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« CITOYEN D’HONNEUR » : UN FILM QUI CHANTE LA VÉRITE ALGÉRIENNE

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Samir Amin (Kad Merad) a quitté l’Algérie clandestinement après les émeutes d’octobre 88. 34 ans plus tard, la littérature le conduit au prix Nobel. Sa ville natale, Sidi Mimoun, une agglomération de l’ouest algérien, le prie de revenir pour y être consacré citoyen d’honneur. Il redécouvre une cité où se concentrent tous les spasmes qui minent un pays captif de réseaux occultes qui investissent les institutions et aliènent, à divers degrés, les catégories sociales. Les personnes qu’il retrouve ont en fait inspiré l’essentiel des personnages de ses romans. Puisés dans le quotidien de provinciaux, les comportements individuels, positifs ou péjoratifs, sont subtilement exposés pour apparaitre comme des symptômes de problématiques plus profondes. Les relais du régime côtoient et affrontent une jeunesse vivant et aspirant à un monde parallèle à celui qu’on lui prépare. Le réalisateur souligne sans forcer le trait la duplicité du monde des adultes où chacun tente de survivre dans un univers où l’arbitraire du pouvoir peut se dévoiler aussi bien dans les instances officielles que des sectes informelles dont on laisse deviner connexions et complicités. L’intégrisme y est abordé de façon elliptique. On relève les porosités qui accompagnent un phénomène invoquant la transcendance tout en cultivant des manifestations triviales comme la vénalité qui affleurent au détour d’un mariage où lors d’autres échanges sociaux. L’emphase des locaux, soucieux de séduire l’enfant prodige, ne sombre pas dans la caricature.  

Mohamed Hamidi qui déjà signé « la vache », « né quelque part » ou « jusqu’ici tout va bien » nous présente cette fois une fresque citoyenne qui a su échapper au manichéisme et à la tentation du militantisme d’embrigadement. L’exercice était risqué et le pari réussi. Le casting est d’une remarquable justesse ; la générosité des acteurs est crédible ; au point d’avoir fait oublier que nous sommes dans le remake d’un film argentin portant d’ailleurs le même nom sorti en 2016 et réalisé par Mariano Cohn et Gaston Duprat. Belle production qui fait largement oublier l’accent marocain de certains interprètes et l’erreur commise sur la valeur du dinar algérien.

On saura gré à Kad Merad, acteur consacré dans les films dédiés au public français, d’avoir quitté sa zone de confort pour faire vivre une Algérie qui souffre, se bat et espère. La diaspora devrait pouvoir y trouver matière à produire une réflexion donnant du sens à un destin aléatoire mais devant lequel on ne désespère pas. 

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JOURNÉE CINÉMATOGRAPHIQUE DE CARTHAGE : LA TANZANIE LAURÉATE

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Après deux ans de pause pour cause de COVID, la 33ème édition des journées cinématographiques de Carthage, JCC ouverte le 29 octobre a été clôturée ce samedi par la victoire de la Tanzanie qui s’est vue remettre le Tanit d’or pour « Les Révoltés » (Vuta N’Kuvute)  d’Amil Shivji coécrit avec Jenna Bass.

Présidé par le cinéaste marocain Mohammed Abderrahman Tazi, le jury a justifié son choix par une œuvre remarquable par sa perfection « cinématographique à tous les niveaux et (…) un propos à la fois politique et intime ». 

Fiction de 90’, parlant swahili et anglais, « les Révoltés » sorti en 2021 est le candidat de la Tanzanie aux Oscars 2023. 

Le film est une adaptation d’un roman d’Adam Shafi, écrivain tanzanien de langue swahili, qui restitue avec subtilité et densité la ségrégation raciale du régime colonial britannique qui sévissait sur les côtes de Zanzibar dans les années 50. 

Il est rare que l’Afrique anglophone soit distinguée dans une manifestation qui a jusque-là consacré les films d’expression francophone ou arabe produits par la Tunisie (neuf Tanit d’or), le Maroc, l’Algérie le Sénégal, l’Égypte ou la Syrie. 

Le cinéma tunisien a reçu le Tanit d’Argent pour le film « Sous les Figues », de la franco-tunisienne Erige Sehiri, qui est retenu pour représenter la Tunisie aux Oscars 2023.

Cette rencontre cinématographique qui demeure l’une des plus anciennes et plus connues du continent africain parvient à traverser les temps et les crises et réussi même à s’étoffer – d’autres sections comme « la Semaine de la critique de Carthage » ont connu leur première édition cette année – dans un contexte national soumis à l’instabilité et au verrouillage politiques, un conservatisme sociétal sur lequel souffle un islamisme en recul mais toujours prêt à sévir et des conditions socio-économiques de plus en plus contraignantes.   

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TOULOUSE HONNORE IDIR

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Depuis le mercredi 26 octobre, une place du quartier Victor Hugo, centre de Toulouse, porte désormais le nom du chanteur IDIR, de son vrai nom Hamid Cheriet, disparu le 2 mai 2020 à l’âge de 75 ans. Sur la plaque commémorative, on peut lire : « Place Idir, chanteur, auteur, compositeur, interprète et musicien algérien d’expression kabyle. 1945 -2020 ».

L’inauguration a eu lieu en présence du maire de Toulouse Jean Luc Moudenc et de la fille de l’artiste Tanina qui s’est elle aussi engagée dans la chanson du vivant de son défunt père.

Selon des sources proches de la mairie de Toulouse, cette décision a été prise à la suite de la proposition de Fella Allal, adjointe au maire originaire de la ville algérienne de Tlemcen. Sur la toile, les internautes qui saluent l’évènement ne manquent pas de relever qu’en Algérie, Kabylie comprise,  aucun endroit n’a été dédié au célèbre chanteur qui a porté aux quatre coins du monde une image d’authenticité et de modernité de son pays.    

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MAROC : LA CENSURE FRAPPE TOUJOURS

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Le film du franco-marocain Ismael El Iraki « Zanka contact » sorti au Maroc en septembre 2021 a rencontré un public enthousiaste. Ce jeudi, il vient d’être subitement l’objet d’une suspension de son visa d’exploitation commerciale. Motif de cette ostracisation ? L’introduction dans la bande originale d’un morceau de la chanteuse sahraouie Mariem Hassan décédée en 2015 qui soutenait l’indépendance du Sahara occidental. 

Le réalisateur n’avait pas mentionné cette donnée lors de sa demande de subvention et d’exploitation. Après de vives critiques de la presse, le centre cinématographique marocain, CCM qui a contribué à hauteur d’environ 380 000 euros a décidé d’avoir la main lourde : outre la suspension du visa d’exploitation, la société de production est sommée de se conformer au descriptif déposé initialement sous 48 heures, c’est-à-dire de retirer le morceau musical de Mariem Hassan.  De plus, le CCM suspend la carte du réalisateur, ce qui l’empêche d’accéder à toute subvention. Dans un communiqué adressé à l’APS, les producteurs et le réalisateur se sont dits désolés de voir un malentendu prendre une telle ampleur. Ils assurent que le morceau musical fut choisi en raison de la voix de la chanteuse et « en aucun cas ce qu’elle représente politiquement ».

Signe de la sensibilité éruptive de tout ce qui concerne la question du Sahara occidental, ce film qui retrace une histoire d’amour crue entre une prostituée à la voix sublime et une rock-star aspirée dans les ravages de la drogue ne fit pas problème au Maroc à sa sortie. Fin septembre, il reçut même le grand prix du fil de Tanger. Il a suffi que la presse signale la séquence musicale de la Sahraouie pour que les structures institutionnelles s’alignent sur la vox populi, toujours conditionnée par les suggestions officielles ou implicites des cercles les plus conservateurs du pouvoir.     

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« CITOYEN D’HONNEUR » : UN FILM QUI CHANTE LA VÉRITE ALGÉRIENNE

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Samir Amin (Kad Merad) a quitté l’Algérie clandestinement après les émeutes d’octobre 88. 34 ans plus tard, la littérature le conduit au prix Nobel. Sa ville natale, Sidi Mimoun, une agglomération de l’ouest algérien, le prie de revenir pour y être consacré citoyen d’honneur. Il redécouvre une cité où se concentrent tous les spasmes qui minent un pays captif de réseaux occultes qui investissent les institutions et aliènent, à divers degrés, les catégories sociales. Les personnes qu’il retrouve ont en fait inspiré l’essentiel des personnages de ses romans. Puisés dans le quotidien de provinciaux, les comportements individuels, positifs ou péjoratifs, sont subtilement exposés pour apparaitre comme des symptômes de problématiques plus profondes. Les relais du régime côtoient et affrontent une jeunesse vivant et aspirant à un monde parallèle à celui qu’on lui prépare. Le réalisateur souligne sans forcer le trait la duplicité du monde des adultes où chacun tente de survivre dans un univers où l’arbitraire du pouvoir peut se dévoiler aussi bien dans les instances officielles que des sectes informelles dont on laisse deviner connexions et complicités. L’intégrisme y est abordé de façon elliptique. On relève les porosités qui accompagnent un phénomène invoquant la transcendance tout en cultivant des manifestations triviales comme la vénalité qui affleurent au détour d’un mariage où lors d’autres échanges sociaux. L’emphase des locaux, soucieux de séduire l’enfant prodige, ne sombre pas dans la caricature.  

Mohamed Hamidi qui déjà signé « la vache », « né quelque part » ou « jusqu’ici tout va bien » nous présente cette fois une fresque citoyenne qui a su échapper au manichéisme et à la tentation du militantisme d’embrigadement. L’exercice était risqué et le pari réussi. Le casting est d’une remarquable justesse ; la générosité des acteurs est crédible ; au point d’avoir fait oublier que nous sommes dans le remake d’un film argentin portant d’ailleurs le même nom sorti en 2016 et réalisé par Mariano Cohn et Gaston Duprat. Belle production qui fait largement oublier l’accent marocain de certains interprètes et l’erreur commise sur la valeur du dinar algérien.

On saura gré à Kad Merad, acteur consacré dans les films dédiés au public français, d’avoir quitté sa zone de confort pour faire vivre une Algérie qui souffre, se bat et espère. La diaspora devrait pouvoir y trouver matière à produire une réflexion donnant du sens à un destin aléatoire mais devant lequel on ne désespère pas. 

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« LE FRANÇAIS EST UN HÉRITAGE DE L’HISTOIRE ». Propos recueillis par Mustapha HARZOUNE.

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Professeur Agrégée retraitée et Docteur ès-Lettres, Jeanne FOUET est l’auteure d’Écritures de la survie en milieu carcéral. Autobiographie des prisonniers marocains des « années de plomb » (L’Harmattan, 2019). Dans cette étude elle « questionne les limites de ce qu’un être humain peut supporter en termes d’atteinte à ses droits fondamentaux, et présente les ressources mobilisées par des prisonniers marocains durant « les années de plomb ». « Les survivants qui ont rédigé leur autobiographie, quelle que soit leur histoire privée et leur origine sociale, témoignent tous d’une redécouverte intense de leur sentiment d’appartenance à l’espèce humaine et du désir effréné de préserver une dignité mise à rude épreuve » rapporte Jeanne Fouet dans cet entretien qu’elle a accepté de donner au site ADN-MED. 

Il y est aussi question de Driss Chraïbi, auquel elle a consacré son sujet de thèse soutenu en 1997 (Aspects du paratexte dans l’œuvre de Driss Chraïbi) ou de « l’héritage » de la langue française aujourd’hui en Afrique du Nord.

Pourquoi ce long et précis travail sur les témoignages des détenus marocains? Qu’est-ce qu’ils nous disent d’eux-mêmes et de la société marocaine des années 70 ?

Jeanne Fouet. Les témoignages des rescapés marocains s’avèrent précieux à plus d’un titre. En ce qui concerne les détenus militaires, ces hommes, jeunes encore, ont subi une détention de très longue durée dans des conditions proprement inhumaines au bagne de Tazmamart et la mortalité y a été très élevée. Les survivants qui ont rédigé les autobiographies que j’ai étudiées témoignent d’une stratégie de mise à mort lente due uniquement aux conditions de leur incarcération: rations de famine comportant des aliments toxiques, eau insuffisante, aucune hygiène dans une cellule constamment obscure, sans aucun ameublement -une dalle de béton, un trou pour les excréments- aucun vêtement de rechange en presque deux décennies, aucun soin médical, aucun courrier, aucune visite; abondance de pathologies physiques et psychiques. Le détenu meurt de faim, paralysé, dévoré par les insectes, piqué par les scorpions, ravagé de diarrhée, progressivement aveugle et édenté.

Trois frères appartenant à la classe affairiste cossue du Maroc, les Bourequat, ont également subi une très longue détention arbitraire de près de 20 ans -dont la dernière moitié à Tazmamart- due à un règlement de compte avec un des hommes les plus puissants du Maroc des années de plomb, Dlimi. Ils ont réussi à survivre mais ont conservé des séquelles graves de leur emprisonnement.

Enfin, mon corpus comporte l’étude de cinq ouvrages rédigés par madame Oufkir et trois de ses enfants (l’aînée, Malika, a écrit deux livres). La mère et ses six enfants dont le dernier n’avait pas trois ans ont été enfermées près de vingt ans également dans des lieux sinistres et ont enduré des souffrances multiples.

En quoi ces textes nous disent-ils quelque chose de la société marocaine du début des années 1970 ? Ils nous montrent déjà que l’appareil judiciaire est totalement défaillant : les militaires déportés à Tazmamart avaient pour certains bénéficié d’un procès au terme duquel diverses peines avaient été prononcées sans condamnation à mort. Les frères Bourequat et la famille Oufkir “disparaissent” du jour au lendemain sans qu’aucune plainte ne puisse être déposée. Les gardiens des détenus présentent des profils trop souvent ahurissants de méchanceté gratuite et de limitation intellectuelle. Par ailleurs, la presse paraît entièrement aux ordres du pouvoir, aucun écho des entraves au droit n’est présent. A cette époque, la terreur règne au Maroc. Hassan II a échappé à deux coups d’Etat et gouverne brutalement. Un autre aspect intéressant, c’est dans cette société le rôle joué par l’armée : beaucoup des militaires incarcérés appartiennent à des classes sociales défavorisées et ont gravi des échelons sociaux grâce à leur réussite aux concours d’entrée en écoles militaires. Plusieurs témoignages montrent l’attachement à cette institution -pas tous ! – et font état de l’inquiétude de l’armée devant les dérives de la politique menée par le roi et son clan. Une autre classe sociale, celles des riches et puissants, est abordée dans le corpus grâce aux ouvrages de la famille Oufkir. On y apprend pas mal de choses sur la vie au Palais et sur les intrigues de Cour.

Les survivants qui ont rédigé leur autobiographie, quelle que soit leur histoire privée et leur origine sociale, témoignent tous d’une redécouverte intense de leur sentiment d’appartenance à l’espèce humaine et du désir effréné de préserver une dignité mise à rude épreuve. Les relations des prisonniers entre eux attestent le plus souvent des sentiments d’empathie envers le sort du voisin. Entraide dans la misère et la mort, et lutte commune contre la folie parviennent à structurer les échanges quand ils peuvent avoir lieu. L’emprisonnement crée des micro-sociétés tentant d’établir des règles communes, et d’instaurer des complémentarités nécessaires. Les bricoleurs sont bienvenus tout autant que les amateurs de littérature et de cinéma capables de raconter des histoires.

Quelle est l’originalité de ces témoignages, de la littérature en général, comparée à la science historique ?

Jeanne Fouet. Le témoignage carcéral participe à la constitution de l’archive d’une période historique. Il offre également une compréhension de la tragédie humaine. La fiction, depuis toujours, permet de transcender les données du réel en apportant du monde au monde, et capture les affects du lecteur. Ce n’est pas la même posture psychique, mais notre humanité comporte toutes ces possibilités de rationalité et d’émois.

Pourquoi avoir choisi de travailler sur l’œuvre de Driss Chraïbi ? 

Jeanne Fouet. J’ai choisi de faire de Driss Chraïbi mon sujet de thèse de manière totalement affective. On m’avait proposé Proust ! Mais j’avais lu La Mère du printemps – l’Oum er-Bia et je me suis lancée dans une spécialité universitaire parce que j’ai vécu de 4 à 10 ans tout à côté de l’Oum-er-Bia et que j’y ai lavé ma poupée… Chraïbi est un auteur parfois inégal, mais de grand intérêt. J’ai publié deux ouvrages et de nombreux articles sur son œuvre. Ce romancier évolue du désenchantement au désespoir et propose des fictions qui interrogent -parfois sur un mode facétieux, mais bigrement efficace- les principales structures de la société marocaine du vingtième siècle et leurs changements ou paralysies morbides. Le devenir des sociétés nord-africaines lui semble compromis par la perte des valeurs populaires et leur remplacement par une idéologie de l’arrivisme individuel. Je dis bien “populaires” et non pas “traditionnelles”, car pour lui les traditions étouffent la jeunesse et figent le présent des peuples. Ses pseudo-mémoires installent une critique acide du fonctionnement du pouvoir royal, par le biais d’un personnage comique, l’inspecteur Ali, dans les dernières années de publication.

Driss Chraïbi représente encore aujourd’hui un modèle d’intégrité et de l’intellectuel engagé. Qu’en est-il aujourd’hui de la relève – à l’heure parfois des engagements « à bon compte » ? 

Jeanne Fouet. En ce qui concerne le Maroc, plusieurs très bons auteurs contemporains méritent l’attention, Mohamed Nedali, Abdellah Taïa, Mahi Binebine, ou Fouad Laroui en particulier, qui est un peu le fils spirituel de Chraïbi. Quant à un auteur comme Tahar Benjelloun – qui a donné lieu à beaucoup de critiques et de jalousies locales ! –  un prix Goncourt, ce n’est pas rien…J’ai déjà travaillé sur son œuvre, elle est inégale, mais comporte quelques beaux romans tel Jours de silence à Tanger, trop peu connu.

La langue française serait-elle en danger en AFN ? 

Jeanne Fouet. La langue française est en danger partout ; même dans l’hexagone ! La perte de qualité de l’enseignement public y est pour beaucoup, et jouent également des facteurs sociétaux comme l’addiction aux écrans où l’on use d’une orthographe appauvrie, et le monde des images et de la rapidité en général. La place des littératures francophones maghrébines dans l’enseignement français est ridiculement restreinte. Dans les pays du Maghreb, je ne connais pas les programmes, mais je redoute qu’il en soit de même.

Peut-on considérer le français comme constitutif des cultures nord-africaines, revendiquer cette langue comme partie intégrante d’une histoire et d’une identité ?

Jeanne Fouet. A titre personnel autant que professionnel, je considère que la langue française est constitutive du paysage mental des générations ayant connu l’époque coloniale puis l’indépendance ou en étant issues. Pour les très jeunes générations, il n’en est peut-être pas de même… L’histoire est toujours en mouvement, les identités se construisent et/ou se déconstruisent. Le manque d’identité stable empêche de se confronter aux limites identitaires et autorise le refuge dans l’espace religieux intégriste. L’Algérie en sait quelque chose ! C’est un espace où l’on est censé révérer une langue sacrée, donc morte, rassurante, infiniment plus sécurisante que l’emploi d’une langue vivante. Au Maroc, plusieurs langues cohabitent : darija, arabe classique, français berbère, espagnol au nord. Le français permet l’expression de la contestation partageable avec d’autres locuteurs d’autres pays. Il permet aussi de poursuivre des études supérieures car les liens avec l’ancien colonisateur restent solides.

Quel regard portez-vous sur la francophonie : survivance coloniale ou (autre) ouverture au monde ?

Jeanne Fouet. Les deux, bien sûr ! Le français est un héritage de l’histoire violente de la colonisation, mais son usage est multiple, et il y a des héritages qui valent la peine d’être acceptés !

Dans le champs littéraire (et médiatique) national français, quelle place occupe la littérature française issue des différentes migrations, nord-africaines en particulier ?  Sont-elles à la marge, voire marginalisées ?

Jeanne Fouet. La littérature francophone maghrébine occupe une place non négligeable dans le paysage éditorial français. Elle reste à la marge dans l’enseignement, mais certains écrivains obtiennent lectorat et notoriété. Pour une fois je vais citer une écrivaine originaire d’Algérie : Alice Zeniter, dont L’art de perdre m’a fortement impressionnée par la qualité de l’écriture, de la composition, et des thématiques traitées.

Que pensez-vous de la création du site ADN-MED ? Le fait qu’il s’agisse d’un site d’expression française peut-il constituer un obstacle par rapport à sa raison d’être ?

Jeanne Fouet. Franchement je ne vois pas en quoi cela pourrait constituer un obstacle ! Mais je suis peut-être partiale !

Bibliographie : 

·      Jeanne Fouet, Écritures de la survie en milieu carcéral : autobiographies de prisonniers marocains des “années de plomb”, L’Harmattan, 2019
·      Jeanne Fouet, La mère du printemps (L’Oum-er-Bia) de Driss Chraïbi : étude pédagogique, L’Harmattan 2008
·      Jeanne Fouet, Driss Chraïbi en marges, L’Harmattan, 1999
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LƐID AMEGGAZ  صاحا عيدكم  BONNE FÊTE DE L’AÏD

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Festival des Amazighs marocains du Canada 

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La culture amazighe du Maroc à l’honneur à Montréal 

Par Younès Lamri

« Festival des Amazighs marocains du Canada » : l’affiche annonçant l’événement a failli passer inaperçue. C’est que c’est la première fois qu’un événement, de surcroit culturel, est organisé par une organisation amazighe marocaine. Fondée en 2019, l’association Anir des Amazighs marocains du Canada s’emploie avec des moyens rudimentaires de promouvoir la langue et la culture berbères, bien ancrées dans le pays natal. 

Au début, l’association Anir s’est contentée d’un travail de proximité auprès de la communauté marocaine en organisant des fêtes et des sorties, notamment familiales, comme c’est le cas durant Yennayer, le Nouvel An amazigh. 

Plus d’une trentaine d’associations ont vu le jour depuis une quinzaine d’années, mais plusieurs n’ont duré que le temps d’une brise qui passe, faute de moyens le plus souvent. 

Communauté cosmopolite, les Marocains constituent une forte communauté immigrée avec les Français, les Algériens et les Haïtiens. Même s’ils sont plus nombreux numériquement, les Berbères du Maroc sont moins visibles que les autres communautés marocaines, comme par exemple les Juifs marocains, arrivés plus tôt au Québec. 

« La spécificité de la “communauté” marocaine, par rapport à l’algérienne et à la tunisienne, réside dans son histoire migratoire en deux temps et sa composition religieuse hétérogène », écrivent les universitaires Myriam Abouzaïd et Houda Asal dans leur enquête sur la diaspora marocaine au Canada*. 

« Les Marocains juifs étant implantés au Québec depuis longtemps, et ayant développé leurs propres réseaux et organisations, ils ne rencontrent pas les difficultés d’insertion économique et sociale des migrants arrivés à partir des années 1990 », analysent-elles, précisant que cela n’a pas manqué d’avoir une certaine incidence d’un point de vue identitaire et associatif, en raison du substrat séfarade développée par la population juive marocaine. 

Toujours est-il que la communauté berbéro-marocaine essaie de s’insérer dans le magma migratoire avec ses spécificités qui se manifestent dans la sauvegarde du patrimoine et la transmission intergénérationnelle de la langue maternelle. À ce propos, le Centre culturel marocain, Dar El Maghrib avait innové à ses débuts en 2013 par l’enseignement de la langue amazighe avec le soutien de Rabat. 

Pour revenir au festival prévu vendredi et samedi, les organisateurs ont arrêté un programme riche et varié, selon la formule consacrée, avec des projections de films, du théâtre, de la danse et des soirées musicales. Les groupes de musique Azawan et Aza se produiront respectivement vendredi et à la clôture samedi. Un défilé et une cérémonie de simulation de mariage traditionnel figurent également au programme du festival qui se déroulera au Centre culturel marocain, à Montréal. 

L’événement agrée plusieurs membres de la communauté marocaine qui ont salué l’initiative de Anir, à l’image de Rachid, un technicien en télécommunications, qui découvre pour la première fois l’existence de cette organisation. « C’est ce genre de cadre qui manque à notre communauté pour mettre de l’avant notre spécificité culturelle, comme le font les autres communauté immigrantes », s’extasie-t-il. 

Y. L. 

*Myriam Abouzaïd et Houda Asal, « Les Marocains au Canada : histoire, profil et enjeux », revue « Hommes et Migrations », 2013.

Trois questions à Brahim Amarir, président de l’association Anir 

Le président de l’association Anir, Brahim Amarir, espère inscrire le festival dans la durée, pour peu que les moyens suivent, en projetant son organisation dans le futur avec comme ambition la fédération des Amazighs marocain au Canada autour de la nécessité de sauvegarde de la langue maternelle et la culture ancestrale. 

Natif en 1970 à Tidili, à Agadir, M. Amarir, un commerçant bien établi sur la place de Montréal, veut bâtir ce projet ambitieux autour de la nécessité de sauvegarde la langue maternelle et la culturelle ancestrale, même à mille lieues de la terre natale. 

Notre association est peu connue sur la scène culturelle, est-ce que c’est la première sortie de votre association ? Si c’est le cas, peut-on savoir pourquoi ? 

Brahim Amarir : Non, ce n’est pas la première fois que nous occupons le terrain, même si ce fut toujours modestement. Au départ, nos activités ont toujours été organisées dans l’optique de promouvoir la langue et la culture amazighes du Maroc au Canada. Nous avons été également très présents au niveau de notre communauté, avec l’organisation de fêtes et de sorties familiales, comme c’est le cas durant Yennayer, le Nouvel An berbère.

Qu’en est-il justement de la langue amazighe au sein de la diaspora marocaine au Canada ? Et quels liens entretient votre association avec le pays natal ?

La langue amazighe est très présente dans la communauté marocaine au Canada. Les familles amazighes sont attachées à leur culture et transmettent leur héritage culturel à leurs enfants nés au Canada. Avec le mouvement associatif marocain, on tente de nouer des contacts et de développer une relation de confiance avec les artistes marocains pour les faire produire ici au Canada, notamment dans la métropole québécoise Montréal, dans nos projets futurs. 

Une dernière question pour terminer, vous avez de projets dans l’avenir, avec-vous des liens de coopération avec le mouvement associatif nord-africain actif au Québec ?

Non, pour le moment, on n’a pas encore noué des avec d’autres associations amazighes nord-africaines ici au Canada, mais on n’exclut pas l’éventualité à moyen terme. Dans un premier temps, nous allons nous concentrer sur notre programme en faisant mûrir nos projets qui sont à présent à l’état embryonnaire. Notre association continuera de promouvoir notre culture et célébrer les événements culturels et historiques avec la communauté. Avec l’ambition de faire découvrir notre héritage aux Canadiens, nous allons nous employer à édifier des relations de partenariat avec d’autres associations au Canada ainsi qu’aux États-Unis. La promotion de nos activités se fera toujours dans un environnement de fraternité et de respect des institutions publiques marocaines et canadiennes.

Y. L. 

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 UN ECOMUSÉE DE L’ALGÉRIE À MONTRÉAL par Yahia ARKAT

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Un écomusée de l’Algérie est sur le point de voir le jour à Montréal avec l’inauguration de l’événement « Musée éphémère » prévue dimanche dans le cadre du Festival des arts de l’arrondissement de Montréal-Nord. 

L’initiative revient à un groupe d’artistes et de citoyens algériens établis au Canada qui souhaitent faire vivre la culture et les arts de leur pays d’origine dans la société d’accueil.

C’est aussi en écho au désir des membres de la communauté algérienne « de se réapproprier pleinement leur patrimoine ethnographique mémoriel » qu’une association dénommée « Les Amis de l’Écomusée de l’Algérie » a été récemment créée, indique Asma Aït Hamouda, secrétaire générale de l’Écomusée de l’Algérie.

Cette organisation ambitionne de répondre à l’aspiration légitime d’un projet culturel dédié à la mémoire et au patrimoine matériel et immatériel algériens. 

« Ce projet, qui s’appuie sur la participation citoyenne, vise à revivifier le patrimoine mémoriel, notamment auprès des jeunes Algériens afin de leur permettre de porter en toute fierté leur identité d’origine tout en s’épanouissant en tant que membres à part entière de la société d’accueil », explique l’organisme initiateur dans un communiqué rendu public. 

Le programme dévoilé vendredi prévoit, entre autres, des séances de contes ancestraux, une exposition d’artefacts, entre la poterie, la tapisserie et la dinanderie et des chants et prestations musicales ainsi qu’un cérémonial de thé. 

L’Événement pour le lancement de l’Écomusée de l’Algérie aura lieu au pavillon Henri-Bourassa durant toute l’après-midi de dimanche.

Dans le sillage de cet événement qui a mobilisé des artistes algériens à l’instar du peintre Ali Kichou, une exposition de photos d’objets culturels ancestraux se tient jusqu’à mercredi à la Maison culturelle et communautaire de Montréal-Nord. 

Ce projet culturel agrée nombre de membres de la diaspora algérienne au Québec, à l’Image de Kamel, lui aussi artiste-peintre et occasionnellement sculpteur, qui salue une initiative qui tranche avec le folklorisme des activités de ce qu’il appelle les « marchands de nostalgies stériles ». 

« Ça nous change du folklore ressassant ‘’ahuzu n tuyat’’ (danses des haussements d’épaules) sans préparation ni perspectives ; on a enfin une offre artistique qui mérite d’être soutenu », lance-t-il à la cantonade. 

Le caractère citoyen et automne de ce projet est susceptible de fédérer la communauté algérienne autour de choix artistiques enfin élaborés et sérieusement programmés, espère ce militant associatif qui cite des exemples de projets réussis chez d’autres communautés culturelles, comme La Maison d’Italie et La Maison d’Haïti, deux projets bâtis sur une réputation désormais bien établie.

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MAGHREB ORIENT DES LIVRES À PARIS

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La 25ème session du Maghreb des livres (5éme pour Orient des livres) se tient à l’Hôtel de ville de Paris du vendredi 13 au dimanche 15 mai. En 2021, il avait fallu organiser une séance restreinte au mois de juillet pour cause de Covis 19. 

Cette année, la conférence inaugurale était animée par Alice Zeniter, auteure et dramaturge dont l’étoile ne cesse de monter depuis que son roman autobiographique « L’art de perdre » l’avait révélée au grand public en 2017.

Les journées alternent conférences-débats, tables rondes, rencontres avec des collégiens ou des lycées et des séances dédicaces avec les auteurs.

Les éditeurs tunisiens et marocains bien que distribués en France ne semblent pas bénéficier d’un lectorat plus conséquent que les Algériens. Pourtant ces derniers sont largement pénalisés cette saison par la suppression de la valise diplomatique par laquelle était acheminées leurs productions à Paris. Sur les étals beaucoup de maisons algériennes dont Casbah et Barzach sont absentes. En revanche les éditions Frantz fanon ont exposé une partie non négligeable de leur répertoire.

L’affluence de ce vendredi était modeste. Michel, le responsable de la librairie explique cette relative désaffection par le fait que l’ouverture du salon se déroule un jour de semaine.

Pour sa part, une chargée de communication avance une raison plus politique : « Quand le Maghreb des livres était organisé de façon autonome, les lecteurs francophones étaient massivement présents dès le premier jour. Depuis que l’on a confondu cette manifestation avec L’Orient des livres, il y a comme une confusion des productions dont les centres d’intérêt ne sont pas faciles à concilier. Et cela se traduit par une certaine dispersion du public qui ne retrouve pas la matrice culturelle et intellectuelle familière de sa région ».

Notre interlocutrice estime néanmoins que la présence d’auteurs à succès annoncés pour le week-end devrait provoquer une affluence plus consistante.

« En tout état de cause, se désole Hamid, journaliste, l’évènement annuel dédié à la production culturelle écrite francophone nord-africaine se déroule à Paris, et non dans l’une des capitales des trois pays concernés ».       

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Culture

Hend SADI à Montréal : « La permanence du combat identitaire est un motif d’espoir ». Par Yahia ARKAT 

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Devant une salle archicomble, le militant de la cause amazigh Hend Sadi a dézingué les ennemis de l’identité berbère, notamment les partisans de l’arabo-islamisme, soulignant que le combat pour tamazight qui persiste malgré la répression requiert beaucoup de détermination. S’exprimant samedi à Montréal dans une conférence sous le thème générique « la Légitimité politique et l’instrumentalisation de l’histoire », organisée dans le cadre des festivités du Printemps berbère de la Fédération des Amazighs de l’Amérique du Nord (FAAN), le professeur Sadi est revenu longuement sur les falsifications et manipulations de l’histoire qui ont amputé le récit national du fait amazigh.

Le débat identitaire soulevé dans « Idir El Watani » par de jeunes militants nationalistes durant les années 1940 avait fait ruer dans les brancards les islamo-conservateurs et les illusionnistes d’une Oumma chimérique, après l’émergence de la Nahda. « Les Oulémas s’acharnaient à éradiquer toute trace du fait amazigh », a martelé d’emblée le conférencier.

La sortie du roman « La Colline oubliée » de Mouloud Mammeri qui a fait l’objet de tirs groupés des centres conservateurs et des Oulémas dans la revue « Le Jeune Musulman » a remis au centre des débats la problématique de l’identité nationale. Les anathèmes dont a fait l’objet le roman fondateur de la littérature algérienne contrastent avec la critique positive de Taha Hussein. « Les militants berbéristes avaient inscrit tamazight dans une démarche révolutionnaire de libération nationale », a expliqué l’intervenant. Cette séquence de l’histoire a fait réagir le public lors des débats qui ont suivi l’intervention de Hend Sadi. Un militant des événements de 1981 à Bejaïa s’est interrogé sur ce retournement de l’histoire qui fait que des courants politiques et idéologiques qui n’étaient pas à l’avant-garde du combat libérateur se sont emparé du pouvoir une fois l’indépendance acquise.

Un autre intervenant a interrogé le conférencier sur le moyen de sortir de cette impasse d’un combat identitaire dans le creux de la vague. M. Sadi a averti contre la ghettoïsation de ce combat, citant la croisade de Ahmed Gaïd Salah contre le drapeau amazigh pour le circonscrire à la seule Kabylie. Or, prolongement naturel du combat berbériste des années 1940, le Printemps berbère né à Tizi Ouzou a donné à tamazight une résonnance nord-africaine. Salah, un militant démocrate installé au Québec depuis deux décennies, a mis en exergue la négation du fait amazigh par le Makhzen marocain, en dépit des avancées institutionnelles engrangées par la langue amazighe. Sur cet aspect, comme pour répondre à un parent dont les enfants suivent des cours de langue amazighe, le professeur Sadi s’est inquiété du recul de la langue berbère, soulignant l’importance d’une prise en charge institutionnelle.

Cependant, le degré de prise en charge institutionnelle et le reflux de la revendication amazighe ne doivent pas cacher la permanence du combat porté par des générations de militants dans un cadre fraternel. « La persistance de ce combat qui se maintient malgré la répression est un signe de vitalité et un motif d’espérer », a conclu sur une note d’espoir Hend Sadi qui a animé deux autres conférences à Ottawa et à Sherbrooke. Pr Sadi a également dédicacé ses publications, dont l’essai « Mouloud Mammeri ou la Colline emblématique » a été épuisé rapidement. 

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