionnelles pour en préciser la teneur ou les implications pratiques, n’a pas de sens fixe, prédéterminé, comme c’est souvent le cas avec les énoncés abstraits d’un droit au repos. N’y font résonance dans le texte constitutionnel que trois seules occurrences – si l’on exclut la référence du préambule exprimant « l’attachement du peuple aux enseignements de l’islam et à ses finalités caractérisées par l’ouverture et la tolérance » sur laquelle nous reviendrons par la suite en ce qu’il est question du peuple et non de l’Etat. Il s’agit, dans l’ordre de leur exposé, de la condition d’islamité du chef de l’Etat (article 74) né Tunisien dont on n’exige plus, du reste comme avant, qu’il soit né de père, de mère et de grand-père paternel tous tunisiens sans interruptions ; 2) celle relative au serment des membres de l’Assemblée des représentants du peuple lors de la prise de leurs fonctions (art.58), du chef de l’Etat devant l’assemblée (article 76), du Chef du Gouvernement et ses membres (article 89) selon lequel tous et toutes jurent « Par Dieu Tout- Puissant de sauvegarder l’indépendance de la Tunisie et l’intégrité de son territoire, de respecter sa Constitution et ses lois, de veiller à ses intérêts et de lui être loyal » ; 3) enfin celle qui attribue au chef de l’Etat le pouvoir de nommer le Mufti de la République tunisienne et de mettre fin à ses fonctions. Peu de choses au final au regard du modèle théocratique mais déjà le prélude à un Etat de la communauté des musulmans. 

En pratique, l’Islam religion d’Etat a reçu divers usages à plusieurs visées. Son activation a servi souvent politiquement à se réapproprier le référent religieux pour renforcer la légitimité de régimes autoritaires en perte de vitesse et par donner des gages de conformisme communautaire et identitaire sur le dos des femmes et des libertés individuelles. Il suffit de rappeler l’interdiction du mariage de la Tunisienne avec un non-musulman (circulaire de novembre 1973) ; le revirement sur la réforme du droit successoral( 1973) ; la fermeture des cafés et des établissements de restauration au mois de Ramadhan (circulaire dite « M’zali » de 1981) ; les réserves aux dispositions de la Convention des Nations Unies pour l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes ( CEDAW) ( 1985), la Déclaration générale du gouvernement (en vigueur) selon laquelle la Tunisie ne prendra aucune mesure allant à l’encontre de son article premier ( juillet 1985) ; les campagnes de « moralisation et de bonnes mœurs » (1968 (article 231 du code pénal), 1989- 1990-) , les restrictions aux mêmes motifs à la convention sur les droits des enfants (novembre 1991), etc. 

Elle a conduit d’autre part à une «administration de l’islam par l’État » avec la promotion d’un Islam officiel poursuivant des finalités contrastées d’ordre public et de police administrative ( la prohibition du voile à l’école et de l’habit confessionnel 1981- 1986), de répression de l’opposition, de la dissidence ou de la dissension religieuse (fitna) (loi 1988 sur les partis politiques ) et de services publics et de prestations à l’égard de citoyens-musulmans-usagers-croyants-unis par le lien primordial de la communauté religieuse (enseignement public religieux, services ministériels des affaires religieuses, domanialisation des mosquées et des lieux de cultes, fonctionnarisation des Imams et du personnel des mosquées, organisation du pèlerinage, cérémonies publiques religieuses, etc.) 

Comme chacun sait, c’est au niveau de la jurisprudence des tribunaux, autour du modèle de la famille et des règles de son statut personnel et de la place qui y occupent les femmes (CSP 1956), que le privilège accordé à l’islam devait déployer tout son potentiel conservatoire de la nouvelle famille tunisienne conjugale, musulmane, patriarcale et agnatique. Il a servi par retour du refoulé, soit à interpréter certaines formules législatives de rédaction équivoque (al mawani al-char’îya, les empêchements à mariage de l’article 5 du CSP, ou les empêchements à succession de l’article 88), soit à combler les vides juridiques et les silences législatifs (la garde des enfants, la filiation, la cohabitation), soit à insuffler l’esprit religieux à certaines institutions qui lui sont étrangères (l’adoption, le changement d’identité). 

Personne parmi les pionniers de l’université tunisienne ne s’y est trompé. Emérentienne DELAGRANGE a très tôt alerté du fossé entre le législateur et ses interprètes (1968). Mohamed CHARFI y a consacré ses enseignements, développés ultérieurement dans un ouvrage remarquable sous le titre « Islam et liberté ; Le malentendu historique » (1999). Yadh BEN ACHOUR s’y est régulièrement attelé depuis 1974 dans nombre d’ouvrages majeurs dont principalement « Droit, politique et religion dans le monde arabe » (1993), « Normes foi et loi en particulier dans l’islam » (1994), « Al-tashriî wa al-dhamir »(1998) ; « Aux fondements de l’orthodoxie sunnite » (2005). Abdel Fatah AMOR en a fait le tour dans « Constitution et religion dans les Etats musulmans » (1996). Ali MEZGHANI en a scruté les dimensions anthropologiques dans « Lieux et non-lieu de l’identité » (1998) et « L’Etat inachevé : la question du droit dans les pays arabes » (2012). Juristes, politologues, historiens de la civilisation, hommes et femmes, Tunisiens ou autres s’intéressant à la Tunisie, s’y sont essayés. Des dizaines de titres sont à disposition dévoilant les contradictions de l’islam d’Etat entre conservation et rénovation de la famille tunisienne (Kalthoum MZIOU), son méta discours entre universalisme et spécificités culturelles sur les droits humains des femmes (Hafidha CHEKIR, 2000), soupesant ce qu’il recèle de « pensable et de possible » (Slim LAGHMANI, 2005), mettant à nu son ambivalence (Walid LARBI ), le grand écart entre le message et l’histoire » (Abdelamjid CHARFI, 2004), « L’exception» (Hamadi REDISSI, 2005), le point d’orgue culturaliste et orientaliste (Cherif FERJANI, 2017), les usages jurisprudentiels (Monia BEN DJEMIA, 2012), la gestion publique (Jean Philippe BRAS, 2002). 

Les féministes n’ont pas été en reste. Universalistes, jetant sur l’article premier et ses avatars un regard critique, ils et elles ont vite fait d’en déconstruire les ressorts patriarcaux et de genre. En 1988 déjà, et sous le choc des réserves à la CEDAW, elles ont réalisé l’improbable convergence entre l’Académie et le militantisme féministe (1985). Toutes, dans leurs diversités disciplinaires, étaient là, pour opérer avec leurs collègues et leurs complices un déplacement du débat vers les contrées difficiles de la « critique féministe de la raison islamique » et son impact. Elles continueront, portées par leurs ainées, soutenues par leurs paires et relayées par la jeune génération des féministes- à construire les conditions sociales et épistémologiques du changement pour l’égalité et la rupture avec la pensée instrumentale et son discours religieux identitaire. 

Face à cette ambivalence de l’islam religion d’Etat quel serait le renouveau de la nouvelle devise « l’Islam religion de la nation » ? 

II) L’islam religion de la Nation 

Lorsque le 12 septembre 2018, Kais SAID, alors enseignant arrivé à la retraite, soutint à la Faculté des sciences juridiques sa conférence inaugurale intitulée « L’Islam, sa religion », marquant la distinction entre l’Etat (personne morale) et la Nation, la Umma, (cette communauté des musulmans, faite de chair, de sang et de fidélité à Dieu et à sa Loi), nul ne pouvait alors se douter des effets qui lui seraient attachés par la suite, une fois l’homme arrivé au pouvoir. Sans surprise pour ses pair-e-s, il semblait reprendre un lieu commun de la dogmatique juridique classique relative à l’article premier. Celle-ci s’est longtemps interrogée si l’adjectif possessif « sa religion » se rapportait à la Tunisie ou à l’Etat, comme l’induit le libellé de l’article 1er « La Tunisie est un Etat libre ; l’Islam est sa religion ». Selon que le curseur est mis sur l’Etat ou la Tunisie, la référence a valeur instauratrice ou à l’opposé n’est que simple constatation socio- anthropologique. 

L’idée que « l’Etat n’a pas de religion » est devenu un leitmotiv du discours présidentiel avant que ne s’en saisisse publiquement le doyen Belaïd mais sur un tout autre registre dans sa déclaration à l’agence France Presse le 7 juin 2022. La première sortie présidentielle eut lieu à l’occasion de la fête nationale de la femme, le 13 août 2020. Moquant « l’aberration » de la formule consacrée « l’islam religion d’Etat » et rappelant les circonstances de son adoption en 1959 comme en 2014, il lança sa diatribe « cela signifie-il qu’il y a des pays qui iront en enfer et d’autres au paradis? » et d’ajouter « que si l’État n’a pas de religion, la Umma en a une, l’Islam, qu’il échoit à l’État de respecter ». A la cérémonie des lauréats de la 53ème édition du concours national de récitation du Coran, le 18 avril 2022, il tint un deuxième discours, aux élans mystiques, truffé de références aux finalités de l’islam (les maqassad), aux lumières de la pensée réformiste, aux valeurs islamiques du « âdl », à la piété, à la morale de l’Islam, au don de soi. Le principe que L’Etat n’a pas de religion est martelé ! Bien plus insiste le président « L’Islam et ses productions ne référent à aucun moment à l’Etat mais à la Umma dont les affaires religieuses (affaires du culte( Ibadat) et des relations muâmalat) » relèvent des prérogatives exclusives de l’Etat. 

Comment interpréter ces déclarations ? Opèrent-elles déplacement et changement du paradigme de la gestion du religieux ou ne sont-elles que simple effet d’annonce sans réelle consistance libératoire de la citoyenneté, des droits des femmes et des libertés? L’islam de la Nation-Umma annonce-t-il la séparation du politique et du religieux, ou une emprise plus forte de l’islam sur les institutions et la société ? Quelle traduction dans la constitution? Quelle différence au fond avec «l’attachement du peuple aux enseignements de l’islam et à ses finalités caractérisées par l’ouverture et la tolérance » du préambule de la constitution de 2014 ? A quoi sert tout ce matraquage autour de l’abandon de l’article premier, l’abolition de toute référence à l’islam ? 

Une première observation consisterait d’abord à réarticuler le discours de K.S et son projet politique au modèle vertueux du Califat. Car si le Califat normatif et « authentique » n’a pas eu cours, il ne représente pas moins un imaginaire symbolique puissant autour duquel se reconstruit et se reconfigure en théorie comme en pratique, le besoin de refondation politique du gouvernement des musulmans. Tous les réformismes, quelles qu’en soient les tendances et les mouvances, en ont exprimé la quête éperdue. C’est par une sorte de réappropriation du formidable potentiel conceptuel et champ sémantique de la normativité constitutionnelle islamique, que se régénèrent et se recomposent les théories islamiques modernes et contemporaines. À la source se trouve la communauté des musulmans, la Umma qui représente la clé de voute de tout l’édifice politique. C’est elle qui est habilitée à choisir le calife (ou le chef de l’Etat), à l’investir du pouvoir et même de le lui retirer, si besoin. Car, au fond elle est la société politique par excellence, unie par sa communauté de foi, placée par cette vertu même dans le droit chemin de Dieu et de sa voie, infaillible. Plusieurs spécifications coraniques en valorisent les attributs : « Vous constituez la meilleure communauté apparue parmi les hommes. Vous ordonnez le bien commun, vous blâmez la malfaisance et vous croyez en Dieu » (Al Ûmran, verset 110). Mais c’est à travers la majorité des croyants (Jamaâ) que la communauté dans son ensemble se réalise et impose son « règne absolu » (al sawad al âadham). Assurée de la main de Dieu sur elle, il lui est prescrit – comme une destinée – de ne jamais se mettre dans l’erreur, d’être toujours dans le juste. Car selon le Hadith rapporté du prophète « Qui dévie de la Jamaâ, ne serait-ce que d’un empan, dénoue le noeud de l’islam de son coup ». Dans la tradition, cette majorité n’est pas quantifiable mathématiquement et physiquement. Elle s’exprime par la pratique suivie par la majorité en matière de permission comme de prohibition, à travers en somme son opinion dominante, ses mouvements protestataires, ses réclamations au nom du tout. 

La deuxième observation consiste à montrer que la Tunisie a pratiqué durant la dernière décennie le modèle de l’esprit communautaire majoritaire qui a abouti avec le règne d’Ennahdha à une gestion quasi privée de l’islam, loin des institutions de l’Etat, à l’ombre de la Jamaâ, frères et sœurs par la foi. Ecoles coranique, prise d’assaut de la Zeitouna, voilement des petites filles, mariages collectifs, stigmatisation des mères célibataires, mariages orfy, appel au jihad et autres faits d’armes ont ponctué la vie politique et sociale au point de la pourrir. 

Si donc aujourd’hui les feux sont dirigés contre les anciens maîtres du pays, la nouvelle devise présidentielle ne sera en toute hypothèse qu’un éternel recommencement, l’arbre qui cache la forêt de l’esprit majoritaire et prépare au triomphe de la raison islamique sur la raison civique. 

Tunis, le 17 juin 2022 

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  1. Belkhir

    6 juillet 2022 at 1h23

    Je suis l’homme le moins instruit de toute l’Afrique du Nord. Le Coran est une doctrine hors du commun (respect)
    __pour moi toutes les religions se valent pour mieux vivre sans ambiguïté nous devrions rester spécialement en contact avec le créateur pour éviter les dérives son lendemain.
    __Nous devrions se regarder bien dans les yeux pour se voir mutuellement et chercher a déceler les lacunes mutuelles.
    Pour nous permettre de chercher les solutions adéquates face a l’évolution et l’urgence…..
    __dans un pays nous avions des parents frères et sœurs et des enfants….
    __Nous devrions penser a leurs biens être présents et futurs.
    __nous devrions pas investir dans un domaine qui tirait vers bas si nous cherchions le sommet.
    De ce fait je sépare le sperituels de l’urgence vitale et concret…..
    Le président de la Tunisie est quelqu’un de sensé…….. Patriote connaît les dangers bride les mauvaises intentions a la source…….. J’ai du respect pour l’instruction…….. Je préfère mon intelligence débordante d’un indigènes hors du commun…….. Bonne chance monsieur le président mes encouragements………… L’Algérie sera a vos côtés vous pouvez nous cantaminer nous serons immortels……

    Amghar azemni.

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Maroc-Israël : malgré la réprimande royale, le PJD persiste et signe

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Maroc-Israël : malgré la réprimande royale, le PJD persiste et signe

La tension est toujours aussi vive entre le PJD et le Palais sur la normalisation des relations entre Rabat et Tel Aviv. Une semaine après le recadrage du cabinet royal via un communiqué relayé par l’agence officielle de la MAP (voir ADN-Med du 13/03/2023), le parti islamiste a préparé une riposte en deux temps.

Le communiqué du cabinet royal du lundi 13 mars a secoué le landerneau politique marocain. Quelques heures seulement après ce rappel à l’ordre, le chef du parti, Abdelilah Benkirane, a adjuré les siens de ne faire aucun commentaire sur le sujet, et ce jusqu’à la réunion du Secrétariat général, organe décisionnel de la formation. Une consigne respectée à la lettre… ou presque.

Ex parlementaire de la formation et connu pour ses sorties tonitruantes, Abdelaziz Aftati sera le seul PJDiste à accorder une réaction publique dans les médias. Sur les colonnes du site électronique Hespress, ce dirigeant déclare le jour même que dans le communiqué qui a valu au PJD un blâme du du Palais, « le parti n’a pas exprimé sa propre position partisane de surenchère, mais plutôt une position patriote ».

Ancien député d’Oujda, Aftati a notamment estimé que son parti « a adopté une position nationale dotée d’un sens, d’une orientation et d’une base inclusive et commune aux sensibilités partisanes marocaines qui s’opposent au sionisme et qui soutiennent la cause palestinienne ».

Signataires et contestataires 

Chose promise chose due. Le lendemain, mardi 14 mars, le secrétariat général du PJD sort de son mutisme et publie un PV de réunion. https://www.pjd.ma/181455-181455.html

On y apprend surtout que les Frères ont « reçu, avec toute l’appréciation appropriée, la communication émise par la cabinet royal, compte tenu de la position de Sa Majesté le Roi, et sur la base de la révérence et du respect que le parti a pour Sa Majesté ». Et de confirmer, tout en nuances, que le PJD ne trouve aucune gêne à accepter les observations et mises en garde émises par le monarque « sur la base des données dont il dispose, et en sa qualité de chef de l’État, son représentant suprême, le symbole de l’unité de la nation et le garant de la permanence et de la continuité de l’État ».

Néanmoins, l’instance qui fait office de bureau politique « dément catégoriquement tout ce qui pourrait être compris comme une interférence avec les prérogatives constitutionnelles du roi », note le document. D’ailleurs, le parti a jugé bon de rappeler « son appréciation et son soutien permanent aux efforts » du roi pour défendre les intérêts supérieurs de la patrie et consolider son unité.

A contre-courant du communiqué du cabinet royal, le PJD considère que ses positions restent « limitées par ce que la constitution autorise pour tout parti politique, en ce qui concerne le fait qu’ils s’établissent et exercent librement leurs activités dans le cadre du respect de la constitution et de la la loi, et dans le cadre de la liberté d’opinion et d’expression garantie sous toutes ses formes par la constitution ». Et d’affirmer dans la foulée que le parti continuera à rejeter toute forme de normalisation avec Israël. Frontale, cette dernière position passe outre le fait que le rapprochement entre Rabat et Tel Aviv a été acté en décembre 2020 par Saâd-Eddine El Othmani, ex leader du PJD, en sa qualité de Chef du gouvernement de l’époque. En filigrane, le PJD a réitéré que sa position ne bougera pas d’un iota sur la question palestinienne, n’exprimant aucun regret suite à la réprimande royale.

Minimum syndical

Quatre jours après les faits, Abdelilah Benkirane saute sur une énième occasion pour porter l’estocade.

Invité à prendre la parole au cours du congrès de l’Union Nationale du Travail au Maroc‎ (UNTM, centrale syndicale affiliée au parti) à Bouznika (sud de Rabat) le samedi 18 mars, le cador s’en est d’abord pris à des parties qu’il a refusé de nommer, et qui seraient derrière « des tentatives vaines d’embrouiller son parti avec le roi ».

« Notre relation avec Sa Majesté est basée sur l’allégeance, le conseil et l’obéissance sur ce qui est convenable. Il (le roi, ndlr) ne négligera pas religion, et nous ne négligerons pas non plus nos relations avec lui », expliquera l’ancien Chef du gouvernement de 2011 à 2016. Toujours au sujet de Mohammed VI et de l’institution royale, le chef de parti préfère remonter au « jour où la dynastie alaouite a pris les rênes du pays il y a quatre siècles, sans constitution, et sans droits de l’homme, mais plutôt avec le serment d’allégeance qui existe toujours ».

A en croire Benkirane, la relation du PJD avec le Palais royal se résume donc à la Beyaâ, soit le traditionnel acte d’allégeance. « Elle est régie par le référentiel islamique basée sur le conseil », ponctue l’homme politique ayant pour habitude de faire des révélations au cours de ses discours. Revenant sur le cas du ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, Benkirane soutient qu’il a lui-même proposé au roi sa nomination à ce poste, lorsqu’il était chef de l’Exécutif.

S’agissant des autres écuries politiques, aucun dirigeant n’aura jugé bon d’émettre son avis sur la problématique doublement soulevée par le PJD, dans un premier temps, puis par le cabinet royal. Concrétisée par les Accords d’Abraham à l’initiative des Etats-Unis, la reprise des relations Maroc-Israël n’est visiblement pas un sujet de débat au sein des structures partisanes. Hormis le mot d’ordre de Benkirane à ses troupes, seul le PAM (Parti pour la Modernité et l’Authenticité, membre de l’actuelle majorité gouvernementale) fera de même en invitant ses troupes à ne pas commenter le communiqué du Palais.

J.A.

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Kais Saied risque une crise avec la Libye pour un champ pétrolier

Un président toujours plus imprévisible

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Kais Saied risque une crise avec la Libye pour un champ pétrolier

Comme s’il n’en avait pas assez avec les dépassements d’autorité en interne, les contraintes des institutions financières internationales, les dérapages avec les Subsahariens ou les condamnations du Parlement européen, Kais Saied, toujours féru de complots, vient de provoquer ce qui risque bien d’être une crise diplomatique avec la Libye.

Sauveur de la nation.

En effet, le président tunisien en visite au siège de l’entreprise tunisienne d’activités pétrolières (Etap) le jeudi 16 mars est revenu sur l’histoire du champ pétrolier de Bouna. Un site qui fut longtemps l’objet d’un conflit entre Tunis et Tripoli avant d’avoir été soldé par une décision de la Cour internationale de justice favorable à la Libye ; décision qui s’appuyait sur un compromis survenu entre les deux pays.

Or, c’est cette décision que conteste Kais Saied qui allègue que la Tunisie « n’avait obtenu que des miettes », une manière de régler ses comptes au passage avec ses prédécesseurs qui n’auraient pas pu, su ou voulu défendre les intérêts du peuple dont il se proclame l’unique défenseur. 

Selon lui, il était convenu entre les deux États que le partage devait être équitable, ce qui aurait pu, toujours d’après ses dires, suffi à satisfaire la consommation tunisienne. « En réalité, et pour l’histoire, je dois rappeler qu’en 1975, l’intention allait vers le partage du champ pétrolier de Bouri. Ce champ pouvait couvrir tous les besoins de la Tunisie et même plus. La proposition du partage à moitié du champ pétrolier venait du ministre libyen des Affaires étrangères Ali Abdessalem Triki. Mais, malheureusement, après le 12 janvier 1974, date de la proclamation de l’union qui n’avait duré que quatre heures, et la dégradation des relations entre la Tunisie et la Libye, cette proposition avait été rejetée. » développele chef de l’Etat tunisien devant unPDG de l’Etap décontenancé.

Besoin de conflit

La réaction libyenne ne s’est pas faite attendre. Le chef de la commission de l’énergie à la Chambre libyenne des représentants, Issa Arabi a choisi l’agence officielle de son gouvernement pour répondre. Il a affirmé que les déclarations du président tunisien portant sur le champ pétrolier de Bouri et le plateau continental, faisaient l’objet d’une attention particulière de la commission qu’il présidait afin de leur apporter une réponse officielle. Et en matière de réponse, Issa Arabi n’a pas fait mystère de son contenu puisqu’il a précisé que la richesse du pays appartenait au peuple libyen. 

Et comme si cela ne suffisait pas, le ministre du Pétrole et du Gaz du gouvernement d’unité nationale, Mohamed Aoun, a surenchéri dans un communiqué de presse en rappelant que l’affaire a été tranchée par une décision de la Cour de justice internationale suite à un accord tuniso-libyens accepté par les deux pays, ajoutant que les frontières maritimes entre la Libye et la Tunisie sont bel et bien établies.

A Tunis, la dernière ruade du président tunisien suscite des réactions mitigées dans son pays. Certains adeptes, toujours convaincus que leur leader, dévoué à la nation, n’hésitera pas à se battre pour ses intérêts. D’autres, plus nombreux, s’agacent devant la multiplication de lubies compulsives qui mettent les institutions devant le fait accompli. Ils jugent ces improvisations d’autant plus dangereuses qu’elles portent sur des dossiers délicats que le solitaire de Carthage, comme aiment à l’appeler ses adversaires, ne prépare pas. Un ancien membre du Conseil supérieur de la magistrature, CSM, dissous par Kais Saied, préfère s’amuser de la dernière foucade d’un homme que plus rien ne retient : « Si ça se trouve, c’est lui qui va réconcilier les Libyens. », glousse-t-il. 

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Tunisie. Départ du ministre de l’intérieur

Démission ou limogage

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Tunisie. Départ du ministre de l’intérieur

Ce vendredi en fin d’après-midi, Taoufik Charfeddine, le très fidèle et entreprenant ministre de l’Intérieur, pilier du régime de Kais Saied, annonçait sa démission dans une déclaration à la presse en faisant savoir que le chef de l’État l’avait acceptée. Sans plus de précision, le désormais ex-ministre de l’Intérieur invoque des raisons familiales pour expliquer sa décision.

Annonce présidentielle nocturne 

La nouvelle fit le tour des salons tunisiens en un rien de temps ; d’autant qu’un communiqué du Palais de Carthage publié vers minuit informait que « Le président de la République a émis un décret mettant fin aux fonctions de Taoufik Charfeddine ». Il n’en fallut pas plus pour ouvrir ainsi la voie à toutes les spéculations. Pourquoi se précipiter à rendre public un communiqué nuitamment si les motifs de ce départ sont aussi banals que « des raisons familiales » ? Pourquoi avoir laissé le désormais ex-ministre annoncer lui-même sa démission, pratique peu conforme aux usages du système Kais Saied, notamment depuis l’épisode mouvementé du départ de son ex-chef de cabinet Nadia Akacha ? Charfeddine a-t-il simplement voulu prendre de court tout le monde ? Si oui, pourquoi ? Autant questions qui agitent le microcosme tunisois ce week-end.

La chose suscite d’autant plus de commentaires que les Tunisiens savent que le président Kais est un homme au sommeil aussi léger que tardif. C’est d’ailleurs à partir du ministère de l’intérieur, où il s’est souvent déplacé en pleine nuit, qu’il avait dévoilé ses décisions les plus cavalières comme ordonner l’ouverture d’une enquête contre des opposants ou condamner un complot contre la nation. Y aurait-il eu une discussion sur un dossier qui aurait mal tourné ? Les Tunisiens n’excluent aucune hypothèse, s’agissant d’un ministre qui avait exécuté sans états d’âme les instructions ls plus expéditives de Kaïs Saïed.

Contexte tendu

Cette affaire survient dans un contexte de grandes difficultés économiques et sociales, un climat politique délétère et un environnement extérieur marqué par la récente résolution du Parlement européen qui a condamné, en des termes particulièrement incisifs, « la dérive autoritaire de Kais Saied » (voir adn-med du 17 mars)   

Les observateurs n’ont pas manqué de relever que dans une situation similaire – celle de la demande de départ de la conseillère en communication, Rachida Ennaifer- le communiqué de la présidence de la République avait bien précisé que la démission de l’intéressée était acceptée. Ce qui n’est pas le cas ici où le communiqué énonce clairement que le président a mis fin aux fonctions du ministre de l’intérieur. Un décalage qui vient alimenter un peu plus les supputations quant aux véritables motivations du soudain retrait du membre du gouvernement donné encore quelques jours avant comme l’un des hommes forts du régime. En effet, et contrairement à d’autres régimes autoritaires dont celui du voisin de l’ouest, le pouvoir tunisien repose plus sur l’appareil policier que l’institution militaire.

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Politique

Invitation de Poutine à Tebboune

Un cadeau empoisonné

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Invitation de Poutine à Tebboune

La présidente du Conseil de la Russie, Valentina Matiavenko qui séjournait en Algérie ce jeudi a déclaré à la presse, après l’entrevue que lui a accordée Abdelmadjid Tebboune, qu’elle a transmis une invitation du président russe Vladimir Poutine  à son homologue algérien pour effectuer une visite officielle à Moscou ; visite dont elle n’a pas  précisée la date.  

Fuite en avant du Kremlin

L’information est venue vingt-quatre heures à peine avant une autre qui a secoué toutes les chancelleries. En effet, ce vendredi, la Cour Pénale Internationale, CPI, faisait savoir que le même Vladimir Poutine venait de faire l’objet d’un mandat d’arrêt international pour crimes de guerre concernant notamment des déportations de plusieurs milliers d’enfants commises en Ukraine. L’annonce fut aussitôt saluée par Kiev comme une « décision historique. » 

De son côté, la porte-parole des affaires étrangères russe, Maria Zakharova a dénoncé le jour même « des décisions dénuées de sens », ajoutant que la Russie était certes signataire du statut de Rome à l’origine de la fondation de la CPI mais ne l’avait pas ratifié. En conséquence de quoi, elle considérait cette décision « nulle et non avenue » Pour sa part, le vice-président du conseil de sécurité de la fédération de Russie, l’acariâtre Dimitri Medvedev, a réagi à sa manière. Dans un tweet rédigé en anglais, il écrit que chacun sait où finira ce document, illustrant son message par un bout de papier toilette. Si effectivement la Russie n’est pas contrainte par les décisions de la CPI qui a engagé des poursuites contre son président, cette sanction interdit à ce dernier de se rendre dans tous les pays qui y ont souscrit. Autant de gouvernements qui scruteront à la loupe les faits et gestes des dirigeants qui se commettront à l’avenir avec Poutine, attention qui vaudra aussi pour le chef de l’Etat algérien. 

Tebboune piégé

La position d’Abdelmadjid Tebboune est à tout le moins diplomatiquement délicate. Se rendre en visite officielle chez un hôte qui vient d’être déclaré criminel de guerre par une partie non négligeable de la communauté internationale le placerait dans une posture de défiance envers la Cour de justice de la Haye. « C’est le soutien de la corde au pendu. Et il est difficile de croire que le Kremlin ne connaissait pas les démarches entreprises par la CPI contre Poutine et les conclusions auxquelles elles allaient aboutir au moment où madame Matiavenko remettait son invitation au président Tebboune », analyse à Alger un fonctionnaire du ministère des affaires étrangères, proche de Ramtane Lamamra et qui a échappé à la purge qui a emporté les collaborateurs de l’ancien ministre. « Refuser ou reporter la visite mettrait Alger en situation de tension voire de mésalliance avec son plus important fournisseur d’armes. » Le président algérien est face à un vrai dilemme, précise notre interlocuteur : « honorer l’invitation dans le contexte de relégation internationale auquel est assujetti Poutine serait entendu comme une inféodation à un dirigeant défiant des nations avec lesquelles l’Algérie a de solides intérêts. » 

Auparavant, le ministre des affaires étrangères russe, Serguei Lavrov, avait délivré un satisfécit au partenaire algérien pour la position adoptée après « l’opération spéciale» décidée par le maitre du Kremlin. Le chef de la diplomatie russe avait en effet déclaré que son pays « apprécie la position équilibrée, mesurée prise par l’Algérie sur la question de l’Ukraine dans le cadre des organisations internationales et dans le cadre de sa politique extérieure. »

Risque d’exacerbation des tensions dans le sérail

Or, sur l’Ukraine précisément, la position d’Alger semble de plus en plus difficile à tenir.  D’ailleurs, la précipitation de Tebboune à s’aligner sur le Kremlin après le 24 février 2022 n’a pas été du goût de toutes les sphères décisionnaires algériennes. Certains dirigeants militaires, sensibilisés par Lamamra, recommandaient une meilleure mise en distance de la diplomatie algérienne par rapport à ce conflit. Et ce n’est pas le seul sujet qui fait débat entre la présidence et l’institution militaire. Le rappel de l’ambassadeur d’Algérie à Paris, suite à ce qu’il est convenu d’appeler l’affaire Bouraoui, n’aurait pas été apprécié par Said Chengriha, le chef de l’état-major de l’armée nationale populaire, l’ANP, lequel venait d’effectuer une visite remarquée en France. Du reste, les observateurs ont relevé que la revue mensuelle de l’armée El Djeich qui fixe le cap stratégique sur les grandes options n’a toujours pas commenté l’évènement. Il se dit à Alger que ce silence résulte de l’ordre donné par Said Chengriha en personne pour ne pas communiquer sur une réaction jugée inappropriée et dont les conséquences politiques et diplomatiques sans commune mesure avec ce qui, en définitive, n’est qu’un franchissement illégal des frontières par une citoyenne.

A Alger, des connaisseurs des arcanes du régime considèrent que l’invitation de Poutine résonne comme une convocation qui risque d’élargir un peu plus les failles latentes qui séparent les différents cercles du pouvoir algérien.

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Institut du monde arabe à Paris : l’ambassadeur de France à Alger pressenti

Une mission ambiguë

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Institut du monde arabe à Paris : l’ambassadeur de France à Alger pressenti

L’ancien ministre de la culture de François Mitterrand, Jack Lang qui dirige actuellement l’institut du monde arabe, l’IMA voit son mandat arriver à expiration mais ne désespère toujours pas de repartir pour un tour.

Gouyette favori

Pour l’heure, la candidature de l’actuel ambassadeur de France en Algérie, François Gouyette semble emporter l’adhésion des acteurs du monde des arts et des lettres. Un soutien qui ne manquera pas de peser dans le choix du président français qui doit annoncer sa décision incessamment. Parfait arabisant et grand amateur de musique chaabie (genre populaire algérois) et andalouse, François Gouyette qui est marié à une Algérienne a occupé des postes d’ambassadeur en Libye, en Tunisie et en Arabie saoudite où il s’est distingué par une efficacité diplomatique qui n’a pas, pour autant, aliéné une certaine rigueur qu’il sut faire valoir devant ses interlocuteurs.

Sa candidature devrait s’imposer sans grande difficulté devant celles de Jack Lang, candidat à sa propre succession et de Jean Yves le Drian, ancien ministre de la défense et des affaires étrangères. Le premier est un homme qui renvoie désormais à un monde politique suranné et le second qui fut apprécié par les dirigeants arabes se voit reprocher cette proximité comme un handicap dans une institution sensée promouvoir la liberté des idées et de création qui n’est pas toujours bien accueillie par des régimes souhaitant contrôler la parole et les opinions.

Une institution à contre-emploi

Initialement, l’IMA se voulait être l’instrument du soft power français en direction du « Monde arabe ». Avec des résultats pour l’instant controversés si on les compare à ceux enregistrés par le Qatar, le Koweit, les USA ou même la Grande Bretagne. Longtemps considéré comme un lieu de commémoration compassionnelle et de nostalgie, l’institution parisienne fut souvent confiée à des hommes auxquels le pouvoir politique souhaitait exprimer une reconnaissance avant la mise à la retraite. C’est le cas notamment d’hommes comme Edgar Pisani ou Jack Lang qui y aura officié pendant une dizaine d’années. Ces profils sont plus enclins à célébrer les souvenirs qu’à investir les options prospectives. Ce qui fait que l’on ne retrouve pas vraiment de stratégies ayant assumé des choix dynamiques qui encourageraient des mouvements d’idées impliquant des courants de pensées en connexion avec le vécu actuel dans un aire culturelle en pleine effervescence. 

La dimension muséographique a fini par imprégner la mission de l’IMA. D’autres nations ont fait de ce genre d’instances des lieux qui n’ont pas vocation à privilégier la conservation mais des matrices où l’on explore le passé en tant que source inspirant le présent et le futur. Reste à savoir si le reflux de l’influence de la France dans le sud et ses impacts sur la francophonie ne limiteront pas la volonté du diplomate  François Gouyette, naturellement immergé dans l’actualité, d’orienter l’IMA vers des horizons plus innovants.

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Algérie : crise permanente et remaniements cycliques

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Algérie : Remaniement ministériel effectué par le Président Tebboune

La colère exprimée par Abdelmadjid Tebboune au sujet de l’inefficacité de certains de ses ministres, s’est traduite ce jeudi en fin d’après-midi. Un remaniement ministériel ayant coûté leur poste à onze ministres, dont les plus notables sont : Ramtane Lamamra, chef de la diplomatie, Kamel Rezig qui gérait le département du Commerce, Ahmed Zaghdar, qui était chargé de l’Industrie, Kamel Beldjoud responsable du département des Transports et Abderrazak Sebag, titulaire du portefeuille du ministère de la Jeunesse et des Sports. Si l’éviction de ministres comme Kamel Rezig répond à une revendication populaire, tant ses résultats à la tête du ministère du Commerce étaient aux mieux discutables au pire littéralement calamatiteux, celle de Ramtane Lamamra, remplacé par Ahmed Attaf, pose des questions politiques qui risquent de rester sans réponses. 

L’énigme  

Lamamra a-t-il été limogé pour ses ambitions de futur présidentiable que beaucoup lui prêtent, contrariant de fait, le très probable second mandat de Tebboune ? A-t-il, comme le soutiennent certaines sources peu amènes pour le désormais ex-ministre des affaires étrangères, été démis de ses fonctions suite à un abandon de poste ? En effet, à croire les mêmes sources, Ramtane Lamamra n’aurait pas été consulté lors du dernier mouvement dans le corps diplomatique et aurait appris les changements opérés après la publication du communiqué de la Présidence. Depuis, affirme-t-on, il aurait plié bagages et adressé sa lettre de démission au chef de l’Etat. Dans Adn-med du 14 mars dernier, nous donnions comme acquise l’éviction de Lamamra en ajoutant qu’il n’était pas homme à se laisser faire. « Les principaux partenaires de l’Algérie appréciaient cet homme tout en rondeurs qui sait dire son fait tout en connaissant les points d’inflexion qu’il ne faut pas atteindre pour éviter les ruptures. Son influence fut telle que le soupçonneux Bouteflika lui imposa Abdelkader Messahel comme ministre délégué chargé des affaires maghrébines et de l’Afrique. Outragé par une doublure qu’il voyait comme une mise sous contrôle, Lamamra mit sur la table sa démission » rappelions-nous

Beldjoud sort par la petite porte 

Ahmed Zaghdar, victime de la montée en puissance d’un de ses collègues, à savoir Ali Aoun, à qui le chef de l’Etat vient de confier la gestion du département ô combien stratégique de l’Industrie. Kamel Beldjoud, sort définitivement du gouvernement, après avoir été relégué au second plan en occupant le ministère des Transports, lui qui fut ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales. Pour les Algériens, il restera l’homme qui a durement réprimé le Hirak et étouffé les libertés individuelles et collectives. Le ministère des Finances est également concerné par le dernier remaniement. Le président Tebboune a remplacé Ibrahim Djamal Kessali par Laziz Fayed qui occupait le poste de Directeur Général du Budget dans le même ministère. S’agissant des autres nouveaux entrants dans le gouvernement d’Aïmene Benabderrahmane, on notera le retour d’Ahmed Attaf, qui était chef de la diplomatie algérienne sous Liamine Zeroual, entre 1996 et 1999. Quant à Kamel Rezig, il est remplacé par Tayeb Zitouni, actuel SG du Rassemblement national démocratique (RND) et ancien Maire d’Alger. Un homme au passé sulfureux qui n’hésita pas à conduire des opérations commando contre les adversaires de son parti et qui se réclamait de sa proximité avec les services spéciaux.  M. Tahar Derbah est nommé ministre de l’hydraulique et M. Abderrahmane Hemad est installé à la tête du ministère de la jeunesse et des sports. Par ailleurs, le chef de l’Etat a nommé Abdelaziz Khelaf,  comme ministre, Conseiller auprès du Président de la République, – un poste qu’il avait déjà occupé dans les années 80 et 90 et Mohamed Nadir Larbaoui, directeur de Cabinet à la Présidence de la République.

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Politique

Témoignage. Fragments de vie du militant et écrivain amazigh marocain Ali Iken. Par Mounir KEJJI

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Témoignage. Fragments de vie du militant et écrivain amazigh marocain Ali Iken

Un acteur devenu repère

Ali IKEN qui vient de nous quitter à l’âge de 69 ans est venu au monde le 15 novembre 1954 au village Almou Naït Aïssa qui relève de la commune de Béni Tejjite, située dans l’Oriental, entre Midelt et Figuig. Ses parents amazighophones sont : Ali Ou Lachen Ou Gellouza et Touzribt Rquia Ou Ali.  Il est le deuxième d’une fratrie qui compte six enfants : quatre garçons (Abdellah, Ali, Moha et Mohand) et deux filles (Ittou et Aicha).

Origine sociale modeste

La région de Béni Tejjite est une zone semi désertique. Son économie se base essentiellement sur l’agriculture et l’extraction du plomb dans le mont Boudhar. Comme tout le sud-est du Maroc, elle manque d’infrastructures nécessaires pour le bien-être de ses habitants.

IKEN entre à l’école primaire d’Almou en 1961.  Il y passe quatre ans avant d’aller faire la cinquième année (le CM2) à l’école primaire de Béni Tejjite (actuelle école Dakhla). En 1966, il obtient le certificat d’études primaires et part faire le premier cycle d’études secondaires au Collège Abou Salem El-Ayachi à Rich, ville située à 122 km de son village natal. Quatre ans plus tard,  il rejoint Midelt pour y faire le deuxième cycle, dans la section des Lettres Modernes Bilingues au Lycée Hassan II. En 1974, il obtient son baccalauréat et se rend à Fès où il fait des études de philosophie à la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines (Dhar El-Mehraz).

En 1978, il obtient son Diplôme d’Etudes Universitaires Générales (DEUG). Avec ce titre, il est nommé chargé de cours de philosophie au lycée Gheris (actuel Lycée Mohamed V) à Goulmima, petite ville située à soixante kilomètres au Sud d’Errachidia.

Tout en exerçant son métier de professeur de philosophie, il continue ses études en vue d’obtenir une licence dans cette discipline.

Avril 80 : le réveil

Le Printemps Amazigh, qui a éclaté en Kabylie en 1980, a beaucoup marqué le jeune professeur Ali IKEN. Sa prise de conscience identitaire a, certes, commencé avant, mais cet événement historique l’a consolidée et lui a donnée une orientation plus claire.

En 1982, IKEN vit deux événements majeurs, l’un triste et l’autre heureux. Le premier, c’est le décès de son père, Lachen ou Guellouza. Le deuxième est son mariage avec Jamila, une jeune enseignante goulmimie.

Après quatre ans d’exercice à Goulmima, IKEN est affecté, en 1983, au lycée Sijilmassa à Errachidia. Il y travaillera jusqu’à son départ à la retraite en 2005.

Au milieu des années 1980, il est membre actif de la section locale du Ciné-club. Ce dernier a été créé par  le critique cinématographique Noureddine SAIL et comptait, à l’époque près de 55 000 adhérents au niveau national. Ce cadre culturel a joué un rôle primordial dans la formation cultuelle des jeunes.

A la fin des années 1980, et tout en travaillant à Errachidia, Ali IKEN fréquente Goulmima où il rencontre un  groupe de jeunes enseignants et d’étudiants qui « s’intéresse à tamazight ». C’est ainsi qu’il fait partie du groupe des membres fondateurs de l’Association Culturelle GHERIS (qui sera rebaptisée plus tard Association Socioculturelle TILELLI), créée à Goulmima le 25 juin 1990. Cette association est présidée à sa fondation et durant une vingtaine d’années par Ali HARCHERRAS, professeur et ancien élève d’Ali IKEN.

A l’été 1993, Ali IKEN et ses camarades de Goulmima effectuent un voyage en Kabylie,  où ils nouent des contacts avec des acteurs du Mouvement Culturel Berbère (le MCB). Pour IKEN ainsi que pour ses amis, la Kabylie est le phare et la locomotive du combat et de la renaissance amazighes.

Ali Iken à gauche avec Lahcen Ghamou ( en casquette), un des fondateurs de l’université d’été d’Agadir, Said Sadi et l’Universitaire Lahcen Oulaj, ancien doyen de la faculté de sciences économique de Rabat et responsable de la commission synthèse du Conseil économique, social et environnemental, le CNESE. Photo prise en mai 2002 à Meknes à l’occasion du colloque dédié à la mémoire de Moha Ajajaa et des militants de la cause amazigh disparus.
   

Engagement militant

L’Association socioculturelle TILELLI a grandement contribué à la sensibilisation sur les droits culturels et linguistiques amazighs. Elle a formé des dizaines, voire des centaines d’acteurs associatifs, qui sont devenus des ambassadeurs de la culture et de l’identité amazighes partout au Maroc ainsi que dans la diaspora.

Lors du défilé du 1er mai 1994, dans le cadre du syndicat la Confédération Démocratique du Travail (CDT), Ali IKEN a participé aux côtés de militants syndicalistes (ouvriers, enseignants, étudiants et élèves…). Leur groupe constitu à lui seul une partie du défilé. Ils scandent des slogans en tamazight avec des banderoles écrites dans cette langue (en caractères latins et en tifinagh) revendiquant la reconnaissance de la langue amazighe comme langue officielle. 

Le 03 mai, Ali sera arrêté avec six autres enseignants : trois membres de l’Association TILELLI (Ali HARCHERRAS, Mbark TAOUS et Omar DEROUICH), un adhérent de ladite association (Said JAAFER), un enseignant affilié à la CDT (Ahmed KIKICH) et un autre enseignant non affilié à aucun syndicat (Ali OUCHNA).

Les sept enseignants arrêtés sont traduits le 7 mai 1994 devant le tribunal de première instance d’Errachidia. Les chefs d’accusations dont ils sont inculpés sont :

  • Agitation et atteinte à l’ordre public,
  • Profération de slogans en contradiction avec la constitution
  • Incitation à commettre des actes contre la sécurité intérieure de l’Etat .

Le 27 mai, quatre des sept accusés seront acquittés : Omar Derouich, Said JAAFER, Ali OUCHNA et Ahmed KIKICH. Ali IKEN et Mbark TAOUS sont condamnés à deux ans de prison ferme et 10 000 dirhams d’amende. Ali HARCHERRAS écope d’une peine d’un an de prison ferme et d’une amende de 10 000 dirhams. 

Les trois détenus font appel du jugement. La cour d’appel réduit leur peine à deux mois de prison ferme. C’est ainsi qu’ils sont libérés le 03 juillet 1994.

 Cette reculade de l’Etat marocain s’explique notamment par la pression internationale. Une campagne est menée par Amnesty international.  Des sit-ins initiés par la RCD, avec à leur tête Ferhat MHENNI, sont tenus devant l’ambassade du Maroc à Alger… D’autre part, 329 avocats se sont mobilisés pour défendre les détenus et la presse internationale ( El pais, le Monde diplomatique, l’AFP…) qui a suivi le déroulement du jugement s’est largement faite l’écho de cette répression.

Dans son discours du 20 août, le roi Hassan II, en voulant absorber la colère amazighe, annonce l’enseignement « des dialectes ».

Producteur précoce et prolifique

Il est à signaler ici que lors de l’arrestation d’Ali IKEN, les agents des services secrets lui ont saisi le manuscrit de la traduction qu’il a faite en tamazight des « Mille et une nuits » ainsi que sa machine à écrire qui l’accompagne là où il va.  Ali n’a jamais récupéré ni son manuscrit ni sa fameuse « dactylo ».

En 1995, Ali IKEN créé avec d’autres personnes L’Association Culturelle TUDERT à Errachidia. C’est en tant que délégué de cette dernière qu’il a participé à la première assemblée du Congrès Mondial Amazighe, tenue les 27, 28, 29 et 30 août 1997 à Tafira aux Îles Canaries.

En 1992, Ali IKEN lance la « chronique amazighe » dans le journal francophone AL-Bayane. Quelques mois après, et avec les encouragements des défunts Simon Lévy et Mohamed FERHAT ( membres du Parti du Progrès et du Socialisme, PPS ), cette chronique devient «  Page spéciale tamazight ».

Une page qui devient alors une tribune pour les poètes les prosateurs en tamazight des années durant. Elle cesse son activité avec le décès du chef du parti, feu Ali YATA, en 1997.

C’est Ali IKEN qui a publié le premier roman en tamazight au Maroc. Il s’intitule « Asekkif n yinzaden » ( Soupe aux poils ). Ce roman, publié au milieu des années 1990, reçoit le prix Mouloud MAMMERI, décerné par la Fédération Nationale des Associations Amazighes en Algérie.

Ali IKEN a collaboré à des journaux et magazines amazighs au Maroc (Tifinagh, Tidmi, Tasafut, Tamunt …) et en Algérie (ABC amazigh, Azul, Numidia …)

Vers 1998 il a traduit en arabe de livre « La question berbère dans le mouvement national algérien » d’Amer OUERDANE. Cette traduction est publiée en série dans le journal « At-takatoul Al-watani ».  

En 2010, IKEN publie à Errachidia « Ma frange, la voici », un recueil de 130 izlane. Ce livre comprend également une interview avec l’auteur sur la poésie amazighe en général et sur l’izli en particulier.

Pendant plusieurs années il collabore avec la revue de poésie en ligne canadienne Francopolis où il publie des poèmes français qu’il a traduits en tamazight. 

Ali IKEN s’intéresse beaucoup à la traduction vers la langue amazighe et à la collecte du patrimoine amazigh oral. Il traduit en tamazight des nouvelles et des contes des littératures russe, chinoise, française …

Une vie dédiée à Tamazgha

Le mercredi 1er février 2023 à 23h 38mn, Ali IKEN décède à Meknès. Une vie qui se confond avec le long, périlleux mais si exaltant combat pour la réappropriation de l’identité amazighe au Maroc et partout en Afrique du Nord.  Il est enterré le lendemain dans le cimetière «Anassi » de cette ville.

Que son âme repose en paix.  Et que les futures générations trouvent dans le combat et dans l’œuvre de ce maître éminent qui a toujours gardé sa proximité avec son peuple  un flambeau et l’énergie pour continuer la lutte afin que l’amazighité retrouve ses droits sur sa terre.

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Algérie : les « messages » de Josep Borrell

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Algérie-UE : Josep Borrell en visite en Algérie à partir d’aujourd’hui

Même s’il n’a pas été très disert sur le contenu de ses discussions avec les dirigeants algériens, le haut représentant de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, vice-président de la commission européenne, Josep Borrell n’a pas manqué de délivrer quelques messages à l’adresse d’Alger au terme de sa visite de deux jours en Algérie. 

Situation préoccupante 

 Le propos empruntait beaucoup au jargon diplomatique, mais l’allusion ne souffrait d’aucune équivoque. Qu’il s’agisse de la situation des droits de l’homme ou de la crise entre l’Algérie et l’Espagne, Josep Borrel a tenu à exprimer les attentes de l’UE en rappelant Alger à ses engagements. « J’ai aussi salué l’élection de l’Algérie au conseil des droits de l’homme. Être membre au sein de ce conseil de l’ONU est très important, il s’agit d’une institution importante. Y siéger comporte des responsabilités particulières en matière de promotion de la protection des droits humains, y compris la protection des droits fondamentaux comme la liberté de la presse et la liberté d’expression », a affirmé le vice-président de la commission européenne dans une déclaration au terme de sa rencontre avec le chef de l’Etat algérien, Abdelmadjid Tebboune. Passé sous silence par l’essentiel des médias algériens, ce passage se décline pourtant comme une invitation à l’Algérie pour honorer ses engagements en matière de respect des libertés dont la régression, ces dernières années, est effarante. Une régression marquée par les emprisonnements de nombreux activistes et un verrouillage de l’espace politico-médiatique. D’ailleurs, Borrell n’a pas dissimulé sa « préoccupation ». « Nous serons heureux de travailler avec l’Algérie sur ces sujets qui sont pour nous très importants et qui nous préoccupent », a-t-il dit. 

La crise avec l’Espagne 

Autre sujet de préoccupation de l’UE : la persistance de la crise entre Alger et Madrid qui a éclaté en juin 2022 suite au repositionnement espagnol concernant la question sahraouie. Alors que le traité d’amitié, de voisinage et de coopération a été suspendu depuis, les entreprises espagnoles ont également pâti de cette crise. Et Borrell, lui membre du parti socialiste espagnol, a estimé que « des solutions doivent être trouvées ». «Nous savons les uns et les autres qu’on peut faire mieux (dans le commerce, ndlr) . Mais il nous faut commencer par trouver une solution aux limites actuelles. Je pense, par exemple, aux entraves induites aux échanges commerciaux depuis juin avec l’Espagne. Elles doivent trouver une solution », souligne Borrell avant de faire état de l’existence d’entraves, dont il n’a pas précisé la nature, aux investissements européens en Algérie. « Je pense aussi aux contraintes qui entravent les investissements européens qui ont un impact direct sur la mise en œuvre de notre accord d’association. Trouver une solution à tout cela est dans notre intérêt commun », ajoute-t-il. L’UE est-elle incommodée par le tropisme algérien vis-à-vis des investissements chinois ? Possible d’autant que l’Algérie a décidé de revoir les clauses de l’accord d’association avec l’UE. « Pour ce qui est des négociations entre l’Algérie et l’Union européenne (UE), le Président de la République a instruit à l’effet de revoir les dispositions de l’accord d’association avec l’Union Européenne (UE), clause par clause, en fonction d’une vision souveraine et d’une approche « gagnant-gagnant », en tenant compte de l’intérêt du produit national en vue de créer un tissu industriel et des emplois« , avait indiqué en octobre 2021 un communiqué de la présidence algérienne. Une réaction qui intervenait dans la foulée de certaines « remarques » de responsables européens à l’égard de la situation en Algérie.

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Tunisie : Kaïs Saïed interdit la presse à l’ARP

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Tunisie : Kaïs Saïed interdit la presse à l’ARP

Le président tunisien a interdit l’accès aux médias indépendants, nationaux et étrangers, lors de la première plénière de la nouvelle assemblée des représentants du peuple, l’ARP élue le 29 janvier dernier. Seuls les journalistes de la télévision publique et ceux l’agence officielle TAP ont pu accéder dans l’enceinte parlementaire.

Cette intrusion du responsable de l’Exécutif dans le fonctionnement d’une assemblée parlementaire ne semble pas poser problème au locataire de Carthage, pourtant juriste de profession, lequel se plait à abuser d’un césarisme décomplexé.

Déjà fragilisée par une révision de la constitution qui la prive de l’essentiel de ses prérogatives, délégitimée par une abstention record, l’ARP n’avait pas besoin de se camouflet pour perdre le peu d’intérêt que pouvaient lui accorder les rares Tunisiens qui avaient encore la patience de supporter les lubies d’un chef d’État désinhibé dans l’exercice de son autorité et l’expression de ses opinions.

Dans un message publié sur sa page facebook ce mardi, Amnesty International rappelle que Kaïs Saïed a confisqué tous les pouvoir depuis son coup de force commis en Juillet 2021 et insiste sur le fait qu’il a mis fin à l’activité parlementaire.

Des dénonciations qui ne parviennent pas à atteindre un président dont nul ne peut prévoir les objectifs ni les limites qu’il se fixerait quant aux méthodes qu’il compte se donner pour y parvenir. 

Certains observateurs de la scène tunisienne allèguent même que Kais Saïed voit dans les interpellations qu’il l’invitent à plus de retenue ou les condamnations de ses outrances des preuves du bien-fondé de sa démarche qui, selon lui,  heurte le complot dont serait victime la Tunisie qu’il incarne et qu’il considère être le seul à pouvoir protéger.

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Éviction de Lamamra : l’homme aux ambitions contrariées

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Éviction de Lamamra : l’homme aux ambitions contrariées

Dans la capitale algérienne, l’information, longtemps susurrée dans les couloirs, vient de connaitre son épilogue. Le ministre des affaires étrangères et de la communauté nationale à l’étranger, Ramtane Lamamra est éjecté de fait. Depuis le sommet arabe organisé le premier novembre à Alger, l’omniprésent ministre a connu un effacement progressif qui ne s’est plus démenti. Du reste, et comme le faisait remarquer adn-med du 12 mars, il n’était pas apparu lors de la visite effectuée ce dimanche par Josip Borrell, Haut représentant de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité.

 L’avant-scène diplomatique algérienne est occupée depuis quelques semaines par le secrétaire général du ministère, le tonitruant Amar Bellani – connu pour ses récurrentes et rugueuses charges contre le Maroc – et dont Lamara avait subi contraint et forcé la nomination de celui qui devrait le remplacer incessamment, tant les tempéraments et les méthodes des deux hommes sont dissemblables.

Diplomate donné comme l’un des plus compétents de sa génération, Ramtane Lamara fut ambassadeur dans plusieurs capitales avant d’être appelé par Bouteflika en 2013 pour diriger la diplomatie algérienne. Dans un premier temps, le chef de l’Etat vit en son ministre un précieux collaborateur, d’autant que les principaux partenaires de l’Algérie appréciaient cet homme tout en rondeurs qui sait dire son fait tout en connaissant les points d’inflexion qu’il ne faut pas atteindre pour éviter les ruptures. Son influence fut telle que le soupçonneux Bouteflika lui imposa Abdelkader Messahel comme ministre délégué chargé des affaires maghrébines et de l’Afrique. Outragé par une doublure qu’il voyait comme une mise sous contrôle, Lamamra mit sur la table sa démission, ce qui entraina le retrait de la promotion de Messahel. Ce ne fut que partie remise puisqu’en 2017 il fut remercié.  Le diplomate chevronné n’eut pas de grandes difficultés à se recycler dans les rouages de l’UA et de l’ONU avant d’être rappelé en catastrophe au même poste en 2019 alors que Bouteflika malade vivait ses dernières semaines au pouvoir.

Lamamra ne cacha pas ses ambitions et fit connaitre sa volonté de postuler à la responsabilité suprême. Malgré son limogeage, il témoigna sa fidélité au chef de l’Etat dont il ménagea l’autorité alors que ce dernier faisait l’objet d’un violent rejet de la rue. Pour la première fois l’étoile de Lamamra pâlit. En effet, ce soutien fut assimilé par les citoyens à une forme d’obséquiosité dont tout le monde savait qu’elle était inspirée par une guerre de succession désormais ouverte. Une posture qui fit d’un commis de l’Etat au parcours jusque- là irréprochable l’une des cibles de la vindicte populaire. A ce moment le ministre avait perdu sur tous les tableaux. Non seulement il ne fut pas retenu comme successeur de Bouteflika mais il but le calice jusqu’à la lie puisqu’il fût astreint à servir pendant quelques mois encore sous l’insipide Bedoui, propulsé chef du gouvernement, avant de quitter le gouvernement de son propre chef.

Là encore, le carnet d’adresse de l’insubmersible diplomate lui permit de s’insérer sans difficulté dans les instances internationales. L’Algérie disparaissant des radars de la scène internationale, Lamamra fut rappelé en 2020 pour redonner une visibilité au pays. Une fois de plus, il réussit son challenge et devint la personnalité la plus en vue et la plus crédible du régime, ce qui n’alla pas sans provoquer quelques méfiances chez un Abdelmadjid Tebboune qui voyait dans l’énergie et la notoriété de son ministre une menace pour un deuxième mandat dont il ne fait plus mystère. Le vaste mouvement diplomatique dont les proches de Lamamra  firent les frais opéré le 24 février sonnait le glas de la mission de celui qui aura marqué la diplomatie algérienne sans avoir pu franchir la dernière marche d’un pouvoir auquel il a ardemment aspiré.

Paradoxe et cynisme de la vie politique algérienne, Lamamra est victime de sa compétence et, même si cela n’est pas dit, de ses origines kabyles que, pourtant, il avait mis un soin particulier à ne pas exposer.         

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