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MAROC : RENFORCEMENT DE LA FLOTTE DE CANADAIRS

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Une enveloppe de 1,3 milliards de dirhams a été dégagée pour renforcer de trois avions une flotte de Canadairs composée déjà de cinq appareils de type 415. Un Canadair coute entre 25 et 35 millions d’euros, selon le modèle.

C’est le ministre délégué auprès du chef de gouvernement, chargé de l’Administration de la Défense nationale, Abdellatif Loudiyi qui a fait cette annonce mardi devant la commission des Affaires étrangères. Le projet de loi des finances 2023 prévoit pour ce département un budget de 62,3 milliards de dirhams. 

Le Maroc a subi ces quatre dernières années des incendies qui ont essentiellement touché le nord du pays, zone la plus boisée du royaume. Les régions de Larache, Ouezzane, Tétouan et Chefchaouen ont ainsi vu plus de 9.000 hectares détruits par les feux. De l’avis de plusieurs ONG marocaines, ces dommages ont cependant été considérablement limités grâce à l’intervention des Canadairs que le pays utilise par ailleurs comme moyen de sauvetage ou de transport de marchandises voire de voyageurs en dehors des périodes à risques incendiaires. Pour l’heure, le Maroc reste le seul pays africain à disposer de ce genre d’appareils. Lors des incendies qui avaient dévasté les forêts algériennes, notamment en Kabylie, à l’été 2021, les autorités marocaines avaient proposé la mise à disposition de leurs Canadairs à leur voisin de l’est. L’offre fut rejetée par Alger en raison des relations qui venaient de se dégrader entre les deux pays mais aussi pour ne pas donner à voir une comparaison préjudiciable au pouvoir algérien face à un rival historique. L’Algérie avait néanmoins fini par accepter l’intervention de deux Canadairs français pour lesquels le gouvernement avait alors remercié…l’Union européenne.    

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EXCLUSIF. EXPLOITATION DU GISEMENT DE GARA DJEBILET (ALGÉRIE). POURQUOI MAINTENANT ?

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Le 8 mai 2022, le conseil des ministres entérinait le principe du lancement de la première phase d’exploitation du gisement de fer de Gara Djebilet situé dans le grand sud-ouest algérien. Le 31 juillet, le ministre de l’Énergie et des mines Mohamed Arkab se rendait sur les lieux pour lancer l’ouverture du site. Le 17 aout l’agence de presse officielle APS annonçait une extraction de 1000 tonnes. Selon Mohamed Arkab, une première étape s’échelonnant de 2020 à 2025 devrait permettre une production de 2 à 3 millions de tonnes en attendant d’atteindre des volumes allant de 40 à 50 millions de tonnes à partir de 2026. Entretemps, les autorités algériennes font état de démarches devant conduire à une joint-venture avec le chinois CMH. 

Pourquoi cette précipitation ? Pourquoi ce gisement connu de longue date fut-il ignoré à ce jour ? Qu’est ce qui a décidé le gouvernement algérien à se lancer dans ce projet aujourd’hui ? Que représente cette ressource et quelle en est la nature. Adn-Med s’est penché sur un dossier où se croisent les données économiques, les contraintes techniques et financières et les considérations géopolitiques. 

Un site majeur

Gara Djebilet est un des plus grands gisements du monde. Il renferme 2 milliards de tonnes de minerai de fer dont 800 à 900 millions de tonnes à 57-58% de fer métal, ce qui est un taux appréciable.

Le site qui est situé à 130 km au sud-est de Tindouf, ville reliée par une route goudronnée de 990 km à Béchar, se trouve à 400 km de l’Atlantique et à 1560 km du port d’Arzew.

Signalé pour la première fois en 1952, Gara Djebilet avait été alors étudié par le Bureau de Recherche Minière en Algérie, BRMA. Après l’indépendance, la Société Nationale d’Exploitation et de Recherche Minières, SONAREM, s’y investit dès 1966, date de sa création. L’endroit est donc relativement bien connu sur les plans de la géologie, de la métallogénie, de la géophysique (aéroportée et magnétique) et de la géochimie, grâce à de nombreux travaux exploratoires, dont plusieurs sondages (plus de 200 soit 7000 ml de carottes) et puits de reconnaissance permettant de recueillir et d’analyser suffisamment d’échantillons pour avoir une idée précise de la valeur, la nature et la quantité du minerai.

Géologie

Les archives de SONAREM révèlent qu’il s’agit d’un gisement sédimentaire, stratiforme, dans lequel des strates particulières sont minéralisées en fer. Évidente plus-value économique, les couches de fer oolithique (microparticules sphériques de fer constituant la substance utile du minerai) datées d’environ 400 millions d’années affleurent partiellement dans trois (3) zones principales dans un périmètre global de 140 km2 environ : 

– Gara Djebilet Ouest de 40 km2 (10 km x 4 km) ;

– Gara Djebilet Centre de 90 km2 (20 km x 4,5 km) ;

– Gara Djebilet Est de faible étendue 7 km2 (7 x 1 km).

Une station d’essai fut construite à proximité du gisement ouest, afin d’étudier les possibilités d’enrichissement du minerai par épierrage à sec sur séparateurs magnétiques basse intensité (technique de séparation du fer et de la terre permettant le captage du minerai par la magnétisation du rouleau).  

Dans le bassin Gara Djebilet ouest, la lentille minéralisée, de direction NW-SE, subhorizontale ou à très faible pendage NE (1°-2°) est recouverte par des grès. Elle est facilement accessible dans la partie sud du bassin sous forme d’une falaise formée par un minerai compact, induré, dominant de plusieurs dizaines de mètres les terrains sous-jacents.

Dans le bassin Gara Djebilet centre, situé à 10 km du bassin ouest, la lentille minéralisée de même orientation et pendage que la précédente se développe sur 90 km2 environ. Elle est également recouverte par des grès. Sa bordure sud offre également une falaise, mais moins abrupte et moins haute que sa voisine ouest.

Enfin, le bassin Est, distant du central de 8 km, plus réduit est de l’ordre de 7 km2 (7 x 1 km).

Dans cette zone ferrifère de 137 km2, des lentilles plus riches en fer s’individualisent dans chacun des trois secteurs.

Le mur (la base) des couches utiles est constitué d’une alternance de niveaux oolithiques, grès et argiles sur une épaisseur de 15 m sous la couche minéralisée.

Le minerai commence par un niveau pouvant atteindre 10 m d’épaisseur, de produit non magnétique aux couleurs variant de l’ocre au gris-rouge. Les teneurs moyennes en fer varient de 40 à 57% et atteignent parfois 58% de fer dans la Gara ouest.

Au-dessus, se trouve le minerai magnétique, oolithique, stratifié de couleur variable. Sa teneur en fer dépasse 57% sur la Gara centre, 58 % sur la gara ouest et atteint parfois 60% dans les parties les plus riches.

Dans l’ensemble les couches sont régulières et peu ou pas affectées par les cassures, à l’exception d’une faille de 13 m de rejet qui affecte le gisement central.

Dans la partie sud du bassin, la couche utile a été dénudée par l’érosion, livrant ainsi le minerai à ciel ouvert, ce qui représente évidemment un avantage certain pour la production.

À Gara Djebilet, la minéralisation se présente sous forme de trois couches superposées (parallèles) dont l’épaisseur totale varie de 15 à 20 mètres. La teneur moyenne générale est de 56%. La couche médiane, dite couche utile, épaisse de 8 à 9 m a une teneur de 58% à Gara ouest et 57% à Gara centre. 

Les réserves dans cette seule couche utile seraient de 900 millions à 1 milliard de tonnes, dont 500 millions de tonnes dans la zone centre et 400 millions dans la zone ouest.

L’épaisseur des recouvrements stériles sont de l’ordre de 10 m en zone ouest et de 20 m en zone centre, ce qui ne constitue pas en soi une grande contrainte pour le déblaiement et donc l’accès au minerai. 

L’exploitation à ciel ouvert est possible, ce qui rend d’autant plus rentable l’extraction. Ainsi la zone ouest, plus favorable à cet égard, pourrait assurer les 25 premières années un rythme de 15 millions de tonnes par an. 

A priori donc les données géophysiques font de Gara Djebilet l’un des endroits les plus attractifs au monde. Sauf que… 

Caractéristiques chimiques 

Les recherches de Sonarem ont identifié les éléments suivants :

Fer = 57- 58 % ; Silice (Si O2) = 4,7-4,9 % ; Al2O3+ Ti = 4,3-4,7 % ; CaO + MgO = 1,6 % ; CO2 = 2,5-3,6 % ; H2O combinée = 2,9-3% ; Soufre (S) = 1,01% ; Phosphore (P) = 0,8 % ; Arsenic (As) =0,026%.

Ces analyses mettent en évidence la richesse du gisement en fer (entre 57 et 58 %), la présence de silice (4,7 à 4,9 %) et du phosphore (0,8%).

Si la teneur en silice est dans les valeurs acceptées par le marché mondial, il n’en est pas de même pour le phosphore (0,8%) ; les normes admises dans le commerce international devant être inférieures à 0,1%. 

Il convient de souligner qu’à tous les stades de son traitement (enrichissement, agglomération, bouletage, réduction, etc.) les techniques les plus appropriées sont indispensables pour déphosphorer le minerai afin de tendre vers zéro phosphore, préalable à une utilisation industrielle de qualité.

Exploitation

Extraction et traitement nécessiteront l’installation d’usines préparant un minerai de fer commercialisable conduisant à la fabrication d’acier de qualité.

Par ailleurs, l’éloignement du gisement des ports de l’ouest algérien (1560 km : Arzew, un peu moins pour Oran et Béni Saf) ainsi que l’importance des installations de traitement nécessaires, rendent l’exploitation relativement coûteuse. Pour parvenir à un niveau de rentabilité concurrentielle, il faut un tonnage annuel exploité de l’ordre de 15 millions de tonnes/an, encore faudrait-il recourir à des techniques d’extraction les moins onéreuses possibles.

Avec ces 15 millions de tonnes/an, les réserves connues de minerai riches de l’ordre de 900 millions de tonnes, permettent une exploitation sur environ 60 ans, ce qui est remarquable.

Considérations politiques 

On a souvent avancé la question de la déphosphoration, particulièrement énergivore, pour expliquer le renoncement de l’Algérie à se lancer dans l’exploitation de Gara Djebilet. Sans être anodine, cette contrainte n’est pas la plus importante dans la mise en veilleuse du chantier. Les disponibilités en gaz et en énergie solaire pouvaient satisfaire à la consommation des unités devant séparer le phosphore du fer.

Le conflit du Sahara occidental dont les premières manifestations remontent à 1973 semblent avoir poussé le pouvoir algérien à différer le lancement de ce mégaprojet tant que les décisions des autorités espagnoles quand au devenir de leur colonie n’étaient pas connues. 

Par la suite, l’intensité des affrontements opposant le Polisario et l’armée marocaine ont dissuadé les autorités algériennes de se lancer dans des investissements lourds dans une zone d’instabilité démographique – les camps saharaouis sont à quelques encablures du site – et de grande insécurité militaire. D’où l’abandon du chantier sachant que la condition d’un transport rapide et court, c’est-à-dire d’une rentabilité financière satisfaisante, requérait l’ouverture d’un couloir vers l’Atlantique. 

Cette éventualité est aujourd’hui aussi hypothéquée qu’au début du conflit. 

Pourquoi Alger a-t-il relancé une exploitation minière dont les paramètres qui l’avaient empêchée sont plus que jamais d’actualité ? Le transport du minerai vers les ports du nord sera-t-il soutenable financièrement ?  Des usines sidérurgiques seront-elles implantées sur sites pour créer un écosystème justifiant la mobilisation de tant de moyens ? Les ressources en eau que nécessiterait cette implantation seront-elles disponibles ? Les problématiques environnementales dans un espace largement affecté par une désertification de plus en plus envahissante ont-elles été appréhendées ? Après l’épuisement du gisement, c’est à dire 60 années, le lieu de vie serait-il viable ?

Demeurent les spéculations des think tanks et des chancelleries. Les options stratégiques du Maroc qui se projettent dans une perspective supra régionale avec tout ce que cela implique comme choix culturels et géostratégiques contraignent l’Algérie à « meubler » le site en créant ex nihilo une cité importante et durable pour marquer un territoire disputé depuis toujours par son voisin de l’ouest. Et ceci quel qu’en soit le prix. 

Un ancien cadre de SONAREM s’interroge : « Quand bien même ces sacrifices seraient-ils pertinents pour une période de 60 ans ; un tel projet, avec la mise en œuvre des moyens qu’il appelle et ses implications financières, urbanistiques, écologiques et humaines ne méritait-il pas un débat parlementaire voire citoyen ? »

On n’a pas fini de le constater : le conflit du Sahara occidental reste l’obstacle majeur du développement de l’Afrique du Nord. Et le moins que l’on puisse en dire est que pour l’heure aucun compromis n’apparait à l’horizon.  

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MAROC : RENFORCEMENT DE LA FLOTTE DE CANADAIRS

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Une enveloppe de 1,3 milliards de dirhams a été dégagée pour renforcer de trois avions une flotte de Canadairs composée déjà de cinq appareils de type 415. Un Canadair coute entre 25 et 35 millions d’euros, selon le modèle.

C’est le ministre délégué auprès du chef de gouvernement, chargé de l’Administration de la Défense nationale, Abdellatif Loudiyi qui a fait cette annonce mardi devant la commission des Affaires étrangères. Le projet de loi des finances 2023 prévoit pour ce département un budget de 62,3 milliards de dirhams. 

Le Maroc a subi ces quatre dernières années des incendies qui ont essentiellement touché le nord du pays, zone la plus boisée du royaume. Les régions de Larache, Ouezzane, Tétouan et Chefchaouen ont ainsi vu plus de 9.000 hectares détruits par les feux. De l’avis de plusieurs ONG marocaines, ces dommages ont cependant été considérablement limités grâce à l’intervention des Canadairs que le pays utilise par ailleurs comme moyen de sauvetage ou de transport de marchandises voire de voyageurs en dehors des périodes à risques incendiaires. Pour l’heure, le Maroc reste le seul pays africain à disposer de ce genre d’appareils. Lors des incendies qui avaient dévasté les forêts algériennes, notamment en Kabylie, à l’été 2021, les autorités marocaines avaient proposé la mise à disposition de leurs Canadairs à leur voisin de l’est. L’offre fut rejetée par Alger en raison des relations qui venaient de se dégrader entre les deux pays mais aussi pour ne pas donner à voir une comparaison préjudiciable au pouvoir algérien face à un rival historique. L’Algérie avait néanmoins fini par accepter l’intervention de deux Canadairs français pour lesquels le gouvernement avait alors remercié…l’Union européenne.    

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GAZODUC NIGÉRIA-AFRIQUE DU NORD : RABAT ET ALGER SUR LE PIED DE GUERRE

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Voilà encore un dossier où Alger et Rabat se rendent coup pour coup. 

Dimanche, le Roi du Maroc Mohamed VI s’adressant à la nation à l’occasion du 47ème anniversaire de la marche verte rappelait l’initiative prise « avec son excellence Muhammadu Bouhait, président de la République fédérale du Nigéria de lancer le projet Gazoduc Nigéria-Maroc » et se félicitait de « l’avancement de ce grand projet, conformément à l’accord signé en 2016 ».

Le même jour, le ministre des Affaires étrangères du Nigéria, Geoffrey Onyeama était reçu à Alger par son homologue algérien Ramtane Lamamra et le chef de l’État Abdelmadjid Tebboune. Il déclarait que « les deux pays (L’Algérie et le Nigéria NDLR) ont procédé à la mise en place d’un Conseil d’affaires algéro-nigérian », insistant particulièrement sur « les projets structurants, notamment le gazoduc Alger-Lagos, la Transsaharienne et la dorsale à fibre optique ».

Ce Méga projet était déjà l’objet d’une sourde opposition diplomatique entre Alger et Rabat depuis plusieurs années (voir adn-med du 17 septembre). Il est devenu un terrain d’affrontement ouvert après la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays survenue en août 2021, à l’initiative d’Alger.

Le Maroc qui a réussi à intéresser à sa démarche les pays de la CEDEAO fait valoir le développement dont profiteraient les 400 millions de personnes des treize pays que traverserait le gazoduc avec ce que cela implique comme stabilité des flux migratoires et garantie sécuritaire dans le Sahel et l’ouest africain. De son côté, l’Algérie met en avant un trajet plus court (4000 km au lieu des 6000 pour le tracé marocain) et son statut de pays producteur de gaz à même de contribuer à une meilleure potentialisation de l’offre sur le marché européen.  

Pour l’instant, les financements des deux projets demeurent incertains. D’une part les sommes nécessaires à leur réalisation dépassent largement les capacités d’emprunt des pays concernés – ce qui appelle la mobilisation des capitaux des grandes entreprises multinationales voire des États – d’autres parts, et malgré la pression induite sur le marché des hydrocarbures par l’invasion de l’Ukraine par la Russie, l’investissement à long terme dans les énergies fossiles reste sujet à controverse.  

En attendant, Rabat et Alger ont trouvé matière à ouvrir un autre champ de bataille.  

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TUNIS PARALYSÉE : GRÈVE SURPRISE DANS LES TRANSPORTS

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La capitale tunisienne s’est réveillée ce mercredi sans transports suite à l’appel à une grève ouverte lancée la veille par de la Fédération générale du transport affiliée à l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) alors que le chef de l’État se trouve à Alger où il participe au 31ème sommet de la Ligue arabe. 

Dans l’émission la Matinale de radio Shems fm, Wejih Zidi, le secrétaire général de la Fédération, explique ce mercredi la soudaineté de cette action par le silence des autorités de tutelle à savoir le ministère des transports et de la direction générale de la Société des transports de Tunis (Transtu). Cette dernière structure n’a pas réagi aux doléances des travailleurs dont les rémunérations n’ont toujours pas été versées, obligeant ces derniers, dénonce le responsable de la Fédération, à recourir à des moyens expéditifs pour rembourser leurs traites, pourvoir aux besoins de leurs familles ou simplement se procurer un médicament. 

Wejih Zidi signale que lorsque dans le passé leur entreprise était confrontée à des difficultés de trésoreries, celle-ci avertissait les employés d’un possible retard de paiement des mensualités alors que cette fois aucune information ne leur a été fournie.

Outre ces causes immédiates, Wejih Zidi rappelle les conditions déplorables dans lesquelles exercent les travailleurs qui sont souvent agressés ainsi que l’état du parc roulant qui empêche le collectif d’offrir le service de qualité auquel ont droit les usagers du grand Tunis. 

Tout en se faisant l’écho de la colère qui anime les agents de l’entreprise, le syndicaliste laisse la porte ouverte au dialogue en déclarant que « la grève peut s’arrêter en quelques instants et que ceci dépendait des autorités de tutelle ».

Ce mouvement risque de perturber davantage la mobilité d’un monde du travail tunisien dont les performances sont déjà durement affectées par une grave crise financière qui freine la consommation et raréfie les importations des pièces de rechange, rendant la compétitivité des unités économiques encore plus aléatoire.

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MAROC : ASSUMER L’INDUSTRIE DU CANNABIS

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Le Maroc organise à partir de ce mardi un colloque international de 2 jours sur la problématique du cannabis dont il est un des tous premiers producteurs mondiaux. Les ministres de l’enseignements supérieur et de la recherche scientifique ainsi que celui de la santé font partie des responsables politiques qui sont partie prenante de cette initiative. Le  conseil national économique, social et environnemental et plusieurs universitaires participent à une rencontre qui vient prolonger une réflexion engagée dans le royaume depuis plusieurs années.

Plus de soixante intervenants dont des experts venus du Canada, d’Angleterre, de Belgique se sont associés aux différents acteurs marocains  pour traiter de disciplines comme la question juridique de la légalisation, de la transformation, de la commercialisation ou des vertus thérapeutiques du principe actif du cannabis le tetra hydroxycanabinol.

Le parlement marocain qui a déjà eu à aborder cet important et délicat dossier semble vouloir approfondir les données médicales, sociologiques, économiques et culturelles d’un problème qui concerne en premier chef le Royaume chérifien mais aussi des pays riverains et plus généralement ceux de l’Europe qui ne parviennent pas à venir à bout d’un flux ininterrompu d’un produit qui irrigue une économie parallèle qui brasse plusieurs milliards d’euros avec des conséquences qui menacent autant les domaines sanitaires des populations que les  aspects sécuritaires des États.

La perspective de la légalisation semble désormais actée au Maroc qui adhère à la thèse qu’une mise sur le marché du cannabis soumise à un contrôle des pouvoirs publics peut à la fois assurer à terme la réduction des réseaux clandestins, la surveillance de la qualité des produits commercialisés et enfin une rentabilité économique transparente et donc soumise à la fiscalité des finances générés par cette culture.

Il reste que les études menées par les pays qui ont déjà légalisé le cannabis ne permettent pas de tirer des conclusions unanimes ou définitives. Le Portugal qui adopte une politique libérale semble vouloir continuer son expérience relativement récente. À l’inverse, aux Pays-Bas où la légalisation existe depuis de longues années, des voix commencent à s’élever pour relever les limites et les risques de cette approche, le cannabis étant dans la quasi-totalité des cas la porte d’entrée qui mène aux addictions sévères.

Pour l’heure, le Maroc semble résolu à organiser la production et la commercialisation d’une production que ni les aides massives de l’union européenne dédiées à la promotion de cultures de substitution ni les campagnes plus ou moins crédibles d’éradication n’ont pu réduire significativement.  

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GAZODUC NIGÉRIA-MAROC : LA CEDEAO S’IMPLIQUE

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3 ou 4 ans pour débloquer les financements, 5 ans de travaux et une inauguration prévue pour 2032. Ce sont les délais nécessaires à la réalisation du Gazoduc Nigéria-Maroc dont les études de pré-faisabilité et de faisabilité sont bouclées, si l’on en croit Sediko Douka, le commissaire chargé des Infrastructure, de l’énergie et de la digitalisation au sein de la CEDEAO (communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest)  qui s’exprimait ce 15 septembre à Rabat après la signature d’un mémorandum entre le Maroc et la CEDEAO portant sur cet autre méga-projet qui ambitionne de desservir les pays de l’Afrique de l’ouest et l’Europe. (Voir adn-med du 4 septembre).

Pour Sediko Douka, le TSGP (Trans saharian gas pipeline) l’autre gazoduc qui doit traverser le Niger et se terminer en Algérie n’est pas concurrent mais complémentaire du second tracé qui doit desservir 13 pays ouest-africains. « Avec les énormes potentialités gazières du Nigéria, les 2 gazoducs trouveront leur place et seront même complémentaires (…) Sachant que le Gazoduc Nigéria-Maroc va se raccorder à d’autres pays producteurs comme le Ghana ou la Côte d’Ivoire. Il y a de la place pour les 2 infrastructures » a plaidé le commissaire de la CEDEAO.

Longtemps perçus comme exclusifs l’un de l’autre, en raison notamment de la rupture des relations algéro-marocaines qui a considérablement perturbé le marché gazier en Afrique du Nord, le tracé traversant le Niger et l’Algérie et celui qui passe par la côte atlantique sont présentés désormais comme des équipements d’égale importance. 

Il reste à mobiliser des financements qui s’élèvent à plusieurs milliards de dollars pour chaque projet. Trouvera-t-on des investisseurs pour les 2 réalisations ? Oui, répondent d’une même voix les partisans du gazoduc Nigéria-Maroc. Il y va de l’accès à l’énergie, c’est-à-dire du droit au développement de 400 millions de personnes ; ce qui n’est pas sans incidence sur la stabilité et la sécurité de la région ouest-africaine qui menace de s’embraser par un effet domino à partir des foyers sahéliens qui ont déjà contaminé le Nigeria à travers des organisations comme Boko Haram. La réduction de la pauvreté, source des flux migratoires incessants est aussi, pour partie, tributaire de l’aboutissement de ce méga-projet qui pourra également pourvoir aux besoins de l’Europe de l’Ouest, ajoutent les mêmes promoteurs qui se projettent déjà dans la phase marketing du chantier.   

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MAROC : ÉQUILIBRISME DÉLICAT AVEC LES USA ET LA RUSSIE

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Nombreux furent les observateurs à être surpris de voir le Maroc s’abstenir lorsqu’il fallut mettre au vote à l’ONU la condamnation de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Une grande partie des commentateurs avaient lié cette décision au fait que, comme beaucoup de pays du sud, le Royaume dépendait de la Russie, premier exportateur mondial de blé, pour son approvisionnement en céréales. Il y a du vrai dans cette explication mais elle est incomplète. L’agence russe Rosselkhoznadzor, instance qui étudie les apports, besoins et qualités nutritionnelles des produits alimentaires vient de rendre publique la consommation russe en fruits et légumes. On apprend que celle-ci a augmenté depuis le début de la guerre déclenchée contre Kiev en février 2022 pour atteindre 5,1 millions de tonnes et que le Maroc rafle 45% de ce marché devant les républiques d’Asie centrale disposant pourtant de climats méridionaux comme le Turkménistan (30 %), le Kazakhstan (21 %), le Tadjikistan (16 %), l’Ouzbékistan 14 %. Assez curieusement le rapprochement affiché avec Pékin n’a pas eu d’effets significatifs sur les échanges commerciaux entre les deux pays. Sur le segment des fruits et légumes, la Chine ne pourvoie qu’à hauteur de 11 % des besoins de la fédération de Russie. 

Outre cette coopération alimentaire, le Maroc et la Russie entretiennent également de bonnes relations en matière sanitaire. C’est, entre autres, grâce au vaccin Sputnik que le Royaume a pu gérer sans grands dommages la crise du Covid 19. 

La densité du commerce et, plus généralement, la coopération entre Rabat et Moscou mettent en porte à faux la diplomatie du Royaume dont les alliés traditionnels occidentaux, notamment les USA, attendent une position ferme et solidaire sur la question ukrainienne au moment où le continent africain est l’objet d’une lutte acharnée entre la Chine et la Russie d’une part et l’UE et les USA d’autre part. Les Américains qui avaient désinvesti sous Trump le projet d’accompagnement démocratique lancé par Barack Obama se préparent à réinvestir la scène africaine avec le sommet USA-Afrique prévu du 13 au 15 décembre (Voir la chronique de Said Chekri)

Si Washington a fermé les yeux sur des relations économiques dans des secteurs où il n’y avait pas concurrence américaine directe, il sera de plus en plus difficile pour Rabat, désormais lié stratégiquement par les accords d’Abraham avec Israël et les USA, de continuer à faire le grand écart, car à partir de l’année 2023, il faudra se déterminer pour un camp ou un autre. Et les relations historiques qui lient le Maroc et les USA ne laissent pas vraiment de choix.  

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MAROC : BAISSE DRASTIQUE DES RÉCOLTES CÉRÉALIÈRES

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La campagne des récoltes céréalières actuelle a connu une baisse de 67% annonce un communiqué du ministère de l’agriculture, de la pêche maritime, des régions rurales et des eaux et forêts. Cette année, le Maroc engrange 34 millions de tonnes contre 103,2 millions de tonnes l’année précédente, laquelle fut une saison exceptionnelle.

Les variétés céréalières se répartissent comme suit : 18,9 millions de tonnes pour le blé tendre, 8,1 millions de tonnes pour le blé dur et 7 millions de tonnes pour l’orge. 

Cette réduction est due au double effet de la réduction de la pluviométrie et de sa mauvaise répartition sur l’année. Essentiellement tombée en novembre et décembre, les précipitations quasiment absentes en janvier et février ont considérablement altéré la croissance des pousses. L’essentiel de la production a été assurée par les zones favorables de Fès-Meknès et de Rabat-Salé-Kénitra. Pour rappel, la campagne agricole 2021/2022 a enregistré une pluviométrie de 199 mm soit, une baisse de 34% par rapport à la même période de l’année précédente. 

Les restrictions des irrigations ont également pesé sur le volume global de la production.

La dépendance alimentaire du royaume pèse sur sa diplomatie. Les observateurs ont relevé que le Maroc s’est abstenu à l’ONU quand il a fallu condamner l’invasion de l’Ukraine par la Russie dont le Maroc est l’un des grands clients. La reprise d’activité du port d’Odessa d’où doivent partir les livraisons de blé est attendu avec impatience et fébrilité par Rabat et d’autres capitales africaines ou moyen orientales. 

On se souvient que le Maroc avait connu en juin 1981 des émeutes de la faim qui s’étaient soldées, selon un bilan officiel, par 114 morts à Casablanca. Le spectre de ces soulèvements, par essence imprévisibles et incontrôlables, hante tous les pays dont la fabrication de pain, de pâtes ou de couscous, consommation de base des populations, dépend d’une géopolitique de plus en plus instable. 

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ÉNERGIE : ALGER VOLE AU SECOURS DE TUNIS

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Rien ne semble perturber la lune de miel qui règne entre Alger et Tunis. Ayant déjà volé au secours du régime de Kaïs Saïed par l’octroi d’un prêt de 300 millions dans une période financière particulièrement critique l’année dernière, Alger se dit prête à augmenter ses exportations d’électricité vers la Tunisie – pays touristique grand consommateur d’énergie en été – en cas de demande. 

C’est Mourad Adjal, PDG de Sonelgaz qui a déclaré ce lundi en marge d’une réunion tenue à El Bayadh (centre-ouest) du pays, avec les cadres de son entreprise que « l’Algérie qui exporte quotidiennement plus de 500 mégawatts d’énergie électrique vers la Tunisie, pays frère, était prête à augmenter les quantités d’électricité exportées en cas de hausse de la demande”.

Autre pays qui figure parmi les grands privilégiés de la diplomatie algérienne actuelle : l’Italie. Lors de cette rencontre, le même dirigeant a annoncé qu’un projet est actuellement en cours d’études pour envisager « l’exportation d’électricité vers l’Italie ». 

Il est difficile d’établir ce qui relève des capacités algériennes à honorer ces proclamations de ce qui participe de campagnes de communication qui ne cachent plus la volonté d’attirer le voisin de l’est dans le sillage politique des nations s’alignant sur Moscou pour s’opposer à un monde occidental dont Tunis fut toujours un fidèle allié. 

Ces annonces peuvent en effet être sujettes à caution quand on sait que les coupures d’électricité en Algérie sont des désagréments que doivent affronter les foyers algériens, hiver comme été.

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GAZODUC NIGÉRIA-EUROPE : L’ALGÉRIE DEVANT LE MAROC.

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Sauf imprévu peu probable, le méga projet du Tans Saharian Gaz Pipeline, TSGP destiné à assurer le transport du gaz nigérian vers l’Europe traversera les déserts algériens et nigériens. Le Nigéria, le Niger et l’Algérie ont en effet signé un mémorandum ce jeudi pour lancer la construction d’une réalisation qui peut bouleverser le marché du gaz sur le Vieux continent. La Task force regroupant les experts des trois pays constituée à Abuja est, selon le ministre algérien, en phase opérationnelle. 

Pendant plusieurs années le Maroc avait mobilisé ses puissants réseaux tissés en Afrique de l’ouest pour convaincre ses partenaires de la viabilité de sa proposition qui ambitionnait de faire passer le gazoduc par la côte atlantique. Une puissante activité diplomatique avait été déployée par Rabat pour expliquer que les pays de l’Afrique de l’ouest allaient également bénéficier de cette source d’énergie pour booster leur développement. Pour valoriser cette option, une campagne de sensibilisation alertant contre les risques des attaques des terroristes djihadistes infestant le Sahel avait même été soutenue par Rabat. Au mois d’avril passé, rien n’était encore joué puisque les autorités marocaines et nigérianes annonçaient avoir chargé la société d’ingénierie australienne Worley de la réalisation de l’étude d’ingénierie et de conception préliminaire du gazoduc (FEED, Front-end engineering design). 

Dans cette bataille le Maroc comptait faire d’une pierre deux coups : s’émanciper définitivement de l’approvisionnement gazier algérien et renforcer son influence déjà conséquente dans la plupart des pays de l’Afrique occidentale 

Finalement, les rentrées financières enregistrées par l’Algérie avec la flambée des prix des hydrocarbures engendrée par l’invasion de l’Ukraine ont pesé lourd dans le choix des deux pays subsahariens qui ont longtemps laissé planer le doute quant à leur choix définitif du trajet à retenir. 

Curieusement, c’est par une dépêche lapidaire que l’agence officielle Algérienne, l’APS a fait état ce jeudi de la réception par le chef de l’État Abdelmadjid Tebboune des ministres de l’énergie et des mines des trois pays concernés par le tracé du gazoduc alors qu’Alger comme Rabat ont longtemps mené une guerre de communication sans merci pour vanter leurs dossiers respectifs.

Pour cet expert qui a gardé l’anonymat, « La conjoncture internationale favorise l’Algérie, pays producteur qui peut facilement lever les financements nécessaires à la construction de ce gigantesque équipement. Pour autant, le Nigéria et le Niger ne souhaitent pas perturber les relations culturelles et économiques privilégiées qu’ils ont établies de longue date avec le royaume chérifien. Et pour une fois Amar Belani, le préposé aux polémiques avec le Maroc a été sommé de garder le silence sur ce sujet ». Pour combien de temps ?   

Pour rappel, ce chantier soumis à discussion au début des années 2000 dans le cadre du NEPAD avait failli être définitivement abandonné pour cause de non-rentabilité avant que la crise mondiale de l’énergie ne vienne relancer l’intérêt des producteurs, des consommateurs et donc des investisseurs.  

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