jeudi, novembre 30, 2023
International

Fin de la mission des Casques bleus au Mali : le Conseil de sécurité de l’ONU accède à la demande du gouvernement malien

Le Conseil de sécurité des Nations unies a pris la décision vendredi de mettre fin à la mission des Casques bleus au Mali, suite à la demande du gouvernement malien. La résolution, adoptée à l’unanimité par les 15 membres du Conseil, prévoit que les Casques bleus cesseront leurs activités à partir du 1er juillet et qu’ils organiseront leur départ d’ici au 31 décembre.

Un retrait lourd de conséquences

La mission des Casques bleus au Mali, connue sous le nom de Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma), avait été établie en 2013 dans le but de stabiliser le pays face à la menace des groupes jihadistes, de protéger les civils, de soutenir les efforts de paix et de défendre les droits de l’homme.

Cependant, les relations entre le gouvernement malien et la Minusma s’étaient détériorées ces dernières années. Le gouvernement malien avait critiqué l’inefficacité de la mission avant de demander son retrait immédiat. De son côté, l’ONU avait dénoncé les entraves aux déplacements des Casques bleus imposées par les autorités maliennes, ainsi que les attaques  répétées contre la mission. Depuis 2013, 174 Casques bleus ont perdu la vie au Mali.

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, avait pourtant recommandé le maintien de la Minusma à effectifs constants, en recentrant ses priorités. Certains pays de la région avaient même plaidé en faveur d’un renforcement du mandat de la mission, en raison de l’expansion des groupes extrémistes.

L’influence russe se confirme

Le retrait des Casques bleus pose des défis logistiques considérables. L’ONU s’inquiète également de la possibilité que des groupes tels que Wagner, une société privée de mercenaires russes, prennent le contrôle des installations des Casques bleus une fois qu’ils auront quitté le pays. La junte au pouvoir au Mali a réaffirmé son soutien à Wagner, tandis que d’autres pays ont mis en garde contre les conséquences de ce partenariat. La présence de ces milices pose en réalité la question de l’influence russe dans tout le continent. Après avoir donné Wagner comme une entreprise privée indépendante de L’Etat, Poutine a déclaré après le putsch avorté conduit par le propriétaire des groupes, Evgueni Prigogine, que cette armée était financée par l’Etat russe. En dépit des troubles engendrés par cette mutinerie, le ministre russe des affaires étrangères, Serguei Lavrov, a assuré que les milices Wagner continueraient d’opérer au Mali et en Centre Afrique. Par ailleurs, lors de sa visite officielle à Moscou, il y a quinze jours, le chef de l’Etat algérien s’est félicité de l’identité de vue d’Alger et de Moscou sur la situation au Mali.      

La fin de la mission des Casques bleus au Mali suscite des préoccupations quant à la sécurité des civils dans un pays toujours confronté à des attaques jihadistes meurtrières. Les efforts se concentrent désormais sur l’organisation du retrait des quelque 13 000 militaires et policiers de la Minusma et de leur matériel, dans le respect du calendrier établi.

S.K.

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