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Politique

CONFUSION À OUAGADOUGOU

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Vendredi un groupe de soldats mené par le capitaine Ibrahim Traoré a donné à la télévision lecture d’un communiqué annonçant la destitution du lieutenant-colonel Paul Henri Samaogo Damiga qui a lui-même pris le pouvoir par la force il y a huit mois. Les soldats ont investi des rues de la capitale burkinabé après avoir tiré des coups de feu nourris. 

Les putschistes se disaient déterminés à aller vers « d’autres partenaires qui les aideraient dans la lutte contre le terrorisme ».  

Samedi, Damiga publie un message sur la page de la Présidence pour appeler les putschistes « à revenir à la raison » et démentir s’être réfugié dans la base militaire française comme le laissaient entendre ses adversaires qui déclaraient qu’il préparait une « contre-offensive à partir d’une base étrangère ».  

Dans la matinée, un communiqué de l’armée annonçait que celle-ci ne reconnaissait pas le coup d’État et que les décisions des putschistes ne représentaient pas la position de l’institution tout en admettant qu’elle traversait « une crise interne et que des concertations étaient en cours ».

Cette instabilité survient sur fond de ressentiment anti-français. Des troubles ont éclaté devant l’ambassade de France et le centre culturel français de Bobo Dioulasso. Parmi les contestataires, certains portaient des drapeaux russes.

Le lieutenant colonel Damiba a finalement démissionné de son poste de responsable de la transition après arbitrage des chefs religieux. Selon les dernières informations, il aurait trouvé refuge au Togo. La constitution et les activités des partis et associations sont suspendues et un couvre feu a été instauré par les putschistes. 

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Politique

ÉLECTIONS PROVINCIALES AU QUÉBEC : L’IMMIGRATION AU CENTRE DES DÉBATS

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ÉLECTIONS PROVINCIALES AU QUÉBEC : L’IMMIGRATION AU CENTRE DES DÉBATS

Les Québécois sont appelés aux urnes ce 3 octobre pour élire les 125 députés de l’Assemblée nationale du Québec. La bataille se jouera essentiellement entre 5 partis politiques sur la trentaine autorisés. La question de l’immigration est devenue un enjeu politique sur lequel les chefs de partis ont débattu à bâtons rompus pendant toute la campagne. 

L’immigration : un sujet qui divise

Liant les flux migratoires au déclin du français, à la menace de la laïcité et l’identité québécoise, le chef de la Coalition Avenir Québec, CAQ, un parti de centre-droit, a provoqué l’ire d’une bonne partie de la classe politique qui juge ces déclarations déplacées sinon dangereuses.

La CAQ qui est au pouvoir depuis 4 ans espère que les Québécois lui renouvelleront leur confiance pour diriger le gouvernement avec François Legault comme premier ministre. Les sondages le donnant vainqueur avec 37 %, on se dirige très probablement vers un gouvernement minoritaire. Les propos de Legault concernant l’immigration ont suscité une polémique telle, qu’il a dû s’en excuser. Ainsi l’assimilation de la communauté immigrée à la violence qui sévit ces derniers temps à Montréal et certaines régions du Québec, ont suscité une vigoureuse réaction de Dominique Anglade, la cheffe du parti libéral qui a fustigé son adversaire. 

« C’est un amalgame extrêmement dangereux. La dernière chose dont on a besoin au Québec, c’est des gens qui nous divisent. François Legault ne cesse de vouloir diviser les Québécois (…) Je n’en reviens tout simplement pas, s’est-elle indignée. François Legault fait un lien entre l’immigration, la violence et l’extrémisme. Ce genre de discours n’a pas sa place au Québec (…) Ça m’écœure » a-t-elle lancé dans une vidéo postée dans les réseaux sociaux.

Il faut dire que ce n’est pas la première fois que ce responsable joue de l’épouvantail de l’immigration pour jouer sur les peurs et renforcer son camp politique en l’ancrant plus à droite.

Un immigré, Ferid Chikhi, défenseur acharné de la laïcité au Québec a réagi sur sa page Facebook : 

« Tout ce qui est présenté introduit l’immigration comme étant à l’origine des contraintes que vit le Québec. Une petite liste nous donne une idée des incontournables immigrants anciens et nouveaux : la démographie est menacée par l’immigration; l’identité se perd à cause de l’immigration; le recul du français, c’est à cause de l’immigration; l’anglicisation du Québec est facilitée par l’immigration; la pénurie de main-d’œuvre c’est la faute de l’immigration; le chômage à cause de l’immigration; la « canadisation » du Québec c’est à cause de l’immigration; les gangs de rue à cause de l’immigration; etc. Les immigrants ne s’intègrent pas c’est la faute aux immigrants. » 

Cette généralisation qui peut paraitre caricaturale constitue pourtant la substance de certains discours.

On se souvient des décisions controversées du ministre de l’Immigration de la CAQ, Simon Jolin-Barrette, qui visaient en 2019 à restreindre les droits des étudiants étrangers et travailleurs temporaires dont un très grand pourcentage maîtrise la langue française ! 

Ce ministre avait proposé certaines mesures coercitives dans un programme de l’expérience québécoise (PEQ) qui avaient soulevé un tollé dans les communautés scientifique, universitaire et économique. Ces mesures étaient incohérentes et inadaptées aux attentes des différentes corporations du Québec. La fédération des chambres de commerce de la Province, par la voix de son président, Charles Milliards, qui avait prévenu que les entreprises québécoises pâtiront sévèrement de la volonté de mettre un frein à l’immigration, ajouta que ce n’était pas le bon temps de la réguler. Le fait est qu’aujourd’hui, beaucoup de compagnies peinent à se maintenir à cause du manque de main-d’œuvre. 

Le Parti Conservateur du Québec, PCQ, quant à lui, n’exclut pas d’ériger un mur à la frontière du Québec avec les USA pour lutter contre l’immigration illégale. Les demandeurs d’asile au Canada avaient augmenté sensiblement pendant le règne de Donald Trump. L’idée sur laquelle ironisèrent les internautes venait d’Éric Duhaime, chef du PCQ amena ses adversaires à comparer ce responsable à ce même Trump. Ce parti est néanmoins à 15 % dans les sondages.

Tentative d’intégration civique

Le Parti Libéral du Québec, PLQ, que dirige Dominique Anglade, une femme d’origine haïtienne est à 16 % des intentions de vote. Les chances de reprendre le pouvoir que cette formation a perdu en 2018 avec l’ancien chef du parti Philippe Couillard sont minces, mais le PLQ peut espérer garder sa place comme opposition officielle. Il a mené une campagne pour un projet libéral et qui rassemble les Québécoises et les Québécois. Illustration de cette doctrine : pour la circonscription de Marie-Victorin, c’est Lyes Chekal, directeur général des ressources St-Jean-Vianney de Longueuil – un lieu d’accueil, de rencontres, d’aide, d’entraide et de solidarité sociale – qui a été choisi comme candidat du PLQ. Il vient d’Algérie.

Pour sa part, le parti québécois (PQ) qui ratisse dans le terrain de la CAQ pourrait, lui aussi, prétendre au rôle d’opposition officielle, car il remonte dans les sondages pour atteindre maintenant 15 %. Sous la houlette de Paul St-Pierre Plamondon, les péquistes qui n’ont jamais abandonné l’idée de voir un jour le Québec indépendant ont investi le terrain politique en avisant l’opinion sur le déclin de la langue française face à l’anglicisme. Pour affirmer la souveraineté du Québec, le chef du PQ dit que s’il était élu, il ne ferait pas serment d’allégeance à la Couronne britannique comme le prévoit la loi. Sur la liste des candidats du PQ, on trouve le jeune Yastene Adda se présentant dans la circonscription d’Anjou-Louis-Riel (Montréal). Âgé d’à peine 19 ans, il séduit déjà les citoyens par un engagement remarquable en politique. Il est appuyé par son propre parti et la communauté algérienne dont il est issu et qui est bien présente dans sa circonscription. Il y a aussi Rachid Bandou qui s’est distingué comme militant actif qui se porte candidat à Chomedy (Laval). En octobre 2021, la Société nationale du Québec à Laval et le Mouvement national des Québécois et Québécoises lui ont remis le « Prix Artisan de la Fête nationale 2021 » au Conseiller général de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, pour son travail au sein d’Amitié Québec-Kabylie et pour son implication liée à la langue française et l’intégration des immigrants.

Dérive islamiste

Il reste le Québec solidaire (QS), une formation politique de gauche qui risque de créer une surprise. Son Co-porte-parole, le dynamique Gabriel Nadeau-Dubois insiste devant les Québécois sur la nécessité de lutter contre la pauvreté et de bien répartir les richesses, l’essentiel des propositions concerne des mesures et des programmes promettant de mieux gérer la ressource nationale. Avec l’inflation, l’inquiétude est présente chez les jeunes, les aînés et les familles à faibles revenus. Le QS voit dans cette situation sociale une opportunité pour faire élire un maximum de députés. Cependant, sa proximité assumée avec les mouvements islamistes et ses positions que beaucoup estiment contraires aux principes et valeurs de laïcité le mettent dans une position délicate vis-à-vis d’importantes franges de la société québequoise, immigrants compris. Le soutien affiché aux communautés maghrébines et celles issues de l’Orient à connotations religieuses qui relancent régulièrement les demandes d’accommodements font débat. En avril 2019, des milliers de personnes dont les militants et les cadres de Québec solidaire ont répondu à l’appel d’un collectif canadien contre l’islamophobie et le projet de loi 21 pour la laïcité que dirige un certain Adil Cherkaoui. S’afficher avec cet homme d’origine marocaine, soupçonné d’appartenir à El Qaida et qui fut arrêté par le gouvernement canadien en mai 2003, puis libéré après 21 mois de détention, n’a pas contribué à dissiper le soupçon de complicité vore de compromission avec des mouvements religieux qui sont de plus en plus perçus au Canada comme une menace pour la démocratie et les valeurs républicaines.

Voulant paraitre comme le défenseur de la diversité ethnoculturelle, le QS a conçu une liste caléidoscopique où on retrouve, entre autres, une Algérienne, un Tunisien, une Palestinienne, un Burundais et une autochtone. Cet affichage sera-t-il suffisant à masquer la dérive islamiste ?  

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Société

TUNIS : LES FEMMES SOLIDAIRES DES IRANIENNES

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Des femmes tunisiennes auxquelles se sont associés quelques rares hommes se sont rassemblées ce vendredi devant le centre culturel iranien pour exprimer leur soutien aux femmes iraniennes qui manifestent depuis plus de deux semaines dans plusieurs villes du pays contre le régime. Ces protestations, où l’on a vu des citoyennes brûler leur voile et se couper les cheveux en public, sont venues à la suite du décès d’une jeune femme, Mahsa Amini, arrêtée par la police des mœurs qui lui reprochait de ne pas avoir suffisamment couvert ses cheveux.

Les Tunisiennes ont scandé des slogans hostiles au régime iranien et d’autres dénonçant la répression qui a déjà fait plusieurs dizaines de victimes.

En réaction à ces manifestations, le pouvoir des mollahs a coupé l’accès à internet, isolant ainsi les contestataires des réseaux sociaux qui leur avaient permis de porter à la connaissance de l’opinion internationale des actions audacieuses qui gagnaient les plus grandes villes du pays.

Jusqu’à présent, la Tunisie reste le seul pays musulman où s’est exprimée la solidarité avec les Iraniennes. 

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Politique

L’IMAM IQUIOUSSEN ARRÊTÉ EN BELGIQUE

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Le prédicateur marocain Iquioussen qui avait fui la France vient d’être arrêté ce vendredi à Mons, une ville belge proche de la frontière française. Il devrait être renvoyé vers la France où la justice française aura à statuer sur son cas avant d’être renvoyé vers son pays d’origine. Bien que né en France Iquioussen a en effet préféré garder la nationalité marocaine.

Pour rappel, I’imam fiché S était accusé d’avoir proféré des propos antisémites et homophobes. Il avait disparu de son domicile alors qu’il était sous le coup d’un arrêté d’expulsion en date du 28 juillet. Une expulsion contestée dans un premier temps par le tribunal administratif avant d’être validée par le conseil d’Etat.  

Sachant probablement sa cabale aléatoire, Iquioussen a remis à des proches des vidéos enregistrées avant son arrestation où il se déclare confiant dans la justice.

Le ministre de l’intérieur français Gerald Darmanin a pris la parole à partir de la Guyane pour assurer que sitôt les procédures légales exécutées, Iquioussen sera retenu dans un centre de rétention où une place lui est déjà réservée, présumant ainsi de la décision que la justice aura à prendre dans cette affaire où il s’est personnellement investi.

La procédure devrait prendre quelques semaines avant d’arriver à son épilogue.      

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Politique

MANŒUVRES ALGÉRO-RUSSES : MOSCOU VEUT RASSURER RABAT

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Nous sommes maintenant à quelques semaines des exercices militaires algéro-russes « Bouclier du désert » qui doivent se tenir début novembre au camp d’entrainement de Hammaguir, base proche de Béchar, ville du sud-ouest algérien se trouvant à quelques encablures de la frontière avec le Maroc. 

La porte-parole du ministère russe des Affaire étrangères Maria Zakharova, reprise par l’agence Spoutnik, a déclaré :  « nous tenons à souligner que, comme tous les exercices militaires auxquels la Russie participe, ceux-ci ne visent aucun tiers», la diplomate ajoute que : «ces exercices de lutte contre le terrorisme sont planifiés et menés dans le cadre du programme de coopération militaire avec l’Algérie». 

Les observateurs voient dans ce message appuyé la volonté de rassurer le voisinage de l’endroit où doivent se mener ces opérations ; en fait le Maroc, pays avec lequel Moscou entretient des relations commerciales denses. La Russie pourvoie, entre autres, à une part importante de la consommation marocaine en céréales pendant que Rabat y exporte une grande quantité de ses agrumes.  

Selon plusieurs sources, d’autres pays comme l’Égypte confrontée à un terrorisme chronique au Sinaï, le Kazakstan ou le Pakistan devraient être associés à ce programme qui avait suscité, lors de son annonce, une vigoureuse campagne de dénonciation dans la presse marocaine où des milieux diplomatiques avaient cru deviner une impulsion du Palais Royal. 

Notons que de son côté, le Maroc a abrité au mois de juin les plus grandes manœuvres militaires organisées en Afrique, l’African Lion 2022, auxquelles ont participé les USA. 

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Société

ALGER FERME « CARITAS ALGÉRIE »

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« Caritas Algérie » est une organisation caritative qui a soixante ans d’existence. Elle vient de se voir signifier son arrêt définitif. C’est ce que l’on apprend à travers le communiqué de l’archevêché d’Alger en date du 25 septembre. 

« L’Église Catholique en Algérie, (Association diocésaine d’Algérie) a le regret d’annoncer la fermeture définitive de son service appelé « Caritas Algérie » à partir du 1er octobre 2022 et ce conformément à la demande des pouvoir publics ».

L’archevêque d’Alger Monseigneur Jean-Paul Vesco a tenté en vain de défendre cette structure qui, selon lui n’est pas une ONG, argument que ne veulent pas entendre les autorités algériennes.

La traditionnelle frilosité du pouvoir à l’encontre des organisations internationales activant sur le sol algérien s’est considérablement accentuée depuis l’insurrection de février 2019. Des militants bénéficiant de financements destinés au lancement de divers programmes à caractère social ou éducatif ont vu leurs activités interdites, certains ont même été interpellés. 

Ce jeudi, un décret exécutif réduisant sévèrement les conditions d’accès des artistes étrangers sur le territoire algérien vient d’être publié au journal officiel.

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FACE AUX FAITS

QUAND L’AFRIQUE CORRIGE CARTHAGE…Par Saïd CHEKRI

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Qui l’eût cru ? Théâtre de la Révolution des Jasmins qui avait inauguré les “Printemps arabes”, la Tunisie, perçue alors comme le berceau d’un renouveau politique longtemps attendu, vient de se faire “taper sur les doigts”, douze ans après, par une juridiction…africaine. L’Afrique n’étant pas réputée, jusqu’ici, comme un paradis des droits humains, ni du droit tout court, la gifle est d’autant plus cinglante et peut même faire plus mal que les observations et autres rappels à l’ordre venus d’Europe qui, eux, ont fini par se banaliser au fil du temps. Ce 22 septembre, lors de sa 66ème session ordinaire tenue à Arusha, en Tanzanie, où elle est basée, la Cour africaine des droits de l’Homme et des peuples (CADHP), organe judiciaire de l’Union africaine, a pointé de graves atteintes du chef de l’État tunisien aux droits de l’Homme dans son pays, dans une ordonnance rendue suite à une plainte de l’avocat tunisien Brahim Belghith qui accuse le locataire du Palais de Carthage de non-respect de principes essentiels énoncés dans la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, adoptée en 1981 et ratifiée, à ce jour, par 33 États du continent, dont la Tunisie. Il s’agit notamment d’articles portant sur les droits des peuples à “l’autodétermination” et à leur “participation à la gestion des affaires de leurs pays”. La Cour a ainsi retenu, essentiellement, une violation des articles 1 et 13 de ladite Charte qui consacrent le droit des citoyens des pays membres de l’Union africaine qui l’auront ratifiée de participer, via des mécanismes et organes appropriés, à la gouvernance dans leurs pays respectifs.    

Ces griefs retenus ainsi énoncés contre l’Exécutif tunisien sous la houlette de Kaïs Saïed sont déjà assez graves. Le “réquisitoire” ne s’arrête pas là, pour autant. Il est également reproché à Kaïs Saïed d’avoir délibérément créé un “vide juridique important” en ne mettant pas en place une Cour constitutionnelle. La Cour africaine juge impératif d’y remédier et exige que soit mis en place cet organe juridique institué par la Constitution de 2014. L’ordonnance de la CADHP n’omet pas de dénoncer plusieurs décrets présidentiels pris par le chef de l’État tunisien, dont ceux de juillet et août 2021 qui mettaient fin aux activités parlementaires et levaient l’immunité des députés, celui du 22 septembre 2021 par lequel Kaïs Saïed s’arrogeait des pouvoirs élargis et renforcés, s’autorisant notamment à légiférer par décret, sans aucun contre-pouvoir, mais également celui du 11 octobre par lequel il nommait Najla Bouden comme chef du gouvernement.

Sachant qu’elle n’est ni exécutoire ni contraignante, cette ordonnance de la Cour africaine des droits de l’homme peut néanmoins s’avérer coûteuse pour Kaïs Saïed. Pour la Tunisie aussi. 

D’abord parce qu’elle est précisément rendue par une juridiction africaine, ce qui n’est pas monnaie courante. Elle signe donc, à coup sûr, le début d’une dépréciation inexorable de l’image de la Tunisie dans le continent et un recul de son poids au sein de l’Union africaine. Les contre-coups d’un tel revers peuvent aussi être d’ordre économique. À l’heure où Carthage peine à négocier et obtenir un prêt du Fonds monétaire internationale (FMI) et attend désespérément d’improbables investissements étrangers, et alors que se poursuit la guerre russo-ukrainienne dont le monde subit déjà les conséquences économiques, la facture n’en peut être que plus corsée pour la Tunisie. L’amitié et la sollicitude d’Alger peuvent, pour le moment, aider à alléger quelque peu le fardeau des pénuries de produits alimentaires, mais elles ne peuvent pas protéger des désastres d’une politique de liquidation des acquis démocratiques de la Tunisie.  Il semble qu’au Palais de Carthage, on n’ignore pas totalement les retombées d’un tel verdict de la CADHP. Preuve en est que Tunis a essayé, autant que faire se peut, donc sans se déjuger, de disqualifier la requête de l’avocat Brahim Belghith en lui opposant “l’absence de preuves de violations des droits de l’Homme” et, bien sûr, non sans crier à “une atteinte au principe souveraineté nationale”. Un plaidoyer que la Cour a rejeté dans la forme et dans le fond, rappelant qu’elle a compétence à traiter des “allégations de violation d’un ou plusieurs des droits protégés par la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples, que les violations alléguées concernent ou non la sécurité et la paix internationales”.

Ensuite, l’ordonnance ainsi rendue peut en coûter à la Tunisie parce qu’elle est appelée à servir de référence et à faire tache d’huile, les organisations et instances internationales de défense des droits de l’Homme, qu’elles soient gouvernementales ou indépendantes, ne pouvant faire moins que la CADHP qui leur aura montré la voie.

S’il y a, à l’évidence, matière à se lamenter de voir le pays de Mohamed Bouazizi en arriver là, car c’est dans ce pays que naquit, il y a douze ans, l’espoir d’une mutation démocratique qui toucherait l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient, on peut aussi expliquer cette régression spectaculaire : une décennie de gouvernance islamiste ne pouvait qu’ouvrir la voie à retour de l’autoritarisme, dans une version ou une autre.

Il reste la satisfaction de voir qu’en Afrique, commence à voir le jour une société civile de moins en moins encline à composer avec des pouvoirs sans légitimité ou à fermer les yeux sur des gouvernances hors droit. Voilà une mutation que Kaïs Saïed, comme d’autres, n’avaient peut-être pas vu venir.    

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International

L’EUROPE BASCULE À DROITE : QUEL IMPACT SUR L’ADN ?

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Giorgia Meloni est une femme de 45 ans aujourd’hui aux portes du pouvoir. Elle se définit comme une mère de famille, une chrétienne et une nationaliste italienne. Elle fut dans sa jeunesse une adepte de Mussolini avant de s’en démarquer plus tard. L’accusation de femme nostalgique du fascisme qu’agitent ses adversaires ne semble pas avoir atteint cette militante déterminée mais qui sait se pondérer sans pour autant renoncer à ses convictions conservatrices. Sur la question ukrainienne, par exemple, Meloni qui se tient aux côtés de Kiev se distingue des ambiguïtés pro-poutiniennes qui caractérisent les autres courants de la droite radicale européenne.

La jeune dirigeante a fait le choix de rester résolument dans l’opposition depuis 2018 pour construire son parti, Fratelli d’Italia, qui est passé en quatre ans de 4,3% des intentions de vote à un score oscillant entre 22 et 26 % selon les premiers sondages sortis des urnes, pour devenir, après les élections de ce dimanche 25 septembre, la première formation italienne. 

Le centre gauche, rassemblé derrière le parti démocrate obtiendrait 25,5 à 29,5 % des voix, alors que le mouvement populiste 5 étoiles doit se contenter d’un score allant de 13,5 à 17,5%. 

Bascule historique

La forte abstention annoncée n’a pas eu lieu et, sauf rebondissement peu probable de dernière minute, Meloni dirigera le prochain gouvernement italien. Pugnace et travailleuse, la jeune femme a réussi à sensibiliser les couches populaires sans s’aliéner les classes moyennes. Ces derniers mois, elle s’est employée à lisser son euroscepticisme qui hérissa les milieux d’affaires qu’elle n’a eu de cesse de rassurer. Vis-à-vis de l’UE, les observateurs attendent avec une certaine gourmandise le match qui se jouera entre Ursula Vander Leyen et Giorgia Meloni, deux femmes aux caractères bien trempés.

Après la Suède, désormais dirigée par un gouvernement d’extrême droite, c’est l’Italie qui prend un virage à droite avec le trio Meloni, Salvini et l’inoxydable Silvio Berlusconi.

Pologne, Hongrie, Suède et maintenant Italie, l’Europe assume son tropisme droitier, la gauche essoufflée n’ayant pas pu ou voulu voir les conséquences d’une problématique migratoire qui hante des franges importantes des populations, lesquelles voient leur mode de vie perturbé par l’insécurité et même, pensent certains, menacé dans ses fondements civilisationnels. 

En Espagne, les prochaines législatives prévues en décembre 2023 peuvent être remportées par une coalition droite-extrême droite.

Reste la France. Le Rassemblement national, déjà requinqué par son succès aux législatives, peut surfer sur la victoire du voisin transalpin. Combien de temps tiendra le tout sauf Le Pen ?

L’Afrique du nord amorphe

La vie des populations émigrées, les flux migratoires, les relations commerciales et diplomatiques, et, plus généralement, les positionnements géostratégiques connaitront des bouleversements auxquels les partenaires de l’Europe doivent se préparer.   

Assez curieusement, le mouvement tectonique en cours ne suscite pas de débat particulier en Afrique du nord, zone de proximité européenne qui ne manquera pas d’enregistrer les impacts des décisions qu’auraient à prendre des gouvernements ultra-nationalistes.   

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Politique

REGAIN DES TENSIONS DIPLOMATIQUES ENTRE ALGER ET RABAT

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En l’espace d’une semaine, Alger et Rabat se sont retrouvés impliqués directement ou indirectement dans des attaques et contre-attaques diplomatiques sur la question du Sahara occidental. 

La plus rocambolesque de ces joutes eut lieu au Kenya. Sitôt élu, le nouveau président William Ruto publia un Tweet annonçant le retrait de son pays de la reconnaissance accordée à la RASD. Le Maroc crie victoire. Le 15 septembre, coup de théâtre. Le ministère des Affaires étrangères kenyan désavoue son président dans un communiqué sévère où il est affirmé que la politique étrangère du Kenya ne se fait pas par Tweet. La position du Kenya est rappelée sans ambages : le pays est « totalement aligné » sur la résolution de l’OUA de 1982 qui a actée l’admission de la RASD. Et pour faire bonne mesure, Nairobi souligne son attachement à la résolution de l’ONU consacrant le « droit inaliénable des peuples à l’autodétermination ». Cette fois, c’est Alger qui jubile via son agence de presse officielle, l’APS. Le communiqué prend cependant soin de faire part de la volonté du Kenya de développer « ses relations commerciales » avec le Maroc, alors que Mohamed VI venait d’exiger de ses partenaires de clarifier « sans ambiguïté » leur position sur la question sahraouie.  

Quelques jours auparavant, des sources algériennes avaient cru voir une évolution de la position du Soudan du Sud favorable à sa thèse sur le dossier sahraoui.  Vendredi c’est le chef de l’État lui-même, Salva Miir Mayardit, qui assure le souverain marocain que son pays « reconnait uniquement les États membres des nations unies ».  Point pour le Maroc. 

Le même jour les royaumes d’Espagne et du Maroc signent à l’ONU une déclaration commune confirmant leur adhésion à « l’initiative marocaine présentée en 2007 comme la base la plus sérieuse, réaliste et crédible pour la résolution de ce différend » alors que ces dernières semaines Alger se plaisait à déceler de possibles rétractions de Madrid sur un sujet qui avait provoqué une sérieuse crise avec Madrid. Là encore, le Royaume alaouite a réussi à dissiper les éventuels doutes. 

En revanche, sur le plan régional, le succès algérien est total puisque Tunis est désormais gagné à sa cause au grand dam de Rabat qui ne décolère pas contre Kais Saied. 

Derrière cette fébrilité se cache une guerre d’influence entre Alger et Rabat, chacun tentant de peser sur le continent avant les grands choix que la précipitation de la guerre en Ukraine ne manquera pas d’imposer aux uns et aux autres. 

L’antagonisme algéro-marocain, aigu et permanent, pèse sur tous les secteurs de la vie africaine. Le projet de gazoduc Nigeria-Europe est l’un des domaines où s’affrontent âprement les deux pays, chacun essayant de gagner les investisseurs au tracé qui passerait sur son propre sol. (Voir adn-med du 17 septembre).

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Politique

ALGER-TUNIS : LA POMME DE DISCORDE ENNAHDHA

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Tout baigne entre Alger et Tunis. Enfin, presque. Car l’acharnement de Kaid Saïed contre le parti islamiste Ennahdha n’est pas du gout d’Alger qui a fait savoir sa désapprobation sur la gestion de ce dossier à plusieurs reprises. Celle-ci se traduit par des attaques politiques et procédures judiciaires si maladroites qu’elles ont fini par redonner sinon du crédit du moins de l’empathie à une formation islamiste en déroute, 

Dernière pantalonnade en date, les dirigeants d’Ennahdha comme Ali Larayedh, Redha Jaouadi, Mohamed Frikha ou Mohamed Affes que Kais Saïed voulait voir impliqués dans les réseaux de recrutements terroristes viennent d’être tous relâchés des gardes à vue de quelques heures pour certains à quelques jours pour d’autres. Les observateurs qui suivent le dossier se perdent en conjectures. Cette relaxe fait-elle suite à de nouvelles pressions d’Alger ou résulte-elle d’un fonctionnement judiciaire gravement perturbé par les intrusions itératives et incohérentes du chef de l’État. 

Jusque-là Kais Saïed avait pu préserver sa proximité avec son puissant voisin de l’ouest qui lui livre la quasi-totalité de son gaz et a ouvert ses frontières en pleine saison estivale – après avoir quand même hésité quelques semaines pour signifier son agacement – pour le plus grand bonheur d’un secteur touristique tunisien bien mal en point. 

A la fête de l’indépendance algérienne célébrée en juillet, le président tunisien accepta de s’exposer à côté d’Abdelmadjid Tebboune qui avait pris soin de placer à côté de lui Brahim Ghali, le responsable du Polisairio ; ce qui souleva l’ire de nombreux cercles politiques tunisiens qui voyaient leur pays aspiré par l’Algérie dans un conflit où Tunis avait toujours gardé la neutralité. 

Si la lune de miel connait des éclipses, ce sera à cause de Ghannouchi en qui le président tunisien voit, sans doute à tort, le seul adversaire potentiel. Or, dans la géopolitique islamiste, les militaires algériens ont fait le choix depuis longtemps de ménager les Frères musulmans contre les salafistes, d’où leur insistance à protéger Ghannouchi. Pour le reste ; Kais Saied qui apprécie au plus haut point le panarabisme dans lequel replonge l’Algérie est prêt à toutes les concessions. 

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