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AFFAIRE BOURAOUI : L’APS S’ENFLAMME AFFAIRE BOURAOUI : L’APS S’ENFLAMME

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AFFAIRE BOURAOUI : L’APS S’ENFLAMME

Une réaction précipitée qui révèle l’intensité de la guerre des clans.

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Quelques instants après le passage d’Amira Bouraoui sur la chaine publique française TV5 monde où elle délivra sa version sur sa sortie d’Algérie, l’agence officielle, APS réagit par une dépêche incendiaire : «  La barbouzie française ne cache plus son jeu ». Selon le média algérien, l’objectif de cette officine « est d’arriver au point de non-retour dans les relations algéro-françaises. ».

La fureur de la voix officielle du pouvoir ne connait pas de limite : «  Voilà qu’une femme qui n’est ni journaliste, ni militante, et qui n’est rien du tout, et 48 heures après, on lui offre les plateaux et on l’invite à s’exprimer sur des chaines de TV publiques », s’étrangle l’APS qui avertit que « si la France envisage qu’elle peut refaire, en 2023, un scénario comme la baie des cochons, alors là ils se sont (sic) complètement trompé d’adresse. » avant de poursuivre dans la rhétorique contre les « khabardjis » ( les informateurs) et « certains responsables au niveau de la DGSE, du quai d’Orsay et certains conseillers franco-algériens  qui ne cachent pas leur amour et leur vénération pour le makhzen » L’axe Paris-Rabat, pilier de la doxa du système algérien est reconstitué.

Pour ce vieux journaliste de l’APS, les référents utilisés portent la griffe de certains anciens éléments de la sécurité militaire hostiles à un vrai rapprochement avec la France. Notre interlocuteur tempère cependant son propos quant à l’identification précise des auteurs de cette charge par le français approximatif d’une réaction visiblement dictée dans la précipitation et qui peut être révélatrice de l’intensité de la guerre des clans. Dans le passé analyse l’ex-journaliste, « l’APS transcrivait les instructions politiques du régime dans un langage un peu mieux construit ». A moins qu’il ne s’agisse « d’une traduction d’un texte écrit en arabe, ce qui orienterait les hypothèses vers le clan islamo-conservateur, instrumentalisé ou non  et qui, de fait, s’estimerait désormais assez fort pour enclencher une surenchère en vue de mettre les partisans d’une coopération plus apaisée avec Paris devant le fait accompli, » conclut notre source.

Marchant sur des œufs, le journaliste de TV5 qui interrogeait Amira Bouraoui, alla jusqu’à considérer comme légitimes les reproches de ceux qui disqualifient des opposants qui fuient le pays devant la moindre contrainte pour se réfugier « chez l’ancienne puissance coloniale ». Il rappela à deux reprises qu’il avait sollicité les autorités algériennes afin de livrer leur opinion sur la même antenne. La réponse est venue de l’APS. Auparavant, François Delmas, porte-parole du Quai d’Orsay, tenta de déminer le terrain en minimisant une affaire qu’il ramena à un cas individuel, expliquant qu’Amira Bouraoui étant une ressortissante française, il était normal que «  les autorités françaises exercent leur protection consulaire » avant d’assurer que : «  pour notre part, nous entendons continuer à travailler à l’approfondissement de notre relation bilatérale.» Il n’a visiblement pas été entendu.

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TABLE RONDE SUR LA PANNE DÉMOCRATIQUE EN AFRIQUE DU NORD : DÉBAT RICHE ET VIF

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TABLE RONDE SUR LA PANNE DÉMOCRATIQUE EN AFRIQUE DU NORD : DEBAT RICHE ET VIF

Belle salle et beau débat sur la « panne démocratique en Afrique du nord » organisé ce jeudi à Paris par l’association Ufal 75 au patronage laïque animé par l’écrivaine Djamila Benhabib et auquel furent conviés le journaliste Abubakr Jemai pour le Maroc, l’historienne tunisienne Sophie Bessis pour la Tunisie et l’auteur Saïd Sadi pour l’Algérie.

Si les interventions de 10 minutes de chacune des trois personnalités étaient relativement stables dans la mesure où les trois personnalités avaient exposé les réalités de leurs pays également frappés par des régressions patentes, leurs relances sur les perspectives et les compréhensions des enjeux nationaux et régionaux furent des moments de vrais clivages, voire de francs désaccords, notamment sur la question islamiste.

Sophie Bessis partant du fait que la France n’a pas dissous le Rassemblement national conclut que l’arrêt du processus électoral fut une faute commise par des partis démocrates animés par des non-démocrates. Et d’ajouter que ces derniers ont renforcé un militarisme prédateur. 

Une position que n’était pas loin de partager le Marocain Abou Bakr Jemai qui allégua que c’est l’exclusion des islamistes qui les avaient acculés à la violence et qu’il appartenait aux citoyens de convaincre ceux qui n’étaient pas d’accord avec eux à condition que ceux-ci se démarquent de la violence.

Saïd Sadi répliqua qu’il ne fallait pas amalgamer les islamistes marocains et tunisiens issus d’histoires et de cultures différentes de ce qu’a connu l’Algérie. Par ailleurs, souligna-t-il, en Algérie, les islamistes n’ont pas attendu l’arrêt du processus électoral pour s’adonner à la violence et que c’est bien cette violence qui a posé problème en Algérie avant d’inviter ses deux partenaires de tribune à éviter les raccourcis et les caricatures. Ce n’est pas parce que les régimes autocratiques jouent de l’intégrisme que ce phénomène qui existerait partout ailleurs serait une vue de l’esprit en Algérie.

La question de la laïcité a aussi fait débat quand Sophie Bessis a affirmé que cette donnée n’a jamais existé dans les sociétés nord-africaines. Allégation démentie par Saïd Sadi qui a cité en exemple les assemblées de village qui délibèrent sans la présence de l’imam qu’elles se donnent le droit de révoquer s’il ne répond pas aux attentes des citoyens. Et d’ajouter que c’est sur cette pratique que le RCD a revendiqué la laïcité.

Des intervenants français et algériens ont posé la question de savoir comment faire quand un homme ou un parti proclame ouvertement qu’il mettra un terme à la démocratie sitôt arrivé au pouvoir. Une question à laquelle Sophie Bessis avouera qu’il est difficile de répondre.

L’animatrice Djamila Benhabib a relevé que les postures théoriques pour commodes qu’elles soient ne résolvent pas les situations concrètes que vivent les citoyens confrontés à la violence islamiste.

Ce débat qui a suscité intérêt et commentaires dans la salle, avec ses divergences et ses moments de tension, signifie que les intellectuels et les diasporas des trois pays peuvent dialoguer et qu’ils ont beaucoup à apprendre les uns des autres, conclura l’animatrice.

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Algérie. Le rapporteur de l’ONU plaide pour le respect des lois et du droit international

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Algérie. Le rapporteur de l'ONU plaide pour le respect des lois et du droit international

Clément Nyaletsossi Voule, rapporteur spécial des Nations unies sur les droits à la liberté de réunion pacifique et à la liberté d’association, est un expert indépendant de l’ONU. Il vient de rendre publiques ce mardi ses premières conclusions – dont le lecteur trouvera ci-après l’intégralité – lors d’une conférence de presse donnée à la Maison des Nations unies et où il a exprimé sa préoccupation concernant les restrictions légales actuelles et les poursuites judiciaires lancées contre des individus, des associations, des syndicats ou des partis politiques en Algérie. Il s’agit là d’une première évaluation en attendant la publication d’un rapport exhaustif prévu pour juin 2024.

Tout en se félicitant de la coopération des autorités, le rapporteur a néanmoins noté un décalage entre les proclamations officielles d’une part et la dégradation des libertés individuelles et collectives constatée sur le terrain d’autre part.

Plusieurs remarques reviennent dans la déclaration liminaire de neuf pages remise à la presse. Le retard injustifié pris pour mettre en conformité le droit de réunion et d’association avec la Constitution de 2020 ; le recours à des lois anciennes, dont certaines sont en contradiction avec la Constitution, pour empêcher le citoyen de faire valoir ses droits ; la non-conformité de textes de loi avec des dispositions du droit international ratifiées par l’Algérie sont autant de préoccupations relevées par l’expert. En outre, le caractère vague et imprécis qui a présidé à la rédaction de certaines lois fait que leur interprétation abusive se fait au détriment de l’effectivité du droit. Enfin, des sanctions prises par des instances extrajudiciaires et, quelquefois, à l’insu des concernés ont été déplorées.

Ces inquiétudes ont été relevées au cours d’une mission officielle qui a duré 10 jours et pendant laquelle l’expert a rencontré des membres du gouvernement, des parlementaires, des avocats, des militants politiques et des acteurs de la société civile d’Alger, d’Oran et de Béjaïa où il s’était rendu. 

En revanche, le rapporteur qui s’est souvent référé à la Constitution a omis de pointer les différenciations faites par la loi fondamentale algérienne entre les cultes, qui distingue explicitement la religion musulmane des autres croyances. Par ailleurs, le droit au blasphème considéré comme un droit citoyen dans plusieurs nations et qui est sanctionné dans la Constitution algérienne n’a pas soulevé de commentaires de la part de monsieur Nyaletsossi. Les observateurs ont, en effet, constaté ces dernières années une certaine propension des Nations unies à accompagner les orientations conservatrices de certains pouvoirs. L’ONU a notamment condamné la France qui a décidé d’interdire le port de l’abaya dans ses écoles.

En résumé, le rapporteur de l’ONU qui s’est astreint à un style pondéré dans sa formulation a néanmoins souligné une sérieuse restriction des libertés depuis 2020.  Ce qui le conduit à inviter le gouvernement algérien à adapter son arsenal législatif à la nouvelle Constitution et à honorer ses engagements en matière de respect du droit international qui s’impose à la loi nationale, surtout quand il en a ratifié les recommandations. Enfin, l’expert déplore des applications aléatoires des lois ayant permis d’emprisonner des dizaines, voire des centaines, de citoyens qui ont exprimé leur désaveu pendant les manifestations du Hirak et dont monsieur Nyaletsossi demande la libération.  

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Maroc. Le Roi ordonne une consultation sur la réforme du droit de la famille

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Maroc. Le Roi ordonne une consultation sur la réforme du droit de la famille

Le roi Mohamed VI vient d’adresser une lettre au chef du gouvernement Aziz Akhannouch dans laquelle il l’enjoint à ouvrir une série de consultations concernant la réforme du droit de la famille. 

Tout chargeant le chef de l’exécutif d’initier ce projet, le monarque demande à ce que le pilotage du chantier soit exercé de manière collégiale à travers, notamment, le ministère de la Justice, le Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire et la Présidence du Ministère public. 

En outre, le souverain a invité ces institutions à associer le Conseil Supérieur des Oulémas, le Conseil National des Droits de l’Homme, l’Autorité gouvernementale en charge de la solidarité, de l’insertion sociale et de la famille ainsi que d’autres acteurs de la société civile, chercheurs et spécialistes susceptibles d’avoir un avis éclairé ou une expertise sur un dossier particulièrement sensible. 

Les propositions doivent être transmises sous six mois ; c’est-à-dire qu’elles précèdent la construction du projet de loi gouvernemental qui sera ensuite soumis au Parlement pour adoption.

Dans l’opinion marocaine, les interrogations sont nombreuses. On ne sait pas si les questions liées à la condition féminine seront traitées par les diverses parties impliquées dans ces discussions. Par ailleurs, des voix s’élèvent déjà pour déplorer le fait que le pouvoir ait évité un débat citoyen sur une problématique sociétale de première importance et relever que l’on n’ait pas opté pour la voie référendaire afin de donner une plus grande légitimité à une législation appelée à structurer en profondeur la société marocaine sur plusieurs générations. 

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Droit au blasphème : l’Algérie en pointe des sanctions

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Droit au blasphème : l’Algérie en pointe des sanctions

Intervenant ce lundi en visioconférence lors d’une réunion des parlements de l’Union des conseils des pays membres de l’Organisation de la coopération islamique dont il assure la présidence, Brahim Boughali, président de l’Assemblée populaire nationale algérienne, a appelé à une démarche commune pour faire pression sur les pays qui tolèrent le droit au blasphème afin de les amener à amender leur législation sur ce sujet.

Cette initiative fait suite à des autodafés commis, notamment dans les pays scandinaves (Danemark et Suède ) par des réfugiés du Moyen-Orient, qui ont fui l’extrémisme fondamentaliste, ou des militants nationalistes dénonçant le prosélytisme islamiste.

Le président de la Chambre basse algérienne a notamment déclaré : « Nous prenons acte des excuses tardives des gouvernements suédois et danois et leur annonce de réexaminer leurs lois afin d’éviter la répétition de ces pratiques, ainsi que l’adoption d’une résolution par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies condamnant l’autodafé du Saint Coran », avant d’ajouter  : « Nous sommes appelés ainsi à prendre des mesures appropriées pour prévenir ces comportements (…) à travers le renforcement de l’action multilatérale pour émettre des résolutions et des législations criminalisant les atteintes aux lieux saints religieux, en sus de poursuivre les auteurs et d’empêcher que ces pratiques ne deviennent un modèle social admis dans les milieux populaires et officiels occidentaux. »

Le Danemark qui a introduit il y a seulement six ans dans sa législation le droit au blasphème vient de faire savoir qu’il envisageait de revoir ses lois sur ce sujet. Une attitude qui risque de ne pas recueillir l’assentiment d’autres pays sur un dossier considéré comme un acquis démocratique. En France, pays de la laïcité, les débats sur cette thématique particulière remontent à Voltaire. D’ailleurs, une pétiton dénonçant ce qui est considéré comme une abdication du Danemark devant le chantage intégriste a été lancée par l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, suivi par six autres titres, qui avait vu sa rédaction décimée par un commando islamiste pour avoir publié, en solidarité avec un journal danois, des dessins humoristiques sur le prophète Mohamed. 

La France vient d’interdire le port du voile à ses sportives lors des jeux olympiques qui doivent se dérouler sur son sol en 2024 et ceci en dépit de dispositions du CIO qui autorisent le port de ce signe vestimentaire controversé.

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Algérie : l’affaire El Kadi Ihsane devant la Cour suprême le 12 octobre

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Le dossier El Kadi Ihsane sera étudié par la Cour suprême ce 12 octobre. Il s’agit de traiter deux pourvois en cassation. Le premier concerne sa condamnation à six mois de prison ferme pour « atteinte à l’unité nationale » à la suite d’une plainte déposée par Amar Belhimer, qui était alors ministre de la Communication. Le second pourvoi porte sur sa condamnation en appel à cinq ans de prison prononcée en juin dernier.

Pour rappel, la Cour suprême se ne prononce pas sur le fond mais sur d’éventuelle vice de procédure. Or en la matière la défense a eu à démontrer que l’interpellation du journaliste comme l’instruction et le procès qui s’en sont suivis furent jalonnés d’abus et violation de la loi. 

« Au regard du droit, la Cour suprême devrait statuer en faveur du journaliste. Mais est-on face à une affaire de droit ? », s’interroge cet avocat spécialisé dans les arbitrages commerciaux mais qui a suivi de près l’affaire Ihsane  El Kadi. 

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Tunisie : un caricaturiste placé en garde à vue

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Tunisie. La communauté internationale redoute un effondrement du pays

Tewfiq Omari, talentueux caricaturiste tunisien, a été placé en garde à vue ce jeudi 21 septembre suite à une interpellation exécutée dans l’après-midi par la police. Il est accusé d’avoir ironisé sur l’omnipotence du chef de l’Etat devant son premier ministre.  Sur le dessin incriminé, on voit Kaïs Saïed s’adressant à Ahmed Hachani (chef du gouvernement) et qui lui dit : «  Je nomme les ministres et tu t’occupes de la Casbah (siège du gouvernement tunisien, ndlr). »

Les graves tensions qui opposent les régimes en Afrique du Nord n’empêchent pas leur égale sévérité à l’égard de la presse indépendante. Omar Radi et Solaimane Raissouni, deux journalistes d’investigation marocains, sont emprisonnés pour avoir fait leur travail. El Kadi Ihsane subit le même sort en Algérie. Et depuis maintenant deux ans, la Tunisie connait un tropisme autoritaire qui n’épargne pas les médias.

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Deux journalistes de Marianne expulsés du Maroc

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Deux journalistes de Marianne expulsés du Maroc

Le Maroc confirme son durcissement contre les médias. C’est manu militari que la photojournaliste Thérèse Di Campo et le reporter Quentin Müller travaillant pour le magazine français Marianne ont été conduits ce mercredi dans un avion de la Royal Air Maroc en partance pour la France. Aucune explication n’a été fournie par les autorités marocaines. Les deux journalistes étaient arrivés au Royaume pour enquêter sur les raisons de ce qu’ils considèrent être une exposition à minima du souverain marocain depuis le séisme qui a endeuillé son pays le 9 septembre. 

Marianne avait publié au mois de février un long dossier sur le lobbying exercé par le Maroc en France sous le titre évocateur «  Comment le Maroc nous tient ». Plus récemment, le magazine parisien avait publié un dessin satirique où on voit le roi se reposant en France ; alité, un verre de vin à la main, il se réjouit d’avoir été épargné par le séisme.

Par ailleurs, Quentin Müller ne cache pas son intention de publier un long reportage sur Mohamed VI dans lequel il dit avoir investigué sur l’entourage du monarque alaouite.

Marianne qui a dénoncé une expulsion « sans explications ni motif » n’hésite pas à lier cette décision avec les informations qu’il donne sur le régime marocain. 

De son côté, Khaled Drareni, représentant de Reporters sans frontières, RSF pour l’Afrique du Nord a posté un message dans lequel il condamne « des méthodes inacceptables envers des journalistes dont la seule mission est d’informer. »  

Depuis maintenant trois ans, les autorités marocaines montrent une grande sévérité contre la presse nationale et étrangère qui se voit contrainte dans son droit d’informer. Des journalistes comme Omar Radi ou Souleimane Raissouni sont emprisonnés pour des motifs de droit commun alors que l’un comme l’autre osait pratiquer un journalisme d’investigation dont les pistes ont souvent conduit aux portes du Palais royal. 

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Tunis engage un bras de fer avec l’UE et refoule une délégation du parlement européen

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Tunis engage un bras de fer avec l’UE et refoule une délégation du parlement européen

On peut tout reprocher à Kais Saied, sauf de ne pas être rapide dans ses réactions quand il s’agit de répondre à des interpellations qui concernent sa gouvernance.

Le débat qui fait vibrer les murs du parlement européen sur le très controversé accord sur la migration, signé en juillet dernier, entre Tunis et l’Union européenne (voir adn-med de ce jour) et qui a notamment pointé du doigt les nombreuses dérives autoritaires du président tunisien a trouvé un écho immédiat au Palais de Carthage. Une délégation de la Commission des affaires étrangères du Parlement européen, qui devait effectuer une visite du 14 au 16 septembre en Tunisie, a tout simplement été refoulée à l’aéroport.

La note du ministère des Affaires étrangères (voir document ci-dessous) qui annonce sans la justifier cette décision en dit long sur l’embarras des diplomates tunisiens qui doivent décliner les sautes d’humeur présidentielles auxquelles ils sont bien en peine de trouver raison ou cohérence.  

Le groupe des Verts a aussitôt dénoncé cette décision arguant qu’elle « bafoue les valeurs que les démocrates tunisiens et l’Union européenne sont censés partager. » La vice-présidente du parlement européen n’est pas en reste. Elle vient de déclarer que « l’accord avec la Tunisie est une erreur et doit être suspendu. Le refus d’accueillir notre délégation est très grave. Il faut cesser de s’allier à des dictateurs et ennemis des droits de l’Homme. » 

Reste à connaître les conséquences de cette interdiction d’entrée en territoire tunisien à des parlementaires qui ont un vrai pouvoir d’observation sur des accords assortis de plusieurs centaines de millions d’euros octroyés à la Tunisie pour l’aider à lutter contre les migrations clandestines et à développer l’économie du pays. 

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Rentrée scolaire en Algérie : après la surenchère idéologique, l’improvisation

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La rentrée scolaire a été différée à deux reprises sans que les autorités aient donné une explication officielle convaincante aux élèves et aux parents. Sauf autre décision, un communiqué du ministère de l’Éducation nationale publié lundi dernier a annoncé la date du 19 septembre pour l’année scolaire 2023-2024. Livrées à la rumeur et aux informations confidentielles – pour celles qui ont des contacts personnels parmi les grands fonctionnaires -, la plupart des familles algériennes sont longtemps restées dans l’expectative.    

Numérisation artisanale

Les raisons de ces reports sont dues, pour une bonne part, à la numérisation des recrutements dans vacataires. En théorie, les postulants étaient invités à s’inscrire en ligne et l’administration devait affecter les enseignants après étude des dossiers sans que les concernés aient à se déplacer. L’initiative participait donc d’une bonne intention. Sauf que les plateformes censées enregistrer les candidatures, mal conçues et surtout pas ou insuffisamment testées en amont, ont été défaillantes. Du coup, les services des personnels de l’Éducation n’ayant aucun listing visible pour répartir leurs affectations se trouvent paralysés quand il fallait pourvoir à des postes restés, pour une raison ou une autre, vides. Ce qui a provoqué une sérieuse perturbation dans toutes les régions et sur toutes matières. Jusque-là, les académies pourvoyaient aux besoins exprimés par les établissements relevant de leur compétence, selon les impondérables engendrés par des maladies, des changements de profession, des déplacements du conjoint, des départs en exil… 

Un autre phénomène est venu compliquer la donne. L’introduction de l’éducation physique et de l’anglais dans le primaire a nécessité une demande en personnels proportionnelle à ces deux nouvelles programmations. Compte tenu des horaires limités dédiés à ces deux disciplines, un maitre pouvait être appelé à effectuer des rotations sur plusieurs écoles de la commune. De plus, les municipalités n’ont pas toutes des requêtes similaires. Une difficulté à laquelle une numérisation précipitée n’a pas pu répondre de façon adéquate.

Idéologie hégémonique

Ces dysfonctionnements fonctionnels, sur fond de surenchère idéologique, sont aggravés par l’obligation faite désormais aux écoles privées de calquer leur pédagogie, les langues d’enseignement et leur programme sur ceux de l’école publique. Ce propriétaire de locaux loués en Kabylie à une structure éducative privée témoigne : « Les familles des classes moyennes qui se saignaient aux quatre veines pour dispenser à leurs enfants un savoir plus cohérent et plus rationnel que celui des programmes aliénants du système étatique décident de ne pas prélever des sommes importantes sur leur budget pour un savoir identique à celui qu’ils peuvent avoir gratuitement dans le public. D’où les fermetures de nos locaux qui vont amplifier l’engorgement des classes déjà peu et mal encadrées. »

A ces désordres, s’ajoutent l’état de déshérence dans lequel se trouvent les établissements scolaires, notamment ceux du moyen et du secondaire. Des vitres cassées ne sont pas réparées, les sanitaires sont dans une déplorable insalubrité et, bien souvent, les peintures n’ont pas été refaites depuis la réception des bâtiments. Les retards dans les réalisations font que des collèges ou des lycées ne sont pas livrés dans les délais prévus. Dans ces imprévisibles contraintes, les écoles primaires sont encore les moins mal loties car elles relèvent des municipalités qui les entretiennent à la mesure des maigres ressources dont elles peuvent disposer. « J’espère qu’ils ne vont pas numériser notre gestion », s’inquiète cet élu de Rouiba, banlieue est d’Alger, dont l’assemblée populaire communale (APC), elle, dispose de substantielles fiscalités versées par les entreprises industrielles implantées sur son territoire.   

Dans l’enseignement supérieur, la situation n’est pas plus brillante. La décision de remplacer le français par l’anglais dans les facultés, prise en plein été, a été dénoncée comme une faute gravissime par les experts qui ont vainement tenté d’avertir contre les effets calamiteux d’une idéologisation aussi sectaire qu’irresponsable. Promettre officiellement le recrutement et la formation en nombre et en qualité d’enseignants de rang universitaire en deux mois était un attentat contre l’université algérienne. Le courant islamo-conservateur qui sait que sur ce sujet, tabou parmi les tabous, aucune opposition ne sera assumée dans les institutions a maintenu ses annonces démagogiques, quitte à mettre en péril l’année universitaire.

Entre une idéologie hégémonique et archaïque et les improvisations de dirigeants qui traitent les effets et non les causes du problème dont il souffre, l’enseignement algérien demeure l’arme de prise de pouvoir qu’il a été depuis le premier jour de l’indépendance. L’instrument qu’appellent l’émancipation citoyenne et le développement collectif algérien attendra.

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Vagues d’arrestations en Tunisie

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Tunisie. La communauté internationale redoute un effondrement du pays

La rentrée sociale s’annonce chaude en Tunisie. Et pas seulement à cause des sévères et multiples problèmes sociaux. Des arrestations touchant diverses secteurs d’activité ont été opérées en l’espace de 48 heures et ceci après une réunion tenue par le chef de l’Etat le 4 septembre 2023 avec son ministre de l’Intérieur, Kamel Feki, Mourad Saïdane, directeur de la Sûreté nationale, et le responsable de la Garde nationale, Houcine Gharbi. 

Les traditionnels marqueurs de la politique complotiste qui prétend éradiquer les agents attentant à l’Etat étaient là. Pour Kais Saied, il s’agit de continuer et d’approfondir  « le travail commun de tous les appareils de l’État pour combattre (…) tous ceux qui mènent une campagne électorale déguisée en créant des crises derrière lesquelles se trouvent des lobbys connus qui pensent être au-dessus de la loi et de la reddition des comptes ». Les résultats furent rapides. Mardi 5 septembre, l’ancien chef du gouvernement Hamadi Jebali est appréhendé pour être remis en liberté tard dans la soirée. Il avait été entendu pour des nominations auxquelles il avait procédé en… 2011 et 2013. 

Dans la soirée du même jour, deux hauts dignitaires du parti  Ennahdha, ( opposition islamiste ), Moundher Ounissi, président par intérim, et Abdelkrim Harouni, chef du conseil consultatif, de cette formation sont arrêtés. Toujours dans la journée du mardi, Sami Ben Slama, un ancien membre de l’Instance de surveillance indépendante des élections ( ISIE) est invité à se présenter le lendemain mercredi à 8h30, devant la brigade criminelle d’El Gorjani pour une comparution directe devant le tribunal de première instance de Tunis. La justice avait opportunément réchauffé une plainte déposée contre lui par l’un des anciens dirigeant de cette instance. 

Dans la nuit du mardi au mercredi, les mouches électroniques du pouvoir laissent se répandre l’information que l’un des plus grands investisseurs du pays serait sous les verrous… 

Trois jours auparavant, c’est le journaliste Khalifa Guesmi a été arrêté pour subir une condamnation à cinq ans de prison suite à son refus de dévoiler sa source sur une information qui s’est avérée juste et qu’il avait donnée sur la radio Mosaïque FM.

Sans atteindre l’ampleur de la répression du mois de février, cette campagne alternant interpellations et emprisonnements qui affecte les secteurs politiques, médiatiques, associatifs et économiques est interprétée par les observateurs de la scène tunisienne comme un avertissement aux forces contestataires tunisiennes avant une rentrée sociale marquée par les pénuries en tout genre et une inflation à deux chiffres.

Kais Saied peut compter sur l’indifférence de l’Europe, absorbée par la guerre en Ukraine, et le délitement de la classe politique minée par ses divisions et disqualifiée par une profonde désaffection populaire.  

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