jeudi, novembre 30, 2023
Économie

Relance du projet du tunnel reliant le Maroc et l’Espagne. Oui mais…

La ministre espagnole des transports, de la mobilité et de l’agenda urbain, Raquel Sanchez Jimenez a reçu ce mardi à Madrid son homologue marocain Nizam Baraka pour discuter du projet de tunnel devant relier l’Espagne et le Maroc sous le détroit de Gibraltar long de 14 kilomètres. L’ambassadrice du Maroc en Espagne madame Karima Benyaich a assisté à la réunion.

Une entreprise de portée mondiale

La réalisation de cette infrastructure stratégique qui sera une passerelle déterminante pour les liaisons entre l’Europe et l’Afrique est l’un des grands sujets retenus dans la nouvelle feuille de route adoptée en avril 2022, lors de la visite effectuée au Maroc par le président du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez.

Selon plusieurs experts, s’il venait à se concrétiser, ce projet, dont il reste à préciser les sources de financements,  serait d’une portée politique et économique encore plus importante que le tunnel sous la Manche qui relie la France au Royaume uni dans la mesure où un tel équipement irriguerait non pas deux pays mais deux continents dans un contexte géopolitique où le développement du continent africain est appelé à connaitre une progression substantielle dans les prochaines années et décennies.  Sanchez espère marquer l’histoire par la construction de ce tunnel mais il en attend aussi des retombées politiques plus immédiates puisque son exécutif doit affronter une échéance électorale capitale dans moins d’un mois. 

Sanchez en sursis     

En effet, la coopération maroco-espagnole est dépendante d’un gouvernement espagnol en sursis. La déroute électorale enregistrée lors des élections locales du 28 mai a contraint Pedro Sanchez à annoncer des élections législatives anticipées pour le 23 juillet. Mise à mal par l’allié de la gauche radicale Podemos qui a souvent imposé des décisions heurtant l’opinion sur des questions sociétales comme le choix laissé aux adolescents transgenre de choisir leur sexe à 14 ans ( voir adn-med du 03/06/2023) , la coalition dominée par le PSOE de Sanchez, pourtant créditée d’un bon bilan social et économique, ne part pas favorite dans le prochain scrutin.

Or, si la droite, composée du Parti populaire et de son allié d’extrême droite VOX, devait revenir au pouvoir, c’est toute la relation hispano-marocaine qui pourrait être reconsidérée, à commencer par la reconnaissance par l’Espagne de la marocanité du Sahara occidental qui fut à la base du réchauffement historique entre Madrid et Rabat. Et si, pour apaiser ses relations avec Alger, le nouveau gouvernement revenait sur cette concession, la nouvelle construction laborieusement entreprise par Sanchez et Mohamed VI serait remise en cause…tunnel de Gibraltar compris.     

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