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FACE AUX FAIT

Tunisie : La Révolution des Jasmins devra-t-elle tout refaire…deux fois ? Par Saïd CHEKRI

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En l’espace de huit jours, la capitale tunisienne a été, en cette première quinzaine de mai, le théâtre de deux manifestations populaires. Et tout porte à croire que la seconde, organisée pour le 15 mai pour dénoncer la dérive autoritaire du président Kaïs Saïed et le presser de “dégager” du palais de Carthage, a été décidée en riposte à la première qui s’était déroulée une semaine auparavant pour apporter un soutien au chef de l’État et l’appeler à “purger l’administration tunisienne des malhonnêtes”. Jamais depuis la Révolution des Jasmins la Tunisie n’a semblé aussi tiraillée entre la voie de l’autoritarisme incarnée par le chef de l’État en place qui ne fait plus mystère de sa volonté de s’affranchir de tous les contre-pouvoirs au nom d’une remise sur rails du pays, et celle d’un retour au processus de démocratisation lancé après la chute de Ben Ali puis vite dévoyé sous l’effet d’une transition chahutée par la conjonction de deux populismes : celui d’une extrême-gauche figée dans un passéisme plus romantique que réaliste, et celui d’un islamisme porté par le mouvement Ennahdha de Ghanouchi qui, voulant y aller en douceur selon la méthode bien connue des Frères musulmans, n’a pas empêché l’aile salafiste d’émerger, de le doubler et de signer ses premiers attentats sanglants, menaçant de rééditer en Tunisie le scénario qui avait anéanti l’espoir de démocratie en Algérie deux décennies plus tôt. C’en était trop pour un pays qui sortait de près d’un quart de siècle de dictature et qui découvrait, en plus, l’étendue d’une crise économique et sociale jusque-là camouflée par l’absence de liberté d’information et de débat contradictoire.

Depuis, la crise économique s’est corsée continuellement à mesure que perdurait le désordre politique auquel les élections à tous les niveaux n’ont pas suffi à mettre un terme. 

Alors, retour sur la voie tracée par la révolution de 2011 ou poursuite d’une descente aux enfers bien lancée pour l’heure même si elle semble devoir faire face à des oppositions qui ne manquent pas de s’exprimer et qui promettent de durcir le ton ? Les jeux ne sont pas faits et les paris sont ouverts. 

C’est donc dans un contexte délétère que le président Kaïs Saïed essaie une formule qu’il croit salvatrice : le pouvoir personnel. Son argument ?  Les institutions sont pourries autant que le sont les responsables politiques, ceux d’Ennahdha notamment, puisque c’est au nom de sa guerre contre ce mouvement qu’il compte légitimer sa politique qui vise à enrayer tous les contre-pouvoirs, voire toutes les oppositions. La méthode peut séduire, tant elle exprime une belle promesse : débarrasser le pays d’un parti fondé sur une idéologie rétrograde, liberticide, anti-femmes, peu soucieuse des droits humains et, par-dessus tout, n’offrant aucune garantie quant à l’efficacité de sa gouvernance économique et l’équité de sa politique sociale. Il n’est pas difficile d’en convaincre l’opinion, sachant qu’Ennahdha s’est essayé à la conduite des affaires avec les résultats peu probants que l’on sait.

Mais l’islamisme a cet avantage de tirer moins son succès des performances de sa gouvernance que de son statut de porteur du message divin, de moralisateur de la société et de la vie publique, quelquefois d’ennemi de l’Occident impie, ancien colonisateur et actuel spoliateur des richesses du monde musulman, complice dans l’occupation et l’oppression de la Palestine, envahisseur de l’Afghanistan et de l’Irak… Souvent, ses succès électoraux ne tiennent qu’à cela, en Tunisie comme ailleurs. C’est ainsi qu’Ennahdha, qui a gouverné sans même réussir un début de règlement d’une des crises qui secouent la Tunisie, ne manque toujours pas de supporters parmi la population, notamment dans le monde rural. Pouvant compter sur un gisement électoral, il sait qu’il dispose là d’un atout qui peut faire naitre des désirs d’alliances insoupçonnés. Comme l’extrême-gauche de Marzouki hier, une partie de l’armée tunisienne, dont on ne connait pas encore la dimension, ne serait pas réticente à…tenter le diable. Preuve en est que “le Front du salut nationale”, une nouvelle alliance politique contre le pouvoir autocratique de Kaïs Saïed, a fait son baptême du feu à l’occasion de la manifestation du 15 mai. Dans la foule, des députés et des militaires ont scandé d’une même voix des slogans invitant le chef de l’État à “dégager”. Le fait est sans doute à prendre au sérieux car il n’est pas isolé.  En février déjà, le fondateur du parti Ettayar, Mohamed Abdou avait appelé ouvertement l’armée à s’impliquer pour mettre un terme à “l’État de la tyrannie” que veut instaurer en Tunisie Kaïs Saïed qui venait d’annoncer sa décision unilatérale de modifier la composante de l’Instance supérieure indépendante des élections (ISIE) qui compte parmi les acquis importants de la Révolution des Jasmins. S’il est aléatoire de parier sur une franche entrée de l’armée tunisienne dans l’arène politique, on ne peut pas l’exclure pour autant. Une trop grande aggravation de la situation politique qui impliquerait des incidences sécuritaires importantes pourrait provoquer un tel scénario qui a été observé dans d’autres pays. Kaïs Saïed lui-même ne semble pas totalement rassuré, lui qui vient de lancer un appel à un dialogue, initiative inouïe venant d’un chef d’État qui n’y allait pas avec le dos de la cuillère pour abattre contre-pouvoirs, organes de contrôle et structures de médiation. On ne sait pas si l’initiative est la sienne ou si elle lui a été suggérée de “quelque part” pour éviter le pourrissement et les conséquences qui en découleraient, dont l’entrainement de l’armée dans le tourbillon politique. Mais, d’ores et déjà, elle ne semble pas sérieuse et elle ressemble plus à une manœuvre visant à isoler les partis politiques, l’offre de dialogue n’étant adressée qu’à “la société civile”, sans doute dans une tentative de rallier à sa cause la puissante UGTT, traditionnellement opposée à Ennahdha. Ce qui aurait pour effet, escompte-t-il peut-être, de réduire voire d’annihiler la probabilité d’une entrée en scène de l’armée. Pari risqué sachant qu’en matière de préservation des acquis sociaux et des droits des travailleurs, le chef de l’État n’a rien à proposer et le syndicat tunisien n’a pas pour tradition d’accorder son soutien sans contrepartie. Sauf à agir strictement, non comme syndicat, mais comme force politique, ce que l’UGTT sait faire quand les circonstances le commandent. Comme ce fut le cas en 2011.

Douze ans après la Révolution des Jasmins, la Tunisie vit l’incroyable destin de devoir peut-être tout refaire. Et plutôt deux fois qu’une. D’abord, face au régime autoritaire de Kaïs Saïed, puis face à une alliance militaro-islamiste si d’aventure elle devait faire irruption, favorisée par la dérive en cours d’un chef d’État dont on aurait alors d’autres bonnes raisons de croire qu’il aura gouverné sans la plénitude de ses facultés mentales. 

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Politique

ALGÉRIE. TROIS ANS DE PRISON FERME REQUIS CONTRE EL KADI IHSANE.

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Jugé ce mardi dans un procès à rebondissements intenté par l’ancien ministre de la Communication Amar Belhimer, le journaliste El kadi Ihsane qui dirige le site Maghreb Émergent et Radio M a vu le représentant du parquet requérir contre lui 3 ans de prison ferme et l’interdiction d’exercer sa profession, autant dire que la justice a prononcé la mort des deux derniers médias qui osent défendre une ligne éditoriale autonome.  

Placé sous contrôle judiciaire depuis le 18 mai 2021, El Kadi Ihsane fait aussi l’objet d’une ISTN (interdiction de sortie du territoire nationale). Les chefs d’inculpation retenus portent sur 3 sujets : perturbation des élections, diffusion de fausses informations et enfin réouverture du dossier de la tragédie nationale. 

El Kadi Ihasne qui est également poursuivi pour « appartenance à une organisation terroriste » devra passer devant le tribunal de Larbaa nath irathen. Son nom a été retrouvé sur le téléphone d’un activiste qui l’avait mis en lien au moment où la gendarmerie venait procéder à son arrestation.

Pour rappel, El Kadi ihsane avait déjà été emprisonné en 1981 alors qu’il était étudiant à l’université d’Alger.

Dans la même semaine, on apprend que l’ancien président de l’emblématique club la Jeunesse sportive de Kabylie (JSK) a été arrêté. 

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Politique

TEBBOUNE À ANKARA. QUAND L’ÉCONOMIE BUTE SUR LA GÉOPOLITIQUE

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La visite d’Etat qu’effectue le chef de l’Etat algérien Abdelmadjid Tebboune depuis ce dimanche revêt un caractère singulier dans la mesure où Ankara s’est imposé comme un acteur majeur dans la région. Sur la Libye comme l’Ukraine ou le Sahara occidental, la Turquie ne manque pas de se faire entendre, quitte à ajuster son propos en fonction d’intérêts qui doivent tenir compte de deux pays, le Maroc et l’Algérie, d’égale importance et que rien ne semble pouvoir réconcilier.  

Alger qui est de plus en plus isolé sur le dossier du Sahara est également lesté par son alignement sur Moscou après l’invasion de l’Ukraine attend beaucoup de son partenaire turc. L’agence de presse officielle APS annonce cette visite comme un évènement prometteur de perspectives bilatérales et régionales innovantes :  «  La visite de trois jours du président Tebboune en Turquie, devra permettre de donner un nouvel élan à la coopération bilatérale soutenue par un Traité d’amitié et de coopération, depuis 2006, et de renforcer le partenariat liant les deux pays et poursuivre la concertation politique sur les questions régionales et internationales » peut-on lire dans une dépêche du 14 mai 2022.

Sauf que l’Algérie est affilée à Moscou et que la Turquie, membre de l’OTAN, ferme le détroit des Dardanelles à la flotte russe basée en Méditerranée ce qui lui interdit l’accès à la Mer Noire. La Turquie stratège soutient Kiev et joue de ce conflit pour renforcer son poids en Europe centrale. Et en bon opportuniste, elle en profite pour affaiblir l’opposition kurde. En effet Ankara exige le retrait du soutien que la Suède et la Finlande ont accordé au PKK pour ne pas opposer son véto aux candidatures de ces deux pays à l’OTAN. 

Sur le terrain libyen, Erdogan est un partenaire déclaré du gouvernement de Tripoli (reconnu par la communauté internationale) qui affronte Haftar alors que l’Algérie exige le départ de toutes les parties étrangères pour donner une chance à une solution politique libyo-libyenne. 

D’un point de vue économique, les intérêts turcs sont conséquents en Algérie mais le climat des affaires marocain, largement encouragé par des alliés occidentaux, ne peut pas laisser indifférents les entreprises turques déjà très présente dans le royaume. 

L’agence Antalya est beaucoup plus sobre que l’APS quant au traitement de la visite d’Abdelmadjid Tebboune.  « Des accords, protocoles et mémorandums d’accord sur le renforcement de la coopération existante seront également signés au cours de la visite, qui coïncide avec la célébration du 60è anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la Turquie et l’Algérie. »     

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International

LE MALI QUITTE LE G5 SAHEL 

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Bamako n’a manifestement pas peur de jouer l’isolement. Dimanche soir, la junte militaire vient de faire connaitre sa décision de quitter tous les organes et instances du G5 Sahel, « y compris la force conjointe », cette dernière structure étant essentiellement dédiée à la lutte anti-djihadiste. Le G5 regroupe la Mauritanie, le Mali, le Niger, le Tchad et le Burkina Faso. Les autorités maliennes justifient leur sortie par le refus de leur accorder la présidence de cette organisation eu égard à la situation interne que connait ce pays.  

En effet, une conférence des chefs d’Etat prévue pour février 2022 au cours de laquelle devait s’opérer le transfert de la présidence du G5 Sahel au Mali ne s’est toujours pas tenue «  près d’un trimestre après le terme indiqué », déplore Bamako qui « rejette fermement l’argument d’un Etat membre du G5 Sahel qui avance la situation politique interne nationale pour s’opposer à l’exercice par le Mali de la présidence du G5 Sahel », sans toutefois citer le pays qui serait à l’origine de ce blocage. La déclaration de la junte laisse entendre que l’auteur de cette entrave serait en fait un pouvoir sous influence d’un « Etat extra-régional » qui lui aussi n’est pas explicitement cité mais dont on peut supposer qu’il s’agit de la France.  

Depuis l’arrivée des militaires au pouvoir en mai 2021, Bamako pense sa stratégie et sa diplomatie autour deux axes dont le colonel Chguel Kollala Maïga, formé en Russie, s’est fait le chantre : le rejet de la présence française sur le sol malien et le rapprochement avec Moscou. 

Cette allergie commence d’ailleurs à gagner des pays limitrophes. On a vu des drapeaux russes exhibés par des manifestants à Ouagadougou lors du putsch commis le 24 janvier 2022. 

Depuis quelques semaines, des réactions analogues se font jour au Tchad. Signe d’une extension à diffusion connectée, ce dimanche, une dizaine d’émigrés tchadiens ont organisé une prise de parole Place de la République à Paris pour exiger le départ des troupes françaises stationnées à Ndjamena.  

Pour l’instant, trois pays africains assument leur satellisation par la Russie : le Mali, la Centrafrique et l’Érythrée.   

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Sports

TUNISIE. ONS JABEUR BATTUE PAR IGA SWIATEK EN FINALE DU TOURNOI DE ROME

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Après une victoire face à Daria Kasatkina en demi-finale, Ons Jabeur s’incline devant la numéro 1 mondiale en deux sets (6-2, 6-2). Avec ce sacre, la Polonaise Iga Swiatek atteint une série de 28 victoires qui font d’elle la favorite du tournoi de Rolland Garros. 

Pour rappel, Ons Jabeur s’était imposée à Madrid la semaine dernière en l’absence de Iga Swiatek due à une douleur au bras. Jabeur relativise sa défaite du jour après une semaine italienne plus qu’honorable en déclarant « On va apprendre de ce match ».  Nombreux sont les commentateurs qui relèvent la supériorité de Swiatek face à Jabeur en prévision du grand chelem de Paris. Il est cependant prématuré de pronostiquer l’issue de cette compétition tant elle attise les convoitises. Ons Jabeur ne s’en cache pas : « Il est évident que Rolland Garros est dans ma tête ». 

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Politique

TUNISIE. KAÏS SAÏED : FUNAMBULISME ENTRE ALGER ET LE CAIRE 

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Le chef de l’État tunisien a reçu ce vendredi le président du conseil des ministres égyptien, Mustapha Kamel Madbouli auquel il a renouvelé sa disponibilité à renforcer « les relations séculaires » qui lient les deux pays. Il a assuré à son invité qu’il partageait « des principes et des visions communes » avec le maréchal Sissi tout en cultivant, par ailleurs, une grande proximité avec Alger dont les relations avec le Caire ne sont pas des plus harmonieuses. 

Certes, la nature despotique des régimes égyptien et algérien fascine Kaïs Saïed, lui aussi adepte des passages en forces et peu scrupuleux du respect de l’ordre constitutionnel, mais quand il faut décliner sa double affiliation par une diplomatie compatible avec les visions de ses deux puissants partenaires, les choses virent au funambulisme politique.  

En effet, le locataire de Carthage a souligné sa détermination à stabiliser la coordination avec l’Égypte sur « les questions régionales et internationales » sur lesquelles Alger et le Caire sont bien souvent aux antipodes l’un de l’autre. Il a par exemple précisé que, comme l’Algérie, pour lui la stabilité en Libye concerne la stabilité dans toute la région, ce qui implique que la solution pacifique et politique dans ce pays ne peut être que libyo-libyenne. Or, l’Égypte est résolument engagée avec le maréchal Haftar lui-même largement cornaqué par les Émirats arabes Unis et la Russie. Par ailleurs, Kaïs Saïed qui a rompu la tradition de neutralité de son pays sur la question du Sahara occidental en affichant une posture pro-algérienne risque de se retrouver rapidement face à Sissi dont le ministre des Affaires étrangères Sameh Chouikri en visite le 9 mai dernier au Maroc vient de réitérer son soutien à la solution marocaine d’une guerre qui dure depuis 1976. Enfin, sur le conflit du barrage de la Renaissance qui déchire l’Égypte et l’Éthiopie, Tunis, souhaitant rééquilibrer sa divergence avec le Caire sur la question du Polisario, s’est clairement aligné sur l’Égypte alors qu’Alger temporise sur cet épineux dossier. 

À considérer le despotisme des trois pouvoirs comme facteur de solidarité éternelle autorisant de se jouer des uns et des autres ou pire de jouer les uns contre les autres, Kaïs Saïed prend le risque de subir l’ire de l’un de ses mentors si ce n’est les deux. 

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Culture

MAGHREB ORIENT DES LIVRES À PARIS

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La 25ème session du Maghreb des livres (5éme pour Orient des livres) se tient à l’Hôtel de ville de Paris du vendredi 13 au dimanche 15 mai. En 2021, il avait fallu organiser une séance restreinte au mois de juillet pour cause de Covis 19. 

Cette année, la conférence inaugurale était animée par Alice Zeniter, auteure et dramaturge dont l’étoile ne cesse de monter depuis que son roman autobiographique « L’art de perdre » l’avait révélée au grand public en 2017.

Les journées alternent conférences-débats, tables rondes, rencontres avec des collégiens ou des lycées et des séances dédicaces avec les auteurs.

Les éditeurs tunisiens et marocains bien que distribués en France ne semblent pas bénéficier d’un lectorat plus conséquent que les Algériens. Pourtant ces derniers sont largement pénalisés cette saison par la suppression de la valise diplomatique par laquelle était acheminées leurs productions à Paris. Sur les étals beaucoup de maisons algériennes dont Casbah et Barzach sont absentes. En revanche les éditions Frantz fanon ont exposé une partie non négligeable de leur répertoire.

L’affluence de ce vendredi était modeste. Michel, le responsable de la librairie explique cette relative désaffection par le fait que l’ouverture du salon se déroule un jour de semaine.

Pour sa part, une chargée de communication avance une raison plus politique : « Quand le Maghreb des livres était organisé de façon autonome, les lecteurs francophones étaient massivement présents dès le premier jour. Depuis que l’on a confondu cette manifestation avec L’Orient des livres, il y a comme une confusion des productions dont les centres d’intérêt ne sont pas faciles à concilier. Et cela se traduit par une certaine dispersion du public qui ne retrouve pas la matrice culturelle et intellectuelle familière de sa région ».

Notre interlocutrice estime néanmoins que la présence d’auteurs à succès annoncés pour le week-end devrait provoquer une affluence plus consistante.

« En tout état de cause, se désole Hamid, journaliste, l’évènement annuel dédié à la production culturelle écrite francophone nord-africaine se déroule à Paris, et non dans l’une des capitales des trois pays concernés ».       

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Politique

ALGÉRIE. L’OTAN APRÈS POUTINE

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Hasard de calendrier ou conjonction calculée par l’un des partenaires ou les deux ? Le fait est qu’au lendemain de la visite du ministre des Affaires étrangères russe Serguei Lavrov, une importante délégation de l’Otan dirigée par Hans-Werner Weirmann, Directeur Général de l’État-major militaire international de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) est arrivée à Alger pour une visite de deux jours. La composition de la partie algérienne qui l’a reçue au ministère de la Défense nationale laisse penser que cette mission n’est pas une initiative impromptue.

En effet, ont pris part à la réunion de travail, outre le chef d’état-major Saïd Chengriha, les commandants de Forces, les chefs des départements et des directeurs centraux du ministère de la Défense nationale et de l’État-Major de l’ANP. Un tel aéropage suppose une préparation des participants ou, à tout le moins, une volonté d’accorder une importance protocolaire particulière à l’évènement. Du reste, l’analyse que le responsable algérien donne de la visite témoigne d’une volonté de maintenir sinon de développer des relations durables et mutuellement bénéfiques avec les visiteurs : « Votre visite traduit l’intérêt accordé par l’OTAN à notre région et démontre ainsi l’importance que votre organisation confère aux efforts consentis sur le plan régional dans le domaine de la sécurité et de la stabilité des pays de la rive sud de la Méditerranée”, a souligné Saïd Chengriha qui ajoute : « que la compréhension mutuelle des questions actuelles permettra aux deux parties de mieux cerner les défis sécuritaires auxquels sont confrontés les pays de notre région et aboutira certainement à la construction d’une vision commune, à même de prémunir davantage notre région des dangers de la division et de l’état d’insécurité”. Les projections opérationnelles que suggère une telle lecture ne manquent pas de surprendre quand on sait les tensions induites par la guerre que livre le principal partenaire militaire de l’Algérie à l’Ukraine que Poutine désignait explicitement comme le cheval de Troie de l’OTAN deux jours auparavant à l’occasion de son discours du 9 mai.

Le reste de l’intervention de Chengriha, plus politique, relève de la doxa de la diplomatie algérienne qui a toujours revendiqué une forme de non-alignement qui ne l’ont pas privée d’assumer des proximités avec le bloc soviétique ; statut qui a mécaniquement glissé vers la Russie après la chute du mur de Berlin. La condamnation du deux poids deux mesures dont serait coupable la communauté internationale participe de la même rhétorique : « Tout en condamnant la politique de deux poids deux mesures, que la communauté internationale emploie actuellement dans le traitement des questions des peuples opprimés, l’Algérie continuera, à l’instar des autres États du monde, de coopérer avec ses alliés et ses partenaires dans le cadre de ses intérêts nationaux et de ses principes immuables », a tenu à rappeler le chef d’état-major de l’ANP. Le message vaut surtout pour signifier que l’armée demeure le seul acteur qui conçoit et décide des axes stratégiques qui doivent guider les postions et alliances du pays. 

De son côté le responsable de la délégation de l’OTAN a salué « le rôle pivot que joue l’Algérie dans la préservation de la sécurité et de la stabilité dans la région, en apportant son aide et assistance dans différents domaines aux pays du voisinage, tout en les accompagnant dans le règlement de leur situation sécuritaire ».

Au-delà des considérations historiques et doctrinales hérité d’un passé qui peut connaitre de sérieux bouleversements dans les mois ou années à venir, les occidentaux veulent réinsérer l’Algérie dans leur dispositif militaro-sécuritaire au moment où la traditionnelle tutelle française subit des contestations de plus en plus vives au Sahel.   

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Politique

LAVROV À ALGER : POUTINE CONTRE-ATTAQUE

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Officiellement, c’est pour célébrer le 60éme anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre les deux pays que le ministre des Affaires étrangères russe, Serguei Lavrov a effectué ce mardi une visite à Alger au cours de laquelle il a été reçu par le chef de l’État Abdelmadjid Tebboune. À la sortie de cette entrevue, la déclaration du patron de la diplomatie russe a été formulée sur un ton qui s’est voulu ordinaire sinon banal.

 “Dans le souci de développer les relations au volet politique et pour renforcer la coopération commerciale, économique, militaire, artistique, culturelle et humanitaire, nous avons transmis au Président Tebboune l’invitation de son homologue russe, Vladimir Poutine, pour effectuer une visite à Moscou”.

Inviter un chef d’État dans un pays qui, selon le renseignement américain, s’apprêterait à décréter la loi martiale n’a rien d’anodin. En outre, l’Agence de presse officielle APS fait état de la signature d’un « nouveau document servant de base au renforcement des relations bilatérales », sans plus de précision quant à la nature de ce « nouveau document », son contenu ou l’agenda des dispositions qu’il stipule.  

La Russie traverse l’une des phases les plus critiques de son histoire post-soviétique. « L’opération spéciale » lancée le 24 février par Moscou souffre d’une improvisation qui affecte sérieusement les équilibres internes et externes du pays. Lors du discours prononcé ce 9 mai, Vladimir Poutine a exprimé une position dont la tiédeur a contrasté avec le bellicisme qui caractérisait son propos aux premiers jours de la guerre qu’il a engagée en Ukraine.  

Sur la scène internationale, l’isolement est sérieux et les sanctions commencent à peser sur le fonctionnement des entreprises et le quotidien des citoyens ; d’où la nécessité de compter ses soutiens. La Chine affiche une attitude mesurée voire attentiste et l’Inde s’en tient à l’exploitation de l’aubaine d’un baril russe avoisinant les 35 dollars US, pendant que le Brent se négocie à près de 110 dollars.

Sur le continent africain et dans le monde arabe, Moscou compte beaucoup sur Alger pour étendre son audience au-delà des rues qui lui sont plutôt favorables. La Russie a salué l’activisme algérien à l’occasion de la réunion (tardive) de la ligue arabe qui a abouti à la constitution d’un groupe de contact composé de l’Algérie, de l‘Égypte, du Soudan et du secrétaire général de cette instance qui s’est rendu à Moscou et Kiev le 11 avril pour appeler les deux parties à privilégier « une solution diplomatique ». Une position renvoyant dos à dos les deux pays qui est en fait une façon de voler au secours de la Russie qui venait d’essuyer un sévère désaveu à l’ONU. Plus décisif, le Kremlin attend d’Alger qu’elle aide au maintien du blocage de la production des pays de l’OPEP pour ne pas compenser le manque des flux pétrolier et gazier russes que les occidentaux s’apprêtent à mettre sous embargo. 

C’est donc bien plus qu’une visite symbolique qu’a effectuée Lavrov ce mardi en Algérie. Si Bamako et Bangui, formellement satellisées, représentent un intérêt économique et militaire pour Moscou, Alger reste un partenaire irremplaçable quand les questions géopolitiques reviennent au-devant de la scène.  

Pour l’instant les difficultés militaires et diplomatiques de plus en plus manifestes de la Russie et le bouleversement géostratégiques quelles annoncent ne semblent pas avoir impacté l’alignement historique d’Alger qui se prépare à effectuer à l’automne prochain des manœuvres militaires conjointes avec Moscou dans le sud-ouest algérien sur fond de tensions paroxystiques avec le Maroc. 

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Économie

ALGÉRIE. ZONES FRANCHES, LE SERPENT DES MERS

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Véritable miroir aux alouettes, le projet de création de zones franches vient d’être relancé ce mardi par le ministre du commerce Kamel Rezig. Lors d’une séanceprésidée par M. Smaïl Kouadria, responsable de la Commission des affaires économiques, du développement, de l’industrie et de la planification à l’Assemblée populaire nationale (APN),et à laquelle a participé la ministre des Relations avec le Parlement, Basma Azouar, M. Rezig a présenté le projet de loi encadrant la mise en place des zones franches commerciales. Détaillant sa proposition, il a annoncé la création d’une entreprise dédiée à la gestion de ces zones, dénommée “Société algérienne des zones franches” et l‘installation d’une Commission nationale des zones franches commerciales, qui dépendra du ministère du Commerce. 

Selon le ministre, le projet de loi, incitatif en matière fiscale et douanière, ambitionne de favoriser l’investissement, de stimuler et de diversifier la production de l’économie nationale avec pour objectif essentiel l’augmentation des exportations afin de réduire la facture des importations.

Mais les autorités espèrent également que la création de zones franches avec les pays africains voisins permettra de résoudre ou au moins de limiter les effets de la contrebande, véritable fléau qui gangrène l’économie du pays. Des villes comme Tadjenant (est du pays) se sont spécialisées dans l’écoulement de marchandises importées frauduleusement causant de graves préjudices à la production nationale et au fisc. 

Il est difficile de savoir si cette nouvelle annonce va aboutir, sachant que d’autres initiatives portant sur le même sujet ont jusque-là toutes avorté. Une opinion largement répandue n’hésite pas à mettre sur le compte de puissants lobbies du commerce parallèle ces entraves. Embrassant des milliards de dinars, des secteurs comme l’informatique, la téléphonie mobile ou le textile que se répartissent des groupes d’influence islamistes – frères musulmans ou salafistes – sont des activités où se recyclent l’argent octroyé par l’islamisme international ou celui récupéré pendant les années 90. 

Cette nouvelle proposition laisse dubitatifs les agents des milieux financiers privés et publics. Pour ce cadre du ministère des finances qui a requis l’anonymat « Ce n’est pas maintenant que les islamistes et assimilés sont majoritaires au parlement que les zones franches vont voir le jour ».  Désabusé, notre interlocuteur ne manque pas d’ajouter que « Lorsque des bureaux de change parallèle qui spéculent sur la monnaie nationale ouvrent à quelques pas des commissariats de police, on peut douter de la volonté de mettre de l’ordre dans l’activité commerciale ».  

Pour rappel ; la ratification de l’Accord sur la zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) doit entrer en vigueur le 1er juillet 2022. Cet accord qui implique 54 pays porte sur un marché de 1,2 milliard d’habitants avec un produit intérieur brut (PIB) de 2.500 milliards de dollars US. 

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