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OUVERTURE DU SOMMET ARABE : TEBBOUNE EN FUNAMBULE

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Le discours d’ouverture prononcé à Alger ce 1er novembre par le chef de l’État algérien (voir texte intégral ci-dessous)à l’occasion de l’ouverture du 31ème sommet de la Ligue arabe a suscité dans l’après-midi des réactions alternant agacement et dérision au Centre international de presse, CIC, Abdelatif Rahal. C’est que l’exercice était périlleux. Comment afficher l’optimisme de rigueur alors qu’une bonne demi-douzaine de souverains, et non des moindres, ont délégué leurs collaborateurs à une rencontre annoncée par le pays hôte comme l’ultime opportunité devant permettre de lancer des « réformes diligentes, radicales, profondes et exhaustives » de la Ligue afin de rassembler « un monde arabe » dont les convergences sont jusque-là demeurées à l’état de virtualité ?

Si les observateurs pouvaient s’attendre à ce que pas un mot ne soit réservé à la violente diatribe qui a opposé l’Algérie et le Maroc cette semaine, ils furent en revanche surpris d’entendre le responsable algérien presser «  les frères » syriens, libyens et yéménites « à faire prévaloir la voie du dialogue inclusif et de la réconciliation nationale » pour  mettre un terme à leurs conflits, nationaux ou de voisinages, car, argua-t-il, c’est là la seule voie qui  fédérera les énergies et les moyens de la nation commune, préalable à la crédibilité et la stabilité qui la mettront en situation de peser un jour sur la scène mondiale pour valoriser enfin ses ressources économiques et financières ; d’autant que « les réserves de change de nos pays arabes équivalent à celles de l’Europe ou des grands Ensembles économiques asiatiques ou américains », se plût à souligner Abdelmadjid Tebboune.

Les commentaires les plus acerbes vinrent des journalistes égyptiens et saoudiens dont les pays sont ouvertement engagés derrière le maréchal Haftar en Libye pour les premiers et embourbés au Yémen pour les seconds. La décision unilatérale de l’Algérie de rompre ses relations diplomatiques avec le Maroc fut évidemment rappelée pour expliquer que cet acte ne désignait pas leur auteur comme un acteur crédible pouvant donner des leçons de responsabilité, de sagesse ou de réconciliation.

Par ailleurs, l’appel à « focaliser les efforts sur le citoyen arabe » pour garantir développement et progrès à tous fut également savoureusement discuté : « l’Algérie qui en avait fini avec les détentions politiques à la fin des années 90 compte des centaines de détenus d’opinion depuis l’avènement de Tebboune au pouvoir », s’amusa un journaliste tunisien.  

Plus généralement, les observateurs internationaux constatent que les mises en perspective du nouveau « monde arabe » – que Tebboune appela de ses vœux à travers un long développement consacré à la question palestinienne – sont programmées en dehors de la Ligue arabe et, à voir les évolutions et les décisions des pays de la péninsule arabique (Arabie saoudite et Jordanie), du Golfe persique, de l’Égypte et du Maroc, les objectifs qui s’y dessinent sont bien loin de ceux que suggère l’Algérie officielle. 

Le laborieux exercice auquel s’est livré ce mardi le chef de l’État algérien vient rappeler une douloureuse évidence : en politique, il est hasardeux d’appeler à des réformes – surtout lorsqu’on les veut « diligentes, radicales, profondes et exhaustives » -, et éluder les sujets qui fâchent.  

Texte integral

« Au nom de Dieu, Clément et Miséricordieux, Altesses, Excellences,Monsieur le Président de la République d’Azerbaïdjan, Ilham Aliyev, Président en exercice du Mouvement des Non-alignés, Monsieur le Président de la République du Sénégal, Macky Sall, président en exercice de l’Union africaine (UA),Monsieur le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres,Monsieur le Secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit,Monsieur le Secrétaire général de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), Hissein Brahim Taha,

Mesdames, Messieurs,

J’aimerais, de prime abord, vous souhaiter la bienvenue en Algérie, en ce jour béni où le vaillant peuple algérien célèbre un anniversaire mémorable dans l’histoire de l’Algérie et des hommes épris de liberté de par le monde, celui du déclenchement de la glorieuse Guerre de libération, et vous exprimer mes remerciements et ma gratitude de partager avec le peuple algérien cet anniversaire national.

Je tiens à vous souhaiter un agréable séjour dans votre deuxième pays et souhaiter plein succès aux travaux de notre sommet et la concrétisation des espoirs placés en lui par les peuples arabes aspirant à davantage de solidarité, d’invincibilité et de prospérité.

Il me plait, également, d’exprimer mes profonds remerciements et de dire toute ma considération à mon frère le Président Kaïs Saïed, président de la République tunisienne, pour ses efforts remarquables et les efforts de son pays lors de la présidence de la précédente session du Sommet arabe. Mes remerciements vont également à Monsieur le Secrétaire général de la Ligue arabe et à tout le personnel pour les efforts qu’ils ont consentis dans la préparation des travaux de notre sommet.

Altesses,Excellences,Mesdames, Messieurs,

Notre sommet se tient dans une conjoncture régionale et internationale exceptionnelle d’une extrême complexité, marquée par la montée des tensions et des crises, en particulier dans notre monde arabe, qui jamais dans son histoire contemporaine n’a connu de périodes aussi difficiles et suscitant autant d’inquiétude que celle que nous vivons aujourd’hui.

Ces crises complexes aux dimensions et risques multiples se posent encore à nous, avec la multiplication des défis intérieurs et extérieurs majeurs que connaît le monde post-Covid19, et qui ont entraîné un changement des équilibres, des tiraillements et l’exacerbation du phénomène de polarisation, lesquels contribuent, dans une large mesure, à la prolifération des crises, qui ont des retombées sur la paix et la sécurité internationales et impactent plusieurs pays, notamment dans leur sécurité alimentaire.

Alors que notre région arabe recèle de gigantesques potentialités naturelles, humaines et financières à même de nous ériger en force économique agissante dans le monde, nous refusons que notre rôle économique soit purement passif. Nous sommes, ainsi, appelés à reprendre confiance en nos capacités pour peser de tout notre poids et agir de manière influente sur la scène internationale et l’Economie mondiale, d’autant que les réserves de change de nos pays arabes équivalent à celles de l’Europe ou des grands Ensembles économiques asiatiques ou américains.

Pour ce faire, nous nous devons tous de construire un bloc économique arabe solide, garant de nos intérêts communs, tout en œuvrant à la définition des priorités et des domaines d’action commune, à impact positif immédiat et perceptible pour les peuples arabes.

Altesses, Excellences, Mesdames, Messieurs,

En cette conjoncture internationale, la question palestinienne demeure notre cause centrale, au cœur de nos préoccupations et en tête de nos priorités, au moment où elle fait l’objet de tentatives de liquidation, du fait de la poursuite de graves violations par les forces d’occupation qui étendent leurs colonies illégales, tuent des innocents, envahissent villes et villages palestiniens, confisquent des terres et des biens, démolissent des maisons et des bâtisses et forcent le peuple palestinien autochtone à l’exode, notamment à Al-Qods occupé.

Il y va sans rappeler les plans de judaïsation tendant à aliéner l’identité musulmane et chrétienne de la ville et en déformer les repères historiques, outre les descentes provocatrices dans l’enceinte de la Mosquée d’Al-Aqsa par l’armée d’occupation israélienne et les groupes de colons extrémistes. Le siège injuste imposé à Naplouse et l’oppression du peuple palestinien dans le quartier de Sheikh Djerrah, avec pour principale cible des jeunes sans défense, tout cela au vu et au su de la communauté internationale qui fait montre d’un mutisme assourdissant.

Face à l’inertie du Conseil de sécurité et des Nations unies qui peinent à imposer la solution à deux Etat, objet d’un consensus international, nous sommes appelés à fédérer les efforts collectifs pour davantage de soutien politique et financier à même de permettre au peuple palestinien de résister aux crimes systémiques de grande envergure.

S’imposent, aujourd’hui plus que jamais, le renouvellement de notre engagement collectif et notre attachement à l’Initiative arabe de paix, en tant que référence et fondement de la relance du processus de paix au Moyen-Orient, et unique moyen d’instaurer une paix juste et globale permettant au peuple palestinien de réaliser ses aspirations légitimes à un Etat indépendant sur les frontières de 1967, avec Al-Qods Est pour capitale et la décolonisation de tous les territoires arabes occupés, y compris le Golan syrien.

Dans le cadre du respect de notre devoir arabe vis-à-vis de la cause palestinienne, cœur battant de la Nation arabe, je souhaiterais que ce sommet puisse permettre la création d’un Comité arabe de liaison et de coordination en soutien à la cause palestinienne. L’Algérie est pleinement disposée à soumettre cette revendication vitale aux Nations unies pour convoquer une Assemblée générale extraordinaire, aux fins d’accorder à l’Etat palestinien la qualité de membre à part entière aux Nations unies.

A cette occasion, je ne puis que réaffirmer mes félicitations aux frères palestiniens pour l’accord historique parrainé par l’Algérie avant la tenue du Sommet, à savoir la signature de la Déclaration d’Alger pour l’unification des rangs pour l’Unité palestinienne. J’invite mes frères, dirigeants arabes, à conjuguer nos efforts en vue d’accompagner les frères Palestiniens sur la voie du parachèvement de ce projet national pour tourner définitivement la page des différends, à la faveur de la mise en œuvre des échéances nationales prévues par la feuille de route adoptée et énoncée dans la Déclaration d’Alger.

Altesse, Excellences, Mesdames, Messieurs,

Les crises que traversent certains pays frères, à l’instar de la Libye, de la Syrie et du Yémen, sont toujours en quête de solutions. Depuis cette tribune, j’invite toutes les parties internes, régionales et internationales à faire prévaloir la voie du dialogue inclusif et de la réconciliation nationale, loin de toute ingérence dans les affaires internes, afin de parvenir aux solutions politiques, pacifiques et consensuelles.

Des solutions à même de permettre aux peuples de ces pays de disposer de leur avenir et de réaliser leurs aspirations légitimes à la liberté et la dignité, de telle sorte à préserver leur souveraineté, leur unité et l’intégrité de leurs territoires.

L’espoir est toujours de mise que nous puissions faire preuve de sagesse et de clairvoyance pour se réapproprier la définition des moyens susceptibles d’éviter l’effusion de sang et d’unifier les rangs arabes.

Altesses, Excellences, Mesdames, Messieurs,

Le défi de la réforme constitue, aujourd’hui, une nécessité impérieuse et exige un mode de traitement sérieux, responsable et crédible, partant de la conviction de toutes les parties quant à la nécessité de réformes diligentes, radicales, profondes et exhaustives de l’action arabe commune, pour que la Ligue puisse accomplir le rôle qui lui est dévolu pour relever les défis et s’adapter aux derniers développements survenus sur les scènes régionale et internationale.

Pour ce faire, il convient de focaliser les efforts sur le citoyen arabe, autour duquel doit graviter toute action collective, en l’associant comme acteur agissant participant à la définition de l’action arabe commune.

De même qu’il convient de garantir un environnement motivant, à travers l’exploitation du Fonds monétaire arabe (FMA) et des fonds arabes existants pour apporter aide et assistance aux pays qui en ont le plus besoin.

Il sied, également, de permettre aux jeunes compétences arabes, ô combien nombreuses, de prendre l’initiative, d’innover et de participer à conforter toute orientation vers l’intégration arabe, mais également d’adhérer fortement et efficacement à un monde intrinsèquement interconnecté et compétitif.

Altesses,Excellences,Mesdames, Messieurs

La tenue de notre Sommet arabe concomitamment avec l’anniversaire du déclenchement de la Glorieuse Révolution du 1er Novembre, est source de fierté et de grands espoirs, fierté de l’adhésion des frères arabes et autres personnes éprises de liberté à la Glorieuse Révolution du peuple algérien qui défendait sa cause juste et espoirs que nous puissions tous nous remémorer et exalter ces valeurs, face aux défis existentiels qui menacent la sécurité, la stabilité et la prospérité de nos peuples et de nos pays.

Notre rencontre d’aujourd’hui se veut une opportunité de réaffirmer notre attachement collectif aux principes et objectifs pour lesquels a été créée notre Ligue arabe et sur lesquels nos peuples fondent de grands espoirs, mais aussi une halte importante à même d’insuffler un nouvel élan au processus d’intégration arabe.

Je demeure confiant que des résultats positifs et fructueux couronneront nos débats, notamment dans le cadre de la séance consultative, en vue de renouveler l’esprit consensuel collectif, définir des solutions pratiques et prendre les décisions qui s’imposent face aux défis auxquels est confrontée notre Nation arabe, aux volets sécuritaire, politique, économique et de développement.

Puisse Dieu guider nos pas vers davantage de succès, de bien et de prospérité pour notre Nation, nos peuples et nos pays ».

 

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MAROC : DES CANONS CAESARS POUR LES FAR

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Le canon français Caesar va être livré à l’armée marocaine. En fait, un lot dont le nombre n’a pas été rendu public qui représente une partie de la commande de 36 unités passées par le Royaume en 2020 est déjà parvenu au Maroc. Le 16 novembre dernier, des officiers français ont procédé à l’École royale de l’artillerie a une initiation à l’utilisation de ce canon considéré comme l’une des meilleures armes d’artillerie au monde. 

Fabriqué par les usines françaises Nexter, le Caesar est réputé pour sa précision et sa mobilité qui le met à l’abri des riposte ennemies. Ce canon d’une portée de 40 kilomètres a été découvert par l’opinion publique à la suite de ses performances dans la guerre livrée par la Russie à l’Ukraine. 

Dans un premier temps, le transfert à l’armée ukrainienne d’une partie du stock dédié à l’armée française avait laissé croire que compte tenu de la durée nécessaire à sa fabrication (18 mois environ), l’industrie militaire française ne serait pas en mesure d’honorer les commandes qui lui ont été faites. Il semblerait que des mesures aient été prises pour accélérer la cadence de production. 

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ALGÉRIE-TUNISIE : COOPÉRATION POURQUOI FAIRE ?

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Les relations algéro-tunisiennes ont connu cette semaine un rebond remarqué. Le ministre des Affaires étrangères algérien Ramtane Lamamra s’est rendu à Tunis le 26 novembre où il a été reçu par le président Kaïs Saïed.  Deux jours plus tard, et sans annonce préalable, c’est la cheffe du gouvernement Najla Bouden qui arrive à Alger où elle a été reçue par Abdelmadjid Tebboune en présence de son premier ministre et du ministre des Affaires étrangères.

Lundi 28 novembre, au terme de l’audience que lui a accordée le Président Tebboune, elle ne donne aucune indication sur la teneur de son entretien, se contentant d’une déclaration convenue: “J’ai eu l’honneur de rencontrer le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune à qui j’ai transmis les salutations et les félicitations renouvelées du Président Kaïs Saïed pour le succès du Sommet arabe abrité par l’Algérie, début novembre, ainsi que ses vœux de davantage de prospérité pour l’Algérie”, exprimant sa “gratitude à l’Algérie pour son soutien à la Tunisie en cette conjoncture sensible que le pays traverse”.

Cette visite est, selon la cheffe du gouvernement tunisien, destinée à discuter des intérêts communs des deux pays et préparer la prochaine réunion de la commission mixte algéro-tunisienne prévue à Alger. Depuis des décennies et jusque-là, aucune préparation de la réunion ordinaire de la commission mixte n’avait nécessité le déplacement d’un responsable de ce niveau. Du coup, ce déplacement inopiné ouvre la voie à toutes sortes de spéculations.

Depuis le coup de force opéré par Kaïs Saïed en juillet 2021, Alger a manifesté une disponibilité permanente à l’égard de son voisin de l’est auquel il a octroyé un prêt financier et assuré un approvisionnement en gaz dans une situation socio-économique particulièrement tendue. En retour, Tunis a exprimé une évolution notable sur des dossiers importants comme celui du Sahara occidental dont elle a abandonné la traditionnelle neutralité, un positionnement sur la guerre en Ukraine non hostile à Moscou ou une gestion particulièrement fermée de l’information pratiquée par Alger depuis l’arrivée de Tebboune au pouvoir.

En effet, au moment où le régime algérien sévit contre les médias audiovisuels indépendants en harcelant El Kadi Ihsane, directeur de Radio M et Maghreb émergent, derniers ilots de libre expression, la ministre de la justice tunisienne, Leila Jaffel, engage une procédure judiciaire au nom de la cheffe du gouvernement contre le site Business news pour avoir publié un article critique sur le bilan de cette dernière. Outre la tentation de la soumission des voix contestataires, les deux régimes partagent également l’investissement d’un islamo-conservatisme qui doit faire pièce aux périls de la francophonie que le calendrier de cette organisation vient d’imposer à Kaïs Saïed à Djerba. Un espace sur lequel Alger, engagé dans un mouvement de brusque et brutale défrancisation de son éducation, ne désespère pas d’amener le tunisien sinon à s’en séparer du moins à s’en éloigner.

Seul critère sur lequel les deux capitales devront trouver matière à composer : le traitement du mouvement des Frères musulmans. Le président tunisien livre une guerre sans merci contre le parti islamiste Ennahdha – non pas sur le fond de la doctrine – qu’il estime être l’unique source capable de remettre en cause son aventure solitaire. Or le pouvoir algérien qui a fait le choix stratégique de composer avec un islam de bazar dans lequel baigne cette mouvance envoie régulièrement des messages à son allié pour l’inviter à atténuer ses attaques contre le parti de Ghannouchi. D’autant que les procédures utilisées dans ces assauts anti Ennahdha frisent l’illégalité et provoquent de plus en plus d’exaspération et d’indignation dans l’opinion alors que cette formation politique, à son firmament dans la phase post-révolution, a engendré dix ans après un tel rejet dans la société tunisienne que Kaïs Saïed s’est cru autorisé à toutes les infractions constitutives d’un coup d’Etat.

Pour cet ancien dirigeant d’entreprises publiques algériennes, qui requiert l‘anonymat et habitué des cénacles algéro-tunisiens, « le rapprochement des deux pouvoirs est plus dû à la volonté de renforcer les conceptions autoritaires des Etats que la perspective de construire un nouvel environnement ouvert sur des gouvernances crédibles et légitimes ».

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SAHARA OCCIDENTAL : GUETTERES PRUDENT

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Le roi Mohamed VI a reçu ce mercredi le secrétaire général de l’ONU Antonio Gutteres à l’occasion du 9éme forum de l’Alliance des civilisations qui s’est tenu à Fès les 22 et 23 novembre.

On relève dans le communiqué sanctionnant cette rencontre l’engagement permanent du monarque chérifien pour « la promotion des valeurs d’ouverture, de tolérance, de dialogue et de respect des différences ». Par ailleurs, il est souligné « la contribution constructive et constante du Royaume pour le maintien et la consolidation de la paix, le renforcement de la stabilité et la promotion du développement, notamment dans le continent africain ».

En revanche, le secrétaire général de l’ONU s’est gradé de s’exprimer sur la question du Sahara occidental alors que Mohamed VI a insisté pour rappeler « la position constante du Maroc pour le règlement de ce différend régional sur la base de l’initiative d’autonomie, dans le cadre de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du Royaume ». 

Signe de l’embarras onusien sur un problème qui déchire l’Afrique du nord depuis bientôt un demi-siècle, la réaffirmation du « soutien du Royaume aux efforts du secrétaire général et de son envoyé personnel, Stafan De Mistura, aux fins de la conduite du processus politique, ainsi qu’à la MINURSO pour l’observation du cessez-le-feu » n’a pas davantage amené Guterres à avancer sur ce dossier que Rabat pose désormais comme premier paramètre de calibrage de ses relations avec ses partenaires. Pour rappel, le cessez le feu observé depuis 1991 est désormais rompu par des accrochages récurrents opposant le Polisario et les FAR. En novembre 2021 et en septembre 2022, des victimes civiles algériennes et mauritaniennes, touchées vraisemblablement par des drones marocains, ont été déplorées dans la zone de Guerguerat située à l’extrême sud-ouest du Sahara occidental.

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SÉCURITÉ DE LA COUPE DU MONDE : LE QATAR CHOISIT LE MAROC

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Des contingents des services de police marocains sont arrivés à Doha pour assurer la sécurité publique pendant la durée de la coupe du monde. Près de 250 gendarmes français sont également positionnés dans la capitale qatarie avec un rôle plus discret. Ces derniers qui ont une mission d’expertise doivent, si les circonstances le commandaient, intervenir dans une opération d’urgence. Mais la palme de la visibilité revient évidemment aux agents marocains qui procèdent à la sécurisation des lieux et, en cas de besoin, au contrôle des individus suspects. « On ne peut pas demander à des gendarmes français d’intervenir publiquement au Qatar. Outre la délicatesse politique de ce genre d’actions, on les voit mal interpellant un couple homosexuel qui se serait pris la main ou se serait embrassé » confie un ancien diplomate français longtemps basé à Rabat.

Le même fonctionnaire assure que le Maroc n’est pas peu fier de voir le professionnalisme de ses services de sécurité trouver une reconnaissance lors d’un évènement planétaire…au grand dam de son voisin algérien qui pensait avoir enfoncé un coin entre le Qatar et le royaume chérifien. Lors du dernier sommet arabe organisé à Alger le 1er novembre, le Qatar fut le seul pays de la péninsule arabique à avoir assuré sa représentation au plus haut niveau, les autres nations (Arabie saoudite, Jordanie, Emirats arabe Unis, Oman et Bahrein) ayant dépêché des responsables subalternes.

L’Algérie travaille à un axe rassemblant la Turquie, proche de Doha après son isolement dans la région, pour faire pièce au pôle qui se construit autour de l’Arabie saoudite bien décidée à agir en tant que puissance régionale qui cherche à s’émanciper progressivement de la tutelle américaine.

La proximité que cultive Alger avec Doha est donc essentielle à son repositionnement diplomatique. Le chef de l’État Abdelmadjid Tebboune a d’ailleurs tenu à être présent lors de la cérémonie d’ouverture de la Coupe du monde alors que le team algérien, sorti lors des phases éliminatoires, est absent de la compétition. 

Le choix du Maroc comme puissance chargée de la sécurité du tournoi est plus qu’une décision technique : les observateurs l’interprètent aussi comme  un signal destiné à faire entendre qu’en Afrique du nord, le Qatar, si délicate que soit sa situation dans le Golfe, refuse de prendre partie entre les deux frères ennemis.

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TUNISIE : CONTRE LES OPPOSANTS, LA TENTATION ALGÉRIENNE ?

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La satellisation de la Tunisie dans l’orbite algérienne se confirme chaque jour un peu plus.  Pourtant, à la fin des années 80, les intellectuels nord-africains se prenaient à rêver de voir la sécularisation bourguibienne infuser dans la région. Le mur de Berlin venait de tomber et l’exaltation tiers-mondiste d’Alger avait cessé d’agiter les cénacles universitaires et autres cercles panarabistes plus ou moins aspiré par l’illusion iranienne. La Ligue des droits de l’homme tunisienne avait activement accompagné la naissance de sa sœur algérienne et le statut de la citoyenne tunisienne fut longuement évoqué par des résistantes comme Meryem Belmihoub pour tenter de bloquer le funeste code de la famille qui asservit aujourd’hui encore les Algériennes. Bref, le projet sociétal laborieusement porté par Bourguiba était assumé par les élites nord-africaines qui y voyaient la construction nationale la plus adaptée pour survivre dans une mondialisation que ni la paranoïa post-coloniale de Boumediene ni l’absolutisme monarchique de Hassan II n’avaient vu venir. 

Trente ans plus tard la pédagogie politique s’inverse. Fasciné par le populisme arabo-islamique resuscité par Alger, Kais Saied rêve d’aligner son pays sur le modèle autocratique de son voisin de l’ouest. Les exemples de ce mimétisme sont nombreux. Alger qui a criminalisé l’action politique par l’introduction de l’article 87 bis dans son arsenal juridique a inspiré à Tunis le décret-loi 54 du 13 septembre qui en est le reflet. Ces deux derniers jours ont vu la précipitation de décisions judiciaires qui n’ont rien à envier aux oukases algériens où l’on commence par incriminer des opposants avant de demander à l’appareil judiciaire de trouver matière à constituer un dossier à charge.  Qu’on en juge.

À un mois d’élections législatives anticipées marquées par une désaffection citoyenne et un état d’impréparation inégalés dans l’histoire de la Tunisie indépendante, dans un contexte de poussée inflationniste et de déficit budgétaire inquiétants pour la paix sociale, les abus de pouvoir de Kais Saied rendent le climat politique de plus en plus délétère.

Ce matin du 16 novembre, l’opposant Fadhel Abdelkéfi, président du parti Afek Tounes et ancien ministre en charge du développement puis des finances dans le gouvernement Chahed (2016-2017), a été interdit par la police des frontières de l’aéroport Tunis Carthage de sortir du territoire national sans que celle-ci ne lui présente aucune notification administrative ou judiciaire. Un porte-parole du ministère de l’Intérieur a tenté de justifier cette interdiction en déclarant que « Fadhel Abdelkefi, fait l’objet d’une interdiction de voyage, émise par le tribunat de première instance de Tunis 1. Les services de la police aux frontières lui ont conseillé de se diriger vers le tribunal en question pour régler ses affaires avec la justice » (sic). Réagissant à ces propos dans un post Facebook, Fadhel Abdelkéfi a affirmé qu’il s’est rendu au Tribunal de première instance de Tunis et qu’il n’a trouvé aucune affaire déposée contre lui, ni dans aucun autre tribunal. Pour lui, le processus d’instruction a été inversé : il a été interdit de voyager le temps de chercher une affaire pour laquelle le convoquer. Et de s’interroger : « Devant le public, j’exhorte le ministère de l’Intérieur ou de la Justice ou toute autre autorité compétente de m’informer qui m’a interdit de voyage ». 

Il est clair pour de nombreux observateurs et acteurs de la vie politique tunisienne que le donneur d’ordres est Kais Saied lui-même. Il est de notoriété publique que ce dernier voue une haine inextinguible à l’endroit de Fadhel Abdelkéfi, présenté souvent comme une alternative crédible à l’actuel locataire de Carthage.  On se rappelle la violence des propos du chef de l’État à son égard fin 2021. Le désignant sans le nommer, Kais Saied l’avait traité de « plus grand des voleurs » et regrettait que la justice l’ait blanchi dans une affaire qui l’opposait à la direction des douanes alors qu’il dirigeait une société d’intermédiation financière, suggérant de surcroit qu’il avait corrompu des juges. 

Au-delà du cas personnel de Fadhel Abdelkéfi, ce sont plus largement ses opposants politiques que Kais Saied a décidé de persécuter. Ces derniers mois, plusieurs anciens députés et ministres ont déjà fait l’objet de mesures similaires d’interdiction de voyage ou d’incarcération abusives n’ayant pas eu de suites. 

Depuis quelques jours les réseaux sociaux bruissent d’une affaire de meurtre vieille de 20 ans dont la ministre de la Justice a décidé de rouvrir le dossier après que le président de la République a rencontré, lors d’une récente visite à la prison de la Mornaguia, le principal inculpé dans cette affaire. Étrange coïncidence, un des témoins de cette affaire à l’époque du meurtre n’est autre que Lotfi Mraihi, candidat à la présidentielle de 2019 et président d’un petit parti, l’UPR (Union Populaire Républicaine) qui vient de lancer une initiative politique intitulée « Dégage » qui vise à forcer le président de la république à la démission. Les pages Facebook proches de Kais Saied martèlent sans cesse le nom de Lotfi Mraihi en évoquant cette affaire.

Avec les opposants politiques, c’est aussi la presse indépendante qui fait les frais de ces violations répétées des libertés publiques.

Ainsi le 11 novembre, la ministre de la Justice Leïla Jaffel attaque en justice le site d’information Business News, connu pour son indépendance et son ton critique à l’égard du pouvoir. Cette plainte près le Tribunal de première instance de Tunis accuse Business News de « diffamation, publication de fausses informations, allégations mensongères contre un fonctionnaire public et injures contre la cheffe du gouvernement ». Selon la plainte l’article incriminé a « des conséquences touchant la sûreté du pays et cherche à atteindre les institutions de l’État ».

Mme Jaffel invite le parquet à lancer les poursuites pénales nécessaires contre Business News conformément aux dispositions du décret-loi 54 du 13 septembre 2022 relatif aux crimes liés aux systèmes d’information et de communication. Ce décret-loi décrié et dénoncé par les organisations des droits de l’homme et les professionnels de la presse vise essentiellement à museler les voix dissidentes y compris lorsqu’elles s’expriment dans les espaces privés que sont les réseaux sociaux (Article 24 ci-dessous) *. Le recours déloyal à ce décret « scélérat » prouve bien les intentions hostiles du pouvoir à l’égard de la presse indocile. Le code spécifique de la presse (décret 115, de 2011) auquel tout article de presse est légalement soumis n’aurait pas permis de telles sanctions.

Fidèle à sa ligne éditoriale, l’équipe de Business News ne baisse pas les bras : « Si la cheffe du gouvernement et sa ministre cherchent à intimider et à faire taire Business News, qu’elles déchantent, nous ne nous laisserons pas faire. Le droit à l’information et la liberté de la presse sont sacrés pour nous et pour nos lecteurs ».

Ces offensives judiciaires spectaculaires et simultanées interrogent sur le timing choisi alors que le pays est sous les radars avec l’ouverture le 19 novembre du sommet de la francophonie à Djerba. On se souvient qu’il y a à peine 6 mois sa tenue était compromise à cause notamment de la position intransigeante du premier ministre canadien qui dénonçait les coups portés au processus démocratique en Tunisie. Si Justin Trudeau a finalement consenti à se rendre au sommet sur insistance de son ami Emmanuel Macron, cela ne signifie nullement un blanc-seing accordé au président Saied par la communauté des États francophones. Kais Saied restera comptable auprès d’eux comme des autres partenaires traditionnels de la Tunisie des renoncements imposés à un projet démocratique parfois maladroit mais si plein de promesses. 

*Sous-section 3 – Des rumeurs et fausses nouvelles

·       Art. 24 – Est puni de cinq ans d’emprisonnement et d’une amende de cinquante mille dinars quiconque utilise sciemment des systèmes et réseaux d’information et de communication en vue de produire, répandre, diffuser, ou envoyer, ou rédiger de fausses nouvelles, de fausses données, des rumeurs, des documents faux ou falsifiés ou faussement attribués à autrui dans le but de porter atteinte aux droits d’autrui ou porter préjudice à la sureté publique ou à la défense nationale ou de semer la terreur parmi la population.

·       Est passible des mêmes peines encourues au premier alinéa toute personne qui procède à l’utilisation de systèmes d’information en vue de publier ou de diffuser des nouvelles ou des documents faux ou falsifiés ou des informations contenant des données à caractère personnel, ou attribution de données infondées visant à diffamer les autres, de porter atteinte à leur réputation, de leur nuire financièrement ou moralement, d’inciter à des agressions contre eux ou d’inciter au discours de haine.

·       Les peines prévues sont portées au double si la personne visée est un agent public ou assimilé.

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ALGÉRIE : LIBÉRATION DE DÉTENUS D’OPINION

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Cinq jours après les sévères critiques essuyés lors de son examen périodique universel (EPU) au Conseil des droits humains (CDH) à Genève (voir adn-med du 13 novembre 2022), l’Algérie ferait-elle montre d’une relative disponibilité à l’écoute de la communauté internationale ? Le tribunal de Dar El Beida, (banlieue est d’Alger), vient en effet de libérer ce mercredi une vingtaine de détenus d’opinion après un procès marathon qui a duré plus de vingt-quatre heures et au cours duquel furent mobilisés une quarantaine d’avocats. Il y a eu des acquittements et des libérations après des condamnations qui recouvrent la période passée en détention, cependant, d’autres prévenus ne sont pas rentrés chez eux, la sanction qui leur a été infligée étant plus longue que le temps de leur emprisonnement.

La plupart de ces prisonniers sont des activistes originaires de Kabylie. Certains furent arrêtés pour appartenance au mouvement du MAK qui prône l’indépendance de la Kabylie alors qu’ils n’en faisaient pas partie ou qu’ils en avaient démissionné de longue date comme c’est le cas de Bouaziz Aït Chebib. Le responsable de cette entité, Ferhat Mehenni, s’est vu, pour sa part, condamné à perpétuité par contumace. Depuis la promulgation de l’article 87bis qui criminalise tout propos critique à l’endroit du pouvoir, le mouvement islamiste Rachad comme le MAK sont désignés par Alger comme des organisations terroristes.

Ces libérations ne doivent cependant pas être prises comme une tendance générale attestant d’une volonté d’apaisement du pouvoir. Au moment même où délibérait le tribunal de Dar El Beida, des interpellations ou des condamnations avaient lieu un peu partout dans le territoire national.

Plus de deux cents militants sont toujours en détention pour avoir exprimé dans la presse ou sur les réseaux sociaux une opinion, apporté leur soutien à des citoyens victimes d’arbitraire, exhibé l’emblème amazigh ou participé à des regroupements ou des manifestations.

À la la fin des années 90, les arrestations pour délit d’opinion avaient quasiment disparu. Après l’essoufflement du mouvement citoyen de février 2019,  le régime algérien – assumant depuis l’arrivée de Tebboune au pouvoir en décembre 2020 une certaine filiation avec la période Boumediène dont il veut réhabiliter les paradigmes et les méthodes – a renoué avec les emprisonnements préventifs, les harcèlements contre les médias privés et les interdictions de sorite du territoire national, autant de violations de droits citoyens qu’Alger refuse toujours de considérer comme des atteintes aux libertés fondamentales.   

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Politique

UE-TUNISIE : SAIED PLUS AUTISTE QUE JAMAIS

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Le commissaire européen à la justice Didier Reynders a effectué une visite en Tunisie le 11 novembre où, en plus du chef de l’État, il a rencontré le ministre des Affaires étrangères Othman Jerandi, la ministre de la Justice Léila Jaffel et le ministre de l’Intérieur Taoufik Charfeddine. Le choix de ces deux derniers départements qui se sont distingués par des décisions et positions ayant provoqué de nombreuses protestations catégorielles ou d’autres émanant de la société civile donne une indication des lieux de pouvoir où l’UE souhaiterait voir les choses évoluer vers plus de normalité et de transparence.

Le communiqué de la présidence de la république rapportant le compte rendu de l’audience accordée par Kais Saied au commissaire européen est surréaliste. Didier Reynders a eu droit à un cours de droit comparé plus ou moins ésotérique. Dans un monologue qui lui est propre, le locataire du Palais de Carthage a fait étalage de commentaires sentencieux où il expliquait que les approches théoriques de la pensée politique ayant cours en occident appelaient une sérieuse interprétation critique, soulignant que des cas de révision confirmant ses dires étaient d’ailleurs à l’étude.  

Le chef de l’État a également vanté l’expérience tunisienne en termes de rénovation du droit arguant que « contrairement à ce qui se dit dans certains milieux à l’étranger, le 25 juillet était une nécessité pour sauver l’Etat tunisien ». Toujours droit dans ses bottes, Kais Saied a déclaré que son pays était à l’avant-garde par rapport à plusieurs pays européens sur des dossiers comme celui de la constitution, de la loi électorale et des droits des femmes.

Les observateurs ont relevé que le communiqué de la présidence a passé sous silence les interventions du commissaire européen. C’est la délégation de l’UE en Tunisie qui a fait état des positions, plutôt rudes, exprimées par Didier Reynders qui a martelé que :  «  Pour sauvegarder tout acquis démocratique, il est essentiel de renforcer l’État de droit, la séparation des pouvoirs, l’indépendance de la justice et le respect pour les droits humains » soulignant que «  la liberté d’expression, la liberté de la presse, la liberté de manifestation ainsi que les autres libertés fondamentales sont des valeurs essentielles des États démocratiques et de l’UE (…) Nous y veillons au sein de l’UE, notamment à travers la publication du rapport sur l’État de droit ».  

S’agissant des prochaines étapes concernant les élections et les négociations avec les institutions financières internationales, le commissaire européen a déclaré : « L’UE a rappelé à plusieurs reprises que le dialogue est une condition essentielle pour la soutenabilité des réformes politiques et économiques » ajoutant que « l’UE continuera à suivre de près les prochaines étapes du pays et restera à côté du peuple tunisien et à l’écoute de ses besoins. Elle réaffirme sa disponibilité et sa volonté à apporter son soutien pour mener à bien le retour à la normalité démocratique ». Normalité démocratique que Kais Saied considère comme un péril pour la nation. Pour l’instant, ni les nombreuses visites des responsables américains, ni les invitations de l’UE à atténuer son autoritarisme ne semblent dissuader le président tunisien de poursuivre une aventure solitaire dont lui seul connait l’objectif si tant est qu’il en ait véritablement un, hormis l’exercice du pouvoir absolu.  

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DROITS DE L’HOMME : L’ALGÉRIE ÉPINGLÉE À L’ONU

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Une quinzaine de pays dont les USA, l’Allemagne, la Belgique, le Canada, la Suède, l’Australie, mais aussi le Maroc et Israël ont interpellé ce vendredi l‘Algérie sur les violations des droits des citoyens ayant fait valoir leurs libertés d’expression, d’association, de réunion… Outre ces dénonciations sur les abus commis sur des centaines d’Algériens aujourd’hui détenus pour certains sans jugement, ces pays ont déploré l’existence de textes de loi dont le fameux 87bis associant tout propos hostiles au régime à un acte terroriste. D’autres intervenants ont soulevé la question du code de la famille et des droits des minorités. Si les interpellations du Maroc et d’Israël, peuvent s’apparenter à des manœuvres d’opportunisme politique, les deux pays, en conflit avec Alger, ne sont pas exempts de reproches en matière de violations des droits humains, les interventions d’autres nations aux traditions démocratiques bien établies peuvent avoir un écho plus convaincant auprès de l’opinion internationale. En effet, l’Allemagne, le Canada ou la Belgique qui développent pourtant d’importantes relations commerciales et économiques avec l’Algérie, trouveront une écoute plus crédible dans cette période où l’invasion de l’Ukraine par Moscou anesthésie considérablement les vigilances internationales sur les abus des régimes autocratiques. 

On aura relevé le silence de la France engagée dans un processus relationnel qui se veut à la fois dense et cynique, chacun des deux partenaires sachant que son vis-à-vis sait que leur nouvelle alliance froide et technocratique, est aussi sensible que factice. 

La réponse de la délégation algérienne fut digne des déclarations soviétiques. Ceux que l’on appelle des détenus d’opinion sont des prisonniers auxquels est appliqué le droit commun. Les lois algériennes sont conformes au droit international et si des ambiguïtés peuvent exister dans certaines formulations, « le magistrat qui agit en toute liberté », allégua le ministre de la justice, sait interpréter le texte dans le sens de l’équilibre et de la sérénité. 

En attendant plus de deux cents citoyens croupissent dans les geôles du régime pour avoir posté un message critique ou ironique sur la toile. Le journaliste El Kadi Ihsane vient de se voir impliqué dans une troisième affaire tout aussi abracadabrante que les deux précédentes où il est accusé de terrorisme. Il doit repasser devant le juge d’instruction ce lundi.  

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TUNISIE : PLUS DE 700.000 ÉLÈVES NON SCOLARISÉS

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À la mi-novembre, plus de 14.000 enseignants suppléants, contractuels et vacataires de l’enseignement de base observent toujours la grève qu’ils ont déclenchée depuis la rentrée.


La cause ? Selon le syndicat du secteur, le ministère de tutelle ne veut pas engager un dialogue de fond sur le statut et les salaires que souhaite discuter cette corporation précarisée par l’instabilité des recrutements et les salaires qu’ils n’ont pas reçu depuis six mois. Le ministère de l’éducation qui cherche à retourner l’opinion contre les grévistes alterne appel à la reprise et menace de poursuites judiciaires. Sur le fond il reste sourd aux revendications des enseignants arguant qu’il est impossible d’envisager un recrutement durable avant trois ans, (conséquence semble-t-il des négociations du gouvernement pour un accord avec le FMI qui prévoit un gel de la masse salariale sur 3 ans). En réponse à cette campagne, le secrétaire général de la Fédération générale de l’enseignement de base, Taoufik Chebbi, a, d’ailleurs, accusé le ministère de l’Éducation d’avoir déformé la réalité en semant de fausses informations et en occultant les accords passés avec les précédents gouvernements.


Faute de recevoir des promesses d’échanges crédibles et satisfaisantes, le syndicat propose de maintenir les mouvements de protestation.
De nombreuses voix, dont la direction de l’UGTT, s’élèvent pour dénoncer un pourrissement qui affecte les catégories sociales les plus précaires, les couches aisées voire les classes moyennes envoyant leurs enfants dans les écoles privées. C’est en effet dans les zones rurales et les périphéries des grandes villes que l’on retrouve le plus grand nombre d’enseignants vacataires.
Un trimestre est bientôt écoulé sans que des centaines de milliers d’enfants tunisiens n’aient renoué avec la scolarité.

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Politique

PEGASUS : L’ÉPIDEMIE DE L’ESPIONITE

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La députée européenne néerlandaise Sophia in’t Veld (groupe Renew) vient de rendre publique la première version du rapport de la commission lancée par le Parlement européen pour faire le point sur l’étendue de l’usage du logiciel Pegasus qui avait défrayé la chronique en 2021 au point d’avoir conduit des experts de l’ONU à demander un moratoire sur l’utilisation des logiciels espions. 

On se rappelle que le Maroc fut accusé d’avoir exploité illégalement cette technologie pour écouter ses opposants mais aussi des personnalités étrangères de premier plan comme le président Emmanuel Macron, le président du gouvernement espagnol Pedro Sanchez ou des dirigeants algériens. Les plaintes déposées contre l’État marocain par des ONG comme Reporters sans frontières avancent laborieusement tant est difficile la fourniture de preuves matériellement vérifiables dans ce genre d’opérations.

Le rapport de 150 pages produit à Bruxelles ce mardi révèle que quatre pays de l’Union européenne dont la Hongrie, la Pologne, la Grèce auraient également eu recours à Pegasus pour espionner leurs opposants. Dans ce dernier pays, le pouvoir dispose d’un autre logiciel Predator pour suivre des contestataires, des journalistes mais aussi… des membres du gouvernement. Le quatrième pays de l’UE à être épinglé est l’Espagne. On apprend que Madrid a utilisé le logiciel qui a servi à capter les conversations de Pedro Sanchez pour écouter des dizaines de militants indépendantistes catalans.

Force est de constater que tous les pays s’accommodent de ces pratiques, chacun s’y adonnant selon les possibilités et opportunités qui s’offrent à lui. On se souvient que la France avait fourni à Kadhafi des moyens sophistiqués pour écouter ses adversaires. Sous Obama, la NSA, prise la main dans le sac, dût avouer avoir espionné la chancelière Angela Merkel…Comme toujours dans ce genre de manipulations c’est le vieux dicton qui prévaut : il n’est pas interdit de voler mais de se faire attraper.  

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